‹ Profils et types de la littérature russeChapitre 67 sur 148 · Histoire de Russie y par un anonyme. Paris · texte numérisé non relu

Histoire de Russie y par un anonyme. Paris

droit de l'exiger des hommes de cette profession. » Mais protéger les sciences ne sufGsait pas. Le grand obstacle à la civilisation russe était la réclusion des femmes;

Se jetant Fun à l'autre un regard irrité, Les deux sexes vivaient chacun de son côté.

Chacun vaquait à ses affaires; l'homme au milieu des hommes grandissait en brutalité ; la femme, confinée dans le gynécée, était réduite à engraisser sur place. L'embonpoint passait pour beauté; les teintures passaient pour cosmétiques*, et l'épouse se rendait, non sans peine, plus laide qu'elle n'était. Une jalousie particulière, asiatique, faite surtout de méfiance et de mépris, l'isolait du monde. Or il est évident que, sans la présence des femmes, la société ne peut exister... « car il leur importe plus qu'à personne que tout ce qui se passe soit bienséant. La convenance entoure d'un rempart le sexe faible, aisément vulnérable. Où règne la moralité, les femmes régnent ; où domine la licence, elles ne sont rien ; et si tu veux interroger l'un et l'autre, tu verras que l'homme aspire à la liberté, la femme à la décence*.» Il me semble que le théâtre devait faciliter un rapprochement ; dans ce rendez-vous favorable, où chaque sexe se voit idéalisé, où l'illusion conventionnelle excuse maintes privautés, un terrain commun était trouvé. La pièce la plus médiocre fut encore un miroir où l'on regarda soi-même et le prochain, avec la surprise de se trouver ridicule. Le théâtre prépara raffranchissemenl; et c'est pourquoi la littérature sait gré au tsar Alexis Mikhaïlovitch, fils et successeur de Romanov, d'en avoir eu la curiosité.

1 . Les dames en vÎDreDt, assure ZabiéliDe, à se teindre le blanc des yeux î

Page 1