AUTOUR DE CATHERINE II
Leipzig est loiérable... Mais, comme dil mon cocher, Dieu créa les Russes, et le diable fabriqua les Allemands. — Écraser une punaise ou un Allemand, est œuvre pie. — Albert Durer est célèbre parce qu'il est vieux, parce que la peinture était alors dans l'enlance... Il n'y a de bon à Nùrenberg que les pàlés. — La corruption italienne est pire que la française... Tous les Italiens sont méchants et lâches... Ils sont sales; nos rinçures seraient pour eux deTeau de source! etc.
Il daigne néanmoins apprécier Saint -Pierre de ïlome et quelques tableaux célèbres, dont il commande même des copies qu'il pourra revendre avantageusement. Mais rien ne vaut le pays natal où il revint, paralysé, pour mourir.
Des modèles étaient donnés; des portraits (des caricatures, si Ton veut) étaient présentés auxquels on aura honte de ressembler... Allons, la partie est gagnée. Vive Pierre le Grand I
AUTOUR DE CATHERINE II. - POTEMKIN. — DERJA* VINE. - RADITCHEV. — KIIEMNITZER. — BOGDANO- VITCH. — KHÉRASKOV. — KNIAJNINE. — LOUKINE.
Pouchkine remarque qu'en fondant Saint-Pétersbourg Pierre le Grand précipitait la décadence des seigneurs; si visiblement que, après sa mort, les Dolgorouki tentèrent de ramener le tsar à Moscou. Le luxe de Catherine acheva Touvrage, entraînant la noblesse aux dépenses folles; d'où morcellement de la propriété. Ce fut le procédé, conscient ou non, de Louis XIV. Dès lors, le prestige royal est rehaussé; la majesté se meut dans un décor d'opéra avec favoris, favorites et leurs petits; lencens et la poudre flottent autour du nouvel Olympe. A genoux, mortels! Braillez
VOS odes, et nasillez vos cantiques!... Mais quelle pauvreté sous ces dorures, et quels mensonges! Une bande de sigisbées occupant, comme un ministère, le lit de l'impératrice; un mélange de guerres et de parades, de despotisme et d'idylles, dont le symbole peut être ce Voyage en Tauride où Catherine en palanquin traversa des villages fabriqués sur commande, fut bénie par une population importée, costumée et payée. Farce impudente qui révélait en Polemkin un metteur en scène de premier ordre. Cet homme extraordinaire, même de taille, gMnt pointant la tête d'AgamemnoUy abasourdit sa maîtresse avec un rêve oriental, avec le titre d'impératrice grecque. « Vous ferez jouer Sophocle dans Athènes », lui écrivait ironiquement Voltaire. Tous les vices et toutes les vertus s'agitaient à Taise chez ce comédien jouant tous les rôles, même celui de femme, singeant la voix, les gestes, la démarche de Catherine, qui riait aux larmes devant ce doublet, prince de la Tauride. Son meilleur rôle fut celui de satrape, car il le joua au naturel ; exclu de l'Université pour paresse patente, il fut pendant seize années le favori omnipotent, étonnant tout le monde par ses qualités et par son extravagance, vivant tantôt d'eau claire et de radis, puis étalant un luxe fabuleux; tantôt sacrifiant des armées avec indifférence ou s'apitoyant sur le pauvre monde.
Pendant l'assaut d'Otchakov, Polemkin*, assis près d'une batterie, pleurait, se signait à tour de bras et soupirait : Hélas! Hélas! Aie pilié. Seigneur! (DamlevskiJ.
Enfant gâté de la Providence, il craignait le diable, croyait aux songes et aux présages, se signait devant les églises quand il allait aux rendez-vous. Il y allait souvent, et trompa sa maîtresse ofQcielle le plus qu'il put, mais du moins sans cachotterie; ainsi, seul sous la tente avec la comtesse***, il sonne au moment psychologique, et Tartillerie du camp