KNIAJNINE
de sympathie pour les humbles, pour les prolétaires (?), ces gredins-là ont parodié et compromis la charité chrétienne. Mais ils ont râflé Tardent, u Tiens, les hirondelles! Voilà le printemps ! », dit un personnage d*Aristophane, et tandis que le nigaud, levant le nez, hume un souvenir d*égIogue, le drôle lui nettoie l'étalage.
Diderot avait motif paternel de prôner le drame bourgeois ; mais ce genre ne fut, ce me semble, discuté si passionnément que parce que des beautés de détail firent illusion, et parce qu'on catalogua perfidement sous cette rubrique des œuvres très opposées.
La llussie, prompte à l'imitation française, imita aussi, un peu pêle-méle, ce nouveau théâtre, mais prudemment. Soit crainte des censeur, soit goût naturel, Loukine (1737- 94) et Kniajn'me (1742-91), ses représentants, élaguèrent, atténuèrent; ils trièrent leurs modèles (par ex. : le Jaloux, de Campistron; lesMénechmeSf le Distrait, de Regnard, etc.). Loukiiie, admis à la Cour, secrétaire du ministre Ëlaguine, sentait d'iustinctque la dramaturgie à la mode était, comme dit Montaigne, « util inventé pour manier et agiter une tourbe et une commune desreglée; et est util qui ne s'employé qu'aux estats malades, comme la médecine; » et Kniajniue ne devait Tapprécierdavantage, étant le gendre et le successeur théâtral de ce même Soumarokov qui Tavait dénommée genre infect.
Kniajnine ^Jacob Borisovitch, né à Pskov) savait le français, Tallemand et Titalien, fut attaché au ministère des Affaires étrangères, enseigna la littérature à l'Ecole des Cadets, etc. Ses tragédies eurent un grand succès qui ne gâta point sa modestie; bidon, entre autres, d'après Métastase et Virgile. Didon était alors très à la mode : « Je viens en passant, mon cher, en couranti Car ce soir, le grand opéra Didonl Le plus beau feu d'artifice .. toute une ville en flammes.. .Vous viendrez la voir brûler, n'est-ce pas * ? »