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(Pouchkine).
C'est-à-dire : de ses vers la grâce captivante vaincra le temps, l'euvie et la distance.
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olivâtre, yeux vifs, voix de basse, langueur rêveuse... »» (A. Ikornikov). Les signes concordent; et Pangloss n*eiU pas manqué de démontrer que Tassaut de Bender avait été un bienfait; car, autrement, une jolie Turque n'eût pas été emmenée captive, le vieux Bounine n'eût pas eu d'elle un enfant, et le tsarévitch n'eût pas eu Joukovski pour précepteur;
par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise; il fallait dire que tout est au mieux.
Le commerce d'esprits d'élite ayant aidé la nature, nous avons le plaisir de voir l'ancien admirateur de BUrger et de ses lunes, deGrayet de sescimetières, grandir et finir en pur classique. Joukovski avait d'ailleurs fait son chef-d'œuvre en donnant à la Russie, à Thumanité, son élève, le tsar libérateur Alexandre II. Il est incontestable qu'il Taida à voir c/air, ce qui est toujours difficile, surtout à la Cour. La Révolution française, si môme elle eût été plus sage, ne pouvait plaire aux monarques étrangers; clic donnait aux peuples une théorie menaçante et la manière de s'en servir; là-dessus, les réactionnaires clamèrent ou, suivant leur tempérament, insinuèrent que c'était la faute à la philosophie, laquelle éloigne de Dieu; à la littérature en général, laquelle éloigne du catéchisme; la faute à Voltaire. On se prit à douter que l'instruction fût un bien.
N'airaiblit-cDe pas lo cœur et la main? No corrompt-elle pas les mœurs? Par elle les esprits s'aigrissent, les royaumes périssent... D'autre pari, pourquoi Dieu nous aurait-il donné la raison et la curiosité? etc.
et Krylov compare dans cette fable (V, 4) l'instruction à la perle qu'il est imprudent d'aller pêcher trop au large et trop au fond. Cherchez sur le rivage ou louvoyez sans le perdre de vue ! — C'était un moyen terme, conciliant. Joseph de Maistre, consul de Sardaigne à Saint-Pétersbourg depuis
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1803*, conseille aux Russes de s'aveugler : « La science rend rhomme paresseux, inhabile aux affaires et aux grandes entreprises, disputeur, entêté de ses propres opinions et méprisant celles d'autrui, observateur critique du gouvernement, novateur par essence, contempteur de l'autorité et des dogmes nationaux. » Le militaire ne doit pas être instruit, car il deviendrait casanier. Pas d'histoire ! « car nul genre de littérature peut-être n'est plus infect. » Je comprends ; l'histoire remémore certaines choses sur lesquelles de Maistre souhaiterait passer Téponge. « Surtout pas de grec! » Je comprends encore; le génie lumineux de Périclès effarouche les choucas.
Les libéraux protestaient prudemment, demandant au moins le statu quo. Suivant leurs intérêts ou leurs passions, toutes les classes de la société donnaient, plus ou moins haut, leur opinion ; de sorte que, pour mieux avertir le gouvernement, tous l'abasourdissaient. En tout cas, ils ne le renseignaient guère.
Peut-être on a raison?... ou peut-être on a tort? Si bien que le débat, complexe dès labord, S'embrouillait, s'empêtrait au fur et à mesure; Tous les partis grippant à soi la couverture.
— J'ai le meilleur onguent! — Je suis le rebouteur!
— J'ai le pur élixir! — Moi, j'ai la panacée!
— L'hydre de l'Anarchie est par moi terrassée!
— Ah, neTécoute pas, grand roi! C'est un menteur! ..
Il était naturel que le gouvernement russe écoutât les défenseurs de rautocratie. L'empereur Paul « considérant les funestes doctrines émises en royaumes étrangers » rétablit une censure rigoureuse, interdit la presse privée, l'importation des livres, les voyages hors frontière; etc. Si Tins-
1. En réalité, il était agent secret du Saint-Siège, et gagna loyalement ses gages, puisque le tsar le mit à la porte en 1817 — « pour s'être mêlé aux affaires de la Compagnie de Jésus plus qu'il ne conveuait à ta qualité d'ambassadeur » (Henri Luttbroth, p. 91).
truction ne peut être supprimée, du moins sera-t-eile étroitement réglementée, et les Ordres religieux s'offrirent à ne filtrer qu'au profit de TEmpire la lumière mise sous le boisseau. Les Jésuites eux-mêmes quiy pendant deux siècles, ont lancé la Pologne contre la Russie, s'offrent alors à sauver la Russie! Avouons franchement que les Slaves orthodoxes avaient lieu de suspecter ce zèle. C'est pourquoi les Jésuites furent expulsés de Moscou et de Saint-Pétersbourg par le même empereur qui venait de signer le traité de la Sainte- Alliance ^ . D'autre part Alexandre déclara solennellement que cette Sainte -Alliance était « une neutralité armée contre Virréligion. » Alors, pourquoi le pape refusa-t-il son adhésion à ce traité? Décidément, la politique est une science bien compliquée.
On sait par quels sifflets cette réaction fut accueillie en France, où Voltaire, foudroyé tant de fois, était moins mort que jamais. « Serons-nous capucins? ne le serons-nous pas? Voilà aujourd'hui la question. Nous disions hier : seronsnous les maîtres du monde? » (P.-L. Courier.) Si excellentes que fussent les intentions d'Alexandre 1^»", elles n'eurent pas non plus en Russie les rieurs de leur côté. On riait sous cape, bien entendu! L'élite intellectuelle avait depuis longtemps son opinion arrêtée; l'armée russe composée, comme toutes les armées, d'intelligents et d'indifférents, avait pris Paris et trouvé les Parisiens moins noirs que leur réputation, et le dit au retour; l'Europe, béatifiée malgré elle, en vint à regretter le joug de Napoléon, et constata aigrement que les vaincus s'amusaient encore plus que les vainqueurs; elle se rappela que le cheval s'étant voulu venger du cerf, s'était fait sangler serré et brider court. Dès lors, les peuples, dupés une fois de plus, et cette fois justement, sont partout en lutte contre leur souveram; suspectés, traqués, emprisonnés, fusillés, pendus, ils expient leur gallophobie; tan« dis que les rois, dont la profession ne fut jamais moins en-