‹ Profils étrangersChapitre 19 sur 24 · M. GEFFCREN ET LE JOURNAL DE L'EMPEREUR FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

M. GEFFCREN ET LE JOURNAL DE L'EMPEREUR FRÉDÉRIC

les cabales que la terreur et là crainte, » M. de Bismarck a toujours mieux aimé faire trop que trop peu. Mais jusqu'ici il s'était fait une loi d'observer les formes, de sauver les apparences; il s'est affranchi cette fois de tout scrupule, il s'est donné libre carrière. N'ayant pu obtenir de la cour de Leipzig la condamnation de M. GeflFcken, il a publié l'acte d'accusation et pris pour arbitre entre le tribunal et lui tous les gouvernements allemands et tous les sujets de l'empire; sans aucun respect de l'autorité des juges, il en a appelé de leur justice à celle du premier venu, il a déféré au suffrage universel, qu'il méprise, l'examen des pièces et le soin de casser la sentence. Il a fait plus encore : il a communiqué à ses journaux une analyse des lettres saisies au cours de l'instruction, et non seulement des lettres de l'accusé, mais de celles de M. de Roggenbach, qui n'était accusé de rien. Un tel mépris de toutes les convenances a étonné tous ceux qui ne sont pas résolus à ne s'étonner de rien, à donner toujours raison à M. le prieur. Ils ont laissé voir qu'ils regrettaient qu'un si grand homme eût de si fâcheuses faiblesses et fût si peu maître de sa passion, qu'un si grand politique eût l'humeur si policière. Mais qu'importe au chancelier? Depuis que l'empereur Guillaume !«' n'est plus de ce monde, il ne se contraint plus. Il exige de ses amis un entier abandonnement à ses volontés, et il a avec ses ennemis moins de procédés que jamais. Il dit aux uns et aux autres : Humiliez-vous, discite humiliari; vous n'êtes devant moi que grains de sable, cendre et poussière.

M. FRANGESGO GRISPI

ET

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