M* JACQUEY
Élu au 1er tour de scrutin. -*-{8.335 voix.
Mes chers Concitoyens,
Pour la troisième fois, j’ai l'honneur de venir solliciter vos suffrages, avec la conscience d’être resté fidèle à mon programme.
Candidat libéral en 1898, je me suis représenté avec la même étiquette, le 27 avril 1902*
Tel je me représente aujourd'hui.
Je suis le candidat de tous les Indépendants, de tous les patriotes, de tous ceux qui estiment, par-dessus tour., leur liberté individuelle et la liberté de conscience.
Après les quatre années de législature qui viennent de s'écouler, il est facile de voir le but poursuivi par les pontifes du Bloc, s'attribuant le monopole de la seule et vraie République.
Tous ces farceurs ne crient, bien haut, que la République est en danger que pour s’attribuer le mérite de la sauver ; alors que le véritable danger est dans ces coalitions hybrides d’anarchie, de collectivisme et de domesticité gouvernementale.
Le vrai danger est dans l'influence grandissante de ces corrupteurs du suffrage universel, qui exploitent les besoins du peuple, suscitent les appétits et se font dénonciateurs contre les fonctionnaires soupçonnés d’indépendance.
Homme de liberté avant tout, sans ambition personnelle, j'ai combattu la loi de séparation des Églises et de l'État; j'ai flétri les inventaires qui ne sont que le prélude de la spoliation, qui sera suivie d'une autre, qui vous touchera déplus près, si la marche à Pabîme continue.
Mon programme sera celui que vous connaissez tous : je le suivrai avec un peu plus d'expérience, acquise, un plus vif attachement pour vous, un plus large esprit de tolérance, avec un dévouement qu’aucune désillusion n’a pu affaiblir ; fier de remplir cette tâche qu’on appelle la défense de tous les Intérêts généraux et particuliers de la circonscription.
J'ai voté pendant la législature qui vient de s'écouler t
1° Contre le renvoi des Congrégations;
2° Contre l’abolition du Concordat et la séparation des Églises avec l'État;
3° Pour la loi du service de deux ans, la diminution de la période des réservistes et la suppression de la période pour les territoriaux;
k° Pour le maintien du privilège des bouilleurs de cru ;
5° Pour les retraites ouvrières affranchies du versement obligatoire ;
0° Je voterai toutes les lois pouvant améliorer le sort des classes pauvres et ouvrières de la ville et de ia campagne.
France d'abord,
Vive la République indépendante, libre de toutes les coteries !
Général JACQUEY,
Commandeur de la Légion d’honneur, Médaille de sauvetage de lrs classe.
2e Circonscription de MONT-DE-MARSAN
M. BOUYSSOU.
Élu au 2e tour de scrutin. — 7.157 voix.
Mes chers Concitoyens,
Je pose ma candidature aux élections législatives. du 6 mai*
Je me présente devant vous avec le programme républicain radical-socialiste que je suis venu vous exposer, pendant trois mois, dans les communes de la Grande-Lande.
Les deux dernières législatures ont été surtout consacrées à des réformes politiques, à la loi sur renseignement congréganiste, à la foi de séparation des Églises et de PÉtat, à r couvre de laïcité, en un mot, qui n’est pas et qui ne doit pas être un œuvre de provocation, mais simplement une sauvegarde pour l'émancipation intellectuelle et morale de la nation* Mais cette œuvre politique n'a été quTune préface à l'émancipation économique et sociale qui doit relever le sort de la démocratie laborieuse.
Le grand honneur de notre parti, c'est de s'intéresser surtout à la situation de ceux qui travaillent, parce que ce sont ceux-là qui, par leurs efforts incessants et leurs peines quotidiennes, font la prospérité et le bien-être de la patrie.
Pour donner à tous ces travailleurs, ouvriers, métayers ou petits propriétaires, les retraites qui doivent mettre leurs vieux Jours à l'abri de la misère, il faut assurer un meilleur équilibre de notre budget par la création de l’impôt sur le revenu, qui frappera chacun selon ses facultés réelles et exonérera les petits de la charge écrasante qu'ils supportent, par la monopolisation de quelques grandes industries (mines, assurances, crédit, sucre, alcool), par des économies sur certains gros fonctionnaires inutiles dont le nombre augmente chaque jour et qui finissent par devenir une plaie pour la République et pour le pays.
Nous voulons une réforme judiciaire complote et la gratuité de la justice, afin que le pauvre, comme le riche, puisse faire valoir ses droits.
Nous voulons, en un mot, faire la guerre à tous les abus, à tous les despotismes, à toutes les tyrannies, afin de fonder une République de travail, de liberté et de progrès*
Je suis venu seul au milieu de vous et j'étais bien isolé au début de ma sampagne électorale; mais vos encouragements m'ont prouvé que je défendais une bonne cause*
L'émotion est grande maintenant parmi les membres d'une coterie qui ont îa prêtent tion d'accaparer la République dans la 2* circonscription de Mont-de-Marsan et qui ne sont républicains que parce que cela leur rapporte. Ils tremblent pour leurs privilèges, pour les abus et les faveurs dont ils jouissent.
Aussi ils ne reculent devant aucun mensonge pour combatrc ma candidature*
Ils me dénoncent tour à tour comme collectiviste ou comme réactionnaire; ils dénaturent mon programme et mes idées et ils font, dans leur presse asservie, des comptes rendus fantaisistes de toutes mes réunions.
Vous ferez justice de cette mauvaise foi, dimanche prochain, en faisant triompher sur mon nom \e parti qui a su défendre et développer la République, le parti qui a un programme précis et qui ne faillira pas aux promesses et aux engagements qu'il prend envers le suffrage universel, envers les pauvres et les travailleurs.
Vive la République démocratique!
Léo BOUYSSOU,
* Maire de Mano,
Inspecteur de Renseignement primaire, Candidat républicain radical-socialiste*
Circonscription de SAINT -SE VER.
M. Constant DULÀU.
Élu au 2e tour de scrutin. — 12*36S voix.
Depuis bientôt quinze ans, j’ai l’insigne honneur de vous représenter à la Chambre dos Députés et de défendre tous vos intérêts tous leurs formes les plus diverses.
Ayant conscience de n’avoir pas démérité, je sollicite le renouvellement de mon mandat.
Une œuvre considérable au point de vue démocratique et social a été accomplie par la dernière législature et j’en revendique ma part.
La durée du service militaire a été abaissée a deux ans et cela sans compromettre la puissance ni les effectifs de noire armée nationale. Les dispenses ont été abolies ; tous les enfants de ce pays, sans distinction d’origine, sont soumis aux mêmes obligations militaires.
Dans le domaine de l'assistance* les vieillards de soixante-dix ans et les infirmes nécessiteux ne seront plus désormais abandonnés, ni contraints a vivre de la charité publique.
Durant la législature, mes collègues m’ont fait chaque année l’honneur envié de me nommer membre de l’importante Commission du budget* Pour les exercices 1905 et 1906, j’ai rapporté le budget du Ministère des Finances*
Au sein de ja Commission, j'ai pris part à l’élaboration des importants projets do loi politiques, économiques et sociaux que la Chambre a discutés ensuite et le plus souvent adoptés. C’est ainsi que les majorais, - — lourde charge léguée par le premier Empire, — ont été rachelés ; que nous avons donné au corps si dévoué de nos instituteurs un irakemenî en rapport avec leur haute mission éducatrice ; réduit a 10 centimes le prix des timbresposte; amélioré le sort d’une infinité de modestes fonctionnaires.
L’étude des quatre budgets de la législature m’a permis de me rendre compte de la sincérité de l’œuvre financière de la République. Les budgets extraordinaires ont disparu, La loi de finances englobe toutes les déportais de la nation et en permet le contrôle. En dépit d’augmentations incessantes de dépenses, le puissant crédit de la France est intact.
En abordant résolument le problème de la décentralisation, il importera de simplifier les rouages administratifs et de réaliser de grosses économies.
Au prix d’un travail opiniâtre* la Chambre a voté les retraites ouvrières, II appartiendra au Sénat et à la prochaine législature de mettre au point la réforme et de proportionner les sacrifices qu’elle occasionnera aux ressources disponibles du budget, d’utiliser dans la plus large mesure les institutions mutualistes, de respecter enfin la liberté de tous les travailleurs.
Nos impôts directs devront être remaniés ; il y a lieu, en effet, de mieux proportionner les charges fiscales aux moyens des contribuables et d’exempter à la base les moins fortunés, le tout sans vexations ni inquisitions pour les citoyens.
Aux heures où la République a pu craindre ^éventualité cruelle de la guerre, j’ai voté les crédits nécessaires à notre armée et à notre marine nationales, dont la puissance sera toujours notre suprême sauvegarde.
L’amour profond que j’ai pour mon pays me fait condamner avec une égale énergie les
doctrines criminelles des sans-patrie et les utopies collectivistes destructives de la propriété individuelle et du droit à l’épargne. Le bon sens public a déjà fait justice des unes et des autres.
Au point de vue des intérêts régionaux, j’ai eu la bonne fortune d'obtenir de la Chancre l’autorisation de la chasse aux petits oiseaux et de faire respecter les vœux de nos populations rurales formulés par les Conseils généraux.
En matière de tuberculose bovine, il n'a pas dépendu de votre député que le délai de l’action en nullité des ventes ne fut réduit à dix jours. La Chambre avait voté ce délai, mais le Sénat Ta élevé à trente jours. L’affaire est à reprendre. Je reste partisan irréductible de la liberté des ventes et de la réduction du délai. Tous mes efforts tendront à ce que le service des indemnités soit assuré avec une plus grande rapidité*
J'aî pu, au cours de ces dernières années, me trouver en désaccord avec des républicains de ma circonscription sur la solution de certains problèmes politiques. Jamais, je l'affirme hautement, je n’ai obéi à d’autre mobile qu'à l’intérêt supérieur de mon pays et de la République.
La séparation des Églises et de l’État n'avait pas figuré dans mon programme. Je n’ai pas voté la loi, redoutant que cette mesure ne fût envisagée comme un acte d’hostilité envers la religion.
Mais H serait injuste de ne pas reconnaître, maintenant, que la loi volée laisse intact le principe nécessaire de la liberté du culte et en assure l’exercice dans des conditions acceptables par le clergé et par les catholiques. Le respect de la loi s’impose à tous ies citoyens. S’insurger contre elle, provoquer des violences et des troubles, agiter systématiquement le pays, c’est se livrer à des manœuvres dont le caractère politique n’échappe à personne.
Dans des circonstances difficiles pour le Gouvernement, j’avais promis mon concours au Cabinet de M. Rouvier, et, sans hésitation, je fai soutenu jusqu’au bout. Mon vote a de même été acquis au Ministère actuel.
Une chose me surprend : c'est que certains adversaires de nos institutions aient pu se faire illusion un instant sur mes véritables sentiments politiques.
Par mes origines et les traditions de ma famille, de cœur et de raison, j’appartiens à la Démocratie.
Mon indéfectible dévouement est acquis à la République.
H faudrait être aveugle pour ne point voir que la société française évolue vers le progrès indéfini et vers les réformes populaires. Je m’honorerai d’être un artisan de l’œuvre nouvelle et de justifier ainsi la confiance du parti républicain*
Vive la République !
Veuillez agréer, mes chers concitoyens, l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.
Constant DL3LAU,
Député sortant,
Rapporteur du budget des Finances, Propriétaire et maire à Castelnau-Chalosse.
LOIR-ET-CFIER
lre Circonscription de BLOIS.
M. TREIGNIER.
Elu au 2° lour de scrutin. — 12.051 voix.
Mes chers Concitoyens)
* L’élection de M. Gauvin au Sénat laisse vacant le siège de député de la 1™ eirconscrm-
i Rlnïc
Répondant à i’appel de nos amis, je reprends, comme c’est mon devoir, le drapeau et le programme que j’ai depuis longtemps défendus:
Eu 1893, comme président du Comité radical-socialiste dont j’avais été i’un des fondateurs et dont je suis encore aujourd’hui le candidat.
En 1895 et en 1898, comme candidat aux élections législatives.
C’est là, en effet, une cause que je n’ai jamais abandonnée. Et si, aux élections législaives de 1902, je me suis effacé, c’est que cette cause, ce programme, ce drapeau étaient devenus ceux de votre député, M. Gauvin, qui «élargissant alors, selon les propres expressions de sa profession de foi, ses programmes antérieurs pour y mettre tout ce qui peut assurer plus d’égalité, plus de fraternité, plus de justice et plus de solidarité dans les problèmes sociaux », rendait ainsi toute candidature de ma part inutile et même dangereuse. Ma pei sonne n’était rien dès l’instant que mes principes étaient proclamés et défendus. Je ma
suis effacé.
Aujourd’hui, devant les assurances qui me viennent de toutes parts qu’il vous faut pour défendre ce programme devenu le vôtre, un homme qui lui ait toujours éié fidèle, et qui ne ptaisse être accusé de ne s’en réclamer'que pour mieux capter vos suffrages, fort de l’appui fce notre vieux Comité radical-socialiste, mon devoir est tout tracé.
Je pose donc ma candidature à l’élection du 6 mai prochain.
Citoyens,
Mon programme vous est connu : c’est celui avec lequel je me suis déjà présenté devant vous. C’est celui que vous avez fait vôtre en élisant M. Gauvin en 1902 ; c’est celui des ermes républicains aujourd’hui au pouvoir;
Soucieux de prendre avec vous des engagements fermes, je le mentionnerai, dans tous ses détails, dans la circulaire signée de moi, qui sera envoyée à chacun de vous.
des mesures nécessaires pour améliorer notre organisation politique et
administrative, notamment par « la révision de la Constitution ; la laïcisation de l’enseignement; l’economie A le meilleur emploi de nos finances ; la réforme de l’impôt ».
Les réformes seriales immédiatement réalisables, comme, par exemple, «l’extension des libertés syndicales; la transformation des grands services publics; canaux chemins de fer, etc.,, »
Tout ce qui peut aider, encourager, fortifier nos sources national s de richesse industrie, commerce, spécialement l’agriculture et la viticulture, qui ont besoiu de toute lj sollicitude des pouvoirs publics, qui y ont droit, pour lesquelles on n’a pas encore assez fait' pour lesquelles on ne fera jamais assez. Il faut développer les institutions agricoles d’épargne, de prévoyance et de coopération. J1 faut aider tous les producteurs par l'amélioration de nos tarifs de transport et de nos traités de commerce. Il faut maintenir le privilège des bouilleurs de cru. Il faut protéger nos produits contre la fraude et la spéculation et défendre la propriété du petit agriculteur contre les trop nombreuses causes de ruine qui la menacent. ^
Vivant parmi les agriculteurs et avec eux, je connais leurs besoins ; vous trouverez dans mon programme l'énumération des nombreuses mesures qui s’imposent et que la République, toujours plus soucieuse des intérêts de la démocratie, voudra réaliser.
Citoyens,
D autres questions surgiront. Je travaillerai à leur donner les solutions les plus conformes a nos intérêts, à ceux de la démocratie. Je suis notamment résolu à poursuivre de tous mes efforts les réformes qui pourront améliorer la condition des classes laborieuses et garantir plus efficacement leurs intérêts et leurs droits.
Je ne soutiendrai de mes votes que les gouvernements qui pratiqueront fermement une politique d’économie, d’honnêteté, de justice et de progrès.
En formulant ce programme, je reste fidèle à mon passé, au vôtre. Ce sont vos propres aspirations que je prétends défendre.
Vive la République démocratique !
Eug. TftEIGflIER,
Maire de Suèvres,
Ancien juge au Tribunal de Gommerce de a Seine, Vice-président de la Caisse régionale de crédit agricole, Capitaine d’artillerie territoriale,
Président de la Société mixte de tir du 39® territorial.
Président de la Société d’instruction militaire de Bîcir / *
2® Circonscription de BLOIS.
M. TÀSSIN.
Élu au 2“ tour de scrutin — 8.714 voix.
Chers Concitoyens et Amis,
Après le vote du 7 janvier dernier, j’étais fermement résolu à m’éloigner de la politique et à goûter enfin le repos que me méritaient bien trente-six années de luttes pour la République et de YÏe parlementaire.
Mais j’ai été 1 objet de sollicitations ai nombreuses et si touchantes de la part de mes
amis de la première heure, ils ont fait si énergiquement appel à mon concours pour les aider à conjurer la ruine définitive de notre vignoble, où la mévente est complète; je les ai trouvés si préoccupés des dangers que font courir à l’ordre social les coilfctivlstes-rèvolutionnaires et du péril qui résulterait pour îa Patrie de la j ropagande des doctrines antimilitaristes, qu’à la suite de l’imposante manifestation qui a eu lieu à Contres, le 22 avril, je me suis décidé à faire taire toutes considérations, pour me mettre encore une fois à leur disposition et à celle des électeurs de la seconde circonscription de Blois*
J’y ai été, d'ailleurs, déterminé par l’impression pénible que j’éprouve, en constatant que, tous prétexte qu’on ne veut pas reconnaître d'ennemis à gauche, on paraît tout prêt à s'allier, non seulement avec le parti qui prépare, en ce moment, une véritable révolution, mais encore avec des antimilitaristes comme Hervé, récemment condamné par la Cour d’assises de la Seine pour avoir provoqué les soldats à tirer sur leurs chefs et à déserter deyant l’ennemi.
Or, je considère ces doctrines comme néfastes pour la Patiie et pour la République, et je n’hésite pas à le déclarer, car les citoyens qui aiment Tune et l’autre avec une égale passion, ont le droit de connaîire dans quelle mesure ils peuvent compter sur leur représentant pour éviter à leur pays les destinées qu’on lui prépare.
Alors que nous avions réalisé, enfin, la réforme de l'impôt sur les boissons et la suppression du droit d’octroi sur les vins que nous avions réclamées pendant trente ans, le Gouvernement a obtenu la suppression du droit des bouilleurs de cru de tirer parti de leur récolte*
H rendait ainsi plus dures que sous aucun régime les conditions d’existence des vignerons; il leur imposait en outre des formalités tracassières, vexatoires, inquisitoriales.
L’approche des élections a, seule, permis le retour au régime de la liberté.
Mais nous n’en ressentons pas moins les effets désastreux.
Les lies et les marcs non distillés ont souvent servi à la fabrication de vins în latés qui ont surchargé le marché et contribué à la mévente.
Cette fabrication a encore été encouragée par l’emploi abusif du sucre.
Aussi nos vins, autrefois si recherchés, dont le prix descendait rarement au-dessous de 20 francs l’hectolitre, alors qu’ils supportaient un droit de 18 fr. 87 à leur entrée dans Paris, sont maintenant invendables môme à 12 francs l'hectolitre, bien qu’exempts de tout droit d’octroi.
La plupart de nos vignerons ont encore dans leur cellier leur récolte des deux dernières années et, cependant, ils n’ont d’autres ressources que le produit de leur vin pour vivre, élever leur famille et payer leurs impôts.
La même situation de gêne sans précédent est faite à tous les ouvriers et artisans de nos communes viticoles.
Elle ne peut durer plus longtemps.
Le représentant que vous élirez, le fi mai, ne devra accorder sa confiance qu’à un gouvernement résolu, d’une part, à réprimer énergiquement la fabrication des vins artificiels et, d’aulre part, si le sucrage doit être maintenu, à réglementer Tubage du sucre, de manière à suivre celui-ci depuis la raffinerie jusqu’à son emploi chez le récoltant.
Peut-être même pourrait-on attribuer un rôle dans la surveillance aux Sociétés viticoles.
Mais votre représentant devra être assez énergique et assez clairvoyant pour ne pas laisser recommencer, au lendemain des élections, Ta manœuvre qui, en 1903, a abouti à îa suppression des droits des bouilleurs de cru.
Je ne vous ferai pas de longues déclarations politiques.
Mon programme est celui du Comité de concentratiou républicaine.
Vous connaissez depuis de longues années, autrement que par des paroles, mon dévouement à la Démocratie, au Progrès social et économique, à l’affranchissement 'de la conscience humaine.
J’ai toute ma vie défendu avec passion la cause d^s petits, des humbles, des opprimés .
J* ai toujours suivi fidèlement ma ligne politique.
Vous m'adressez un suprême appel dans* votre détresse.
Avec vous, je suis prêt à combattre jusqu'à mon dernier souille pour la défense de vos droits, pour la Liberté, pour la Patrie et pour la République.
Vive la République I
Pierre TASS1N>
Président du Conseil générai de Loir-et-Cher,
Ancien sénateur,
Candidat du Comité de concentration républicaine*
Circonscription de ROMOH ANTIN ♦
ML PICHERY*
Élu au 1er tour de scrutin. — 11,382 voix.
Mes chers Concitoyens,
Mes sentiments républicains vous sont connus; nies votes sont là pour vous les rappeler. 2e revendique hautement la responsabilité de ces votes et, si j'avais à les émettre à nouveau, ils seraient demain ce qu’ils étaient hier.
La politique que j’entends suivre est celle que j'ai pratiquée : la politique d’action et de défense républicaine*
Le premier devoir de la législature prochaine est d’exiger Inapplication loyale* mais ferme, de la loi de séparation, qui respecte les consciences et assure la liberté des cultes*
L'œuvre des retraites ouvrières doit être achevée à bref delai, c’est un engagement d’honneur, et tous les démocrates ont le devoir de le remplir* Pour le réaliser, point n’est besoin d’augmenter les charges déjà trop lourdes qui pèsent sur la petite propriété, l’agriculture et le commerce ; mais il faut recourir à un juste impôt sur le revenu qui exonère à la base ceux qui ne possèdent pas ou ceux qui possèdent peu, et établir la distinction des revenus de façon à demander le moins possible au travail et plus à Ja fortune acquise*
La viticulture traverse en'ce moment une terrible crise par suite de la mévente des vins* Yos représentants ne doivent faire confiance qu’à des ministres qui s’elTorceront d’enrayer cette crise et de faire aboutir le programme viticole dont voici les principaux articles :
Libération du Yin d-* toutes ses charges ;
Plus dVntrave à la circulation ;
Répression de la fraude et suite du sucre ;
Le vin aux soldats ;
Réduction et unification des frais de transport pour le vin ;
Maintien intégral du droit du récoltant de bouillir, ans déclaration m exercice, le produit de Fa récolte ;
Droits différentiels sûr l’alcool ;
Défense d'exposer ou de vendre des produits pouvant .servir à la fabrication artificielle dii vin ou à sa falsification ;
Abaissement des droits de douane dan* ïesjiays étrangers ;
Organisation de trust et formation de grandes Sociétés d'exportation ,
Electeurs,
Vous devez élire un député qui représente vos idées, mais vous méritez d’avoir en lui un ami qui serve vos intérêts.
Je ne suis pas un étranger venu en Sologne pour y chercher une fortune politique : je suis un enfan t du pays* Si voua m’accordez votre confiance, je visiterai souvent vos communes ; je m'occuperai de toute# les affaires que voua me confierez, je me tiendrai toujours à votre disposition, je n’hésiterai jamais à soutenir les petits, les faibles, les déshérités de la fortune dans toutes les causea ustes, comme je Fai toujours fait depuis que je suis un élu du suffrage universel* /
Vive la République l
Pierre PICHERY,
Député sortant.
Conseiller général de Loir-et-Cher.
Le document qui précède est accompagné de l’ordre du jour suivant ;
* Le Comité exécutif du parti radical et radical-socialiste déclare que M* Pichfry est le seu1 candidat du parti radical et radical-socialiste dans ^arrondissement de Romorantin, et, adressant un pressant appel aux électeurs républicains radicaux et radieaux-socialiâfes de cette circonscription, les invite à voter tous avec discipline, le 6 mai, pour M* Pichery.
ft Pour le Comité exécutif;
« Émile Combes, sénateur, ancien président du Conseil, président*
« VAUi, sénateur, ancien ministre*
« Berteaux, député, ancien ministre*
« F* Buisson, député »
Circonscription de VENDOME.
M. Pierre BERGER*
Élu au 1er tour de scrutin. — 9.602 voix*
Mes chers concitoyens,
Le 6 mai prochain, vous êtes appelés à élire un député en remplacement de M. Henri David, sénateur*
Cédant aUx sollicitations qui me sont adressées de tous les points de l’arrondissement
de Vendôme, par de nombreux républicains, je viens avec confiance briguer vos libres suffrages,
le ne vous adresserai pas, mes chers concitoyens, une longue profession de foi, estimant qu’un candidat ne doit promettre que ce qu'il est sûr de pouvoir tenir.
Vous me connaissez tous. Je suis un enfant du pays. Depuis huit ans, j’ai l’honneur de représenter, au Conseil général de Loir-et-Cher, le canton de Selommes. Vous avez pu me juger a mes actes ; chaque fois que l’occasion m’en a été offerte, j’ai soutenu avec énergie les intérêts et les droits de l'arrondissement de Vendôme, au sein de l’assemblée départementale. En politique, mon attitude a été celle d’un ferme républicain, combattant résolument les ennemis de la République.
Je désire ia défense de notre agriculture et de notre viticulture, et le maintien du régime economique du protectionnisme. J’estime également que le privilège des bouilleurs de cru doit etra maintenu. Eniin, je voterai la révision du cadastre, l’abaissement des tarifs des cneinins de fer et les encouragements aux associations agricoles.
Je veux une stricte économie des deniers publics et un contrôle rigoureux des dépenses du budget de 1 État Je serai toujours l’ennemi des surenchères et des gaspillages électoraux. Je suis partisan de la reforme de l’impôt ; les charges doivent être réparties plus équitablement entre les contribuables et elles doivent être réglées sur la réalité et non sur l’apparonce de la fortune de chacun, "
L’armée nationale doit servir avec loyalisme la République et assurer, sous la suprématie du pouvon civil, la défense du sol, du drapeau et de la Constitution républicaine
Partisan de la réforme sociale des retraites ouvrières et agricoles, je sais d’avis que chaque travailleur doit participer par un versement à la constitution de sa retraite l’État ne devant que majorer les versements, sans imposer ni obligation ni contrainte au travailleur
L esprit d initiative et de prévoyance doit être encouragé également, en développant le rôle de la mutaakîê sous toutes ses formes et dans toutes ses applications
Adversaire du collectivisme, je suis pour le maintien de la propriété individuelle et de héritage absolument nécessaires au développement et à l’indépendance de la personnalité humaine. \ous me verrez toujours combattre également l’antipatriotisme, oui fait courir à notre pays un danger réel et immédiat.
An lendemain du vote de-k séparation des Églises et de l’État, la loi doit être appliquée dans une mesure large et loyale, sans spoliation ni persécution, tout en maintenant avec fermeté les droits de PEtatiaïque,
Mes chers concitoyens,
Profondément atiaché aux institutions républicaines, démocrate éprouvé, je m’efforcerai de contribuer au triomphe de la justice, de l’équité et de la vérité. Homme de progrès je suis pour lai marche en avant dans la voie des réformes, sans faire appel à la lutte des classes, ni à la haine entre citoyens.
Républicain de gouvernement, homme d’ordre, vous me verrez toujours combattre le République ^ maai'fesiatioü9’ et travail!er avec ardeur à servir mon pays et la
Vive la République]
Pierre BERGER*
Conseiller généra] de Selommes, Président de la Commission départementale de Loir-et-Cher,
Candidat républicain de gauche.