‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 113 sur 280 · LOIRE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

LOIRE-INFÉRIEURE

Circonscription d'ANCENIS.

M, le marquis de LÀ FERRGNNAVS.

Élu au l4r tour de scrutin. — 9.^2 voix.

Mes chers amis.

Pour obéir aux ordres de la franc-maçonnerie, M* Combes a dénoncé seul, sans négociations, au mépris de tous les principes du droit international, le Concordat qui, depuis un siècle, avait assuré la paix religieuse en France,

Au nom d'une loi inique votée par une majorité asservie aux programmes des couvents maçonniques, vous avez vu tenter les inventaires dans vos églises; voulez-vous, dans quelques mois, qu’elles soient fermées par inapplication hypocrite des articles h, 5, 8 et 9 de cette loi? Voulez- vous que vos prêtres soient dépouillés de tout, sauf de leur honneur sacerdotal ?

Youlez^vous voir renverser, au nom de l'article 28, les croix que la piété de nos pères a érigées, pour nous parler d’espérance, dans nos bourgs, au bord de nos routes, même celle qui, dans nos cimetières, couvre de son ombre miséricordieuse le repos de nos morts bienairnés?

Dans quelques mois, on va incorporer dans Famée acûve les fils aînés d'orphelins, les fils de veuves, les frères de conscrits, tous ceux que l’ancienne législation, plus humaine, laissait au foyer comme soutiens de famille; on les retiendra rigoureusement deux ans sous les drapeaux, et le nombre très restreint des journées de permission qui pourront leur être accordées est strictement limité par la loi. Pourtant, dans la séance du 7 juin 190i, une importante minorité, dont je m'honore d'avoir fait partie, réclamait pour vous le service d’un an seulement, tout eu assurant une plus solide organisaiion de l'armée.

Depuis 1902, la Chambre dont les pouvoirs expirent a agité vainement les plus graves problèmes sociaux de l'heure présente; presque toujours les réformes nécessaires échouaient par les dispositions excessives qu'y introduisait la majorité; lorsque, par exception, une de ces lois finissait par être votée, — celle sur l'Assistance par exemple, — c’est en laissant aux communes des charges si écrasantes qu’il sera matériellement, impossible d'y faire f ice.

Pendant ce temps, les grèves se sont multipliées, de jour en jour plus violentes. Parfois, comme à Brest, à Toulon, dans l'Est* elles ont été encouragées par Pintervention criminelle des ministres eux-mêmes ou de leurs plus fidèles amis ; sur tous les points du territoire, elles ont semé, dans les ruines et la misère, les plus redoutables germes de haine sociale.

Voilà pour l'intérieur.

A Pextérieur, une politique téméraire, soigneusement soustraite au contrôle du Parle-

ment par un ministre dont les rêves chimériques justifient toutes les accusations, nous a tenus pendant dix mois au bord des pires catastrophes. C’est à peine si la conférence d’AIgésiras est parvenue, il y a quelques jours, à conjurer le péril.

La conséquence naturelle de cette situation, dont je me borne à vous indiquer les traits principaux, est la détresse du Trésor public. Pour- la première fois, le Ministre des Finances a dû reconnaître l’existence du déficit, et, en admettant pour exacts les chiffres qu’il a luimême donnés dans la séance du Sénat du 6 avril, ce déficit est de 92 millions.

En résumé, la majorité biocarde, qui, pendant quatre années, a pesé si lourdement sur notre pays, a développé le « désordre dans les esprits, le désordre dans la rue, le désordre dans les fiuances ».

Elle a désorganisé l’armée nationale, le travail, la justice elle-même.

Elle a préparé l'oppression des consciences, la persécution religieuse, l’application des utopies collectivistes.

Pour réparer le mal qu’elle a accompli, il faut abroger la loi de séparation ; il faut transformer la loi militaire pour arriver au service d’un an sur les bases indiquées par M. Cuneo d Ornano ; il faut aborder loyalement l’étude des réformes sociales en s’inspirant des principes consacrés par l’expérience chez les peuples voisins; il faut meitre un terme aux dépenses inutiles, pour faire face, sans impôts nouveaux, aux charges nécessaires; il faut réprimer 1 immoralité grandissante, et pour cela rendre à la religion le respect qui lui est dû; il faut restaurer l’indépendance et la dignité de la justice et faire cesser à tout jamais les honteux procédés de délation si scandaleusement développés par M. Combes et chasser de partout les espions, sous quelque nom qu’ils se cachent pour porterie deuil et la ruine au foyer des plus humbles familles.

j est 1 œuvre de salut national qui s’impose à la prochaine législature, et si vous

m’honorez une fois encore de vos suffrages le 6 mai, fort de votre confiance, j’entends y consacrer toutes mes forces et toute mon activité.

Pour Dieu et pour la Patrie I

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