LOT-ET-GARONNE
Circonscription d'AGEN,
M. DÀUZON*
Élu au 2* tour de scrutin* — 9,581 voix.
Man cher concitoyen,
Fai PSonneur de me représenter à vos suffrages, à Sélection du 6 mai prochain.
Je crois être assez connu de vous pour n'avoir pas besoin de faire une longue profession de foi.
La législature qui vient de finir a été fertile en réformes ; Pégalité do service militaire est définitivement entrée dans nos lois; la Chambre et le Sénat ont déjà voté les dispositions qui donnent Passistance obligatoire à la vieillesse et à P invalidité; fe monde agricole a regu satisfaction par le vote définitif de la répression des fraudes dans la vente des marchandises et des falsifications des denrées alimentaires, loi protectrice dont fai été le rapporteur; la laïcité de PÉlat est désormais un fait acquis par les lois sur les associations et sur 3a séparation des Églises et de FÉtat,
J’estime que là est la garantie suprême de la liberté des consciences et la condition essentielle de la paix religieuse.
Mais l'affranchissement de FÉtat laïque n’est qu'un des termes du programme républicain ; les réformes fiscales et sociales exigent désormais un effort de tous les instants. Je ne veux pas la lutte des classes, mais je veux au contraire leur étroite union.
Pour y parvenir, deux conditions sont nécessaires ;
Il faut que la justice soit assurée dans la répartition des charges publiques, par la suppression de Pimpêt foncier, par la réforme des contributions directes et l'établissement de Fimpôt général et progressif sur le revenu.
11 faut qu’une solidarité réelle unisse les forts et les faibles et que ces derniers soient assurés, par le concours de tous, contre les risques inévitables de l'état sociaL
Après Passistance obligatoire à la vieillesse et à l’invalidité , ce sont la prévoyance et la nuitwaîité véritable qui, seules, peuvent donner aux travailleurs le repos avec la dignité ; l'organisation des retraites ouvrières et paysannes doit être, désormais, le souci le plus pressant des élus républicains.
Paix religieuse par la neutralité absolue de FÉtat entre les croyances; paix sociale par l'établissement de la justice et de la solidarité entre les citoyens; tout ie programme de la démocratie républicaine tient en ces deux termes d?ou dépend Punité morale d'un pays libre.
Cette unité morale, nous, républicains et patriotes, nous la voulons pour notre pays.
parce qu’elle est le but le plus élevé de son évolution politique et sociale; nous la voulons parce qu’elle est la con lition de sa force et de sa grandeur et aussi sa sûreté contre les périls du dehors. Nous la voulons, enfin, parce qu’elle est, par là même, le gage du développement pacifique de l’humanité entière, car nul n’ignore ce que vaut, pour assurer cette paix du monde, la grandeur matérielle et morale de la République française.
Vive la République démocratique et sociale!
Philippe DÀUZON,
Candidat républicain radical,
Avocat à la Cour d’appel, Député sortant,
Vice- président de la Commission de l’agriculture à la Chambre des Députés, Président du Conseil général de Lot-et-Garonne.
Circonscription de MARMANDE
M. Jacques CHAUMIÉ.
Élu au 2e tour de scrutin. — il .793 voix.
Citoyen^
Candidat aux élections législatives du 6 mai prochain, je fais appel à vos libres suffrages. J’ai le devoir de vous dire nettement et sans la moindre équivoque qui je suis, quelle est la signification de ma candidature et quel est mon programme.
Je me fais une trop haute idée du redoutable honneur que je sollicite pour avoir pu Songer un seul instant à poser ma candidature de mon autorité privée. A mes yeux, de nombreuses personnalités méritaient beaucoup plus que moi cet honneur par l’éclat des services rendus. Ce n’est que devant leur effacement que j’ai été prié d’être candidat et que j’ai accepté de l’être.
Le 1er avril, deux congrès appartenant aux deux grandes fractions du parti républicain se sont réunis à Marmande ; ils comprenaient tous les deux des délégués venus de toutes les communes de l’arrondissement. Après avoir successivement exposé mes idées devant le congrès radical et radical-socialiste et devant le congrès républicain, j’ai été choisi comme candidat par tous les deux à la presque unanimité-des voix.
On a essayé de défigurer l’œuvre de ces deux congrès. Ils n’ont pas eu pour rôle, comme on a voulu le dire, d’imposer une candidature, mais de la poser. Accepté par un nombre considérable de républicains particulièrement autorisés, je pouvais dès lors m’adresser au suffrage universel qui est le maître souverain.
Tout d’abord je tiens à déclarer dans quel esprit je me présente devant vous. En ce qui concerne les autres candidats républicains, je ne puis les considérer que comme des concurrents, non comme des adversaires, et si l’un quelconque d’entre eux a une seule voix de plus que moi au premier tour de scrutin, je me désisterai en sa faveur de la façon la plus loyale et la plus catégorique.
Certains d’entre eux cependant ont paru jusqu’ici exclusivement préoccupés de ma candidature; je ne les suivrai pas sur ce terrain; j’ai une aulre conception du devoir de
candidat républicain et je m’en vaudrais de ne pas consacrer tous mes efforts à lutter contre le candidat des réactionnaires*
Vis-à-vis de ce dernier, je ne me départirai jamais non plus de la plus grande courtoisie, car, lorsqu’on entreprend Ja noble lutte des idées, on n’a pas le droit de tomber dans l'abjection des polémiques personnelles : la violence des outrages n’a jamais prouvé que la pauvreté des arguments*
Si je fais appel à tous les républicains de gauche, c’est que j’estime qu’il n’existe plus entre les diverses fractions de notre parti aucun fossé infranchissable* Les principes dont s’inspire le programme radical et radical-socialiste ont toujours été ceux de tous les républicains. Les vétérans d’entre vous les ont déjà défendus sous l’empire et si, plus tard, les républicains modérés, mais non modérément républicains, et les radicaux ont paru divisés, ce ne fut jamais par des différences d’opinion sur les principes, mais sur l’opportunité de l’application de ces mêmes principes* Ces différences s’atténuent; elles tendent chaque jour à disparaître. Un député peut siéger dans an groupe d’avant-garde sans pour cela se séparer du gros de l'armée républicaine.
C'est par Punion de tous les républicains de gauche que les grandes réformes ont été réalisées; c’est grâce au concours loyal de tous que la loi de la séparation des églises et de l’État a été votée.
On a essayé de tromper le pays sur la véritable nature de cette réforme qui a rendu aux églises leur liberté et Jeur dignité. Des catholiques particulièrement autorisés ont reconnu publiquement que cette loi ne les empêchait en aucune manière de « pratiquer ce qu’ils croyaient », Les populations éclairées de Gascogne ont tout de suite compris que Fagitation faite à l'occasion de 1 1 mesure conservatoire des inventaires n’avait de religieuse que le prétexte et qu’elle avait pour cause, non la loi d’hier, mais les élections de demain*
Si j’ai l’honneur d’ôire votre député, je soutiendrai un gouvernement qui assurera l’exécution de cette loi suivant l’esprit avec lequel elle a été conçue, c'est-à-dire avec la plus large tolérance, avec le respect absolu Je loutes les croyances, mais aussi avec la fermeté inséparable de l’accomplissement de la vo’unié nationale.
Je suis partisan de l’abrogation complète de la loi Falloux. Je désire aussi que les enseignements secondaire et supérieur soient léelfemcnt accessibles à tous les enfants do peuple qui s’en montreront dignes.
L’État républicain a encore bien des devoirs à remplir, s’il veut réaliser les promesses que comporte par sa constitution même un régime démocratique*
Tous é^aux dans Fexereîce de la souveraineté nationale, [es citoyens ont le droit d’attendre de l’État, non, hélas! la suppression impossible des inégalités du sort, mais du moins l’assurance contre les coups trop accablants de la fortune. C’est avec cet esprit de justice que des lois sociales d’une haute portée ont déjà été votées; d’autres, entreprises? d’autres, enfin, seulement indiquées*
Après la toi sur les accidents du travail, la loi d’assistance aux vieillards et aux infirmes, la Chambre a voté le projet de loi sur les retraites ouvrières et agricoles. De l’aveu même de ses auteurs, cette loi devra être remaniée. Il faudra, pour la faire aboutir, des efforts patients et sincères; mais, d’ores et déjà, je me déclare partisan d’une formule définitive qui, en associant dans la plus large mesure les sociétés de secours mutuels à cette grande oeuvre de solidarité, en assurera le bénéfice, non seulement h l’ouvrier de l’usine, mais à Fouvrier des champs, au petit métayer, à tous ceux, en un mot, qui créent la richesse principale de la nation^
Cette grande réforme sociale ne pourra se faire qu’en remaniant complément notre législation fiscale. L’impôt foncier, qui pèse sur la plupart d’entre vous d'un poids inégal, mais toujours lourd, devra disparaître. 11 faudra réaliser enfin l’impôt progressif sur le revenu, Fimpôt de remplacement et non de superposition qui, n’atteignant pas les revenus inférieurs à une certaine somme et s’élevant ensuite progressivement, demandera, ainsi qu’il est juste, beaucoup plus au superflu qu’au nécessaire*
11 faudra aborder enfin la réforme administrative depuis si longtemps promise, et l'entends par là, non seulement une large décentralisation et la suppression de tous les emplois inutiles, mais la refonte, dans un esprit vraiment démocratique, de nos vieilles administrations, dont la routine formaliste et paperassière est autant an obstacle à la prompte et intelligente expédition des affaires qu’à la réalisation de bien des progrès.
J'estime également que nos codes surannés ne répondent plus aux exigences de l’esprit moderne. La révision qui en a été entreprise devra être activement poussée, mais, sans attendre davantage, il convient de simplifier l’appareil de notre procédure, et de diminuer les frais de justice. C’est alors seulement que l’on aura réalisé la justice pour tous.
Ennemi de l’intervention tracassière de l’État, je veux la suppression immédiate des restrictions récemment apportées au droit de chasse; je veux l’abaissement à 10 francs du permis actuel et la création d’un permis journalier.
Mais là ne doit pas se borner le rôle du député d’un arrondissement essentiellement agricole comme celui de Marmande. Si je deviens votre élu, je considérerai comme mon premier devoir de m’occuper d’une façon constante de vos intérêts économiques.
Presque tous les intérêts du Midi ont été sacrifiés à ceux du Nord. Alors que certaines régions de la France ont été dotées depuis longtemps d’un outillage économique perfectionné, les nôtres sont laissées dans le plus grand abandon et, la plupart du temps, ce n‘est pas au profit de nos produits que les négociateurs de nos traités de commerce obtiennent des concessions de l’étranger en échange de celles consenties par le pays tout entier. Il faut que, cet état de choses cesse.
La réalisation du canal des Deux-Mers devra enfin être mise sérieusement à I étude. Mais, en attendant cette réalisation, il faut que nos voies fluviales, la Garonne, le Lot et le Dropt soient entretenues ou rendues à la navigation. Il est temps surtout que les tarifs de transport des chemins de fer deviennent moins lourds et plus équitables. D’ailleurs, si les grandes compagnies s’obstinent à négliger les intérêts des régions qu’elles desservent, nous ne devons pas oublier que l’État est suffisamment armé par la faculté de rachat.
11 faut encore que l’État se décide à augmenter la culture du tabac en diminuant d’autant les achats qu’il fait à l’étranger et en encourageant la production du tabac d’exportation ; il faut aussi qu’il entreprenne des expériences sincères d’acclimatation sur notre sol des tabacs étrangers.
11 importe que la vente de vos vins, de vos prunes, de vos primeurs, de tous les produits de notre terre merveilleuse soit aidée par la répression énergique de la fraude, la modification des tarifs de transport et l’ouverture de débouchés à l’étranger.
U importe également que le privilège des bouilleurs d8 cru soit défendu contre les assauts de ceux qui voudraient l’attaquer.
Je considère que toutes ces questions économiques, intimement liées à la vie même delà nation, doivent être la préoccupation essentielle du représentant du peuple. Eli eB m’ont toujours passionné, alors que je ne songeais pas à solliciter un mandat électif ; je me suis exclusivement consacré à leur étude en entrant au concours dans la carrière
consulaire. .
C’est en vivant au milieu de vous, toutes les fois que les travaux du Parlement n exigeront pas ma présence à Paris; en parcourant l’arrondissement tout entier, restant ainsi en contact avec les électeurs, que je pourrai utilement assurer la défense des intérêts que vous aurez à me confier. Il m’est impossible de concevoir autrement l’exercice du mandat de député.
Fermement attaché à l’idée de Patrie et adversaire déclaré de Hiervéisme, je pense que la France se doit à elle-même et au monde entier, qui a reçu d’elle tant de précieux enseignements, de maintenir haut et ferme, avec la tranquillité pacifique et la dignité des forts, le rayonnement de sa puissance*
Et maintenant, électeurs républicains, que je vous ai fait connaître sans la moindre équivoque mon programme et mes aspirations, j’attends avec confiance votre verdict souverain.
S'il a pu exister entre quelques-uns d'entre voua de petites différences d’idées, que sont-elles à côté des différences essentielles, profondes qui divisent les oppositions dynastique, cléricale ou simplement factieuse? Elles s’unissent pour attaquer nos institutions. Unissons-nous pour les défendre!
Vive la République !
Jacques CHAUM1É,
Consul suppléant de France, Radical-socialiste,
Candidat de l’Union des républicains.
Circonscription de NÉRAG.
M. LAGASSE.
Elu au 2Mour de scrutin. — 7.247 voix.
Citoyens et chers Compati iotes,
Je viens en toute confiance solliciter l'honneur de vous représenter à nouveau
En 1898, élu sur un programme de réformes démocratiques et sociales, je suis - da 1 avis de tous,— mtê fidèle à mes engagements.
Ea 1902^ j’ai recueilli 6.835 siiffrag^s fépiiblicains et n'ai succombé, au second tour que sous I effort d une coalition bien connue. 1
C’en est fait aujourd’hui des candidatures ambiguës et des scrutins équivoques,— qui donnent des représentants impuissants, par leur origine même, à satisfaire toutes les fraclions de leur majorité disparate.
L'arrondissement de Nèrac, profondément attaché à la République, veut avant tout un député sincèrement républicain; et il n’a pas peur de voir aborder par son élu les pro-
(ÏaTbVCOnOmiqUe0 6t S°CiaUX' qUÎ 86 p03ero,lt> dès ia rentrée, devant la nouvelle
Le Comité exécutif du parti républicain, radical et radical-socialiste de France m’a désigné pour son unique candidat dans la circonscription de Nérac*
La Fédération républicaine, radicale, radicale-socialiste et socialiste de l’arrondissement de Nerac m’a également confié le drapeau.
Eu vam, certains prétendent-ils que je ne suis pas qualifié pour réaliser l’union nécessaire. L’attitude des nôtres et la mienne propre aux élections du 7 janvier le angage que je tiens dans nos réunions publiques et l’accueil que j’y reçois indiquent net-
soSéT ' etSllt<i réCipruqUe ; C’eSt 3ur mon IÎOm W* devra se faire l’apaisement tant
Mon programme ? Vous le connaissez ; il est resté le même depuis 1898,— diminué seulement des réformes accomplies. C’est celui du parti radical-socialiste.
Je l’ appliquerai fidèlement, me souvenant toujours qu’élu des humbles, des modestes je devrai m employer à défendre les revendications des travailleurs de la ville et des campagnes, des petits propriétaires, des petits industriels, des petits commerçants et de la
masse intéressante des petits employés, des petits fonctionnaires, de tous les bons serviteurs de la République.
Dans l’ordre politique, je suis partisan :
0e la révision de la Constitution ;
Du rétablissement du scrutin de liste avec représentation proportionnelle des , minorités;
De l’abrogation complète de la loi Falloux.
Dans l’ordre économique et social:
Je voterai la retraite aux ouvriers âgés ou infirmes des villes et des campagnes ; et je m’appliquerai à ce que tous les travailleurs de la terre soient associés au bénéfice de la loi nouvelle au même titre que les travailleurs de l’usine.
Je voterai l’impôt progressif sur le revenu global qui, en frappant chacun selon ses facultés réelles, exonérera les petits de la charge écrasante qu’ils supportent. Je m’emploierai de toutes mes forces à faire aboutir cette réforme, dont on a dit avec raison qu elle serait : « le grand dégrèvement des campagnes ».
Je demanderai la diminution des frais de justice;
— la suppression des emplois inutiles ;
— la réduction des gros traitements.
Dans l’ordre agricole :
Je réclamerai une meilleure organisation du Crédit agricole, assuré par le payement
d’un intérêt maximum de 3 0/0 l’an.
Pour combattre la mévente des vins, j’exigerai une répression sévère de la fraude sur les vins artificiels et je tâcherai d’obtenir la conclusion, avec les puissances étrangères, de nouveaux traités de commerce — qui, en abaissant les droits de douane, assureraient l’écoulement de nos produits au delà des frontières.
Je m’appliquerai à libérer la culture du tabac de ses entraves, notamment dans le choix par le planteur de l’espèce qu’il entend cultiver. - Je demanderai, pour les soustraire à toutes les influences, la nomination des experts par les planteurs eux-mêmes.
Dans l’ordre militaire:
Je voterai la suppression des 13 jours, la réduction des 28 jours à 21 jours. Je n’ai plus à parler du service militaire de deux ans, préparé par la législature de 1898, voté par celle
de 1902. , . .
Je voterai les budgets de la défense nationale. Ai-je besoin de dire que je reprouve Vanlimilitarisme, qui, dans son rêve de désarmement, risquerait de livrer notre pays sans défenseurs aux convoitises de l'étranger? Je suis ennemi de la guerre, comme tout bon citoyen, mais hélas ! dans l’état actuel de l’Europe et du monde, c’est parce que la France est passionnément attachée à la paix qu’elle veut de redoutables forces militaires.
Je continuerai à défendre les moJcstes revendications des chasseurs et je m’appliquerai à ce que les tolérances séculaires dont ils jouisît nt soieot définitivement inscrites dans la loi,
3e proposerai de nouveau au Parlement, avec une législation nouvelle sur la chasse, le permis quotidien démocratique à 25 centimes,
Ciloyeos et chers Compatriote?,
Je tiens k vous dire que, député, fauraîs voté la loi de séparation des Lglises et de l’État, parce que j*estime qu'elle est,^our l’Église, non pas uue loi d oppression, mais une
loi de libération. Respectueuse de la liberté de penser, de croire, de pratiquer, cette loi en tolérante et libérale. Elle laisse l’Église ouverte, elle rfenten 1 point la combattre,, la spolier, mais elle lui accorde, au contraire, des franchises et une indépendance nouvelles.
Citoyens et chers Compatriotes,
Vous me connaissez par mon passé, par mes actes.
Vous me savez républicain, vous n'ignorez rien du dévouement que j'ai toujours marqué à la démocratie des villes et des t impagnes.
Je vous invite tous à faire l’union républicaine sur mon nom, à préparer par mon élection l’apaisement désiré.
Aux urnes! Pas d’abstentions 1
Vive la République démocratique et sociale l
Louis LAGASSE,
Avocat à la Cour d'appel de Paris,
Ancien député,
Ancien Conseiller général,
Maire de Cas tel jaloux,
Can lidat radical-socialiste et d'union républicaine.
Circonscription de VILLENEU V E-SUR LOT.
M, Georges LEYGUES, f.Iu au 1er tour de scrutin. — 11.967 voix.
Chers concitoyen,* T
Pour la sixième fois, je sollicite vos libres suffrages. Depuis vingt ans, que j’ai Phonneur de vous représenter, je suis resté rigoureusement fidèle à mes engagements.
Tai voté toutes les réformes démocratiques, économiques et soci des qui ont été réalisées, ainsi que les mesures qui ont eu pour but de p otéger les intérêts agricoles, industriels et commerciaux et le travail national, :
Malgré les entraves de l’opposition, la majorité républicaine a accompli une œuvre considérable. Elle a poursuivi dans Renseignement Pœuvre de laïcité et de neutralité entreprise depuis 1886. Elle a promulgué la loi militaire de deux ans qui, eu supprimant le privilège des dispenses et en confondant sous les drapeaux, sans distinction d'origine ni de forttfne, toute la jeunesse de France, a réalisé Pégalité devant l’impôt dont les enfants du peuple supportaient la plus lourde charge.
Elle a adopté le principe de ia loi des retraites ouvrières et paysannes, qui assurera une vieillesse paisible aux travailleurs
Elle a voté la séparation des Églises et de l’État,
Cette loi est une lo:. libérale. Elle garantît le respect des croyances et l'exercice des cultes. Elle accorde aux prêtres de larges retraites et allocations. Elle ordonne le rembour-
sement aux contribuables de toutes les sommes du budget des cultes qui deviendront disponibles. Nous voulons l’Église libre; mais nous ne voulons pas que l'Église gouverne le pays.
La République a développé dans des proportions si considérables notre puissance militaire et navale que les nations recherchent notre alliance. Cette réorganisation de nos forces nous a valu l’entente avec l’Angleterre.
Le Gouvernement républicain, dont j'ai l’honneur de faire partie, a réglé 1 affaire du Maroc dans des conditions qui sauvegardent notre dignité et nos droits. Il a épargné la guerre au pays et il a grandi le prestige extérieur de la l' rance.
Enfin, nous avons défendu l’armée contre les excitations par lesquelles on essayât de
la détourner de son devoir.
Chçrs concitoyens,
Demain une œuvre nouvelle sollicitera l’attention de vos représentants. Une répartition plus équitable des charges fiscales s’impose, il faut alléger le travail et la terre des charges qui les grèvent et demander plus à l’impôt sur le revenu et la richesse acquise. Il faut donner tout leur essor aux œuvres de solidarité sociale; relever matériellement et moralement la situation des déshérités; améliorer les rapports du capital et du travail; assurer, par l’harmonie de ces forces, l’ordre intérieur et la prospérité économique du pays.
Chers concitoyens,
j*ai servi les intérêts de notre arrondissement et les vôtres avec autant d’énergie que les intérêts généraux de la nation.
Le réseau de nos voies de communication à vapeur est on voie de construction.
J’ai déposé et fait voter le projet de loi qui défend les prunes françaises contre la concurrence étrangère.
J’ai supprimé la législation oppressive des bouilleurs de cru.
Chers concitoyens,
Je viens d’êlre rappelé dans les conseils du Gouvernement par la confiance du chef de l’État et du parti républicain.
Tout ce que cette haute fonction me donne d’influence appartient à mon pays et à vous.
Nos adversaires se préparent à un suprême assaut. Ces éternels ennemis que, depuis trente-cinq ans, la République a toujours eu à combattre, essuieront une défaite écrasante. Le pays est avec nous! car il n’admet, dans sa marche en avant, ni défaillance, ni recul! Notre cri de ralliement n’est pas un cri de colère ou de haine; c’est un cri de concorde et de fraternité : Ni réaction, ni révolution ; le progrès démocratique et social dans l’ordre, la paix et la liberté!
Vive la République !
Georges LEYGUES, Député sortant, Ministre des Colonies.