‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 128 sur 280 · C. LENOIR · texte numérisé non relu

C. LENOIR

Député sortant,

Socialiste indépendant.

N 3° Circonscription de REIMS.

M. HAGUEPUN.

Élu au 1er tour de scrutin, — 6.151 voix.

Mes chers Concitoyens,

Les instances sympathiques des républicains de la troisième circonscription de Reims m’ont déterminé à accepter la candidature an siège législatif que mon ami Monfeuillart, récemment élu sénateur, a occupé pendant huit années et où il a si fidèlement servi la cause démocratique et vos intérêts.

la me présente à vous avec l'investiture du Congrès qui a choisi le candidat républicain.

Vous savez qui je suis. ...

Cultivateur, comme la plupart d’entre vous, je n’ignore rien de vos besoins, ni de vos légitimes revendications. Maire d’une importante commune agricole et industrielle depuis vingt-sept ans, je n’ai jamais cessé d’avoir contact avec nos populations ouvrières si intéressantes. , , . „ ,

Je me suis constamment attaché à assurer la prospérité de notre agriculture, de notre

viticulture, de nos industries lainière et sucrière. Plus que jamais, je me dévouerai à cette tâche, si j’ai l’honneur d’être votre député.

Depuis onze ans, soit comme conseiller d’arrondissement, soit comme conseiller général, je suis intimement mêlé à la vie politique et administrative de notre département.

J’ai été attentif aux intérêts de la démocratie rurale et de la culture, qui a tant besoin d’être défendue. J’ai donné tout mon concours au parti républicain de gauche.

En août 1905, notamment, j’ai signé avec mes collègues républicains du Conseil général, l’appel en faveur de la candidature sénatoriale de l’homme d’État éminent qui fait honneur à la France, de M. Léon Bourgeois.

je voua demande aujourd'hui de faire triompher sur mon nom la politique réformatrice du Bloc de gauche, comme les délégués sénatoriaux de la Marne l’ont fait triompher, il y a quatre mois, sur les noms aimés et respectés de MM. Léon Bourgeois, Vallé et Monfeuillart, de l’amitié desquels je suis fier.

La réaction va tenter un suprême effort pour reconquérir une influence qui lui permettrait de détruire toute l’œuvre de la République, surtout l’œuvre de laïcisation.

Je veux énergiquement, pour ma part, le maintien et l’application, — avec tontes les garanties delà liberté et de la justice, — des lois scolaires, de la loi sur les associations, de la loi de séparation, de même que de la loi du service militaire de deux ans.

Mais conserver seulement ce qui est acquis ne suffit pas. Aujourd’hui que la question cléricale est résolue dans le sens de la liberté et de la tolérance, d’autres progrès sollicitent l’attention du législateur.

Eu ce qui concerne l’œuvre de demain, je suis le partisan déterminé du développement de toutes les institutions de mutualité, de prévoyance et d’assistance, de toutes les réformes sociales et fiscales s’inspirant de l’esprit de justice et de solidarité.

Je désire ;

Le vote définitif de la loi sur les retraites ouvrières et agricoles ;

La répartition équitable des charges fiscales qui pèsent si lourdement sur la propriété foncière et frappent d’excessive façon, par les impôts de consommation, les familles nombreuses, qui devraient au contraire obtenir des avantages sérieux de nos lois ;

La simplification des rouages administratifs par une décentralisation aussi large que possible et, par suite, la diminution du nombre des fonctionnaires, étant entendu que partie des économies ainsi réalisées dans le budget servirait à améliorer le sort des modestes serviteurs de l’État ;

L’abrogation de la loi sur les prestations ou taxe vicinale obligatoire, au moyen de centimes départementaux et non communaux;

L’étude de inorganisation du service de la vieinaHté basée sur la fusion des réseaux* avec un régime financier impliquant les participations de l’État, des départements et des communes au moyen d’un barême ménageant les ressources des petites communes ,

La protection de l’agriculture, de la viticulture et de l’industrie française; — la création de Chambres d’agriculture élues; — l’extension des syndicats agricoles et du Crédit agricole ; — le maintien du droit des bouilleurs de cru;

■ La répression de la spéculation sur les produits nécessaires à l’existence ; — le respect de la propriété individuelle;

La diminution des frais de justice et ventes judiciaires ;

La suppression des 13 jours et la diminution des 28 jours.

La réalisation de cette œuvre, tracée dans ses grandes lignes, peut tenter les t bons citoyens.

C'est une œuvre, non de haine, mais de réconciliation et d’apaisement, qui nous procurerait les bienfaits de îa paix sociale.

Elle ne pourra s’accomplir que si nous avons la paix à ^extérieur.

j'ai servi mon pays, en 1870, dans le 3e bataillon des mobiles de la Marne, Je suis autant que quiconque jaloux des droits et de la dignité de la France. Je n’en suis pas moins, oomme vous tous, un pacifiste déterminé» désireux de mettre fin aux guerres meurtrières et ruineuses par tous les moyens compatibles avec le juste souci de notre fierté, de notre sécurité et de notre indépendance.

Mes chôr s Concitoyens,

En sollicitant vos suffrages, je n’ai que Pambition de servir avec plus d’ardeur que jamais les intérêts ruraux de la 3e circonscription et de participer à fœuvre démocratique et pacifique qui assurera la grandeur de la France et l’avenir de la République,

Cest avec confiance que je m’adresse à vous qui avez donné tant de preuves de votre sincère attachement aux institutions républicaines, et je vous renouvelle l’expression de mes sentiments profondément dévoués.

Vive la République démocratique I

G, HAGUENIN,

Cultivateur et maire à Bazancourt, Conseiller général du canton de Bourgogne, Candidat du Congrès républicain démocratique.

Circonscription de SAïNTE-MÉNEHOULIh

M. Paul BERTBÀND.

Élu au 1er lourde scrutin. — 5.Q89 voix.

Messieurs et chers Concitoyens,

« Avec vous, aux élections législatives de 1902, nous avons lait triompher la Bèpublique ouverte à toutes les bonnes volontés, respectueuse des droits de chacun, avec une politique d’apaisement libérale et progressiste. Nous voulons encore le triomphe de cette politique aux prochaines élections législatives de 1906. »

Fort de ce précieux encouragement, de cette importante déclaration votée à Sainte - Ménehould, dans la réunion du 18 février 1906, j’ai l’honneur de me présenter à vos suffrages pour l’élection législative du 6 mai 1906;

Au cours rie la législature qui vient de finir, j’ai été au nombre des adversaires de la politique du « Bloc »; il vous appartiendra, par vos suffrages, de vous prononcer, une fois

de phis, sur cette attitude, et aussi sur le mal fait à Farinée française par le système des fiches du Grand-Orient.

Républicain, j’aime la République, Gouvernement de la France, et non le Gouvernement d’un parti : la République poursuivant, non la division ou la haine, mais la réconciliation des Français dans l’ordre, la justice et la liberté pour le grand bien de la patrie à l’intérieur comme à l’extérieur,

partisan de la paix au dedans comme au dehors, favorable au développpement de l’arbitrage international, je salue avec respect et sympathie Farinée française et le drapeau tricolore; je veux l’armée soustraite aux passions, aux luttes politiques, maintenant, par le travail, Fétude et la discipline, la cohésion et la puissance des forces militaires de la France.

* Avec la liberté individuelle, avec la liberté de conscience, d’enseignement, d’association, je souhaite à mon pays îa paix religieuse, compromise par le vote hâtif de la loi de séparation des Églises et de l’État, désirant que, le plus tôt possible, un accord ramène le calme dans les esprits.

Dans l’intérêt de l’agriculture, du commerce et de l’industrie, chaque jour menacés davantage par la concurrence étrangère, je désire* avec la liberté du travail, le bon accord entre patrons et ouvriers, unis et non adversaires.

Avec une politique financière prudente, se préoccupant de ramoitissement de la dette nationale, je ne refuse ni la recherche d’une répartition plus équitable de l’impôt, ni Fétude des graves questions sociales, en Yiie de Famèlioralion du sort des déshérités, des travailleurs des villes et des campagnes.

Ainsi que je yous le disais en 1902, la question agricole est d’une importance capitale pour notre région. L’agriculture a besoin d’être encouragée, soutenue, défendue; j’appuierai notre tarif douanier protecteur, le maintien du droit des bouilleurs de cru, la diminution de l’impôt foncier et des frais de mutation, le développement des associations, des assurances et du crédit agricole, la création des chambres d’agriculture et Fétude des mesures de nature â. arrêter la dépopulation des campagnes.

Messieurs et chers Concitoyens,

De par notre constitution républicaine, vous avez la parole; vous êtes appelés à vous prononcer. Faïtes-le en toute indépendance, en toute liberté, pour le bien de ia France et de la République. Vos suffrages nombreux seront pour moi un précieux encouragement et je remercie ceux d’entre vous qui voudront bien me les accorder.

Paul BERTRAND,

Député sortant,

Candidat républicain*

Circonscription de VITRY-LE-FRANÇOIS.

M, PERRGCHE.

Élu au tour de strutin, — 5.939 voix.

Mes chers concitoyens,

Je fais appel à vos suffrages et vous prie de vouloir bien renouveler le mandat de député que vous m’aviez confié il y a quatre ans.

En 1902, je m’étais engagé à défendre les intérêts de l’agriculture et spécialement les droits des bouilleurs de cru.

J*avaiB promis de voler :

La réduction du service militaire;

L’impôt sur le revenu, à la condition qu’il ne soit ni arbitraire ni vexatoire;

Lee retraites ouvrières, sous celte réserve qu’elles auraient pour base le principe de la mutualité.

J'avais affirmé ma résolution de pratiquer une politique républicaine libérale et tolérante, respectant et faisant respecter la liberté de conscience et d’enseignement, les libertés de travail, du commerce et de l’industrie, en un mot toutes les ^libertés qu’un Gouvernement démocratique doit garantir à la généralité des citoyens.

J’ai tenu toutes mes promesses; j’ai rempli intégralement mes engagements.

D’une part ; j’ai voté toutes les propositions de loi qui, directement ou indirectement, avaient pour but de favoriser l’agriculture; j’ai, en outre, pris part à la discussion de ces propositions et fait adopter par la Chambre des amendements qui ont eu pour résultat de les compléter et de rendre leurs dispositions plus efficaces.

Je suis du nombre des députés qui ont énergiquement défendu les droits des bouilleurs de cru, et dont les efforts persévérants ont finalement fait triompher une cause qui présentait un intérêt particulier pour notre région.

J’ai voté toutes les mesures qui avaient pour objet de réduire la durée du service militaire, dans la réserve, dans la territoriale, comme dans l’armée active.

J’ai voté, avec la grande majorité de la Chambre, le principe de l’impôt sur te revenu.

J'ai voté également la loi relative à l’assistance publique.

J’ai voté enfin la proposition de loi de la Commission sur les retraites ouvrières, en exprimant le voeu que la loi définitive assurerait la retraite pour tous et par tous.

D’autre part, j’ai voté contre toutes les propositions tendant à créer des monopoles d’Etat dont la conséquence serait de concurrencer, d’entraver, voire même de supprimer les entreprises d’initiatives privées. J’ai toujours protesté contre ces conceptions économiques, qui aboutiraient au collectivisme que préconisent les socialistes et auquel se résignent d'avance quelques radicaux-socialistes.

J’ai refusé de m’associer au vote de la majorité de la Chambre qui a rejeté en bloc, sans vouloir les examiner, toutes les demandes d’autorisations déposées par les congrégations. Je considère que cette décision fut une violation de la loi du 1er juillet 1901.

J’ai vùlé enfin contre la loi de séparation des Églises et de l’État, qui est un nouveau ferment de discorde dans le pays, une entrave à l’exercice du culte et, par suite, une atteinte à la liberté de conscience.

En agissant ainsi, j’ai appliqué scrupuleusement le programme que je vous avais présenté en 1902 et que vous aviez adopté, en m’accordant 1.200 voix environ de majorité.

Si vous me faites l’honneur de renouveler mon mandat de député, je continuerai à consacrer tout mon temps et toutes mes forces à la défense des intérêts agricoles de notre arrondissement, à l’amélioration du sort des travailleurs et à une répartition plus équitable des imp&ts et des charges publiques.

Je soutiendrai de mes votes tout ministère républicain qui pratiquera une politique d’ordre et d’économie, qui remplacera le régime de favoritisme, de délation et de haine, inauguré sous le ministère Combes, par une politique de pacification religieuse, d union et de concorde entre tous les citoyens; qui maintiendra l’armée disciplinée, unie et forte, non dans un esprit de conquête, mais pour assurer dans une paix honorable le respect des droits de la France et la dignité de la République.

Vous pourrez, comme par le passé, compter en toutes circonstances sur mon dévouement et mon désintéressement.

Ma seule ambition est de mériter votre estime et votre confiance.

Électeurs,

Vous m’avez vu à l'œuvre; vous me connaissez.

A vous de décider si je suis digne de continuer à vous représenter à la Chambre.

En dépit des attaques violentes et injustifiées dont je suis l’objet; en dépit des manœuvres de la dernière heure qui pourraient se produire, j’attends avec calme votre réponse, au 6 mai.

Vive la République 1

P. PERROCHE, Député sortant,

Docteur en droit,

Conseiller général du canton de Saint-Remy-en-Bouzemont, Maire d’Outines.

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