M. LEMIRE
Élu au 1er tour de scrutin. — 9.227 voix.
Mes chers Concitoyens,
Depuis treize ans, je suis à votre service comme député.
3e vous demande de renouveler ce mandat d’honnenr et de dévouement, et d’affirmer une fois de plus sur le nom d’nu prêtre en règle avec ses supérieurs, d’un citoyen passionné pour son pays, votre invariable attachement à vos libertés et à vos droits.
Mes discours et mes votes, vous les connaissez.
Vous serez mes juges.
Si yous me continuez vos suffrages, je saurai défendre tout ce qui vous est cher, en pl ù te in lépetdanc t et sans autre souci que d’assurer à tous la justice et la paix dans la République.
Abbé LEMIRE,
Député sortant,
2e Circonscription d’HAZEBROUCK M. PLIGHON.
Élu au 1er tour de scrutin. — 9.^51 voix.
Messieurs les Électeurs et chers Compatriotes,
Les témoignages si souvent répétés de votre inébranlable confiance m’imposent le devoir de me représenter devant vous.
Je le fais sans crainte, parce que vous me connaissez ; — parce que vous savez que mon unique préoccupation, depuis dix-sept ans, a été de défendre vos idées, vos droits, vos intérêts ; — parce que c’est, non sur des paroles, mais sur des actes que vous me jugerez.
Il y a quatre ans, je vous disais : «La France demande la tranquillité ; elle demande la liberté».
Or, peu d’époques ont été aussi troublées que ces dernières années. Jamais on n’a vu autant d’attentats contre la liberté.
Les congrégations religieuses, qu’hypocritement on avait invitées à solliciter des autorisations, les ont vu rejeter en bloc.
L’enseignement congréganiste a été supprimé.
Les sœurs chassées des hôpitaux, les frères, des écoles; les religieuses, expulsées.
Les crucifix enlevés dé vos prétoires et des classes de vos écoles.
[.es écoles fermées, les bin-ns des religieux saisis et vendus, en attendant que l’application de la doctrine collectiviste s’étende à la propriété bourgeoise.
Le Concordat, ce traité qui, depuis plus de cent ans, avait assuré la paix religieuse, est déchiré, sans aucune notification préalable.
La séparation, loi hypocrite et haineuse, avec laquelle on promettait la liberté, mais qui ne parle que de prison, et qui, par sa première application, fait couler le sang français.
Or, la loi n’a pas le droit de froisser la foi, c’est-à-dire ce qu’il y a de plus enraciné au fond de lame humaine.
Aussi, son application sera-t-elle impossible, caron ne gouverne pas contre la conscience d’un peuple.
(.eue loi de guerre civile doit être abrogée, et de nouvelles négociations devront être ouvertes avec le Saint-Siège.
Ce que nous vouions, c’est la liberté vraie pour tous, c'est, en môme temps, lapaix intérieure, indispensable pour la force, la puissance, le développement de notre pays.
Au point de vue social, on avait promis les retraites ouvrières.
; 0rj on n’a donné de retraites qu’aux députés; et, pour les travailleurs, on n’a abouii qu’à une vaine manifestation que ses auteurs savent irréalisable.
il faut une réforme prompte, faite dans un esprit libéral, qui s’inspire des merveilleux principes de la mutualité et complète la loi d’assistance à la vieillesse, que nous avons votée récemment.
Pour ma part, je revendique l’honneur d’avoir, l’un des premiers, déposé un projet do retraites ouvrières, dont les bases sont de nature, en sauvegardant les finances de l’État, à assurerai] travailleur îe secours qui lui est dû.
Au point de vue agricole, il faut, avant tout, dérendre notre régime économique qui a permis à l’agriculture de se relever, de vivre, de se développer, et qui a eu pour résultat a abaisser le prix des objets de première nécessité.
Il faut encourager la culture du lin par des primes mieux appropriées, defendre la sucrerie par l’abaissement des droits sur le sucre, assurer la justice dans l’impôt en faisant payer à tous le droit sur l’alcool, protéger la betterave en favorisant et en développant l’emploi de l’alcool industriel.
La défense de l’industrie ne consiste pas seulement en taxes douanières.
Elle prend sa source dans la paix intérieure et la paix extérieure.
Le devoir du Parlement est de garantir la paix intérieure en assurant à tous la liberté du travail et l’exercice de tonies les libertés, et en même temps en défendant le travail
national contre de redoutables concurrences étrangère-,
Adversaire de tous les monopoles d’État, qui tuent l’initiative individuelle, suppriment la concurrence et mettent le contribuable^ la merci de l’Administration, j’ai combattu le rachat des chemins de fer par l’État, de môme que je combattrai tout autre projet de mono-
PI,le'j.ai) au contraire, défendu les intérêts de la batellerie fluviale et ceux de l’industrie
dès transports, qui constituent l’outillage économique d’un pays. ^
Au point de vue financier, les contribuables payent cinq milliards d impôt a 1 Etat, aux départements et aux communes. Notre dette est la plus formidable du monde. Néanmoins, les dépenses augmentent chaque année*, et notre dernier budget ne s'équilibre que par
l'emprunt. , . . , . ,
Ordre financier, économie, confiance en vue du développement industriel, sont des
conditions indispensables pour empêcher la ruine du pays.
L’impôt global et progressif sur le revenu, tel qu’il est proposé, ne serait pas un remède.
Il augmenterait les charges du Nord, laborieux et travailleur, au bénéfice du Midi. L’enquête officielle n’at-elle pas démontré, d’ailleurs, que dans les campagnes même, le nombre des contribuables surchargés serait supérieur à celui des contribuables dégrevés?
Le Midi écrase le Nord. Un député du Nord représente 78.776 habitants et 18. 888 électeurs : un député des Basses-Alpes ne représente que 23.620 habitants et 7.600 électeurs. II n’y a pas de justice dans la représentation nationale.
Nous voulons la paix; la France ne songe à attaquer personne.
Consciente de sa Force, de ses gloires immortelles, appuyée sur une alliance populaire, elle entend vivre en bonne harmonie avec tous, estimant que la paix est le premier des bienfaits pour un pays laborieux qui ne demande qu’au travail et à l’économie sa puissance, son développement, sa richesse.
L’heure est grave, la révolution gronde, des théories abominables menacent notre
apôtres de l’antimilitarisme s’efforcent de détruire ce qui fait notre sécurité. L’armée, où tous les jeunes Français donnent le plus bel exemple de l’égalité, est en butte à d'odieuses attaques.
La délation, arme de lâches, a couvert le pays de mouchards.
Les aans- patrie oul levé la tôte.
Haut le* cœurs, Messieurs !
Qu'une immense protestation nationale soit le résultat du scrutin.
Que vos votes écrasent dans le fumier, d3oü ils sortent, les infects champignons qui
salissent notre drapeau. ^
Que le 6 mai soit le jour de réconciliation de tons les Français dans un commun amoui
de la patrie et de la liberté!
Vive tn France !
Jean PLICHON;
Député sortant,
Conseiller général, ingénieur civil
lTe Circonscription de LILLE,
M, Georges V AK DAME,
Élu au 1er tour de scrutin* — 9,726 voix*
Je me présente à vos suffrages avec le programme du parti républicain libéra! ; vous le connaissez suffisamment dans ses grandes lignes et je puis me dispenser de vous Imposer aujourd'hui.
En ce qui me concerne, après plus de vingt années de fonctions électives au Conseil d'arrondissement, au Conseil général, au Conseil municipal, je crois avoir apporté assez de zélé dans la défense des intérêts qui m'étaient confiés pour qu'il soit inutile aujourd'hui de vous assurer à nouveau de tout mon dévouement. Je me bornerai donc à vous parler des grandes questions à l'ordre du jour et à vous indiquer quelle sera mon attitude à la Chambre, où j’ai la ftrme confiance que vous voudrez bien m'envoyer*
Notie pays, à l'heure actuelle, est profondément troublé par les conséquences déjà réalisées et par les menaces prochaines d'une politique violente que la très grande majorité tf entre vous a déjà condamnée, j'en suis sûr, et contre laquelle il est du devoir de tous de protester énergiquement. "À différentes reprises, le sang français vient de couler et les attentats fratricides que nous avons eu à déplorer ces jours-ci ne sont peut-être que le prélude de conflits plus graves encore : nos gouvernants marchent, aveuglément à la guerre de religion, à la révolution, à l'anéantissement de la patrie et à la ruine financière. Si nous voulons donc que la France continue à tenir dans le monde sou rang de grande puissance civilisatrice, Ü importe que nous résistions à la poussée dangereuse d'un jacobinisme sectaire, aux progrès effrayants du socialisme et de l'internationalisme, au gaspillage d'une majorité sans prévoyance ni direction*
La séparation des Églises et de l’État a été faite dans des conditions qui rendent cette mesure aussi odieuse pour les croyances que funeste pour la sodé lé civile elle-même^ L'émotion produite par les inventaires, auxquels le bon sens du peuple a donné leur véritable caractère de mesures spoliatrices, est une indication très nette des troubles que ne manquerait pas de provoquer l'accentuation d'une pareille politique, Il faut qu'une nouvelle entente intervienne entre l'Église et l’État et que, dans l’intérêt de l'État, autant et plus peut-être que dans celui de l'Église, la formule soit trouvée qui sauvegarde les droits de chacun et ramène la paix religieuse que le Concordat avait assurée pendant un siècle*
Dans le même ordre d'idées, je réclame, pour tons les citoyens, l'égalité complète en matière d’association comme en matière d’enseignement ; ii ne faut plus qu’il y ait de parias dans la République.
Mais ce n'est pas seulement la paix religieuse, qui se trouve aujourd'hui compromise ; un puissant parti révolutionnaire s'attaque à l’idée de patrie elle-même et menace les bases de là société; l'armée, visée par les délateurs, avec leur méprisable système des fiches; l'Administration, désorganisée par les entreprises collectivistes; Fécole publique, détournée de son but par les théories d'un pacifisme hypocrite qui ne reconnaît plus d'ennemis au delà des frontières, mais qui pousse à la guerre civile entre les Français; les syndicats ouvriers, trompés par les professionnels des agitations stériles ou sanglantes: voilà les grandes institutions qu il s'agit de défendre aujourd’hui, et, dans ia mesure de mes forces, je lutterai contre tous les fauteurs de haines et de ruines*
Électeurs,
Si la résistance à la politique néfaste du bloc est le premier devoir qui s'impose à celui qui aura l'honneur de vous représenter au Parlement, je ne saurais oublier les intérêts économiques généraux, et je veillerai avec sollicitude à la défense de l'agriculture et de nos industries nationales, du grand et du petit commerce, à la protection efficace des travailleurs français. Mais notre région, sage et laborieuse, n'a pas actuellement à la Chambre la représentation à laquelle lui donnent droit le- chiffre de ses habitants et l'importance de ses intérêts : je rue déclare donc partisan du scrutin de liste avec représentation proportionnelle, qui assure aux différents partis politiques, comme à tous les collèges électoraux, lé nombre des députés auxquels ils ont droit numériquement*
Mes chers Concitoyens,
Une bonne administration est la condition indispensable de toutes les réformes pratiques que le peuple réclame; le mauvais état de nos finances, en effet, nous vaut aujourd'hui ce lamentable spectacle d’une Chambre qui vote le principe des retraites ouvrières, sans pouvoir affecter aucune ressource au service des pensions promises*
Pour rétablir l'ordre fiscal et respecter le principe de ^amortissement de la dette publique, au cours des aimées de paix et de prospérité, il semble nécessaire, dJune part, que les membres de la Chambre renoncent à leur droit d'initiative en matière de dépenses nouvelles, et, d'autre part, que les Ministres ou 3a Commission du budget qui demanderaient un crédit nouveau ou le relèvement d'un crédit existant déjà indiquent en même temps les ressources qui permettraient de faire face à l'augmentation des dépenses*
Le Parlement doit, en effet, contrôler le Gouvernement; il ne doit pas pousser à un gaspillage qui se traduit, pour les contribuables, par des charges sans cosse grandissantes. Ce n'est qu'en apportant un contrôle sévère dans la gestion de la fortune publique que nous pourrons améliorer progressivement le sort des déshérités de la fortune, leur assurer le pain de leurs vieux jours, les aider dans leurs maladies, songer à leurs veuves et à leurs orphelins*
Électeurs,
Contrairement aux fanatiques dont l'esprit d'inquisition inquiète les consciences, aux internationalistes qui bafouent lo culte de notre glorieux drapeaux tricolore, et aux révolutionnaires qui nous menacent de la pire des tyrannies, je vous demande h tous d'affirmer, sur mon nom, la nécessité des principes essentiels de toute société en acclamant avec moi, et pour l'honneur de la République, cette devise vraiment française ;
Dieu, patrie et liberté*
Georges VANDÀME*
Conseiller générai du Nord,
Adjoint au maire de Lille,
Candidat républicain libéral,
2? Circonscription de LILLE.
M. GHESQUIÈRE,
Élu au 2° tour de scrutin — 7.533 voix.
PARTI SOCIALISTE
(Section française de l'Internationale ouvrière )
Élections législatives de 1906.
AUX TRAVAILLEURS de FRANCE.
Citoyens,
Les élections législative vous donnent l'occasion d’affirmer une fois de plus, avec une force accrue, votre volonté dJé mancipation complète.
Cette émancipation n'est possible que par l'avènement delà propriété sociale. Tant que les moyens de production seront détenus par une classe, tant que cette classe capitaliste, maîtresse des grandes usines et des grands domaines, dominera et exploitera le travail, il n’y aura pour vous ni liberté, ni sécurité, ni bien-être. Vous vous exténuerez pour fournir au capital ses rentes, ses loyers, ses fermages, s s dividendes, ses dîmes multipliées et accumulées. C'est votre substance qui fera la richesse de vos maîtres, c'est voire passivité qui fera leur force.
II n'est qu'un moyen de vous affranchir, c'est de substituer à la propriété capitaliste îa propriété collective, qui, gérée par vous et pour vous, fera de vous tou--, serfs modernes du salariat, des producteurs associés et libres.
Citoyens,
Celle unique solution du problème de la servitude, de la misère ouvrière et humaine, le puiti socialiste est le seul qui la reconnaisse, la proclame, la poursuive avec vous et pour vous, travailleurs, ouvriers et paysans. Ou plutôt, ce parti, c'est vous-mêmes, c'est votre classe devenue consciente et passant enfin de la résignation à la revendication.
Tous les autres partis vous combattent ou rusent avec vous. Ou bien ils essayent de vous arracher les premières libertés péniblement conquises et de vous rejeter en pleine servitude et. en pleines ténèbres. Ou bien ils vous endorment et vous trompent par d'il lusoires programmas qui, en maintenant la propriété capitaliste, maintiennent le principe de toute oppression et de toute exploitation. A tous ces partis, vous opposerez l'entière revendication du prolétariat, la grande idée révolutionnaire du travail souverain.
Républicains et résolus à défendre les trop rares libertés politiques du prolétariat contre toute entreprise de réaction, vous signifierez que la République politique doit être complétée par la République économique, que la liberté du citoyen n’est assurée et pleine que là où est garantie la liberté du producteur, et que les ateliers où le capital tient les salariés sous sa loi communiquent à toute la cité une contagion de servitude.
Hommes de pensée libre, et résolus à émanciper les sociétés humaines de toute tutelle cléricale, les esprits de toute tyrannie dogmatique, vous rappellerez à tous que la liberté de pensée est supprimée en fait dans une société qui met la conscience des prolétaires à la
— GAO —
merci des possédants et qui refuse aux travailleurs, ravales à n’êlre que les instrumenta passifs de la production, l'emploi quotidien de leurs forces intellectuelles*
Hommes d’action et résolus à arracher à FÉtat, par la force de votre organisation politique et syndicale, toutes les réformes qui peuvent alléger un peu de vos souffrances et accroître la liberté de votre mouvement, vous dires: bien haut que les réformes immédiates : — limitation à huit heures de la journée de travail ; extension du droit syndical à tous les employés de VÉtat, du département et de la commune; assurance sociale contre tous les risques, du chômage à la maladie ; impôt progressif suc le revenu et les successions ; retour h la nation des monopoles dont le capital a fait ses plus hautes forteresses; scrutin de liste avec représentation proportionnelle, — ne valent pour vous que comme moyen d’accroître votre puissance de revendication totale et d’abattre tout l’édifice du capitalisme exploiteur. Vous vous grouperez donc tous, travailleurs des usines ou dus champs, en un grand parti de classe, en un parti socialiste réalisant, pour tous les producteurs, la propriété commune des moyens de production.
Citoyens,
Comme le socialisme seul peut fonder la justice entre les hommes, il peut seul fonder la justice et la paix entre les nations* A l’heure où les combinaisons occultes des diplomaties et les convoitises des classes possédantes multiplient les risques de conflit, vous ne vous bornerez pis h signifiera tous, gouvernants et possédants, que vous ne voulez pas de la guerre, qui ne serait que la diversion criminelle des privilèges menacés et des danses aux abois; vous rendrez la guerre impossible en chassant du Gouvernement ceux-là seuls qui y ont intérêt et en installant au pouvoir votre propre classe.
Il faut que l'Internationale ouvrière agisse et se dresse pour sauver à la fois l’indépendance des nations et la paix du monde* Il faut qu'elle assure, dans la liberté inviolable des peuples, le libre développement du prolétariat universel.
Préparez-vous donc, citoyens, à conquérir, au nom du socialisme, le pouvoir politique, instrument nécessaire de l'affranchissement du travail et de l'humanité. Vous êtes, dès maintenant, assez nombreux, assez organisés, assez conscients pour faire sentir votre force dans toutes les régions et pour exproprier du pouvoir la classe ennemie. Allez donc à la bataille avec vigueur, avec confiance. Les élections prochaines peuvent et doivent être pour vous, pour Li Bépubiique du travail, une gr ande victoire*
Vive la République sociale! Vive le Socialisme international I
Le groupe socialiste au Parlement, (Suivent les signatures);
Le Conseil national du parti. Délégués des Fédérations,. (Suivent les signatures) ;
La Commission administrative permanente, (Suivent les signatures ),
Citoyens,
Le pari! socialiste présente, dans voire circonscription, le citoyen Ghesqnièr^
Nous ne nous attarderons pas à vous vanter la personnalité de ce candidat. Il a été jugé digne de la confiance du parti; c'est la meilleure garantie de son dévouement et de la solidité de ses convictions*
Aussi bien, la question électorale n'est pas pour nous une question de personnalité, elle est plus haute, et le manifeste que vous venez de Hre la pose, comme il convient, sur !a forme de la propriété; parce que c'est par là que sera résolu tout le problème de F émancipation du travail*
Mais vous trouverez aussi, dans l'appel du Conseil national, la réponse à ia vieille calomnie, sans ce->se réfutée et sans cesse renouvelée, par laquelle on accuse les socialistes d’être les adversaires de toutes les réformes, les partisans du tout ou rien.
L’histoire politique de ces vingt-cinq dernières années est là, répondant à ce mensonge.
Seuls, les socialistes, en attendant la transformation sociale complète, qui ne dépend que de vous, ont voulu sérieusement améliorer, dans la société actuelle, la situation des humbles et des petits.
C’est grâce à leur action que les assemblées électives ont enfin mis à l'étude ce que l'on appelle les réformes sociales; et, lorsque les petits bourgeois- veulent parler de réformes ouvrières, ils sont obligés de piller les programmes de réformes immédiates établis par les socialistes.
La vérité, c’est que, tout en affirmant que les- travailleurs ne seront libres que le jour où, collectivement, ils seront les propriétaires des instruments de travail et d'échange, nous poursuivons la réalisation de toutes les mesures qui sont susceptibles, en même temps que de rendre la situation actuelle moins douloureuse au prolétariat, de lui fournir de nouvelles armes pour a lutte nécessaire,
G’est pourquoi, sans vous arrêter aux mensonges et aux calomnies de nos adversaires, TOUSi ferez votre devoir en votant pour le citoyen Ghesquière qui, dans notre circonscription, représente le parti de l'émancipation du travail.
Le Comité!.
3e Circonscription de LILLE.
M. DELOBY,
Élu ou i0r tour de scrutin, — 9. 42/u voix.
PARTI SOCIALISTE
(Section française de Prnierraatïonalè ouvrière.)
Élections législatives de 1906.
Aux Travailleurs de Franck.
Citoyens,
Les élevions législatives vous donnent l'occasion d’affirmer une fois de plus, avec une force accrue, votre volonté d’émancipation complété.
Cette émancipation n’est possible que par Lavènenïant de la propriété sociale. Tant que les moyens de production seront détenus par une classe, tant que cette classe capitaliste, maîtresse des grandes usines et des grands domaines, déminera et exploitera le travail, il n’y aura pour vous ni liberté, ni sécurité, ni bien-être. Vous volts exténuerez pour fournir au capital ses rentes, ses loyers, ses fermages, ses dividendes, ses dîmes multipliées et accilmurèes. C’est votre substance qui fera ‘la richesse de vos malt' es, c’est votre passivité qui fera leur force.
11 n'est qu’un moyen de vous affranchir, c’est ‘deT substituer à la propriété capitaliste là
propriété collective, qui, gérée par vous et pour vous, fera de vous tous, serfs modernes du salariat, des producteurs associés et libres.
Citoyens,
Cette unique solution du problème de la servitude, de La misère ouvrière et humaine, le parti socialiste est le seul qui la reconnaisse, la proclame, la poursuive avec vous et pour vous, travailleurs, ouvriers et paysans. Ou plutôt, ce parti, c’est vous-mêmes, c’est votre classe devenue consciente et passant enfin de la résignation à la revendication.
Tous les autres partis yous combattent ou rusent avec vous. Ou bien ils essaient de vuus arracher les premières libertés péniblement conquises et de vous rejeter en pleine servitude et en pleines té nèSres. Ou bien ils vous endorment et vous trompent par d’illusoires programmes qui, en maintenant la propriété capitaliste, maintiennent le principe de tonte oppression et de toute exploitation. A ions ces partis, vous opposerez l’entière revendication du prolétariat, ia grande idée révolutionnaire du travail souverain.
Républicains, et résolus à défendre les trop rares libertés politiques du prolétariat contre toute entreprise de réaction, vous signifierez que la République politique doit être complétée par la République économique, que la liberté du citoyen n’est assurée et pleine que là oùeBt garantie la liberté du producteur, et que les ateliers où le capital tient les salariés sous sa loi communiquent à toute la cité une contagion de servitude.
Hommes de pensée libre, et résolus à émanciper les sociétés humaines de toute tutelle cléricale, les esprits de toute tyrannie dogmatique, vous rappellerez à tous que la liberté de pensée est supprimée en fait dans une société qui met la conscience des prolétaires à la merci des possédants et qui refuse aux travailleurs, ravalés à n’ètra que les instruments passifs de la production, l’emploi quotidien de leurs forces intellectuelles.
Hommes d’action, et résolus à arracher à l’État, par la force de votre organisation politique et syndicale, toutes les réformes qui peuvent alléger un peu vos souffrances et accroître la liberté de votre mouvement, vous direz bien haut que les.réformes immédiates:— limitation à huit heures de la journée de travail ; extension du droit syndical à tous les employés de l’État du département et de la commune ; assurance sociale contre tous les risques, du chômage’ à la maladie ; impôt progressif sur le revenu et les successions ; retour à la nation des monopoles dont le capital a fait ses plus hautes forteresses ; scrutin de liste avec représentation proportionnelle, — ne valent pour vous que comme moyen d’accroître votre puissance de revendication totale et d’abattre tout l’édifice du capitalisme exploiteur. Vous vous grouperez donc tous, travailleurs des usines ou des champs, eu un grand parti de classe, en un parti socialiste réalisant, pour tous les producteurs, la propriété commune des moyens de production.
Citoyens,
Comme le socialisme seul peut fonder la justice entre les hommes, il peut seul fonder la justice et la paix entre les nations. À, l'heure où les combinaisons occultes des diplomaties et les convoitises des classes possédantes multiplient les risques de conflit, vous ne vous bornerez pas à signifier à tous, gouvernants et possédants, que vous ne voulez pas de la guerre, qui ne serait que la diversion criminelle des privilèges menacés et des classes aux abois, vous rendrez la guerre impossible en chassant du Gouvernement ceux-là seuls qui y ont intérêt et en installant au pouvoir voire propre classe.
11 faut que V Internationale ouvrière agisse et se dresse pour sauver à la fois l’indépendance des nations et la paix du monde. Il faut quTelle assure, dans la liberté inviolable des peuples, le libre développement du prolétariat universel.
Préparez-vous donc, citoyens, à conquérir, au nom du socialisme, le pouvoir politique, instrument nécessaire de ^affranchissement du travail et de l'humanité. Vous êtes, dès maintenant, apsez nombreux, assez organisés, tissez conscients pour faire sentir votre force
dans toutes les régions et pour exproprier du pouvoir la classe ennemie. Allez donc à la bataille avec vigueur, avec cou fiance. Les élections prochaines peuvent et doivent être pour vous, pour la République du travail, une grande victoire.
Vive la République sociale! Vive le socialisme international 1
Le groupe socialiste au Parlement,
{Suivent tes signatures) -,
l e Conseil national du parti, Délégués des fédérations, {Suivent les signatures) ;
La Commission administrative permanente, {Suivent les signatures ),
Citoyens,
Le parti socialiste présente, dans votre circonscription, le citoyen Gustave Deïory.
Nous ne nous attarderons pas à vous vanter la personnalité de ce candidat. Il a été jugé digne de la confiance du parti ; c'est la meilleure garantie de son dévouement et de la solidité de ses convictions.'
Aussi bien la question électorale n’est pas pour nous une question de personnalité, elle est plus haute et le manifeste que vous venez de lire la pose, comme il convient, sur la forme de la propriété, parce que c'est par là que sera résolu tout le problème de Pémaucipaiion du travail.
Maïs vous trouverez aussi, dans l'appel du Conseil national, la réponse à la vieille calomnie, sans cesse réfutée et sans cesse renouvelée, par laquelle on accuse les socialistes d'étre les adversaires de toutes les réformes, les partisans du tout ou rien.
L'histoire politique de ces vingt-cinq dernières années est là. répondant à ce mensonge.
Seuls, les socialistes, en attendant la transformation sociale complète, qui ne dépend que de vous, ont voulu sérieusement améliorer, dans la société actuelle, la situation des humbles et des petits.
C'est grâce à leur action que les assemblées électives ont enfin mis , à l'étude ce que l'on appelle les réformes sociales; et, lorsque les partis bourgeois veulent parier de réformes ouvrières, ils sont obligés de piller les programmes de réformes immédiates établis par les socialistes-
La vérité, c'est que tout en affirmant que les travailleurs ne seront libres que te jour où, collectivement, ils seront les propriétaires des instruments de travail gl d'échange, nous poursuivons la réalisation de toutes les mesures qui sont susceptibles, en même temps que de rendre la situation actuelle moins douloureuse au prolétariat, de lui fournir de nouvelles armes pour sa lutte nécessaire.
C'est pourquoi, sans vous arrêter aux mensonges et aux calomnies de nos adversaires, vous ferez votre devoir en votant pour le citoyen Gustave Delory qui, dans notre circonscription, représente le parti de l'émancipation du travail.
Le Comité.
4® Circonscription de LILLE
M. Jules DANSEÏTE. - Élu au 1er tour de scrutin. — 8.M8 voix.
Mes chers Concitoyens,
J’attends, avec la plus entière confiance, le renouvellement de mon mandat parlementaire*
Vous me connaissez*
Depuis dix-neuf ans, conseiller générai du Nord ;
DepuÏB onze ans, député de la circonscription,
Je continuerai :
Au point de vue économique : .
A défendre énergiquement vos intérêts sacrifiés par l’intolérable omnipotence du Midi
ou écrasés par la concurrence étrangère.
Au point de vue politique et religieux :
A demeurer l’adversaire du bloc, c’est-à-dire des sectaires et des révolutionnaires.
Au point de vue social :
A m’inspirer, en toutes circonstances, de mon profond attachement aux travailleurs agricoles et industriels et particulièrement aux petits et aux humbles, qui ont toujours été et resteront l’objet de mes plus constantes préoccupations.
Croyez, mes chers concitoyens, à mon cordial et entier dénouement,
Jules DANSETTE,
Député sortant,
Conseiller général du Nord.
5“ Circonscription de LILLE.
M. Marcel DELAUNE,
Élu au 2* tour de scrutin. — 11.A17 voix.
Mes chers concitoyens,
Au moment où, pour la troisième fois, je me représente à vos suffrages, j’ai la conscience de n’avoir jamais failli aux engagements que j’ai pris devant vous et d'être demeuré toujours fidèle à l’idéal républicain de ma jeunesse.
Aujourd’hui comme hier, je reste le partisan déterminé d’une politique d’union ré pu-
blicaine et de liberté, faite au grand jour par des hommes tolérants, et l’adversaire décidé de cette démagogie policière et tyrannique dont le ministère Combes nous a donné l'exemple et la leçon;
Pendant la dernière législature, j'ai voté la loi du service de deux ans, la loi d’assistance aux vieillards et aux infirmes, la loi des retraites ouvrières et agricoles* Ainsi que je Payais promis* j'ai repoussé la séparation des Églises et de l’État, sur laquelle le pays n’avait pas été consulté et dont il m'a paru que Papplication serait également funeste pour la paix publique, la liberté des cultes et la souveraineté nécessaire de P État
La question religieuse et la question sociale vont s’imposer plus pressa ni ment à l’attention de la nouvelle Chambre, On ne résoudra la première qu’en apportant à Papplication de la nouvelle loi Peaprit le plus libéral et le plus conciliant* Pour résoudre la seconde, il me paraît nécessaire d’instituer une législation de conciliation et d’arbitrage entre ouvriers et patrons et de protéger d’une manière plus efficace le droit au travail, trop souvent sacrifié à de vulgaires intérêts électoraux.
D’autres réformes sont en perspective. On ne saurait fixer, d’avance, une limite à la marche progressive d’une démocratie* Les réformes sociales ne sont pas de nature à effrayer les esprits libéraux et les cœurs généreux, pourvu que, délibérées dans l'ordre et la paix publique, elles soient l’objet d’une étude sérieuse et convaincue, et non pas le sujet de vaines démonstrations électorales Je m’attacherai à F ex tension, aux ouvriers agricoles, de la loi sur les accidents du travail, à l’organisation de l’assurance contre le chômage et la maladie, à la création do bien de famille, au développement des œuvres de mutualité et d'épargne.
Les ressources importantes nécessaires à la réalisation de ces réformes doivent et peuvent se trouver dans la recherche minutieuse et persévérante de toutes les économies possibles, et dans une refonte pariielle et prudente do notre régime fiscal, avec la volonté d’y mettre plus de justice, de ménager les revenus du travail et les charges de famille, enfin de demander davantage à la lichesse acquise, en se gardant soigneusement de toute inquisition dans les affaires privées des citoyens.
~ Elles ne sauraient non plus se réaliser sans que la prospérité de l’agriculture et de l’industrie soit assurée par une protection de plus en plus efficace et par le développement do crédit et des syndicats agricoles.
Il convient, en outre, pour notre région ;
De poursuivre la diminution graduelle de l’impôt sur le sucre, principalement pour Paîimentation du bétail ;
De restaurer, par une protection sérieuse, la culture des graines oléagineuses.
D’augmenter les primes à la culture du lin.
De sortir enfin la législation dé Falcool dénaturé, à laquelle j’ai eu la bonne fortuné de prendre une part active, de l’ornière où la tiennent enlisée les chimistes de l’administration des Finances,
le déposerai de nouveau la proposition de loi ayant pour but le relèvement des droits de douane sur les graines de betteraves étrangères, dont je n’ai pu obtenir le vote à cette législature, moins heureux, sous ce rapport, que pour les chicorées, dont la Chambre vient de doubler, et même plus, les droits d’entrée, conformément à une proposition a laquelle j’ai collaboré*
Il y aurait lieu aussi d'obtenir des pouvoirs publics des encouragements plus importants en faveur des caisses d’assurance contre la mortalité du bétail, et de poursuivre la diminution des frais de mutation de la propriété foncière.
Dans le domaine électoral, il me paraît nécessaire, pour la dignité de nos luttes politiques, d'assurer par des mesures nouvelles la sincérité absolue du scrutin.
Je voudrais voir aussi substituer au scrutin d’arrondissement le scrutin de liste, avec représentation proportionnelle des partis. Cette réforme, en même temps qu’elle enlèverait à nos luttes leur regrettable âpreté, fournirait l’occasion d’une refonte du sectionnement électoral de la France. Le Kord, sacrifié au Midi, dans la répartition des sièges législatifs,
recevrait ainsi la part qui lui revient, prendrait dans les conseils du Gouvernement l'influence qui lui est due. Il pourrait espérer un terme aux dénis de justice dont il est constamment victime, à commencer par l'inique et immoral privilège des bouilleurs de cru.
Mes chers Concitoyens,
Profondément attaché à la République, ennemi des luttes stériles et de l’esprit de parti, soucieux de voir, enfin, succéder aux desséchâmes querelles politiques et religieuses l’étude persévérante et réfléchie des grands intérêts nationaux, je fais appel à toutes les bonnes volontés.
L’heure est grave. A peine sommes-nous délivrés des menaces extérieures, que l'émeute met en péril la sécurité des biens et des personnes*
Jamais, plus qu’aujourd’hui, n'est apparue la nécessité d’avoir une armée forte et respectée et de donner aux générations nouvelles cet enseignement patriotique que les Gambetta et les iules Eerry voulaient organiser pour elles.
Jamais, plus qu’aujourd’hui, n'est apparue la nécessité, pour tons les hommes d'ordre et de progrès, de se compter et de s'unir,
Je compte sur leur dévouement et leur activité pour faire triompher, le 6 mai, une politique républicaine, vraiment progressiste et libérale, et qui peut se délinir en quatre mots : a Ni réaction, ni révolution )>,
Marcel DELÂUNE,
Député sortant,
Conseiller général,
Membre de la Société des agriculteurs du Nord et du Comice agricole de Lille.
6e Circonscription de LILLE*
M. Henri DELECR01X*
Élu au 2e tour de scrutin, — 11.030 voix.
Citoyens,
En 1902, cédant aux instances de mes amis politiques, j’ai sollicité le mandat législatif, jugeant que je ne devais pas déserter le poste de combat qui m’était offert, bien qu’à la dernière heure.
Si je n’ai pas réussi à remporter la victoire, je n’en ai pas moins recueilli un nombre très honorable de voix qui me prouvait bien la communauté d’idées et de sentiments que j’avais rencontrée chez la plupart d’entre vous*
Les liens qui, à cette époque, se tout établis entre nous n’ont fait que se resserrer chaque jour. J’ai appris, par un contact plus intime, pins suivi, à mieux connaître vos aspirations, vos besoins et je ne vous ai jamais marchandé ni mon appui, ni mou dévouement* Dans ces conditions, je me sens mieux disposé que jamais à soutenir la lutte qui va s’ouvrir, à me faire le porte-drapeau de la démocratie en me présentant à vos suffrages dans la 6e circonscription législative de notre beau département.
Bien que vous me connaissiez pour me voir à l’œuvre, il est nécessaire que, sans réticence, en toute franchise, je vous donne mon avis sur les grandes questions politiques, sociales et économiques qui, a l’heure actuelle, sont la préoccupation de tous les citoyens, et qui demandent à être envisagées avec cette liberté d’esprit, cette indépendance de caractère, ce désir de progrès dont seuls sont animés les vrais fils de la Révolution française*
Ceux-là qui, aujourd’hui, proclament bien haut en tête de leur programme qu’ils acceptent la forme du gouvernement, c’est-à-dire la République, hier encore en étaient les adversaires acharnés, et il n’a pas tenu à eux ou aux leurs, sinon de la détruire, tout au moins de la discréditer par les moyens les plus inavouables.
Voyant l’impuissance de leurs efforts coupables, ils s’en prennent maintenant au Gouvernement, lui-même issu de la majorité que forme le bloc républicain, vont clamer partout, alors qu’ils savent pertinemment le contraire, que, par la faute de cex Gouvernement, la source des revenus se tarit, les finances sont dilapidées, le pays est au bord de l’abîme.
Mes chers concitoyens, vous ferez justice de ces calomnies que /ous ne cessez d’entendre répéter depuis 35 ans, et, à ces détracteurs intéressés, vous répondrez en envoyant siéger des hommes dignes de continuer l’œuvre de leurs devanciers.
CeUt! oeuvre, éminemment démocratique, qui a accompli de si sérieuses réformes sociales, a maintenu la France au premier rang des nations au point de vu î du crédit. Elle a fait de notre pays le banquier de l’Europe.
Elle a amené les puissances monarchiques à rechercher l’alliance ou Famitié de notre République.
Est-ce à dire que tout ce qui s’est fait soit irréprochable, qu’aucune erreur n’a été commise?
Je rfai pas cette prétention, et j’estime que, plus que jamais, l’économie est nécessaire, mais une économie raisonnée, bien entendue, qui 11e recule pas devant la réalisation du progrès social.
G’est vous dire que je place au premier rang la loi sur les retraites pour les travailleurs des villes et des campagnes; elle a été votée par la Chambre, le Sénat aura à la discuter à son tour et à examiner les moyens de la rendre définitivement applicable.
Sur la question de principe, l’unanimité existe, mais où l’accord sera p&ut-êire moins touchant de la part de nos adversaires, alors que la surenchère ne sera plus de mise, c’est quand il faudra prendre quelque part les ressources nécessaires. Il est souverainement injuste, inhumain même, de se contenter dedire, à celui qui n’a pas toujours de quoi vivre, de prélever sur son maigre salaire pour constituer exclusivement sa retraite.
La loi l’a compris ainsi en édictant la participation du patron et de l’État,
Quant aux moyens auxquels l’État doit recourir, j’estime qu’il est facile de les trouver par l’impôt progressif sur le revenu et rétablissement de certains monopoles.
L’impôt sur le revenu, si juste, si équitable en soi, à condition de n’être ni vexa toi re, ni Inquisitorial dans sa perception, ne peut plus être indéfiniment ajourné, quel que soit le mauvais vouloir des privilégiés de U fortune qui voudraient se soustraire à cette juste part d’une charge publique, acceptée depuis longtemps dans certains États monarchiques; je suis convaincu que cet impôt, avec une progression raisonnable, sérieuse, soulagera tous les humbles et sera surtout le grand dégrèvement des campagnes*
Au premier rang des monopoles intéressant tout particulièrement notre région se
placent ceux de falcooî et du sucré-
Tout en se créant ainsi une source 6e bénéfices sûrs, l’État pourra payer la betterave aux cultivateurs un prix plus rémunérateur et empochera à tout jamais ces honteuses spéculations qui sont la ruine de l’agriculture. Comme conséquence non moins avantageuse, il sera en outre amené à supprimer le privilège des bouilleurs de cru, contre lequel nous ne saurions protester avec trop d’énergie. Sur ce point, notre action n’a chance de réussir que si les députés s’engagent à réclamer une représentation proportionnelle au nombre des électeurs qui les nomment.
Je suis partisan des chemins de fer propriété de l’Etat et exploités par lui, ainsi que la
chose existe déjà en Afifemagne et en Belgique. Les chemins de fer ne décident pas seulement des con litions de production de toutes les cultures et de toutes les industries, mais ils constituent, entre les mains de l’État, une arme précieuse de défense nationale. *
Je suis partisan du monopole des assurances, qui peut fournir des ressources sérieuses pour les retraites des travailleurs.
J.-î combattrai avec force les abus déco dant de i’êlèvatiou toujours croissante des frais judiciaires, qui grèvent les ventes de toutes sort-s, qui en arrêtent le mouvement et qui atteignent principalement les petits possesseurs,
Je demanderai le relèvement des traitements de tous les petits fonctionnaires qui, dans leur sphère modeste, rendent tant de services à l’État et dont les maigres émoluments les mettent parfois dans l’ impossibilité d'élever dignement leur famille. En toute circonstance, ils feront toujours l’objet de ma plus vive sollicitude, et je ne laisserai échapper aucune occasion de contribuer au vote des lois susceptibles d’améliorer leur situation.
Il est urgent, k mon avis, que la loi sur les syndicats soit réformée, afm que les fonctionnaires de tous ordres j missent à cet égard des droits reconnus a tous les Fiançais.
Je juge inutiles, surtout dans les conditions ou elles se présentent, les périodes d’instruction militaire dites des 13 jours et des 28 jours.
L’enseignement à tous les degrés confié exclusivement à l’État est le seul compatible avec J es besoins et les aspirations d'une démocratie libre et éclairée; le moment est donc venu d'envisager, avec l’intention sincère d’aboutir dans un temps proportionné aux ressources à créer, cette question capitale du monopole de l’enseignement par l’État,
La loi sur la séparation des Églises et de l’État est chose faite ; il reste à l’appliquer avec mesure, maïs sans faiblesse. Il n'est pas admissible que, sous prétexte de protester contre une disposition comme celle des inventaires, qui a un caractère essentiel!* meut conservatoire, dont le but est d’assurer librement à des associations l’administration des biens des fabriques, on voie les partis de réaction s’abriter derrière F idée religieuse pour se révolter contre les lois de l’État et battre en brèche la suprématie du pouvoir civil.
Telles sont, mes chers concitoyens, les grandes lignes de mon programme, qui est celui du pani radical et radical-socialiste, auquel j’appartiens.
Ce programme ne rend possible les alliances qu’à gauche. Il me permettra, si vous me désignez comme votre mandataire, de continuer la politique du bloc républicain.
Cette politique est la seule capable, à mon avis, de faire la France grande et prospère, d’étendre les bienfaits du régime républicain, de travailler à la solution des grands problèmes sociaux qui s'imposent à une démocratie consciente d’el te-même comme des devoirs impérieux et dont la réalisation est réclamée avec tant de droit par les classes laborieuses,
Henri DELECROIX,
Maire d’Hem.
7° Circonscription de LILLE.
M. Jules GUESDE.
Élu au l'r tour de scrutin. — 11 . 985 voir.
PARTI SOCIALISTE
Section française de ['internationale ouvrière) Élections législatives de 1906