M. SELLE
Eiu au 1er tour de scrutin. — il. 247 voix.
Ces trois députés ont publié le même manifeste, reproduit ci-dessous.
Manifeste aux travailleurs des champs, de l'usine, de l’atelier et des mines.
Citoyens,
Le suffrage universel va dire appelé à élire ses mandataires au Parlement. Le devoir du peuple tout entier est de lui donner sa signification véritable, c’est-ii-dire d’assurer sa souveraineté, de devenir son propre maître, de réaliser lès réformes toujours promises et jamais tenues; en un mot de créer la véritable République, celle ries travailleurs unis et organisés en un parti de classe capable de terrasser tous ceux qui dépouillent et ruinent les producteurs du champ, de la petite industrie, du petit commerce, capable do libérer tous les ouvriers, tous les artisans de la vie et de la richesse nationale.
Nous, les travailleurs, nous sommes las d’attendre en vain, des élus de la bourgeoisie, les réformes, les transformations qui nous assurent le bien-être présent, la sécurité du lendemain, le pro luit légitime de notre travail. Ouvriers de l’industrie, nous demandons que la société reconnaisse nos droits à la production, fruit de notre labeur, qu’elle nous en assure les bénéfices légitimes, au lieu de nous condamner à n’ôtre que des instruments et des esclaves; agriculteurs, nous prétendons être les maîtres de ce que nous arrachons, par nos sueurs, du flanc de la ferre et nous voulons nous délivrer de ceux qui, par l’argent, s’emparent de nos récoltes, nous forcent à accepter les conditions d’achat qui Jes enrichissent pendant qu'elles nous ruinent. Nous attendons de notre entente, de notre solidarité à tous, la liberté entière, la propriété exclusive de ce que nous seuls avons fabriqué ou récolté.
Notre parti, c’est cette organisation étroite et fraternelle de ceux qui, dans l’atelier, les sillons, partout enfin, peinent pour assurer la vie de la nation. Nous seuls pouvons nous défendre, assurer à chacun ce qui est sa propriété; constituer en syndicats professionnels, on coopératives de production et de consommation, le monde du travail, pourquoi soit libre et puisse vivre heureux par son labeur,
Citoyens, vous tous, producteurs de la campagne ou de la ville, vous devez appartenir à cette grande famille fraternelle. Si vos terres perdent de leur valeur, ü vos produits ne peuvent être vendus, par vous, assez cher pour vous dédommager des sacrifices, des mauvaises saisoüSj des impôts trop lourds, de toutes les charges qui vous obligent à déserter la terre; si votre travail n'assure pas votre bien-être présent, voire repos dans la vieillesse, si, après avoir contribué pendant voire vie active à enrichir la société, elle vous méprise, vous abandonne, assiste insensible à votre misère, à votre ruine, c'est parce que vous n'avez pas encore compris la nécessité et la fore 3 de Pu n ion, l'organisation fraternelle où tous travaillent pour chacun, comme chacun pour tous. Isolés, livrés à votre propre faiblesse, vous avez accepté d'être commandés, dépouillés, trahis par les maîtres que vous vous êtes donnés, tandis qu’il vous fallait des serviteurs, des interprètes, fidèles qui n'aient pas d'autre pouvoir que le vôtre.
Les élus de notre parti sont les mandataires du travailleur* Ils obéissent aux ordres des travailleurs organisés, ils parlent et agissent suivant la volonté et les désirs des travailleurs unis, tandis que les autres n’agissent que selon leur caprice, leur intérêt personnel, sans contrôle, sans mandat, libres de leurs actes bons ou mauvais.
Nous, qui sommes persuadés que nous ne serons vraiment les maîtres chez nous, maîtres de nos actions, maîtres de notre travail, que le jour où nous formerons un seul bloc, une seule famille, nous vous appelons, citoyens, à grossir les rangs des travailleurs qui veulent la République du travail, où Ü n'y aura ni exploiteurs ni exploités.
En vous affirmant sur notre programme, citoyens, voua direz à vos frères de lutte que vous êtes avec eux, que vous les engagez à persévérer dans leur œuvre d’émancipation du prolétariat; vous signifierez en même temps que vos pères ont Fait la Révolution française pour que le peuple soit le mabre de ses destinées et non l’esclave, comme autrefois, des tyrans de la finance qui ont remplacé les monarques déchus; vous nous prouverez que nous poursuivons, acte de justice, la conquête de la liberté, de la paix, de l’égalité, de la fraternité des hommes, en nous aidant à jeter les assises de la République sociale universelle, par la grande Internationale ouvrière.
Tout par le peuple et pour le peuple*
Henri DURRE,
Conseiller d’arrondissement*
Pierre MÉLÏN,
Vice-président du Conseil des prud’hommes*
Auguste SELLE,
Député du Nord, maire de Denain, conseiller général*
Le citoyen SELLE, candidat de la 3* circonscription, adresse, d'autre part, l'appel suivant aux électeurs :
Citoyens,
À la veille de la consultation nationale du 6 mai, je tiens d’abord à vous dire que c- lui qui se représente à yos suffrages n’a rien abdiqué des principes dont il se recommandait en 1902.
Socialiste il était, socialiste il est demeuré, socialiste il se proclame, aujourd'hui
comme hier, invinciblement attaché aux doctrines de son parti, seul prolongement logique d’une' République vraiment démocratique.
A la dernière Chambre, membre des Commissions du travail, d’enregistrement, des domaines, de la Commission internationale pour la protection des travailleurs, collaborateur au Code du travail, — comme auparavant fondateur du Syndicat des mineurs d’Anzin, de la métallurgie, du Syndicat et de nombreuses mutualités agricoles, j’ai tâché de n’être étranger à rien de ce qui intéresse la vitalité du pays et surtout le progrès social*
Ceci dit, sans entrer dans le détail de toutes les réformes, tant économiques que politiques qui sollicitent l’attdntion du prolétariat, aussi bien que celle de tous les hommes de convictions honnêtes et sincères, je me bornerai à exposer les questions les plus actuelles et les plus pressantes auxquelles je compte Rattacher.
Établissement et extension des monopoles, pour les mines, chemins de fer, fabrication de l'alcool, du sucre, banques, grosse industrie; non avec ^administration présente (allumettes, etc.), mais avec contrôle des organisations ouvrières.
Répartition proportionnelle des bénéfices à tous les membres participant à r exploitation.
Extension du droit syndical à toutes les corporations et à tous les fonctionnaires,
À ce point de vue, je déclare que je suis partisan de L’unité des syndicats et de faction économique marchant parallèlement avec faction politique, jusqu’à ce que toutes deux, par l’éducation, par le développement des idées d’émancipation puissent se pénétrer et se confondre.
Impôt proportionnel et progressif sur le revenu, en attendant une réforme démocratique du système fiscal*
Suppression de tous privilèges, bouilleurs de cru, etc.
Suppression des armées permanentes et leur remplacement, tant que sera nécessaire le régime de paix armée, par les milices.
Obligation pour toutes les Compagnies minières, sans exception, d’être munies des engins de sauvetage les plus perfectionnés, afin d’éviter le retour des catastrophes du genre de celle de Gourrières,
Groyant avoir fait mon devoir sans défaillance, ayant de plus acquis aujourd’hui l’expérience parlementaire qui me permettra, non de remplir mon mandat ave 3 plus de dévouement, mais avec plus de fruit, j’attends avec confiance votre verdict, «
Pas de fausses promesses, des actes : telle a été ma devise. Vous jugerez ei j’ai le droit de la revendiquer.
Vive la République sociale!
Auguste SELLE,
Maire de Denain, Conseiller général, Député sortant,
Candidat du parti socialiste unifié*