‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 149 sur 280 · M. O. BUTIN · texte numérisé non relu

M. O. BUTIN

Élu au 1er tour de scrutin. — 12.836 voix.

Mes chers Concitoyens,

En me désignant à l’unanimité comme candidat aux élections législatives de 1$00, les comités républicains de l’arrondissement m'ont imposé le devoir de me pré enter à vos suffrages.

Je fais donc appel à tous les républicains sincères pour triompher définitivement do la

BU

coalition réactionnaire et cléricale, déjà vaincue aux récentes élections sénatoriales de POke, grâce à votre discipline et à votre esprit politique*

A en croire nos adversaires, il n’existe plus de parti réactionnaire. Il en serait ainsi* si Pan s’en rapportait à des étiquettes trompeuses. Mais, derrière ces étiquettes nationalistes, libérales et même progressistes, il y a toujours les mêmes hommes animés des mêmes passions, S’il ne restait que des républicains,- ou donc seraient passés les réactionnaires ?

G’est encore contre la réaction que vous aùres à lutter, le 6 mai, pour rendre définitives les dernières conquêtes de la démocratie et en obtenir de nouvelles.

La législature qui vient de finir nous a donné :

La loi de 3a laïcité de Renseignement qui permet à l’idée laïque, nécessaire à la liberté et conforme à la justice, de se répandre partout ;

La loi militaire qui réduit les charges de la démocratie et les rend égales pour tons.

La loi sur Insistance obligatoire qui donne aux vieillards et aux invalides du travail la paix de leurs vieux jours,

La loi sur la séparation d^s Églises et de l’État qui assure, avec l'indépendance de l’État et de PÉglise, le respect de toutes les consciences et la liberté du culte.

Toutes ccs lois font partie du patrimoine républicain, c’est un dépôt sacré et on ne doit y toucher que pour les améliorer dans un sens encore plus démocratique.

Je lutterai contre tous ceux qui, sous prétexte de libéralisme, acceptent de s’associer aux partis de droite en vue d’une œuvre de réaction.

Voilà Pce livre féconde de la majorité républicaine de k dernière législature.

Mes chers Concitoyens,

Cette politique doit être continuée, d’autres problèmes sociaux sollicitent Y attention des législateurs.

Les retraites ouvrières sont des plus pressantes et la Chambre des Députés s’honorera en les volant.

Je les réclame au moyen dun impôt de solidarité payable partout le monde, maïs selon les moyens et la fortune de chacun.

J’insiste pour qu’il n’y ait ni catégories ni classifications. Tous les citoyens français indistinctement doivent en profiter.

Les sociétés de secours mutuels fonctionneront comme par Se passé ; il faut même aider à leur développement : elles s’ajouteront aux retraites ouvrières pour ceux qui auront pu faire des versements aux caisses mutualistes,

La réforme judiciaire s’impose, il faut diminuer les frais de justice, rendre plus compréhensible pour tous le langage juridique et tendre à la rapidité et à l’économie des solutions judiciaires.

L’impôt sur le sucre est encore excessif; le sucre est un aliment de première nécessité qu’il faut mettre à la poTtée de ïa classe ouvrière pour en augmenter la consommation et favoriser la cuitme de îa betterave, — 10 francs de diminution par sac me semblent un minimum.

Dans l’intérêt de l’agriculture,, il y a lieu de maintenir le régime douanier actuel (droits dur les grains et le bétail étrang rs).

Je poursuivrai toujours la diminution des impôts de consommation et m’opposerai à Faccroissement exagéré des dépenses publiques, dont sont d’ailleurs responsables tous les partis politiques.

Pour les p^sits commerçants qui, par leur nombre, contribuent à la prospérité du pays, je m’efforce rai de diminuer les charges qui pèsent si lourdement sur eux, et d’arriver à une révision des patentes, souvent établies d’une manière injuste. Il faut les mettre à même de lutter contre les puissantes sociétés.

Pour les employés et ouvriers, je demande ;

1Q Le repos hebdomadaire obligatoire, après entente avec le patron et l'employé pour le choix de ce jour;

T La juridiction prud’homale partout où il sera possible de ^instituer.

Pour les ouvriers agricoles :

Liberté complète et absolue dans les travaux des champs»

Je soutiendrai îe projet de loi Noël concernant la destruction obligatoire des corbeaux considérés comme animaux nuisibles.

Quant à l'armée, je demande la réduction des périodes d’inslructîon de vingt-huit jours et de treize jours, afin de soulager les familles ouvrières privées pendant trop longtemps de leur gagne-pain quotidien.

Le Code de justice militaire doit être profondément remanié.

Les conseils de guerre, tels qu’ils fonctionnent actuellement, ont vécu i il faut soustraire à leur compétence tout ce qui ne concerne pas la discipline de l’armée et appliquer dans ces circonstances la juridiction civile.

Dois-je ajouter que faime profondément l'armée et que je réprouve les funestes doctrines aütî-militaristes?

L’armée est la sauvegarde de notre indépendance et de tous nos intérêts matériels et moraux.

C’est le gage le plus sûr de notre prospérité nationale.

Je la veux loyalement républicaine pour assurer l'ordre et l'exécution des lois à l’imtérieu ï\

Je fa veux unie et forte pour nous faire respecter et au besoin craindre à l’extérieur.

Si vous me faites l’honneur de m'envoyer au Parlement, je soutiendrai enfin tout gouvernement résolu à prévenir ou à réprimer toutes les violences, d’où qu’elles viennent, car les troubles sont toujours suscités par nos éternels ennemis :

La réaction cléricale, comme dans les inventaires religieux;

L’anarchie, comme dans les malheureuses grèves du Nord.

Électeurs républicains !

Tel est le programme dont je veux poursuivre la réalisation.

Désigné parla fédération des comités républicains, mon dévouement leur est assuré.

Je fais un dernier appel à cette union et à cette abnégation dont les républicains ont, depuis quatre ans, donné le haut exemple et qui ont obtenu de si éclatants résultats.

Allons tous au scrutin avec la même discipline.

La victoire républicaine nous attend L,,

Vive la France I

Vive la Eê publique démocratique î

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