‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 153 sur 280 · M. ROSE · texte numérisé non relu

M. ROSE

Elu au 2e tour de scrutin. — 12.038 voix*

Mes chers Concitoyens,

Pour la quatrième fois, je viens solliciter le renouvellement du mandat que vous m’avez confié en 1893.

À celte époque, je me présentais à vous avec un programme d’union républicaine comportant la formation d’un grand parti gouvernemental avec le concours de tous ceux qui acceptent franchement et sincèrement la République, sans être suspects de complaisance envers les partis extrêmes*

Ni réaction, ni révolution, telle a été, telle sera toujours ma devise* '

Je veux la République avec toutes les conséquences qu’elle comporte, avec la mise en pratique de ses immortels principes, trop souvent oubliés et violés par ceuxdà même qui ont la prétention de les mieux appliquer*

Je la veux comme l’instrument nécessaire du progrès démocratique*

Je veux la liberté sous toutes ses formes, pour mes amis comme pour mes adversaires, l’égalité de tous devant la loi, devant l’impôt, devant îe service militaire.

Je veux la fraternité, ayant toujours eu le souci de l’amélioration du sort de tous les travailleurs. '

Tel a été, depuis vingt ans, mon programme politique. Je défie mes adversaires de prouver par des faits que je m’en suis une seule fois écarté.

J’ai été, avec M. Ribot, un républicain de la première heure et je le resterai* C’est pourquoi j’ai fait afficher le programme du groupe de l’union républicaine dont je fais partie a la Chambre et dont j’approuve toutes les déclarations*

Je ne suis pas un étranger pour vous, et c’est sur mes actes, sur tout mon passé de républicain que je vous demande de juger ma candidature, et non sur les épithètes ridicules ou odieuses dont peuvent la qualifier mes adversaires*

Pour répondre à leurs attaques, je suis obligé, et je vous prie de m’en excuser, de rappeler ce que j’ai fait pour la défense de vos intérêts depuis que j’ai l’honneur de vous représenter*

Comme membre et secrétaire de la Commission des douanes, de la Commission du

travail du groupe des députés et sénateurs intéressés à la production sucrière, j’ai pria une part active à l’élaboration de toutes les lois de protection, qui, depuis 12 ans, < nt été faites dans l’intérêt des travailleurs de notre région. En toutes circonstances, je me suis fait, a la tribune de la Chambre, le défenseur de leurs revendications, notamment en ce qui concerne la culture de la betterave et du blé, ainsi que celle des oléagineux. Pour atténuer les désastreux effets de la convention de Bruxelles, je m’efforcerai d’obtenir un large dégrèvement de l’impôt du sucre. , .. ,

J’ai combattu à la tribune l’augmenladon de l’impôt sur 1 alcool et la surélévation du

prix des tabacs de zone.

Pour venir en aide au petit commerce, écrasé par la concurrence des grands magasins,

i’ai demandé l’augmentation de leur patente.

Gomme rapporteur de la loi Berteaux, de la loi tendant à asmrer l’indépendance des délégués mineurs, de celle destinée à diminuer les frais de same-arrêt des salaires, j ai conscience d’avoir toujours bien défendu les intérêts des ouvriers, des travailleurs de la

raine et des chemins de fer. , . ... - . na

Je n’ai jamais oublié que j’étais un rural, que j’avais passe ma vie au milieu de nos

rudes travailleurs du Nord. Au lieu de m’attacher aux questions de politique pure qui absorbent inutilement le meilleur temps du Parlement, j’ai voulu consacrer tous mes efforts . à la réalisaiion des mesures législatives de nature à sauvegarder leur situation, trop souvent sacrifiée. C’était pour moi le meilleur moyen de manifester la reconnaissance que je leur dois pour les témoignages de sympathie qu’ils n’ont cessé de me prodiguer.

J’ai voté contre l’inique privilège des bouilleurs de cru, dont je demanderai a >ppiession, de même que je m'opposerai à tout projet de taxe différentielle sur 1 alcool et de

m° Je demanderai l'affectation des ressources à provenir de la suppression du privilège des bouilleurs au dégrèvement des licences qui pèsent si lourdement sur le commerce et

diminution de l’impôt sur l’alcool. r4n„ti,i™ dp»

Pas d’emprunts, ni d’impôts nouveaux, des économies et une meilleure répartmon de

charges fiscales qui pèsent toujours plus lourdement sur nos régions du Nor . Représentation proportionnelle, que jq, réclame- depuis dix ans.

Enfin, je me suis associé, par mon vote, à la loi dWtance aux vieillards et aux infirmes, à la loi de réformes des justices de paix, à la loi sur les retraites ouvrières.

J’ai voté la réduction du service militaire à deux ans, des 28 jours et des U jour.,

secours aux familles des réservistes. vn<t

En toutes circonslances, sur les questions politiques comme pour ‘^défense de Wfl intérêts économiques, je suis certain d’avoir bien rempli le mandat que vous m aviez confie,

d’avoir tenu les engagements que j’avais pris envers vous. • acauïse

Ce que j’ai été dans le passé, je le resterai dans l’avenir Fort de 1 «Pjnmce acquise, de votre confiance tant de fois renouvelée, je m’efforcerai d’y répondre en faisant mienx

eQLOj e vouVaidîtque je n’étais pas un politicien. Je reste, avant tout, un défenseur du tra-

vail ^ p,iisse’ dai? rr îm:

la liberté garantie à tous, dans le respect de la T nobles

nécessaire en face de l’étranger toujours menaçant, poursuivre m

""“î™ politique étroite et sectaire, à une politique *>

visnte et d'excommunication, j'ai toujours opposé et j'opposerm; “1“”“ ““ .

d’affaires, de cordiale entente, de réconcili.tion nationale amour tin drapeau delà Repu biique largement ouverte à tous les enfants de la France. rfW.,mme réDOnd à votre

Si, comme j’en suis sur, cette politique est la vôtre, si ce p 6 u gouc

sentiment intime et à vos aspirations, vous le ferez triompher, le b ma., sans

des criai] lerles intéressées, des ineptes calomnies que des hommes étrangers à notre région pourront inventer encore pour troubler vos esprits et influencer votre vote.

C’est dans le calme de votre conscience que vous devez peser votre décision.

Je vous apporte, non pas de vagues promesses, mais des décisions, des Faits, des actes. Je me représente à vous avec vingt années de vie politique passées sous yos yeux, constamment employées à faire aboutir vos légitimes revendications, au Conseil général comme à !a Chambre, vingt années de dévouement absolu à la défense des intérêts vitaux de notre région. — Vous comparerez et vous apprécierez.

Dans tous les cas, vous pourrez toujours compter sur moi, comme je compte sur votas, t'attends votre verdict avec la plus absolue confiance.

Vive la France 1 Vive la République I

Th, ROSE,

Conseiller général, député sortant.

2e circonscription d’ ARRAS M. TAILLIÀNDIER

Élu au 1er tour de scrutin. — 10.593 voix

Mes chers Concitoyens,

Je viens avec confiance vous demander, pour la sixième fois, le renouvellement de mon mandat de député.

Ai-je besoin de vous refaire des déclarations qui n’ont pas varié depuis que je vous représente?

Mon programme est bien le votre, puisque vous Pavez affirmé déjà cinq fois par des majorités qui resteront Phonneur de ma vie parlementaire.

En politique, vous connaissez mon objectif : la République large, ouverte à tous les citoyens français; respectueuse des droits imprescriptibles de la conscience, n’ayant d’autre principe et d’autre but que la liberté pour lotis, l’égalité devant la loi et devant l'impôt, l’amélioration continuelle du sort des travailleurs.

Vous savez combien nous nous sommes éloignés, depuis quatre ans, de cet idéal de Gouvernement.

Vous voyez avec quelle rapidité nous allons à la révolution sociale et à la décadence nationale, sous la formidable poussée des influencés maçonniques et antimilitaristes*

Vous constatez avec effroi les conséquences de la politique radicale inaugurée par un ministère heureusement déchu, mais dont les tendances et les pratiques menacent de se survivre.

Je proteste à nouveau contre le système de la délation, dêsorganisateur de l’armée, contre l’installation, dans nos communes, de délégués administratifs ou délateurs civils que chacun craint, même sans les connaître, et que fout ie monde méprise.

Partisan de la paix à T intérieur non moins qu’à l’extérieur, j’ai voté contre la séparation de l’Église et de l’État. Les inventaires, dont vous avez été les témoins attristés, ne sont que le prélude des difficultés et des vexations qu’entraîne fatalement l’abrogation du Concordat.

Au point de vue économique, je reste le partisan convaincu de notre régime protection-

niste, malheureusement encore incomplet par l’absence de tout droit de douane sur les oléagineux et les textiles.

Noire agriculture du Nord est toujours aux prises avec de sérieuses difficultés. Il ne reste plus rien de notre loi sucrière. Nos débouchés ^e trouvent presque exclusivement réduits à notre consommation intérieure encore insuffisante.

Plus d’égalité dans le régime des boissons! L’alcool du Nord est injustement sacrifié au privilège des houilleurs de cru et menacé d’une taxe différentielle, sans la moindre compensation pour nous, pas même celle du retour aux droits antérieurs, moins exorbitants, eux Falcoo! et sur le tabac de zone. Je ne me lasserai pas de réclamer cette double satisfaction comme un minimum de réparation du préjudice causé à la région du Nord par le privilège des houilleurs de cru.

Les questions de solidarité sociale sont aussi l’objet de mes constantes préoccupations. Ne disais-je pas encore, en 190/1, aux ^lecteurs du canton de Vimy que toutes mes sympathies étaient acquises aux humbles et aux déshérités, dont j’avais toujours été le zélé défenseur?

Une majorité de près de 2.000 voix, contre deux compétiteurs coalisés, a proclamé la confiance des électeurs de mon canton dans mes promesses.

Je me suis fait un devoir de participer au développement de la mutualité et je m’honore de faire partie d’un nombre considérable de sociétés de secours mutuels de notre région.

Pénétré de la nécessité d’assurer à tous des moyens d’existence, j’ai voté les lois sur les retraites ouvrières, sur l'assistance aux vieillards et aux invalides du travail; j’en poursuivrai l’application et l’améliora lion sous la prochaine législature.

Plus que jamais fidèle à la formule : ni emprunts ni impôts nouveaux, je ne cesserai de réclamer l’économie dans notre budget écrasant pour toutes les catégories sociales.

À ce point de vue, je suis de ceux qui craignent que l’impôt progressif sur Je revenu, tel qu’il a été proposé, n’apporté aucun dégrèvement aux travailleurs et frappe surtout la terre, l’usine, la maison de commerce et, par contre-coup, les salaires, sans atteindre dans les mêmes proportions la fortune mobilière, susceptible de se dissimuler ou de fuir à l’étranger, an préjudice du bien-être général. Je repousse, en tout cas, toute taxation des revenus par une sorte d’inquisition administrative, qui rappellerait, à rencontre des particuliers, les procédés des inventaires d’église.

La décentralisation peut amener de très sérieuses économies. Vous savez que j*en suis le très ancien défenseur.

J’ai voté le service de deux ans et la réduction des vingt-huit et des treize jours; je continuerai de m’associer à toutes lèfc mesures qui pourront alléger les charges militaires sans cependant diminuer la force de notre vaillante armée, gardienne de nos frontières et de l’honneur dn drapeau national partout où il peut être en cause.

Mes chers Concitoyens,

C’est sous l’égide de ce programme invariable, qu’encouragé par vos suffrages depuis plus de vingt ans et par vos marques incessantes de sympathie, je vous donne rendez-vous au scrutin du 6 mai.

Si, comme j’en suis convaincu, vous voulez bien me renouveler mon mandat, vous pouvez conipterjsur tout mon temps et tout mon dévouement pour la défense des principes et des intérêts qui nous sont chers.

Henri TAILLiÀNDiER,

Cultivateur,

Conseiller général,

Membre du Conseil des agriculteurs de France, Député sortant,

Républicain libérai.

ltl Circonscription de BÉTHUNE.

M. DELELIS FÂNTEN.

Élu au 1" tour de scrutin. — 8.567 voix.

Mes chers Concitoyens,

Les comités républicains des trois cantons de Liflers, Norrent, Fontes et Laventie m’ont désigné comme candidat à la prochaine élection législative.

J'ai le droit de considérer que ce renouvellement de leur confiance constitue une approbation bien significative de mon attitude politique au Parlement ; j’en sens tout. le prix et je les remercie de cette marque d’attachement et d’estime qui me vaut l’honneur de porter le drapeau républicain dans la présente bataille électorale.

En dépit d’une campagne du presse injurieuse et calomnieuse, vous savez quelles sont les idées, quels sont les principes que représente ma candidature.

Vous connaissez mon passé, mes anciennes et profondes convictions républicaines, mon amour du progrès, l’ardent intérêt que je porte aux classes laborieuses, aux faibles et

aux: déshérités de la vie. , .

Je vous ai donné la preuve de mes convictions démocratiques lors de Vèl aboration et

du voie des grandes réformes inspirées au Parlement par ces nobles sentiments que la Républi tue a fait éclore: l’équité ert la s didarité sociales, dont sont empreintes ces grandes lois qui resteront 1 honneur de notre parti :

La loi sur les acci toits du travail, la loi ayant pour but cfassurer l’hygiène et la sécurité des travailleurs de l’industrie et du commerce, l'a loi du service militaire de deux ans, la loi d’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables, les lois et les encouragements en faveur de l’assistance, do la prévoyance et de la mutualité, et enfin la loi des retraites ouvrières.

Vous savez que, fils de cultivateurs, je ne saurais me désintéresser du sort des travailleurs des champs, de l’ agriculture et de toutes les questions qui s’y rattachent.

y mis savez que les questions économiques qui concernent l’industrie et le commerce de notre pays ont toujours été l’objet de mes constantes préoccupations, que, par exemple, je n’ai cessé de combattre d toutes mes forces le privilège scandaleux des bouilleurs de cru.

Enfin, vous savez que j’ai horreur, de la guerre, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays, et que je n’ai pas hésité, faisant preuve ainsi de ma complète indépendance et de mes scrupules à remplir mes engagements, à me séparer de mes amis politiques en ce qui concerne la loi des congrégation a el la ldi de séparation.

Mais ai-je besoin de dire que je sms resté aussi fervent patriote que jo Tétais quand fai pris part, en 1870, à la défense de h patrie ; «-je besoin de dire que, si fè réclame la plus entière liberté de conscience pour tous, je îTetï demeure pas moins le partisan irréductible de la suprématie du pouvoir civil et l’adversaire résolu de toutes I,jS menées réactionnaires qui pourrai* nt mettre en- péril les plus belles conquêtes de la démocratie et ruiner nos espérances de progrès social ?

Tels sont les son iments qui m’ont animé et qui ont dicté ma conduite, tels sont ceux auxquels j’obéirai par la ‘suite, si vous me faites l’honneur de renouveler mon mandat,

Lo uvre féconde de la République n’est pas terminée, elle est toujours perfectible, et je suis de ceux qui vomnt pour l’avenir encore beaucoup de progrès a accomplir par la paix, parle travail, par Fanion féconde de tomes les classes de la société.

C’est la réforme de l’impôt, réforme conçue dans un esprit de justice, mais sans vexation et sans mesures inquisitoriales à l’égard du contribuable, c’est un soin jaloux des finances et du crédit de la nation, c’est une amélioration de la loi sur les accidents du tra- , vail, c’est îe perfectionnement de notre système de défense économique et territoriale, c’est le maintien de nos alliances et de nos accords avec les Dations amies,

.Mes chers Concitoyens,

Mon programme est celui d’un démocrate convaincu et sincère ; pi vous le ratifiez par vos suffrages du 6 mat prochain, je m’engage à le défendre de toutes mes forces, pour faire triompher les traditions glorieuses de justice, de liberté et d’humanité de la Révolution française,

F, DELEUS,

Conseiller général, Maire de LU lers, Chevalier de la Légion d'honneur.

2R Circonscription de BÉTHUNE.

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