‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 154 sur 280 · M. BASLY · texte numérisé non relu

M. BASLY

Elu au l6r tour de scrutin. — 12.330 voix

Mes chers Concitoyens,

Je viens solliciter à nouveau le renouvellement de mon mandat de député.

Depuis l’année 1891, où vous m’avez élu pour la première fois, vous n’avez cessé de me témoigner votre confiance et vous m’avez réélu sans interruption, malgré les attaques furieuses dont j’ai été l’objet de la part des ennemis de la République,

L’heure est toujours aussi grave et nous voyous, une fois de plus, la démocratie aux prises avec les irréductibles adversaires du progrès social.

Je rdai pas besoin de vous rappeler quelle vigueur le grand parti républicain a dû déployer pour mener à bien les réformes votées au cours de la législature qui vient de finir : la suppression de renseignement congréganiste, la loi séparant les Églises de l’Etat, la loi réduisant à deux ans la durée du service militaire, Ja ldi sur l’assistance obligatoire aux vieillards, la loi sur les retraites ouvrières, et quantité d’autres lois ayant pour but de protéger le travailleur et de lui préparer une condition mieux en rapport avec les nécessités de la vie. Voilà notre bilan.

La lutte a été ardente et violente et la réaction n’a ménagé ni les coups, ni les injures aux Gouvernements de défense républicaine de MM. Combes et Waldeck-Rousseau,

La République est sortie victorieuse de ces épreuves successives. Mais vous savez combien la réaction est habile à exploiter les événements, quels qu’ils soient.

N’avons nous pas vu, ces temps derniers, des agitateurs de profession venir dans le Pas-de-Calais, dans le but de troubler l’ordre, de fomenter l’émeute à la faveur de laquelle les vieux partis espèrent triompher de la démocratie? Qu’importe la guerre civile aux fauteurs de coups d’État ?

Les ouvriers mineurs ne ee sont pas prêtés à une aussi abominable manœuvre. Ils ont conservé, dans le conflit actuel, le calme et la sagesse sans lesquels le prolétariat ne peut aboutir à rien.

Le Parlement, par la réforme fiscale, devra créer les ressources nécessaires au développement des lois sociales ; il devra rendre Renseignement professionnel obligatoire pour aider à fesser du commerce et de l'industrie, reviser les tarifs douaniers et de transports, rechercher les moyens d’étendre les produits nationaux à l’étranger, supprimer les conseils de guerre, étendre le droit syndical à tous les travailleurs de l’État, enfin étudier les projets de loi qui ont pour but, non seulement d’améliorer le sort de l’ouvrier, mais aussi de le garante contre les retours de la puissance patronale et capitaliste dont il a toujours soufïert.

Vni'à l’œuvre de ceux qui aiment la démocratie pour elle^même et qui sentent que le prolétariat a besoin de plus de justice et d’égalité sociale.

Nous autres, socialistes, nous persisterons à vouloir marcher toujours plus avant et à démontrer la nécessité du développement do la propriété sociale. Les ressources que la nation, sous peine de ruine des contribuai)!* s, ne pourra tirer des impôts, elle devra envisager le moyen de les* trouver dans l’annexioey à son domaine, de tous les grands services publics.

Ouvriers mineurs, *

Mon souci le plus constant a été de vous assurer une existence moins pénible et d'obliger les pouvoirs publics à vous protéger contre les puissantes compagnies qui vous exploitent. *

La loi sur les caisses de retraites et de secours, la loi sur les limitations des heures de travail, la loi sur les délégués mineurs, la loi qui va permettre à ces derniers de participer aux avantages et à l'administration des caisses de secours, la loi sur le million, les retraites à 55 0 et 600 francs, c’est à Lamendin et à moi que vous les devez.

Nous sommes restés vos amis, et dans toutes les circonstances, même les plus douloureuses, nous avons été là, à vos côtés, pour vous encourager et vous défendre au besoin.

Commerçants, agriculteurs.

Votre prospérité est intimement liée à la tranquillité et au bonheur de la classe ouvrière.

C’est pénétré de cette idée que j’ai toujours mis à votre disposition ma modeste influence et que je me suis efforcé de concilier vos intérêts avec ceux de la mas^e des

j 2 [fai jamais oublié que j’étais l’élu de la circonscription et que le commerce et i’agrbculture avaient le droit d’exiger de moi autant de sollicitude que les autres citoyens.

Je resterai dans l’avenir ce que j’ai été.

G doyens,

Mon pas^é politique vous répond de moi.

Vous allez entendre, comme en 1893, 1898 et 1902, les agents du Pèlerin et de la, Croix, libertaires à faux nez, vous dire que j'ai manqué à mes engagements, que j’ai trahi ja cause ouvrière, que j ai fait litière de mes opinions.

Les diffamations, les calomnies, pas plus que les injures de ces trbtes sires, ne m’ émeuvent.

j’ai trop conscience d’avoir fait mon devoir pour prendre ombrage des accusations de ces stipendiés do la réaction.

C’est U tête haute, fier de mou œuvre, de mon attachement indéfectible à la population minière, que je me présente à elle.

Républicain sincère, socialiste convaincu, pendant vingt ans fai donné à la démocratie îe meilleur de moi-même.

j'ai confiance dans votre verdict.

Vive la République démocratique et sociale !

Emile BASLYj

Maire de Lens, député sortant.

3* Circonscription de BÉTHUNE, M. LiMENDIN.

Élu au 1er tour de scrutin, — 11.200 voix.

Depuis le 6 mars 1892, — date à laquelle j'ai été envoyé à la Chambre des Députés pour la première fois, — vous m’avez vu à l'œuvre. J’ai servi fidèlement la République et le socialisme, qui sont inséparables, et je suis sûr .que mes efforts constants dans l’intérêt de la démocratie et des travailleurs m’ont conservé les sympathies et la confiance de tous les républicains.

Je viens solliciter le renouvellement de mon mandat de député, que j’ai rempli en conscience.

A Pheure où ie parti clérical se livre contre la République, par ^intermédiaire des factions anarchistes, à un suprême assaut, à l'heure où la réaction, impuissante à tuer la République par la violence, essaye de la tuer par le mensonge, le devoir de tous les vrais républicains, de tous les socialistes de France, est de manifester hautement* le 6 mai Î9ÜÔ, leur volonté d'émancipation sociale, leur foi et leur amour en la République démocratique, seul gouvernement qui convienne à la dignité de l’homme, qui mette en jeu la raison et la responsabilité de tous.

Citoyens,

Je n’ai pas besoin de vous rappeler quelle vigueur le grand parti républicain a dû déployer pour mener à bien les réformes votées au cours de la législature qui vient de finir : la suppression de Renseignement congréganiste, la loi séparant les Églises de l'Etat, la loi réduisant à deux a os la durée du service militaire, la loi sur F assistance obligatoire aux vieillards, infirmes et incurables, la loi sur les retraites ouvrières, votée par la Chambre et que la volonté énergique du suffrage universel fera définitivement aboutir ; la loi réduisant à dix centimes le timbre-poste pour l'affranchissement des lettres, etc.

En réduisant à deux ans la durée du service militaire, nous avons allégé l'impêt du sang, qui pesait sur les plus pauvres, et réalisé l’égalité. C'est le prélude d’une réduction nouvelle qui est possible dès maintenant, si l’on veut bien consacrer à l’éducation des soldats tout le temps qu’on leur demande, au lieu de le gaspiller en mettant l’armée à la disposition du capital contre les travailleurs.

Par la loi sur l’assistance sociale aux vieillards, infirmes et incurables, qui sera appliquée à partir du 1er janvier prochain, nous avons proclamé le droit à la vie.

Voilà notre bilan d'hîer* Quelle sera l’œuvre de demain ?

Le Parlement, par la réforme fiscale, devra créer les ressources nécessaires au développement des lois sociales ; il devra rendre renseignement gratuit a tous les degrés, reviser les tarifs douaniers et de transports, rechercher les moyens d'étendre Les produits nationaux à l'étranger, encourager l'agriculture et faciliter l'écoulement des produits des cham^fe, étendre le droit syndical à tous les fonctionnaires et travailleurs de l’État, etc.

Cultivateurs, planteurs,

Je connais les difficultés que vous rencontrez dans l'exercice de votre profession, et je sais les charges beaucoup trop lourdes qui pèsent sur l’agriculture.

Vos intérêts ont sollicité mon attention chaque fois qu’ils ont été en jeu au soin du Parlement, et j'ai toujours voté les crédits demandés pour les expositions et concours agricoles.

Vous me trouverez toujours prêt à soutenir toutes les dispositions législatives capables d’encourager et de développer la culture du tabac, la culture de 3a betterave sucrière et la distillerie, ainsi que la consommation de Palcool pour l’éclairage et le chauffage.

Je continuerai à porter mes efforts sur l’abrogation de l’odieux privilège des bouilleurs de cru, la transformation radicale do l'impôt foncier, etc., etc*

Bateliers,

Les haleurs par chevaux, les bateliers et mariniers, qui sont des travailleurs si intéressants, peuvent toujours compter sur mon concours pour faire valoir leurs justes revendications et pour demander notamment îa création d’écoles spéciales pour leurs enfants*

Commerçants,

Tant par mes votes que par mon action, je me suis toujours nus à votre disposition, soutenant vos intérêts, en estimant que votre prospérité est intimement liée à la tranquillité et au bonheur de la classe ouvrière* m

Camarades mineurs,

Ayant moi-même travaillé plus de vingt ans au fond de la mine, ayant vécu votre vie, je connais toutes vos souffrances et sais combien vos revendications sont légitimes*

Fai demandé h la Chambre toutes les améliorations réclamées par les congrès régionaux, nationaux et internationaux*

La loi sur les caisses de retraites et de secours, ia loi sur la limitation des heures de travail, la loi sur les délégués mineurs, la loi qui va permettre à ces derniers de participer aux avantages et à l'administration des caisses de secours, la loi sur le million des mineurs, c’est à vos représentants au Parlement, Basly et moi, que vous les devez*

Camarades mineurs.

Dans toutes les circonstances, même les plus douloureuses, vous m’avez vu à vos côtés pour défendre votre cause et vos intérêts.

Je n’ai pas besoin d’insister, vous me connaissez suffisamment et vous savez que vous pouvez toujours compter sur moi*

Électeurs,

Tous les autres éléments de la démocratie, tous ceux qui concourent par leurs efforts à

l’instruction, à la richesse , au développement de la France républicaine laïque, me trouveront toujours prêts à les défendre.

Je ne faillirai pas à mon devoir et défendrai toute les réformes élaborées dans les congrès corporatifs, toutes les réformes souhaitées par les travailleurs, par la démocratie, et dont ia longue énumération ne pourrait trouver place dans un programme électoral.

Citoyens,

J’ai confiance dans. votre verdict.

Vive la République démocratique et sociale !

Arthur LAMENDIN,

Député sortant,

Fondateur du Syndicat des mineurs du Pas-de-Calais,

Membre du Conseil supérieur du travail.

Conseiller général,

Maire de Lié vin.

4° Circonscription de BÉTHUNE.

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