‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 156 sur 280 · PUY-DE-DOME · texte numérisé non relu

PUY-DE-DOME

Circonscription d’AMBERT,

M. SABATERIE.

Elu au 1er tour de scrutin. — 10,864 voix.

Mes chers Concitoyens,

En m’appelant à vous représenter à la Chambre, vous m’avez donné, en 1902, un témoignage d’estime et de confiance dont j’ai été justement fier et que je me suis efforcé de mériter pendant toute la législature qui va prendre lin,

Elu sur un programme de réformes politiques, économiques et sociales, nettement démocratiques, j’ai la conscience et la satisfaction d’avoir loyalement et courageusement rempli mes engagements et de m’être conformé aux vues et aux aspirations du parti républicain.

Assuré d’être, plus que jamais, en communion d’idées et de sentiments avec vous tous, je viens à nouveau solliciter vos suffrages, et simplement je vous dis : je suis aujourd’hui ce qnc j’étais hier et ce que je serai demain, un républicain ferme et convaincUj pur de toutes les compromissions avec les partis de réaction, adversaire irréductible des théories révolutionnaires antimilitaristes et des utopies collectivistes.

Une partie des réformes inscrites à mon programme de 1902 ont été réalisées pendant la législature qui vient de finir. La réalisation de l’autre partie sera l’œuvre de la législature prochaine.

Il appartiendra à la nouvelle Chambre de veiller à la stricte application de la loi de séparation, dans l’esprit de libéralisme et de générosité où elle a été conçue, quoi qu’en disent ses adversaires trop intéressés, en assurant l'indépendance réciproque et le respect de toutes les consciences, la liberté de tous les cultes et l’attribution régulière du budget des cultes aux communes.

Débarrassé de toutes les questions irritantes relevant du domaine religieux, le parti républicain pourra désormais consacrer tons ses efforts à réaliser les réformes sociales que la démocratie est en droit de revendiquer.

tous les ouvriers des' villes, tous les travailleurs de l’agriculture doivent participer aux bénéfices des retraites ouvrières et paysannes récemment votées par la Chambre. Quoique imparfaite et insuffisante, cette réforme constitue, avec les lois d’assislance et de prévoyance (lois d’assistance médicale gratuite, d’assistance aux vieillards, aux infirmes et incurables, de protection de l’enfance, d’accidents du travail, d’hygiène, etc.), un pas immense fait dans la voie des applications pratiques de la solidarité sociale.

A la législature prochaine incombera la lourde tâche de réaliser les ressources néces-

saires à la dotation de cette grande œuvre sociale, qui sera l'honneur du parti républicain.

J’estime, avec lui, qu’il est possible de demander au* concessions et aux monopoles d’Éîat les ressources nécessaires aux retraites des travailleurs et au dégrèvement de la petite propriété foncière.

Je pense aussi, avec le parti républicain, qu’iî est temps de rechercher les moyens d’entente entre patrons eî ouvriers, en faisant appel h la générosité des uns, à la sagesse des autres, à l’esprit de solidarité de tous, pour éviter les grèves, si funestes au commerce et à l’industrie, par le relèvement des salaires trop souvent insuffisants à la subsistance de l’ouvrier honnête et probe et de sa famille.

Il y aura lieu également de rechercher les moyens d’alléger les charges qui pèsent trop lourdement s r les ménages surchargés de famille.

Les produits de notre agriculture et de notre industrie doivent être efficacement protégés contre la concurrence étrangère, et les taxes qui pèsent si lourdement sur les objets de consommation, diminuées.

Le régime des patentes a été amélioré, mais il demanderait une refonte totale.

Les lois constitutionnelles doivent être revisées par des voies légales dans un sens plus démocratique.

Le système électoral du Sénat est à la fois trop coûteux et trop restreint ; le nombre des députés et sénateurs pourrait être diminué sans nuire h la marche des affaires. Les rouages administratifs ne répondent plus aux besoins actuels et une vaste décentralisation s'impose. L'intérêt du parti républicain exige qu’aucun acte politique des représentants du pays ne puisse échapper au contrôle des électeurs.

Les élections du Président de la République, des présidents de la Chambre et du Sénat et des membres des Commissions parlementaires revêtent un caractère nettement politique, il est conforme au principe républicain que les élus prennent courageusement et publiquement la responsabilité de tous les scrutins qui s’y rattachent.

Les lois d'organisation et de protection du travail, les œuvres de solidarité, de mtiEuaité, de bienfaisance et di prévoyance trouveront en moi un zélé défenseur.

Il faut résoudre le problème du crédit agricole par le prêt au petit agriculteur, à un taux ne dépassant pas 3 0/0, et inscrire daus nos lois PiasaissisabilUê du bien de famille.

Au point de vue fiscal, la sagesse commande de limiter méthodiquement les dépens s publiques, et de ne dispo-er qu’avec prudence des ressources budgétaires. Une politique d'économies rigoureuses est indispensable, et je la poursuivrai résolument.

Une plus équitable répartition des charges publiques, qui pèsent trop lourdement sur les uns, trop légèrement sur les autres, s’impose par la substitution de l’impôt global et progressif sur le revenu, avec dégrèvement à la base, aux diverses formes d’impofs actuels qui sont iniques et d’un autre âge.

Mous sommes pleins de respect pour la propriété individue lie qui est comme la prolongation de la personnalité humaine et la garantie de son indépendance et de sa dignité.

Nous faisons appel à la petite bourgeoisie, au petit commerce, à la petite industrie et à la foule de modestes employés de l'Etat, des départements et des communes, dont les intérêts moraux et matériels se confondent avec ceux des autres travailleurs. De tous les Gouvernements, !a République est le seul dont il -s peuvent espérer la réalisation de la justice sociale a laquelle ils ont droit,

Républicain et patriote, c’est tout un, et jamais le parti républicain n’a répudié l’idée de patrie, pas plus qu’il ne discute les devoirs que nous impose la défense nationale, Mais nous sommes tous pour la paix, et nous ferons tout ce qui est compatible avec l’honneur et la dignité de notre pays pour éviter les conflits sanglants. Nous pensons que ie meilleur moyen d’atteindre ce résultat est d’avoir une force et une organisation militaires suffisamment puissantes, pour inspirer le respect à ceux qui seraient tentés de se faire nos provocateurs.

La loi sur le service militaire, dont le parti républicain a doté la démocratie, reçoit

cette année sa première application. Je poursuivrai avec énergie la réduction de la période de 28 jours et de la suppression des 13 jours.

La loi sur l’extension de la compétence des juges de paix commence à réaliser sans heurt et sans secousse la réforme des frais de justice, et l’expérience décisive qu’elle engage fait naître des espérances nouvelles vers une justice moins coûteuse, plus expéditive et plus humaine. L’est ce que nous comptons obtenir par la révision des Codes de procédure civile, d’instruction criminelle et de justice militaire.

iiien d’autre3 réformes pourraient encore être mentionnées dans l’ordre politique,

économique et social.

Gomme par Le passé, j’aiderai de tout mon pouvoir au développement des mutualités et, en général, de toutes les institutions tendant à procurer plus de satisfaction et de bienêtre à la classe des humbles et des déshérités.

Mais le souci des réformes politiques et sociales ne me fera pas oublier vos intérêts privés. Je serai pour vous, dans l’avenir, l’ami sincère et dévoué que j’ai été dans le passé, au concours duquel on ne fait jamais appel en vain.

Électeurs,

En 1902, vous m’avez appelé. Par devoir, je suis venu à vous. Vous m’avez soutenu de vos suffrages, de vos conseils, de vos encouragements. Je vous en remercie.

Pendant quatre ans, nous avons mené ensemble le bon combat pour la République démocratique et réformatrice, et notre œuvre a èté-fertile. Il faut la compléter.

Par devoir, je reste à la tête du parti républicain dans notre arrondissement. Vous avez fait l’union en 1992; plus que jamais elle est nécessaire en 1906.

Nul ne peut se méprendre sur le résultat des élections du 6 mai. Tous les partis de réaction et de conservatisme étroit et égoïste vont tenter l’effort suprême. Pour eux, l’heure est décisive, La bataille perdue, c’est l’écroulement définitif de leur rêve de restauration monarchique.

Nous avons en face de nous foute une coalition qui, sous des étiquettes plus que trompeuses, constitue le bloc de droite, dont tous les efforts tendent au renversement de la République.

Ce sont les éternels adversaires contre lesquels la République a toujours eu à>Ee défendre. Leurs candidats marchent docilement menés par la .main cléricale. 11 nous appartient de grouper, de concentrer toutes nos forces pour opposer à la coalition des ennemis de la démocratie les phalanges unies et serrées du parti républicain. N’oubliez pas que la République nous a donné trente-cinq ans de paix, de tranquillité pendant lesquels vous avez pu vous livrer en toute sécurité à vos travaux, accroître votre petit pécule, vous créer une situation matérielle et morale que vous n’aviez connue sous aucun autre régime.

La question est nettement posée, A vous de dire si vous voulez clore cette ère de paix et de prospérité. A vous de dire si vous êtes pour l’obscurantisme et l’ignorance contre la science et le progrès; si vous êtes pour le césarisme capitaliste contre la liberté et la fraternité démocratique; si vous voulez effacer en un jour l’œuvrë d’émancipation sociale, de paix, de progrès, de justice, d’égalité et d’humanité qui a coulé trente-cinq ans d inlassables efforts ; si vous êtes, enfin, pour la République ou la monarchie.

J’attends votre verdict avec confiance.

Vive la République démocratique!

Vive l’arrondissement d’Ambert!

Docteur SABATERIE,

Maire et Conseiller général d’Ariane,

Député sortant.

îr* Circonscription de CLERMONT-FERRAND.

M. CHéMBIGE,

Elu au 1er tour de scrutin. — 13.ÔQ9 voix.

Vous m’avez élu, depuis 1893, à chaque renouvellement de la Chambre des Députés, en 1898 comme en 1902, avec un nombre -toujours plus considérable de suffrages. Je viens de nouveau solliciter vos voix, certain de n’avoir pas démérité de vous et d’avoir été, en tous les points, constamment Adèle au programme avec lequel je m’étais présenté.

L’œuvre de la dernière législature a été féconde. Elle a donné au pays, entre autres réformes, le service militaire réduit à deux ans et égal pour tous;

La loi d’assistance aux vieillards et aux incurables ;

La séparation des Églises et de l’État, qui n’est pas une loi de persécution contre les catholiques, mais une loi affirmant la neutralité complété de 1 Etat en matière religieuse et laissant à chacun le libre exercice de ses croyances* avec les édifices religieux.

Enfin la Chambre a voté récemment la loi des retraites, garantissant l’existence de l’ouvrier des champs et de l'atelier dans leur vieillesse; cette loi, soumise actuellement aux délibérations du Sénat, deviendra, je l’espàre, une réalité dans un avenir prochain.

J’ai voté ces lois avec tout le parti républicain. C’est par l’union de toutes les fractions du parti républicain qu’elles ont pu aboutir. Je veux de plus eu plus cette union.

Les réformes sociales doivent prendre le premier rang dans les délibérations de la Chambre prochaine. Elle aura également à discuter la réforme fiscale. Je voterai l’impôt sur le revenu, en remplacement des impôts directs existants, remédiant, par un large dégrèvement à la base, aux charges fiscales qui pèsent sur les familles les plu3 nombreuses et les moins fortunées.

Cette réforme fiscale, l’impôt sur le revenu, devra apporter à nos laborieuses populations agricoles, surchargées d’impôts, un soulagement à la crise qu’elles supportent depuis si longtemps.

Je voterai, comme je l’ai déjà fait, la réduction des heures de travail et le repos hebdomadaire pour les employés et les ouvriers. Je sui pour le relèvement des salaires insuffisants des agents de l’État, mais je veux obtenir ce relèvement, non avec des charges nouvelles pour les contribuables, mais par des économies et par la réforme .de notre système de reirai tes actuellement en vigueur»

Jo suis pour le monopole do l’État remplaiçüiit le monopole dos grandes compagnies éi des compîîgines d’assurances, l'État pouvant trouver là les ressources nécessaires aux réformes sociales ; car l’État ne peut plus demander aux communes et aux départements des sacrifices plus considérables que ceux qu’ils font aujourd’hui.

Je suis pour les syndicats, et, tout en reconnaissant aux fonctionnaires le droit do se syndiquer, il n’est pas possible de tolérer à ceux-ci le droit à la grève et de leur permettre ainsi de suspendre les services publics de la nation.

J’ai voté déjà la réduction des périodes d’ex rcices militaires des 28 et 13 jour; , réduction compatible avec la force de notre armée nationale. La France veut la paix ; on le sait en Europe, où la France est soutenue, par les gouvernements même monarchiques et par les peuples, comme une garantie de l’ordre universel. Mais, pour imposer la paix, il importe que

la nation reste forte ; la République n’a, jusqu’à ce jour, quoi qu’en disentîes partis d'opposition, rien ménagé pour qu'il en soit ainsi*

Electeurs, vous me connaissez : républicain n’ ayant jamais varié dans mes convictions, je suis avec ceux qui veulent, dans l’ordre social, supprimer autant que possible un certain degré de misère, et, dans l’ordre politique et économique, apporter plus de justice et plus d’égalité.

Quand un penp’e possède ce puissant instrument pour les réformes qu’est le suffrage universel, il n'est pas besoin de révoltes nî de révolutions pour obtenir les réformes demandées par la démocratie: c’est par le suffrage universel que nous les obtiendrons et que ia France pourra poursuivre son œuvre de paix et de progrès sociai dans le monde.

Vive la Bépubl quel

Docteur CHÀMRIGE,

Conseiller général,

Maire de Pont-du-ChâLeau?

Député sortant.

2e Circonscription de CLERMONT- FERRAND >

M. G Ü YOT-DES S Al G ^ E ,

Élu au 1er tour de scrutin, — 13,285 voix.

Mes chers Concitoyens,

Je viens vous demander le renouvellement du mandat que vous m’avez confié sans interruption depuis plus de vingt ans et que je crois avoir loyalement et fidèlement rempli.

En 1893, je vous disais : « Rapporteur de la loi militaire, je vous ai donné le service de trois ans. Qui sait si je ne vous apporterai pas un jour ie service de deux ans? » l’ai tenu parole : président de la Commission de l’année, je vous apporte le servicede deux ans, égal cette fois pour tout le monde sans aucune exception et tempéré parla dispo ifion législative qui alloue annuellement aux parents des soutiens indispensables de famille des subsides repré: entant, et au delà, ceux qu’ils auraient pu espérer du travail de leurs enfants retenus sou 3 les drapeaux.

Au cours de la législature qui va finir, j’§j prouvé que l’appât du pouvoir était impuissant à me faire m’écarter, si peu que ce lut, de la voie que vous m’aviez trac 'e, en m’envoyant soutenir la politique du bloc républicain, et je me suis, comme par le passé, tenu au premier rang des représentants du peuple pour qui République et démocratie sont autre chose que des mots vides de sens, et qui s’emploient de leur mieux à affranchir la pensée humaine, à donner à chacun la juste notion de ses droits et de ses devoirs, à créer un état social tel que les déshérités de la nature ou de la fortune aient enfin leur paî t de bien-être en ce monde.

C’est ainsi que j’ai voté successivement;

La loi supprimant Renseignement congréganiste, qui a été rendue inefficace par les laïcisations fictives que le; hauts dignitaire* de TÉglise ont encouragées par leurs complaisances, si tant est qu'ils ne les aient p.is sollicitées;

La loi aur les justices de paix qui, quelque incomplète qu’elle soit encore, diminue sensiblement les frais de justice, si lourds aux pauvres ;

La séparation des Enlisas et de l'État, qui figurait déjà, en 1885, dans le programme que vous avez, depuis lors, approuvé cinq fois par des majorités sans cesse croissantes et qui réalise une conception qui devrait être chère à toutes les consciences, celle de l’Église libre dan 3 l’État libre ;

La loi d’assistance aux vieillards et aux infirmes, qui rend obligatoire l’allocation, à ces malheureux, de secours jusqu’ici trop parcimonieusement distribués ;

La loi qui réduit à quatorze et à six jours les périodes d’instruction de vingt-huit et de treize jours des réservistes et des territoriaux ;

Et enfin la loi sur les retraites ouvrières et paysannes, qui assurera aux travailleurs des villes et des campagnes le pain de leurs vieux jours.

Ces deux dernières lois sont actuellement soumises aux délibérations du Sénat.

Mali bien d’au 1res réformes s'imposent encore pour que la démocratie obtienne les satisfactions auxquelles elle a droit.

Notre système fiscal est profondément inique. C’est la terre, toujours la terre, qui supporte à peu près toute la charge des impôts et l’agriculture est à bout de forces. Il ne peut être remédié à cet état de choses que par la suppression des quatre contributions directes (foncière, personnelle -mobilière, portes et fenêtres et patentes), ainsi que des taxes assimilées, et leur remplacement par un impôt global sur le revenu, lequel, pour être proportionné aux facultés de chaque contribuable, doit être nettement progressif. Je proposerai, comme je l’ai déjà fait, et voterai cette réforme essentielle.

Lorsque la loi sur Us retraites ouvrières et paysannes reviendra du Sénat, je l’amenderai, s’il y a lieu, dans le sens le plus favorable à ceux qui, parla mutualité, auront su allier la prévoyance à Y assistai! ce.

Je favoriserai de toutes mes forces le monopole de Renseignement à tous les degrés, L’État seul a, selon moi, le droit et le devoir de former des citoyen^, soit par ses fonctionnaires, soit p:»r les personnes qu’il délègue à cet effet.

Si certaines propriétés dépendant du domaine national ont été concédées h des tiers, elles l’ont été pour être exploitées dans l’intérêt public et non pour enrichir outre mesure certaines grandes sociétés linancières trop disposées à se considérer comme véritablement propriétaires et à lout subordonner à leur intérêt personnel. Ces propriétés devront être rachetées et faire retour à la nation, qui retirera, du chef de leur exploitation, de gros bénéfices venant en déduction des impôts.

Est-il admissible enfin que les votes politiques les plus importants qu’un député puisse émettre, tels que ceux relatifs à la nomination du Président de la République ou du président de la Chambre, échappent au contrôle de ses électeurs? Je demanderai que ces nominations cessent d’avoir lieu au scrutin secret, qui abrite toutes les trahisons.

Tel est mon programme. Vous savez par expérience qu’il sera ponctuellement suivi si je suis votre élu.

Electeurs !

Vous me connaissez trop bien et depuis trop longtemps pour que j’aie à vous mettre en garde contre les injures et les calomnies qui seront déversées sur moi pendant la période électorale. Vous les dédaignerez comme je les dédaigne moi-même.

Maïs vous ne devez pas oublier que les adversaires de la République jouent leur partie suprême et que tous les moyens leur seront bons p iur la gagner.

Il y a quelques semaines, c’était Je spectre de la guerre étrangère qu’ils agitaient. Combien ai-je reçu de lettres désolées de parents voyant déjà leurs enfants aux prises avec les Allemands et me demandant quel jour auraient lieu l’appel des réservistes et celui des territoriaux l J’ai répondu que la République, n’ayant pas d’intérêts dynastiques à sauvegarder, ne faisait la guerre que si le sol sacré de la patrie était menacé et que, tant que ses destinées seraient entre les mains des vrais républicains, noue verrions ta continuation des

3b années de pals qu’elle nous a données, N’ayais-je pas raison et toute crainte de conflagration n’est-elle pas définitivement écartée?

Cette arme s’étant brisée dans leurs mains, c'est sur cette formalité de l’inventaire, réclamée par tous les orateurs catholiques afin que rien ne pût être détourné à l’avenir de ce qui appartenait aux églises et aux fabriques au moment de la séparation, qu'ils ont édifié La légende de la spoliation, persuadant à de braves gens, qu’ils trompaient sciemment, qu’on faisait l’inventaire des objets consacrés au culte pour les vendre, comme on le ferait bientôt de leurs propres richesses mobilières.

Nous ne sommes pas au bout et il n’y aurait, rien de surprenant à ce qu’on vous racontât prochainement que ces misérables républicains, qui font des pensions aux évêques et aux cur&!, veulent supprimer les cérémonies m culte et fermer les églises,

jl est probable aussi que les agitations ouvrières dont les moindres incidents, pieusement recueillis et grossis par une certaine presse, sont transformés par elle en mouvements révolutionnaires, vous seront signalées comme démontrant péremptoirement, qu’il ne saurait y avoir de sécurité bous la République et qu’il faut se réfugier bien vite à l’abri du trône et de l’autel. Ce qu’on ne vous dira pas, c'est qui les fomente et les paye.

De toute cette fantasmagorie, vous avez déjà fait ou vous saurez faire justice et vous vous grouperez une fois de plus autour du drapeau qui vous a si souvent conduits à la victoire, que votre vieux député tient d'une main plus ferme que bien des jeunes, et sur les plis duquel il a écrit î

Tout pour le peuple par le peuple I Vive la République!

Ed. GUYÛT-DESSÀIGNE,

Président du Conseil général

Circonscription d’ISSOIRE.

M, BONY-eiSTERNES.

Élu au 1er tour de scrutin, — 16 *352 voix.

Mes chers Concitoyens,

Le mandat de député que je détiens de vos suffrages depuis 1889, et qu’à chaque législature nouvelle vous m’avez maintenu par d’imposantes majorités* touche à son terme,

Gonvaincu de l’avoir loyalement rempli, je viens vous en demander le renouvellement,

h me suis toujours efforcé de répondre à vos nombreux témoignages de sympathie et de confiance par un soin assidu ët constant des affaires dont vous m’avez chargé.

Dans mes mains, vos intérêts n’ ont jamais périclité.

Au point de vue politique, je n’ai rien négligé pour faire prévaloir les droits de la démocratie.

J'ai soutenu de toutes mes forces le Ministère Waldeck- Rousseau, le Ministère Combes, j’ai voté pour Fallières.

J’ai appuyé de, mes votes les réformes démocratiques, sociales et laïques, adoptées dans le courant de cette législature : telles que la ‘toi sur les sociétés de secours mutuels, source de tant de bienfaits ;

La loi sur les accidents du travail, préservant de la misère les malheureuses victimes ;

La loi sur la compétence des juges de paix assurant aux justiciables une justice plus prompte et moins onéreuse ;

La loi sur f assistance aux vieillards, aux infirmes, dont la mise en vigueur à partir du 1er janvier 1907, constituera une œuvre de solidarité de la plus haute importance ;

J’ai voté la loi réduisant à deux ans le service militaire qui, tout en augmentant la solidité de notre armée, constitue la réforme la plus juste, la plus équitable ;

La loi sur les associations, qui a mis un arrêt au développement des congrégations marchant à la conquête de l’État;

La loi sur la suppression de Renseignement congréganiste qui devenait un danger public ;

Enfin la loi sur la séparation des Églises et de l’État est un fait accompli- Elle n est pas une arme contre l’Église, comme le prétendent nos adversaires, mais bien un instrument de liberté.

D’autres réformes réclamées par la démocratie s’imposent.

Je mets en première ligne l’impôt sur le revenu global et progressif, pour établir une répartition plus équitable des charges et faire disparaître les impôts vexatoïres, tels que celui des portes et fenêtres, Ja cote personnelle et mobilière, les patentes, les octrois, l’impôt foncier.

Nos malheureuses populations, si durement éprouvées par les crises de toutes tories : la mévente des produits agricoles, les ravages du phylloxéra, Feront ainsi déchargées de ces lourdes contributions ;

— La loi sur les retraites ouvrières et paysannes, votée déjà par la Chambre pour mettre à l’abri de la misère les travailleurs dans leur vieillesse ;

— La participation des ouvriers aux bénéfices des grandes industries privées, pour établir la bonne harmonie entre l’employeur et l’employé et supprimer Ls grèves ;

— La réduction des heures de travail pour l’ouvrier ;

— Le monopole, au profit de l’État, de l’aicpol, des sucres, des pétroles, des assurances, des chemins de fer, des concessions minières;

__ La rêfu! me du Code de procédure civile et la réduction des frais de justice;

— [/épuration du personnel, pour chasser de nos administrations les ennemis de la République ;

— Le monopole de renseignement par J’Éiat ;

— L’arbitrage pour les affaires extérieures;

— Le scrutin public pour les élections d’ordre politique, telles que celles du Président de la République, du président du Sénat, du président de la Chambre des Députés;

— La modification do règlement de la Chambre, pour mettre un terme aux obstructions, ainsi qu’aux î en leurs apportées dans la discussion des luis;

— Il est nécessaire aussi d’apporter de sérieuses économies dans le budget de 1 Etat, par la suppression d un certain nombre de fonctionnaires, par la diminution des gros traitement?, par de profondes modifications dans les ser vices administrât ils, et augmenter dans une large mesure l’amortissement de la dette publique.

Telles sont les réformes que j’ai votées et celles pour lesquelles mon concours

est acquis.

Si vous estimez que je peux encore rendre des services à notre parti et, si vous voulez bien m’honorer de vus suffrages, je m'efforcerai, comme par le passé, de tenir haut et ferme le drapeau de la démocratie, de servir vos intérêts et ceux de la République,

BON Y-Ci STERNES,|

Maire de Saint-Cirgues, conseiller général.

Député du Puy-de-Dôme,

1TC Circonscription de RIOM.

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