M. BARTISSOL
Élu au 1er tour de scrutin. — 6.960 voix.
Mes chers Conciloys ns.
Il y a quatre ans, vous m'avez élu, avec une spontanéité et un élan dont je me suis senti profondément honoré, sur un programme politique et économique auquel J ai conscience d’être resté fidèle. . , ,
Mes votes ont été ceux d’un républicain : j’ai voté la loi du service militaire de deux ans; la loi sur l’extension de la compétence des juges de paix; la loi sur l’assistance aux invalides du travail, et la loi sur les retraites ouvrières.
Ce sont \h les actes d’un républicain dévoué au progrès politique et social.
La loi de séparation devait être une loi de liberté ; c’est dans cet esprit que j’a. vote tous les amendements qui étaient de nature à rassurer les consciences. Le nouveau régime doit être une œuvre de paix religieuse et non un élément de trouble que les passions sectaires se proposent s’aggraver encore. Les événements ont pr uvé combien étaient nécessaires les garanties que nous voulions donner a l’ordre dans 1 Etat et a la libel lé.
Je sms prêt à défendre, avec les mêmes principes, la liberté de 1 enseignement, ce corollaire nécessaire de la liberté de conscience, dont les républicains doivent être les plus ardenta défenseurs.
Mon programme est celui de l’Union républicaine de la Chambre; vous le connaissez;
je lui resterai dévoué.
Si j’ai combattu la politique de la majorité de la législature qui vient de finir, c est parce
qu’elle n’a causé à la France que déceptions et tristesses.
Elle a désorganisé nos services administratifs, aggravé les impôts, dont la charge nous accable, et démoralisé l’esprit public par l’abus le plus blâmable du favoritisme; elle a rompu l’esprit d’unité de l'armée par les pratiques de la délation anonyme; elle nous a mis à deux doigts d’une guerre avec l'Allemagne et a livré la rue à l’émeute.
C’est contre cette politique, qui nous mène droit à la ruine et à la guerre civile, que doivent réagir tous les bons citoyens s’ils veulent conserver les conquêtes de Quatre-Vingt- Neuf. Il faut faire une France grande et habitable pour tous, une République toute de justice et de liberté, en fondant le progrès social sur l’union confiante et l’appui mutuel du capital
et du travail, s
H faut un gouverne ment de concorde qui protège le travail national et 1 agriculture,
qui pratique des économies et développe les affaires sans tout sacrifier à la politique pure. Jamais l’horizon n’a été plus sombre qu’en ce moment où chacun sent toutes les traditions nationales et son propre patrimoine menacés par les haines et les convoitises criminellement soulevées dans un bas intérêt électoral.
Mais où l'oeuvre de la dernière législature a été surtout néfaste, c’est en ce qui concerne nos intérêts économiques absolument méconnus, odieusement sacrifiés.
Viticulteurs j nous n'avons rien pu obtenir, malgré ious nos efforts, de la majorité qui nous a gouvernés pendant quatre ans. Elle est restée sourde à nos légitimes doléances et n’a pas voulu entendre nos cris de détresse profonde.
Bien coupables seraient ceux qui pardonneraient, aujourd'hui, à celte majorité de
malheur.
Vous ne devez rien espérer de la nouvelle Chambre, si elle est elue dans le meni/ esprit.
J'ai déposé et soutenu à la tribune un projet de loi contre la fraude; j’ai protesté, par tous les moyens en mon pouvoir, contre la complaisance de nos dirigeant pour les fraudeurs, et, si je n’ai pas obtenu justice, la faute en incombe à tous nos gouvernants*
N’est-il pas souverainement injuste de voir mes adversaires me taire un grief, à moi, de de ce qui est la faute de leurs amis?
J’ai fait mon devoir; c’est la majorité radicale-socialiste qui a manquéau sien*
Elle pouvait tout* Elle na rien fait, que décréter notre ruine*
J’ai prouvé mon attachement à la classe ouvrière en consacrant mes capitaux à des oeuvres d’intérêt général dont Texécütion a donné du travail à des milliers d ouvriers.
J’ai construit les cités de Perpignan, l’usine hydro-électrique de Vinça qui éclaire do nombreuses communes du Roussillon et sert à la traction des tramways du chef-lieu, comme elle assurera très prochainement ie service des lignes de Bivesaltes; j’ai démoli les remparts de Perpignan qui sera, je l’espère, la rivale des plus belles stations thermales et hivernales de de Eraoce*
Ces œuvres resteront, et ce ne sont pas les attaques de mes adversaires qui pourront les détruire*
Demandez à ceux qui me dénigrent ce qu’ils ont fait et ce qu’ont fait leurs amis *
Rien*
Si je n’ai pas pu, dans le cours drune législature, exécuter tout mon programme econoinique, la responsabilité en remonte à oos adversaires qui occupaient le pouvoir et non à moi qui n’ai cessé de vous défendre.
Viticulteurs,
Votre salut dépend de votre vote et surtout de notre union.
Vous pouvez compter sur mon dévouement le plus grand à la cause viticole.
Vos souffrances sont (Tailleurs les miennes.
Je suis, comme vous, un viticulteur qui veut vendre son vin à un prix rémunérateur* Les intérêts considérables que fai dans le département et que je ne demande qu'à développer ne peuvent prospérer que si la situation économique se relève*
Électeurs,
L'heure est grave* L'avenir de la France et de la République est entre vos mains. Elle serait, en effet, perdue si vous n'opposiez pas une digue infranchissable au progrès de l'anarchie politique et sociale que préparent nos adversaires.
Viticulteurs,
Le moment de Faction est venu. Ne yous laissez bercer ni de chimères ni d'espoirs irréalisables par des hommes qui ne possèdent pas une souche de vigne et qui ne savent rien de nos souffrances. Votez pour des viticulteurs, afin de former dans notre chère région le groupement compact, indissoluble, de tous ceux qui ont des intérêts communs à défendre, et comptez sur tous mes moyens d'action pour assurer la prospérité de la viticulture.
Votre sort est lié à celui de la propriété; ceux qui vous souillent d'autres conseils sont vos ennemis.
Si la propriété est ruinée, comment pourra-t-elle vous donner du travail, assurer votre existence et celle de vos enfants?
Unissez-vous à elle dans un même but de défense, et que, reconnaissante du service que vous lui aurez rendu, elle remplisse à son tour ses devoirs envers vous en vous garantissant, avec la liberté qui fait la dignité de l'homme, un travail rémunérateur.
Vive la République î
Vive la viticulture l
Vive le travail !