‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 173 sur 280 · M. PEUREUX · texte numérisé non relu

M. PEUREUX

ÉEu au lor tour de scrutin. — 7,924 voix, - H

Mes chers Concitoyens,

Le 17 février dernier, j’ai été choisi à nouveau comme candidat par le Congrès républicain, et je viens vous demander le renouvellement du mandat que vous m’avez confié en 1902*

Depuis cette date, pendant les quatre années qui se sont écoulées, je suis resté invariablement fidèle a la politique d'union républicaine à laquelle le pays tout entier a donné aux élections dernières son éclatante approbation,

inaugurée par M. Waldeck-Eou&seau, continuée énergiquement par M. Combes, reprise par le Ministère Sarrien, cette politique est seule capable de donner des résultats, parce

qu’eÜH tire sa force île l’effort commun de toutes les bonnes volontés républicaines et de la collabora lion à l'œuvre démocratique de tous les groupes de gauche du Parlement.

C’est grâce à cette politique que l’ordre troublé par le nationalisme a pu être rétabli, que le pays, enfin débarrassé des factieux et des conspirateurs qui préparaient la mort de la République, a pu se donner tout entier à son œuvre de travail et de paix.

Aussi, à chaque consultation du suffrage universel, aux élections municipales, aux élections législatives partielles, aux élections sénatoriales, le pays, en élisant des républicains du bloc, a clairement signifié sa volonté de poursuivre l’effort qui a donné à la France et à la République de si féconds résultats.

Et dernièrement* lorsqu’il s’est agi de remplacer M* Loubet, c’est dans les rangs de notre parti que le Congrès a choisi l’homme qui, aujourd’hui, représente la France et la République devant le monde.

V œuvre de la législature*

Mes chers Concitoyens,

Eu ce qui concerne particulièrement la législature dernière, on peut dire que jamais il n’en fut de plus féconde, et vous me permettrez de vous indiquer la pari que j’ai prise dans le travail qu’elle a accompli.

Par mes interventions à la tribune et par mes votes, jTai participé à l adoption des réformes qui s’imposent à un esprit sincèrement républicain.

En votant la loi réduisant le service militaire a deux ans, qui supprime toutes les dispenses, j’ai contribué a la disparition de la monstrueuse inégalité devant l’impôt du sang que consacrait la loi de 1889.

En votant la séparation des Eglises et de l’État, j'ai affirmé ma volonté de mettre fin à la situation intolérable causée par l'arrogance du parti clérical et par son ingérence dans les affaires d’État.

En votant le projet de loi sur les retraites ouvrières, je n ai fait que témoigner de ma sollicitude à l’égard des travailleurs des villes et des champs,

j'ai voté également la loi d’assistance aux vieillards, infirmes et incurables ; l’extension de la compétence des juges de paix; l’abaissement du prix du sucre; rétablissement du timbre à deux sous ; la réforme des prestations et des patentes.

Enfin, vous ïe savez, j’ai toujours voté contre les dispositions restrictives du droit des bouilleurs et en faveur des amendements susceptibles de rendre moins inique la réglementation du privilège avant de contribuer à la restitution.de leur droit intégral aux bouilleurs

de cru. t

Membre de la Commission du commerce etde HndustrieJ’ai apporté, dans la discussion des mesures intéressant la prospérité et l’extension des affaires, la compétence que j ai pu acquérir dans l’exercice de ma profession.

Pai pris la parole à la tribune de la Chambre au sujet des périodes d’instruction militaire, et j'ai contribué à la réduction des 28 jours et des 13 jours.

J’ai présenté un ordre du jour que la Chambre des Députés a adopté, à la suite duquel les Compagnies de chemins de fer ont rapporté une élévation de tarifs qui avait nui aux intérêts du commerce et de l’agriculture de notre région.

Mon programme.

Chers Concitoyens,

Je me présente devant vous avec un programme très net.

En ce qui concerne la politique extérieure, je ne donnerai mon appui qu’à un ministère qui continue la politique ferme et prudente de MM. Bouvier et Léon Bourgeois, grâce à laquelle la France vient de remporter un éclatant succès à la conférence d’Algésiras.

A l’intérieur, mes votes n'iront qu’à un Gouvernement voulant et sachant faire respecter ] idée de Pairie, que les doctrines folles et criminelles de quelques égarés sont impuissantes à détruire, et s’inspirant des principes de laïcité si conformes à la liberté de conscience que, par la loi de séparation, la République a définitivement consacrée.

Je donnerai mon concours, en ce qui concerne les réformes sociales, au développement des lois d’assistance à la vieillesse et aux infirmes, et à l’élaboration de celles qui protégeront davantage le travailleur contre les accidents, la maladie et le chômage.

Je m'efforcerai de venir en aide aux populations dt s campagnes en votant la suppression de l’impôt foncier pour les petites cotes, la diminuficn des droits de mutation et des frais de ventes judiciaires, les subventions aux syndicats et aux mutualités.

Au point de vue financier, je voterai l’impôt progressif sur le revenu et l’élévation des droits sur les successions importantes.

Telles sont, mes chers Concitoyens, les grandes lignes de mon programme.

Vous pouvez compter sur mes efforts, mon énergie et mou dévouement pour en hâter la réalisation, si vous me faites l’honneur de me renouveler le mandat que j’ai conscience d’avoir rempli conformément aux intérêts de ma circonscription et de mon pays.

Certain que les attaques de la réaction ne pourront ébranler votre foi républicaine, confiant en votre bon sens qui saura faire justice des calomnies de nos adversaires, je suis assuré que les élections prochaines seront l’éclatant et définitif triomphe de la République, eï je crie avec tous :

Vive la circonscription de Luxeuill

Vive la République démocratique I

Auguste PEUREUX, Industriel,

Maire de Foug-Tolles, Vice-Président du Conseil général, Député sortant.

Circonscription de VESOUL.

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