‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 174 sur 280 · M. JEANNENEY · texte numérisé non relu

M. JEANNENEY

Élu au 1er tour de scrutin. — 12.fj2fj voix.

Chers concitoyens.

Pendant les quatre années de la législature qui s’achève, je me suis attaché, avec toute ma fermeté de républicain et ma conscience d’honnête homme, à tenir fidèlement les engagements que j’avais pris envers vous.

Ma porte a toujours été largement ouverte à tous. Aucune cause juste n’a sollicité mon appui sans avoir été écoutée. Je vous ai donné mon dévouement et toutes mes forces.

En politique, l’union qu’entre tous les républicains de gauche vous avez su faire et maintenir étroite dans vos rangs a trouvé aussi à la Chambre mon concours très résolu.

Elle a donné au pays l’œuvre, féconde entre toutes, de ces quatre années où s’inscrivent notamment :

La loi militaire, qui, en faisant litière de tontes les dispenses et en réduisant pour

tous à deux ans la durée du service, a exprimé l’égalité des citoyens devant l’impôt du

La loi d’assistance aux vieillards et aux incurables, qui donne un morceau de paiu a ceux que la vie a éprouvés et qui sera l’une des plus glorieuses de la République ;

L’allègement des frais de justice par la loi sur l’extension de la compétence des juges

de paix ; ....

La réforme des prestations, converties facultativement en taxe additionnelle aux

contributions directes ;

Les dégrèvements du sucre, des timbres-poste, des bicyclettes ;

La grande loi de séparation, qui, en assurant aux croyants de toutes les confessions le libre exercice de leur religion, a voulu séparer une fois pour toutes la politique de la foi, libérer les Églises comme l'État, et donner enfin à toutes les consciences la pleine indépendance du for intérieur, ,

La communion d’idées et de sentiments dans laquelle nous sommes demeurés me fait maintenir les principes qu’en 1902 j’ai posés comme règle directrice de ma conduite : la paix, lé progrès incessant, une société loujours plus pénétrée, chaque jour, d’égalité et de justice plus attentive et plus secourable aux déshérités.

Nous aurons à appliquer et à maintenir dans l’esprit qui l’a inspirée la loi de sépa-

ration* , , . , .

Cette question capitale réglée, les pouvoirs publics n'auront plus a perdre leur temps

aux querelles âpres et stériles de la politique religieuse

La création définitive des retraites ouvrières et agricoles, dont la Chambre dernière a déjà voté le projet, s’imposera comme un devoir immédiat : les travailleurs des champs y devront avoir le même traitement que leurs camarades des villes.

La réforme de notre régime fiscal, que j’ai, depuis quatre ans, appuyée de tous mes votes, ne pourra être ajournée davantage. II faut'douner au pays les finances de sa politique. Mieux répartir l’impôt sera la lâche de demain en supprimant les plus injustes de nos contributions directes, en corrigeant en tout cas les évaluations cadastrales, il faudra faire prévaloir enfin l’impôt progressif sur le revenu ;

Continuer l’organisation des assurances sociales par les encouragements aux mutualités, l’extension à l’agriculture de la loi sur les accidents ;

Améliorer le régime de travail des ouvriers et des employés ;

Favoriser le retour à la terre par les encouragements à la culture, la création du bien de famille insaisissable, le crédit agricole : déjà vous savez quels soins j’ai donnés, tant au Conseil général qu’à la Chambre, à la cause des planteurs de tabac et des éleveurs ;

Supprimer les conseils de guerre en teftnps de pais. Réduire les périodes d’instruction

■ :de 28 jours et de 13 jours ; ....

Répudier hautement la criminelle folie de l’anlipatriotisme qui, en mettant en péril l’existence même de la nation, favoriserait l’invincible réaction d’un chauvinisme ou d’un nationalisme nouveau ;

Vis-à-vis de l’extérieur, continuer la politique résolument pacifique de la République et fortifier encore les hautes amiliés dont elle s'honore.

Le troisième réseau de chemins de fer, en projet dans notre département et dont je fus le rapporteur au Conseil général, intéresse particulièrement l’arroudissement de Vesoul : comme je le faisais hier, je donnerai demain tous mes soins à une prompte déclaration d’utilité publique.

L’énergie enfin que j’ai donnée à la cause des bouilleurs de cru, avec le succès décisif que vous savez, je l’offre encore a la protection de tous vos intérêts.

Mes chers concitoyens,

Une fois de plus, la République voit se reformer contre elle la coalition du parti sans

nom et sans drapeau, qui, si souvent, est monté à l'assaut des institutions démocratiques et que vous avez tant de fois vaincu.

Une fois de plus vous serrerez vos rangs pour le triomphe d’une République laïque, juste et fraternelle.

Vive l'arrondissement de Vesou! !

Vive la République démocratique I

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