‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 175 sur 280 · M PERIER · texte numérisé non relu

M PERIER

Élu au 1er tour de scrutin. — 7.^79 voix.

Mes chers concitoyens,

A deux reprises, en 1898 et 1902, vous m’avez appelé à l’honneur de vous représenter au Parlement,

Aujourd’hui, je viens solliciter le renouvellement de ce mandat.

Fidèle à mes engagements, j’ai voté toutes les réformes ayant pour but des améliorations sociales, sans autre souci que celui de me conformer aux principes républicains et à vos aspirations.

Républicain indépendant j’étais, tel je suis resté, me tenant en dehors de toute influence de coterie ou de secte, m'inspirant uniquement des prumesses contenues dans la profession de foi sur laquelle vous m’aviez élu.

Quel sera mou programme de demain? C’est ce que je vais vous exposer :

Finances . — Je m’opposerai, comme je l’ai toujours fait, à l’augmentation des dépenses et à la création de nouveaux fonctionnaires; il faut au contraire supprimer ceux qui ne sont pas indispensables, réduire les gros traitements, et élever ceux qui sont insuffisants ;

L’initiative parlementaire, en matière de dépenses, ouvre la porte à trop de propositions dictées par le besoin de réclame électorale; cette initiative doit appartenir au Gouvernement seul.

Armée , — J’ai voté le service de deux ans obligatoire pour tous,

11 est nécessaire que l’année soit laissée en dehors des agitations politiques et à l’abri des intrigues et des dénonciations.

Des événements récents ont démontré Firiconvé nient qu’il y a d’employer nos soldats dans certains cas; si les forces de gendarmerie et de police sont insuffisantes, qu’on les augmente, mais que nos troupes ne soient plus exposées à se trouver en face de citoyens français.

Retraites ouvrières. — Les lois sur l'assistance aux vieillards ont déjà procuré une amélioration notable au sort de la classe ouvrière; ce n’est qu’un commencement, et les retraites ouvrières devront être étendues à toutes les catégories de travailleurs, notamment aux employés, aux ouvriers agricoles, aux petits cultivateurs, fermiers, métayers, vignerons, etc.

Impôts. — ■ On réclame avec raison un remaniement de notre système d’impôts; mes efforts tendront à le rendre plus équitable et mieui proportionné aux ressources de chacun, mais sans inquisitions, et sans que la propriété cultivée soit grevée de charges nouvelles ,

Agriculture et viticulture , — Ces deux éléments de la richesse publique constituent l’essence même de notre région et sa fortune; je suis partisan de tout ce qui peut contribuera leur prospérité : création de banques et de syndicats agricoles, réduction sur le transport des produits et des engrais; obligation de n’accepter, dans les fournitures de l’État, que des marchandises françaises, traités de commerce favorisant l’exportation, etc.

Le droit des bouilleurs de cru a été consacré par îa dernière Chambre; d’autres mesures s’imposent pour la proteclion de la viticulture contre les falsifications, le sucrage et la circulation des vendanges fraîches.

Commerce et industrie , — J’aurai toujours à cœur le développement du commerce et de l’industrie.

Notre région a été exempte jusqu’ici des conflits regrettables qui surgissent entre le capital et le travail; il est à désirer qu’ils soient réglés par des juridictions spéciales,

Dans tous les cas, si le droit à la grève est incontestable, le droit au travail n’est pas moins sacré ; c’est une obligation pour le Gouvernement de faire respecter l’un et l’autre.

Administration , — La plupart de nos rouages administratifs sont surannés.

Les circonscriptions administratives ne correspondent ni aux besoins ni aux moyens de communication.

Il est indispensable de donner aux communes plus d’autonomie,

La justice devra être plus expéditive et moins coûteuse; nos codes sont à remanier.

Enseignement , — Je suis partisan convaincu de la liberté de l’erseignement sans monopole, proclamée par nos pères en 18^8, et d’accord en cela avec les hommes les plus éminents du parti républicain.

Fonctionnaires. — Dans toutes les fonctions publiques, il y a lieu d’accorder l’avancement au mérite et aux services rendus et de mettre un terme aux abus engendrés par le népotisme et l’intrigue.

Électeurs,

À vous de décider si je n’ai pas démérité et si vous devez me continuer votre confiance.

Seul, des candidats, j’habite Âulun; vous m’y trouverez toujours à votre disposition.

Je m’engage à me consacrer entièrement à la réalisation dçs réformes qui assureront la prospérité de notre commerce, de nos industries minières et autres, de l’agriculture et de la viticulture, sans oublier que le bien-être de ïa classe ouvrière y est intimement lié et constitue une condition indispensable de cette prospérité.

Adversaire résolu de toute agitation, je soutiendrai tout Gouvernement républicain qui conservera la paix intérieure et réprimera sans faiblesse les menées anarchistes tendant à bouleverser l’ordre établi.

Au point de vue extérieur, j’eslime qu’il est de noire intérêt de maintenir loyalement les alliances contractées, d’entretenir et fortifier nos amitiés, pour conserver à la France son prestige et garantir, avec notrc dignité, la paix du monde.

Vous jugerez si mes services passés vous semblent de sûrs garants pour l'avenir.

Et, quoi qu’il advienne, mon dévouement est acquis sans réserve à mon pays et à la République l

Germain PÉRIER,

Député sortant,

Candidat républicain.

2" Circonscription d’AUTUN.

M. Eugène SCHNEIDER.

Élu au 1er tour de scrutin. — i3,060 voix.

Messieurs et chers Concitoyens,

Le 8 mai 1898, vous m’avez, pour la première fois, confié la mission de vous représenter à la Chambre des Députés.

Pendant huit années de députation, éloigné des passions de parti, uniquement préoccupé dès intérêts du pays, j’ai, suivant leurs actes, tantôt refusé, tantôt donné mon concours aux Ministères qui se sont succédé.

Je demeure convaincu que la future Chambre, si elle veut faire œuvre patriotique, devra répudier l’esprit de désordre et. d’anarchie qui, trop souvent, a inspiré la majorité parlementaire.

II importe que l’année et la marine, puissamment organisées, maintenues en dehors de toute politique de parti, mais aussi protégées contre d’injustes attaques, demeurent capables de défendre victorieusement le pays contre tout danger extérieur : elles doivent être, comme la République elle-même, la chose de tous.

H est indispensable de sauvegarder nos finances, si gravement compromises, et de veiller aux intérêts vitaux de l’agriculture, spécialement à la situation critique des viticulteurs de notre région.

H est urgent d'assurer la liberté de conscience, seule garantie de la paix religieuse.

Vous savez qu’en matière d’assistance et-de prévoyance, en particulier pour les retraites, m’inspirant des exemples de mon père, je n’ai pas attendu les discussions ou les votes du Parlement pour agir dans l’intérêt des ouvriers. Cette constante préoccupation me donne le droit de dire que ce serait trahir les véritables intérêts des ouvriers français et compromettre l’avenir de l’industrie et du commerce, si, par des faiblesses et des complaisances, on favorisait les révolu liounair es,, les collectivistes et les anarchistes. Leur succès serait la ruine de tous, l’abaissement rapide de la France en face des pays étrangers, qui ne cessent de grandir et de se fortifier.

L’avenir est menaçant : à chacun son devoir I

Si vous approuvez les actes de votra député, si, comme je le crois, vous continuez à partager mes idées, je serai fier de demeurer votre élu.

Croyez, messieurs et chers concitoyens, à tout mon dévouement.

Eugène SCHNEIDER.

lr* Circonscription de C HALO N- SUR- SAONE . M. BOUVER1.

Élu au. l6r tour de scrutin. — 11 . 839 voix.

Aucun document concernant cette élection n’est parvenu à la Commission.

2* Gir conscription de CHALON-SUR-SAONE.

M. CHAUSS1ER.

Élu au 1er tour de scrutin. — 10.378 voix.

Mes chers concitoyens,

Me réclamant de ma fidélité aux déclarations que je, vous ai faites lors des deux précédentes élections-, et de l’appui que le congrès, réuni à Chalon, le 8 avril, m a fait 1 honneur de donner à ma candidature, je viens, pour la troisième fon, solliciter vos suffrages pour

Sélection législative du 6 mai prochain. .

j» vous avais déjà déclaré, en 1909, que j’étais partisan des réformes suivantes et que je les soutiendrais de mes \otes r

Service militaire égal pour tous et réduit à deux ans. — Cette réforme est heureusement réalisée et la Loi est en plein fonctionnement.

Séparation des Églises et de VÊtat. - Cette loi a été votée dans l’esprit le plus libéral; elle laisse intacte pour tous les citoyens la liberté de pratiquer la religion qui leur plaît.

Droit d’association. — Cette loi a été faite en réservant les prérogatives de l’État inhérentes à notre droit public, et avec les précautions nécessaires pour empêcher la reconstitution des biens de mainmorte.

Réforme de renseignement. — L'enseignement congréganiste disparu, il appartient a la prochaine législature d’achever l’abrogation de la loi Falloux. Et je soutiendrai, dans a

nouvelle Chambre, le principe de l’égalité des enfants devant l’instruction par des concours où les enfants intelligents sans fortune pourront prétendre, a l’aide de bourses de plus en plus nombreuses, à une instruction supérieure dans les genres les plus divers: écoles industrielles, de commerce, d’agriculture, d’arts et métiers, collèges, lycées.

Loi de prévoyance et d'assistance. - La loi d’assistance obligatoire aux vieillards et inürmes sans ressources est votée et entrera en application le 1er janvier 1907. Et es sociétés de secours mutuels sont de plus en plus encouragées et subventionnées.

Une loi sur les retraites ouvrières a été votée par la Chambre des Députés; elle est maintenant soumise au Sénat*

Réforme judiciaire- — Elle a été heureusement commencée par la loi sur les successions, qui a mis les petites à l'abri des frais qui les dévoraient*

Puis la loi sur l'extension de la compétence des juges de paix, qui profitera à un grand nombre de petits plaideurs.

Suppression des octrois . — Cette réforme a été faite pour les boissons hygiéniques et en laissant aux villes la faculté de supprimer les droits sur les autres produits nécessaires à l'alimentation publique.

Impôt sur le revenu . — II y a deux projets en présence: Lun du Gouvernement, l'autre de la Commission delà Chambre, supprimant la cote personnelle mobilière, les portes et fenêtres, et accordant aux communes des subsides pour la révision et révaluation parcellaire, à défaut de la longue et très coûteuse refonte complète du cadastre. ,

Protection de l’agriculture et de la viticulture . — Le Parlement a pris des mesures douanières pour empêcher Paviîissement des prix de nos divers produits ressortissant à l'agriculture, par l'envahissement des produits étrangers de même nature, et en s’efforçant de maintenir un équilibre équitable entre les intérêts du producteur et du consommateur.

11 a donné des subsides importants pour encourager la formation de Mutueiles-Bétail ; pour la création de Gaisses de crédit agricole. Il a amélioré îa loi rur les warrants.

Ce rapide aperçu des principales réformes réalisées depuis que j'ai 1* honneur d'être votre mandataire, et auxquelles j'ai participé par mes votes, selon n es promesses, vous est une garantie des sentiments dont je suis animé envers la démocratie, envers tous les travailleurs, soit de l'industrie, soit des champ*.

Si j'ai l'honneur dTêtre de nouveau votre élu, je poursuivrai, dan s la prochaine Chambre, la réalisation de toutes les réformes découlant des mêmes principes, dans les questions purement politiques comme dans les questions économiques et sociales.

Et, à cet égard, je ih'insplrerai des résolutions et des avis de nos sociétés d'agriculture pour appliquer les mesures reconnues les plus efficaces en vue d'enrayer cette crise désastreuse qui pèse sur la viticulture ; le privilège des bouilleurs de cru est déjà rétabli.

J'ai confiance, mes chers concitoyens, que vous saurez éviter les pièges des adversaires de nos institutions et que vous me continuerez le soin de tenir haut et ferme, — en votre nom, — le drapeau de la République.

Croyez, mes chers concitoyens, à tout mon dévouement*

Jacques CBAUSSIER,

Candidat républicain démocrate, Dépuîé sortant.

lrl Circonscription de GHAROLLES-,.

M. CBÀVET,

Mes chers Concitoyens,

Désigné par la fédération des comités républicains, et je puis dire : par le parti républicain tout entier de la lrc circonscription, je viens à nouveau solliciter vos suffrages.

Vous me connaissez tous; vous avez pu me juger, depuis plus de vingt ans que je siège au Conseil général et pendant les quatre années qu o j'ai passées au Parlement.

Au cours de ma carrière politique déjà longue, vous ne trouverez aucune défaillance, et ce n’est pas à moi qu'on peut reprocher d'avoir, sous un faux masque de républicanisme, servi les intérêts de to ites les réactions.

Voici du reste mon programme; c'est celui du véritable parti républicain :

Constitution défini (ive des retraites ouvrières pour les travailleurs des villes et des campagnes ;

Extension de la loi sur les accidents aux ouvriers agricoles ;

Réforme de l’assiette de l'impôt, en vue d'une plus juste répartition et de manière à ne rien demander à la misère, un p*u à l'aisance, davantage à la fortune;

Maintien du privilège des bouilleurs de cru ;

Suppression des conseils de guerre, en temps de paix, et réforme du code (le justice militaire ;

Diminution des frais de justice;

Décentralisation administrative qui permettra de réaliser d'importantes économies et d’accélérer l'expédition des affaires publiques;

Abaissement des tarifs de transports pour les vins et les produits agricoles ;

Réduction des périodes d'instruction de 28 jours et suppression des 13 jours;

Contrôle légal du travail parlementaire et indemnités calculées sur les jours de présence effectifs; vote personnel;

Suprématie du pouvoir civil; liberté et respect de toutes les croyances, mais soumission de tous les citoyens aux lois établies;

Enfin, toujours et en tout, respect absolu de la propriété individuelle.

Adversaire résolu de tous impôts et charges nouvelles, j'estime que l'on doit trouver les sommes nécessaires à ces réformes dans les excédents de recettes, la suppression des emplois inutiles, la diminution des gros traitements, là réforme fiscale, et dans un contrôle sévère des deniers publics.

Je répudie de toutes mes forces les théories antimilitaristes.

Rien de ce qui vous touche ne m'est étranger. Mon concours ne vous a jamais fait défaut; je ne vous ai jamais marchandé ni mon lerap3, ni ma peine; sans aucune ambition personnelle, j'ai toujours mis à votre service mon influence et mon dévouement, Ce sont là des titres qu’il m'est bien permis d'invoquer.

À vous de décider!

J'ai toujours été républicain, je resterai républicain, et soyez persuadés que vous me

trouverez, en toutes circonstances, prêt à défendre, avec vos intérêts, la cause du progrès et des réformes.

Vive la République démocratique !

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