F. SARRIEN
- Député sortant.
Président du Conseil général,
Président de la Société d’agriculture de Charolles,
Circonscription de LOUHANS,
M. Th. PETITJEAN.
Élu au 1er tour de scrutin. — 12 /74b voix.
Mes chers concitoyens, mes chers amis,
Je viens solliciter de votre confiance et de votre amitié le renouvellement du mandat que vous avez bien voulu me confier une première fois, k une majorité si imposante, aux élections législatives de 1902.
La Chambre dont les pouvoirs sont expirés, et à laquelle je serai toujours fier d’avoir appartenu, a accompli une œuvre qui a éïê beaucoup plus considérable que celle de toutes les Chambres qui Tout précédée, qui a èiê tout pariîculièrement féconde et qui a largement répondu à la confiance et aux espérances de la démocratie.
De cette œuvre, je revendique hautement, devant tous nos amis républicains, ma part de mérite, et, devant tous les adveféàjres de la République, ma part de responsabilité.
Prin c ipà l es ré fo rm es acc o mp l ies .
La réforme de l’impôt des prestations a été votée. Telle qu’elle est, cette réforme, appliquée dans 72 communes de notre arrondissement, réalise un progrès très considérable
que la Chambre devra améliorer encore en apportant dans la taxe vicinale plus d'uniformité et plus de justice ;
Des subventions toujours plus importantes ont été accordées à ^agriculture comme à toutes les sociétés de prévoyance ou d'assurance mutuelle ;
Les droits perçus par le Trésor dans la transmission de la petite propriété rurale ont été considérablement diminués ;
Le crédit agricole facilité par de très importantes avances de P État et par une modification de la loi sur les warrants ;
La législation des patentes modifiée pour faire payer davantage aux grands magasins et pour dégrever d’autant le petit commerce, auquel la loi a en outre accordé un dégrèvement qui* pour 19*06, dépasse 3 millions;
La loi sur les justices de paix a été votée pour permettre aux magistrats cantonaux de solutionner plus vite et à bien moins de frais quantité de procès jusque-là réservés aux tribunaux civils, devant lesquels la justice est véritablement trop lente et trop ruineuse ;
Une réduction considérable de l’impôt sur le sucre est acquise depuis trois ans, comme l’est depuis quelques jours la réduction du prix du timbre-poste ordinaire ;
La loi sur le service de deux ans, loi éminemment égalitaire, qui fait disparaître toute espèce de privilège et qui était impatiemment attendue par la démocratie tout entière, est définitive ;
La loi d’assistance est aussi votée. 11 n y aura donc plus, à partir du 1er janvier prochain, sur le territoire de la République., un vieillard ou un infirme, dénué de toute- ressource, qui manquera du pain nécessaire ;
Et la loi des retraites ouvrières et agricoles, votée par la Chambre et soumise en ce moment à l’examen du -Sénat, garantit aux travailleurs de toutes catégories la même sollicitude de l’État et le même chiffre de pension ;
Enfin la séparation des Églises et de l’État, rendue inéluctable par l’attitude de la papauté à i’égardj de la France et de son Gouvernement, est, depuis le 1er janvier, un fait accompli.
Mais, quoi qu’en disent nos adversaires, elle respecte, et elle devra respecter toujours, de la façon la plus absolue, la liberté de conscience à laquelle nous, républicains, nous restons trop invariablement attachés pour y porter jamais la moindre atteinte.
Cette loi de séparation, essentiellement tolérante et libérale, laisse à l’Église la libre administration de biens mobiliers ou immobiliers d’une valeur supérieure à à 00 millions ; elle lui laisse la jouissance exclusive et indéfinie, sans le moindre impôt ni la moindre location, de tous les édifices du culte, et elle garantit à ses prêtres, pour plus de trente années encore, un total de pensions et d’allocations qui dépassera 250 millions ; enfin elle lui donne, en la déîacfïant de l’État, sn pleine liberté et sa pleine indépendance* De plus, la loi dît, au grand avantage de nos communes rurales, que toutes les économies qui seront réalisées sur le budget des cultes seront acquises aux communes proportionnellement au principal foncier de leurs propriétés non bâties.
La prochaine législature ,
Je ne saurais énumérer ici toutes les questions Importantes qui ont été examinées ou résolues par la Chambre dernière, j’en ai seulement indiqué les principales.
Je ne saurais non plus envisager toutes celles dont la prochaine Chambre devra s’occuper à son tour pour continuer Eôre des réformes si heureusement commencée.
Elle devra, en particulier :
S’intéresser d’une façon toute Spéciale aux questions de travail, de prévoyance, de mutualité, d’assurance ;
Rechercher toutes les économies possibles, autant par la suppression de fonctions inutiles que par la réduction de traitements encore trop élevés -
Abroger la loi Falloux et multiplier les bourses aux enfants pauvres qui se font remarquer par leur intelligence ;
Réduire , dans une large mesure, ainsi que la Chambre Fa plusieurs fois voté déjà, la durée des périodes de 28 et 13 jours, m attendant que leur suppression puisse être effectuée;
Supprimer les conseils de guerre en temps de paix et réformer notre code de justice militaire ;
Augmenter la compétence des juges de paix en matière pénale, pour enlever aux tribunaux correctionnels quantité de petits délits primaires, délits de pêche, délits de chasse, etc,, qui ne devraient plus leur être soumis ;
Simplifier notre code de procédure civile et diminuer dans toute la mesure possible les frais de jusLîce ;
Réaliser cette institution du bien de famille à laquelle la dernière Chambre a longuement travaillé déjà, et qui est nécessaire pour garantir au petit cultivateur la sécurité et Fine! épen dance de sa terre et de sou foyer, au même titre qu’est garantie a l'ouvrier la pos- ^ session de ses outils et au rentier l'insaisissabilité de ses rentes d’Etat ;
Achever la loi des retraites ;
Établir enfin ect impôt progressif sur le revenu qui doit frapper, non pas ce qui est nécessaire a Inexistence de la famille, mais la richesse acquise et fournir les sommes nécessaires :
Pour supprimer le principal des quatre conditions directes :
Pour appliquer la loi des retraites;
Et pour diminuer encore, dans toute la mesure possible, les impôts indirects qui frappent surtout les objets de consommation nécessaires dans tous les ménages et dont le poids est d'autant plus lourd, pour les familles pauvres, que ces familles sont ordinairement les plus nombreuses.
Mes chers amis,
Cest à cette tâcli% c’est à tontes les améliorations sociales Indispensables, que jecontimierai à consacrer tous mes efforts si vous voulez bien me renvoyer dans la prochaine Chambre, dont J’œavre pourra être féconde encore si, comme j’en ai la certitude, le pays républicain s'assure, dans cette Chambre nouvelle, une majorité républicaine solide et forte, bien résolue à opérer toutes les Réformes encore attendues par la dèmo. ratie*
Mes adversaires osent me reprocher de n’être pas resté cultivateur. Peut-être le seraisje encore si j’avais pu cultiver une terre à moi, mais travailler celle des autres, comme je Fai fait jusqu'à vingt-deux ans, rien ne fait mieux connaître et la situation du cultivateur en particulier et celle de l’ouvrier en général;
Homme do tous les progrès, je reste ce que j’ai toujours été : un travailleur obstiné et consciencieux, vraiment ami des pauvres et des humbles, passion ném nt épris du désir de voir la France, dont la prospérité n’avait jamais été si grande qu’à l’heure actuelle, toujours plus prospère encore, toujours plus grande et plus suspectée au dehors, et la République toujours plus attachée au sort des humbles, au sort de tous les travailleurs des champs comme de tous les travailleurs des villes, toujours plus soucieuse de leur rendre moins difficiles les conditions de l’existence, toujours plus belle et plus rayonnante de véritable liberté, de bonté, de fraternité et de justice sociale.
Une fois de plus, mes amis, aux urnes, le fi mai, pour la démocratie et pour la République.
Th. PETITJEAN,
Président d'honneur de la Société d’agriculture de Louhans, Conseiller général*
Député sortant.
- jqo
Ve Circonscription de MACON.
M. DUBIEF*
Élu au 1er tour de scriUia. — 9.395 voix.
Mes chers concitoyen s ,
La législature qui vient.de prendre fin comptera parmi les plus féconde» en réformes, et le mérite de la grande œuvre de laïcité et de solidarité sociale qu’elle a accomplie revient tout entier à la politique d’union de toutes les fractions du parti républicain.
C'est grâce, en effet, à Faction commune de tous les républicains qu’ont pu être réalisées, parmi beaucoup d’autres dont on ne saurait méconnaître Fintêref, ces quatre grandes réformes: la suppression de renseignement congréganiste, la réduction à deux ans du service militaire, la séparation des Églises et de FÉ at, et la loi d’assistance aux vieillards et aux incurables.
C’est de la même communauté d’efforts qu’il faut attendre, dans l’avenir, l’accomplissement du programme réclamé par la démocratie, qui veut r
Dans le domaine financier . — La substitution au régime de nos vieilles contributions, de celui de Fimpôt progressif et global sur le revenu ;
Dans le domaine social . — L’institution de retraites ouvrières et agricoles, votée déjà par la Chambre, et toute une législation relative au contrat de travail, aux arbitrages, à F assurance contre la maladie professionnelle et le chômage* ainsi qu’aux œuvres de mutualité ;
Dans le domaine de renseignement , — La proclamation de FégaHté de tous les enfants devant l'instruction devenue monopole d’État ;
Dans le domaine judiciaire. — La suppression, en temps de paix, des Conseils de guerre, dont l’éclat de scandales récents a trop clairement révélé la nécessité ;
Dans F ordre administratif. — Toutes les réglementations de nature à proportionner exactement les rémunérations au mérite et aux services rendus, en même temps que la suppression des fonctions inutiles, comme celle des sous-préfets, et la plus large décentralisation ;
Dans F ordre parlementaire', — Inorganisation électorale qui assurera le mieux ia liberté et la sincérité des voles, en môme temps que l’équitable représentation des minorités ;
Enfla, dam le domaine économique , la suppression de tous les privilèges; la substitution de monopoles d’EÎtot au* monopoles particuliers existant en fait ; l’adoption de toutes les mesures capables d’ouvrir à la production nationale de nouveaux débouchés et de réprimer la fraude sous laquelle succombent F agriculture nationale et plus spécialement la viticulture.
C’est par Inapplication sévère des lois existantes et la suppression des transactions en cas de contravention; par l’interdiction radicale du sucrage ; par la réglementation de la
vente des sucres ; p^r la diminution des fiait, de transport? par la déclaration de récolte et l'affichage des sonies de la propriété ; en un mot, par tous les moyens que la loi pourra mettre au service du travail agricole et de la probité commerciale, que pourra être conjurée la mévente qui ruine nos vignerons* le m'y appliquerai de toute mou énergie.
Citoyens,
Pour remplir ce programme, qui est celui de la Fédération des Comités radicaux et radicaux-socialistes, sur laquelle je m'appuie, il me suffira de rester fidèle à la politique du bloc républicain et de demander la force nécessaire, comme par le passé, à mon dévouement absolu à la République, de plus en plus affranchie de l'ingérence cléricale^ faite de bonté pour les faibles, de liberté et de justice pour tous*
C'est elle que je veux servir encore, si vous me renouvelez votre confiance, pour que la Patriect la République, que je confonds dans le même amour et dans le même culte, puissent vivre et prospérer par le travail, au milieu des bienfaits d une paix d’autant mieux assurée qu’elle sera fondée, dans la force et la fierté de nos droits, sur la loyauté de notre politique dans le monde.
La réaction, déçue dans son espoir de voir la division briser nos rangs, n’ose pas affronter, — ouvertement du moms,~-ia bataille électorale. Elle compte sur vos abstentions* Vous déjouerez ce calcul. Vous montrerez que nous sommes plus forts que jamais et vou3 ferez triompher une fois de plus à une écrasante majorité, dans la première circonscnpûon de Mâcon, la République démocratique et sociale I
Fernand DDRIEF,
Député sortant, Ancien Ministre.
2e Circonscription de MACON,
M. SIMYÀN,
Élu au 1er tour de scrutin, — 8.952 voix.
Ai rivé au terme de mon mandat et désigné par le vote unanime des délégués au congrès des comités radicaux et radicaux-socialistes de la circonscription, je viens à nouveau solliciter yos suffrages. Je me présente avec confiance devant vous, assuré que je suis de n’avoir pas démérité du parti républicain.
Dans cette deuxième circonscription de Mâcon, si résolument acquise h toutes les idées de progrès et de liberté, si profondément dévouée à la cause de la démocratie, depuis si longtemps éprise de Fidéal de justice sociale auquel les républicains d’avant-garde, — dont je suis, — ont toujours été attachés, ii ne peut y avoir place que pour des représentants indiscutés de ridée démocratique et forts de Pappui des seuls républicains. Depuis mon entrée dans la vie politique, je crois pouvoir dire que jamais, un seul jour, je n’ai cessé
d’être un de ces républicains-là. Jamais on ne m’a vu pactiser de près ou de loin avec la réaction ; jamais, depuis mon entrée au Parlement, je n’ai cessé de défendre la cause des travailleurs des villes et des campagnes, et mon concours le plus absolu a êré toujours acquis à cette politique du Bloc de gatEChe qui, en dépit des attaques de nos adversaires et des trahisons de certains* nous a permis de réaliser les réformes capitales dont la dernière législature s’honore à juste titre : le service de deux ans, l’assistance obligatoire pour les vieillards, la réforme des justices de paix, les retraites ouvrières, enfin et surtout la séparation des Églises et de l’État. Cette poSitiqu 1 de réformes sociales et de laïcité, vous m’aviez, aux dernières élections, chargé de la défendre ; je me suis appliqué, dans la mesure de mon influence et de mes forces, à la faire prévaloir, à îa Chambre et dans notre département, et j’ose dire qu’elle n’a pas eu de soldat plus fidèle et plus discipliné que moi.
Citoyens,
Si vous me continuez votre confiance, mon attitude sera la même que par le passé, et je m’ëîïorcerai de poursuivre l’application intégrale du programme de notre parti.
Ce programme, vous eu connaissez les grandes lignes :
Nous voulons, avec l’impôt progressif sur le revenu, réaliser plus de justice dans la répartition des charges sociales; — nous voulons, avec l’abrogation de la loi Falîoux déjà votée par le Sénat et le monopole de l’enseignement, achever l’oeuvre de laïcité si résolument poursuivie par les deux dernières législatures ; — nous voulons, par le vote définitif des retraites ouvrières et paysannes, assurer à tous les travailleurs des villes et des campagnes une vieillesse, sinon délivrée de souci, du moins exempte des préoccupations de la misère; — nous voulons également atténuer et faire disparaître, dans la plus large mesure possible, les risques de la maladie et les risques du chômage ; — nous voulons, pour faire face aux dépenses que nécessiteront ces grandes réformes sachiles, faire rentrer dans le domaine de l’État les grands monopoles concédés à des sociétés particulières; nous voulons, en un mot, donner à notre pays des institutions en harmonie avec les besoins modernes et hâter l’affranchissement de cette démocratie laborieuse qui a fondé et consolidé la République.
Citoyens,
Je m’efforcerai également, et mes amis avec moi, de défendrè à la Chambre, comme je l’ai fait déjà, les intérêts de notre région si gravement compromis par la crise viticole. Si les lois déjà votées sont insuffisantes, nous provoquerons d’autres mesures pouvant donner satisfaction aux justes revendications de nos vignerons et de nos agriculteurs : application plus rigoureuse de la loi sur les fraudes, diminution des tarifs de transport, traités de commerce plus favorables à notre viticulture, extension du crédit agricole, etc.
Citoyens, c'est aux républicains qui comprennent ainsi l’oeuvre de la législature pruchaîne que je m’adresse ; c’est à ceux qui veulent la France grande et prospère, qui la veulent respectée, mais résolument pacifique, que je fais appel.
Si, comme j’en sois sûr, ces sentiments sont les vôtres, si vous souhaitez les réformes nécessaires au libre développement de la démocratie, si vous voulez en même temps consolider l'œuvre de laïcité déjà accomplie, si, contre les prétentions cléricales, vous êtes résolus à ne pas laisser la réaction toucher à la séparation des Églises et de l’Etat ; si vous entendez au contraire assurer l’application de la réforme sans la moindre faiblesse, je vous convie, sans fausse honte, à affirmer vos sentiments et voire volonté sur le nom d’un homme qui a toujours combattu à visage découvert en toute franchise et en toute loyauté et à qui ses adversaires même rendront cette justice qu’il n’a jamais cherché à les tromper, d’un homme qui p$ut avoir des ennemis, mais qui n’en peut avoir et n’en connaît qu’à
droite, et qui n’a jamais, dans la haine dont le poursuivirent les ennemis de la démocratie, cherché qu’im motif de plus d’aimer ia République et de la défendre.
Aux urnes donc, citoyens, aux urnes 1 que le scrutin du 6 mai proch in soit une nouvelle affirmation de la République et que vos libres suffrages donnent à vos élus la force nécessaire pour faire triompher, dans les travaux du Parlement, une politique de réformes, do progrès et de liberté.
Vive la France ! Vive ia République démocratique et sociale 1
Julien S1MYAN,