‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 218 sur 280 · Circonscription de SCEAUX · texte numérisé non relu

Circonscription de SCEAUX

M. MÀGJÀN,

Elu au 2* tour de scrutin, — 14,912 voix.

Citoyens,

l’avais pris l’engagement, en me présentant à vos suffrages, en 1902, de poursuivre, par l’union des républicains, la réalisation des réformes- suivantes ;

L’égalité du service militaire pour tous (loi de 2 ans);

La réduction do moitié des périodes d’instruction des réservistes et des territoriaux ; La retraite pour les travailleurs ;

La prorogation des échéances en faveur des commerçants ;

L’extension, au profit des employés, de la loi sur les accidents du travail ;

La modification de la législation des patentes pour le petit commerce et la petite industrie ;

L’amnistie pour les petits faillis ;

La défense des revendications des abonnés de l’Est ;

L’extension de la juridiction des Conseils de prud’hommes;

La réglementation des rapports des agents et ouvriers des chemins de fèr avec leurs compagnies (journées de travail, retraites, etc.):

Le repos hebdomadaire ;

La suppression des congrégations et de renseignement congréganiste ;

La séparation des Églises et de l'État, assurant la liberté de conscience et garantissant le libre exercice des cultes en même temps que les droits de l’État laïque souverain.

le l’ai fait.

Quant au programme de la prochaine législature, il devra porter avant tout sur:

L’impôt progressif sur le revenu et sur les capitaux improductifs, qui dégrèvera le travail, sous toutes ses formes, en supprimant les patentes et autres contributions directes, en exemptant le contribuable d’après un minimum d'existence {3.000 francs pour toutes les communes de la Seine) et en raison de ses obligations de famille, et qui assurera l’équitable répartition des charges publiques, suivant les facultés de chacun ;

L’impôt sur les successions, la plus légitime des contributions, et qui, par la suppression de l’héritage en ligne collatérale, à partir du he degré, et la progression des tarifs sur les gros héritages, donnera les ressources nécessaires à la réalisation de la retraite pour les travailleurs ;

La limitation légale de la journée de travail en raison de la nature des industries et en tendant à la journée de huit heures partout où elle pourra être appliquée ;

La liberté syndicale accordée à tous les citoyens, sans exception, travailleurs et employés de l'État, des départements et des communes.

En dehors des fonctionnaires détenant une partie de la puissance publique, lesquels devront être nettement énumérés dans la loi, et qui ne peuvent prétendre à se coaliser contre la souveraineté nationale, le droit de grève doit demeurer l’arme défensive et pacifique du travailleur.

L’union des syndicats de même métier doit être maintenue sur le terrain exclusif des intérêts professionnels, la loi de 1884 devant conserver son caractère essentiellement économique.

Si la grève professionnelle est le droit des travailleurs, la grève générale ne saurait être considérée que comme une1 manifestation politique et révolutionnaire.

Organisation de tribunaux d'arbitrage pour régler les conflits du capital et du travail et arriver à rendre les grèves moins fréquentes et leurs conséquences moins douloureuses \

Le droit à l’instruction pour l’enfant, à tous les degrés, en raison des aptitudes constatées; l’instruction primaire et primaire supérieure confiée à l'État; l’instruction secondaire et supérieure placée sous le conirôle de l’État;

Les administrations publiques simplifiées et décentralisées, de façon à réaliser de sérieuses économies par la suppression des sinécures et des gros traitements.

Révision du cadastre.

Obligation, pour les fonctionnaires de tous ordres, de respecter les institutions: qui aime la République la serve!,..

Redu^^n des frais judiciaires ;

La justice égale et commune pour tous ; suppression des conseils de guerre en temps de paix ;

Scrutin de liste, avec représentation proportionnelle ;

Le scrutin secret interdit dans les votes parlementaires, pour permettre aux électeurs d’exercer en toutes circonstances un contrôle sur leurs mandataires;

Unité d’origine pour les officiers, qui devront d’abord passer par le rang, afin d’assurer l’homogénéité et la force morale de l’armée nationale ;

L’armée maintenue en dehors de toute agitation politique, ayant comme devise unique: Respect de la République et défense de la frontière 1

Réprobation, sans équivoque, des théories antipatriotiques et anarchistes qui préconisent, en cas de mobilisation, la désertion des soldats, la grève des réservistes et la guerre civile en face de l’envahisseur ;

Maintien de la propriété individuelle, condition du progrès social, de la liberté et de la dignité du citoyen ;

Le bien de famille insaisissable;

Retour 4 U nation des mines, des chemins de fer et de certains monopoles dans l’intérêt supérieur de la collectivité çt de la défense nationale ;

Mise à l’ordre du jour des projets de loi que j’ai précédemment déposés, qui sont rapportés et prêts à être discutés, sur les réformes sociales, fiscales et militaires.

Je le ferai.

Ad. MAUJAN.

Citoyens,

Le candidat qui a signé ce programme est un homme de cœur, de caractère et de conscience,

Défenseur ardent de la démocratie républicaine à laquelle il a toujours tenu parole, le Citoyen Maujan a loyalement fait ses preuves. Son passé répond de l’avenir.

Notre candidat se recommande exclusivement de la République démocratique et sociale, en face de ses deux concurrents qui représentent, l’un, le collectivisme révolutionnaire, l’autre, sous le masque du libéralisme, la coalition réactionnaire et cléricale.

Vous voterez pour l’homme qui vous a représentés avec tant de dévouement, de probité politique et de talent, qui a été désigné comme candidat unique par l’alliance républicaine démocratique, présidée par M. Adolphe Carnot, et par le comité exécutif du parti radical et radical-socialiste, dont il a été le président, pour le citoyen

Ad. MAUJAN Député sortant,

Candidat radical-socialiste.

Le Comité central d’union et d’action républicaines.

3* Circonscription de SCEAUX.

M, Jules COUTANT

Élu au lor tour de scrutin. — 12-833 voix.

Citoyens,

Élevé dans notre circonscription, vous me connaissez; pendant douze années de luîtes incessantes, vous m’avez vu à l’œuvre, travaillant à préparer pour l’avenir une société de justice dans laquelle !e monde vivra en harmonie, et travaillant, pour l’heure présente, â soutenir les grands intérêts du pays et â hâter les réformes même les plus minimes, sans me préoccuper des intrigues de la réaction et de l’ambition d’adversaires peu scrupuleux.

Travailleurs manuels et intellectuels, laboureurs, commerçants, petits propriétaires et petits industriels, vous qui composez la classe productrice, serrez les rangs I En avant ! la victoire est à nous, nous ayons de notre côté le droit, la justice, l’honnêteté et notre attachement â la République socialiste.

Comme la franchise est une des formes de respect que Von doit au peuple, voici mon programme :

Pai'tie politique.

Article premier. — Révision de la Constitution dans le sens socialiste. Suppression de tous les rouages administratifs inutiles ; Présidence de la République, sous-préfectures, etc*

ArL 2* — Rétribution de toutes les fonctions électives.

Art, 3. —Ratification par le peuple de toutes propositions, votées par ses mandataires, ayant un caractère important, comme celui du budget, des emprunts, des déclarations de guerre et de toutes autres décisions pouvant compromettre la vie active et la fortune publique*

Art* ù* — Suppression de la magistrature, remplacée par des jurys élus et des Conseils d’arbilrage. En attendant : justice gratuite et révision dans un sens égalitaire des articles du Code qui établissent ^infériorité politique ou civile : 1° des travailleurs ; 2* des enfants naturels; 3° de la femme en matière de prud^homie et pour la nomination des juges des tribunaux de Commerce*

Art. 5* — Abolition des lois sur la presse, les réunions et les associations (Association internationale des travailleurs, etc*); abrogation des^articles hih et. é 15 du Code pénal et de la loi de 1831* sur les Syndicats professionnels.

Art* G* — Suppression de la Dette publique.

Art. 7. — Suppression des armées permanentes après entente internationale ; armement général du peuple ; organisation des milices par région*

Art. 8* — Suppression des périodes destruction militaire de 28 et 13 jours*

Art, 9. — Organisation de la commune maîtresse de son 'administration et de sa police, liberté d’en tente entre les communes*

Art* 10* — Suppression des (Conseils de guerre et leur remplacement par Une juridiction civile.

Art* 11* — Suppression des Compagnies de discipline.

Art, 12* — Suprématie du pouvoir civil sur les fonctionnaires militaires.

Art* 13t — Démission en blanc de tout candidat, remise à la Fédération socialiste de la Seine (S. F. I* 0.)

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