‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 220 sur 280 · M. GERVAIS · texte numérisé non relu

M. GERVAIS

Elu au 2* tour de scrutin. — i I . 0 voix.

Citoyens,

Fidèle au programme que, depuis huit ans, j'ai toujours soutenu, c'est avec une vive satisfaction de conscience que je puis répéter aujourd’hui ce que je disai?, ii y a huit ans, et ce que j'ai de nouveau soutenu, il y a quatre a>js.

En 1904, je disais, en effet, au point de vue de la politique générale :

w Entre les extrêmes, se place le grand parti républicain démocratique avec son programme et son principe d’action pour la solidarité et la justice sociale. Soi principe est clair : pas de limite à Faction réformatrice, pas de terme au progrès social réalisé par 1 m moyens légaux et les voies pacifiques, A la lutte de classes nous opposons l'entente pour la vie ; à la division, à la haine : la concorde et la fraternité pour la paix sociale ».

Et,au point de vue parlementaire, je disais dans ma profession de foi adressée à tous les

u À chaque jour suffit sa peine* La prochaine législature aura bien rempli sa tâche si elle réalise : la réduction du service militaire à deux ans; les retraites à îa vieillesse ; le développement des œuvres laïques et sociales de la République ».

Sur ces deux points, j’ai rigoureusement observé mon programme. J'ai soutenu et défendu la loi de deux ans dont j’avais fait la proposition; j’ai soutenu et défendu la création de la Caisse des retraites à la vieillesse, bien que mon projet ait été different de celui qui a été adopté, car je trouve le système de la répartition préférable à celui de la capitalisation .

Au point de vue de la politique générale, j’estime que îe programme que j’ai défendu depuis huit ans, vrai pour hier, reste vrai, plus que jamais, pour demain.

C’est lui que j’entends encore soutenir et défendre.

Sincèrement attaché à Fidèe de Patrie, j’ai cherché et je chercherai à mettre en valeur toutes las forces qui peuvent en développer Fénergie bienfaisante et qui doivent faire de notre généreux pays ce qu’il a toujours été dans le monde, le champion des grandes idées d’art et de science, des grands principes de justice, de liberté et de civilisation.

Partisan convaincu de Farinée nationale, instrument nécessaire de défense de nos droits et de notre indépendance, attachée à la République et à ses lois, j’ai travaillé et travaillerai à mettre de plus en plus ses intérêts en harmonie complète avec les intérêts de la démocratie (organisation générale de Farinée, — loi sur l’avancement des officiers, — unité d’origine : réforme des codes de justice militaire et des conseils de guerre, etc-}

Pour les réformes fiscales et budgétaire?, nous demandons l'impôt sur le revenu basé sur lessign s de Fétat de fortune, pour réaliser la justice dans la perception de l'impôt. (Réfo -me de la loi sur les successions, réduction des petites cote? foncières, etc.). Puis les allègements de charges par F amortisse ment et la réduction des dépenses par la déce ntralïsation et les économies par la réforme administrative.

Aux économies, il faut ajouter les ressources ; c’est l'augmentation des recettes par le développe nent de notre industrie, de notre commerce et de notre agriculture.

La réforme judiciaire (révision des codes; réduction des frais; simplification de la procédure; extension de la juridiction des prud'hommes à tous les salariés et employés avec création d'un degré d’appel, etc,).

La réforme scolaire (abrogation de îa loi Falloux, développement de l’enseignement à tous les degrés).

L’application de la loi de séparation dans le respect de la loi et de la liberté de conscience.

Scrutin de liste et représentation proportionnelle.

Pour le commerce, je demande l’amélioration de la loi d-s patentes déjà heureusement améliorée par la loi d’avril 1905, la suppression des économats et des ouvroirs, la liquidation amiable ; le dégrèvement du petit commerce aujourd’hui suri posé, etc., etc.

Pour F agriculture, toutes les mesures de juste protection .

Pour les réformes sociales qui se placent aujourd’hui au premier plan des préoccupations de la démocratie, pour cette xœuvre qui doit donner à notre pays la paix intérieure, il fautlendrc à faire passer dans Fordre économique les principes de liberté, de justice et de solidarité qui ont présidé à l'oeuvre politique accomplie au cours du dernier siècle.

Réglementation des conditions du travail par une législation internationale, coin ne je Fai demandé à la Chambre, par la réunion d’un congrès de toutes les puissances. Repos hebdomadaire,

En présence du grand courant qui parle vers ^organisation syndicale tous les travailleurs de toutes les conditions, îa démocratie a le devoir de constituer par ïe syndicat, pour éviter les malentendus et les conflits si préjudiciables à la paix publique et à la puissance économique du pays, l'instrument légal de collaboration elïective et pratique, sincère et loyale, aux réformes sociales dans Fordrë et la paix*

Enfin ce sont toutes les œuvres qui intéressent notre circonscription :

Organisation au Ministère de l 'Agriculture, — comme je l'ai demandé à la Chambre, — d'un service spécial pour la défense des intérêts de noire horticulture et notamment de l'horticulture de la région parisienne*

Etablissement de la voie ferrée Paris-Chartres*

Développement des moyens de transport et amélioration des services publics (postes et télégraphes, eaux, gaz, routes, ponts, suppression des zones et servitudes militaires aux fortifications de Paris et aux forts de la banlieue)*

G’est à la sagesse de la démocratie républicaine qui; depuis trente ans, a poursuivi pacifiquement son évolution, que la France doit la situation privilégiée qu'elle occupe aujourd'hui dans le monde. Elle a la mission de continuer aujourd’hui cette œuvre féconde* Le suffrage universel ne se laissera pas impressionner par des agitations coupables qui ont pour but de semer Panarchie pour récolter le despotisme*

C’est aux [républicains sincères, soucieux de Pavenir du pays, que je fais appel. Ni réaction, ni révolution* Mais comme je l’ai dit en 1898 et en 1902: le progrès continu dans i'ordre et la paix. Ayons confiance dans la sagesse du peuple, dans sa raison, dans son honnêteté et appliquons-nous à travailler avec lui de bonne foi, tous unis, à réaliser les réformes justes et possibles par Paccord des intérêis et par la loi.

/ Il faut aujourd’hui, si l'on veut assurer Pavenir et le développement normal de nos institutions républicaines et démocratiques, qu'on constitue ce parti républicain de gauche, parti de réformes et de progrès dont on n'a pas trouvé jusqu'ici l'expression positive, mais qui doit exister, qui doit vivre et s'affirmer et qui doit être le «grand parti républicain social h, c’est dire le parti qui, sans exclusion d’aucune sorte, éloigné de tout esprit sectaire, épudiant les œuvres de division, de rancune, et de haine, fait appel à tous les hommes de raison libre, d'intelligence clairvoyante, de cœur généreux, résolus à poursuivre la réalisaion effective et prochaine de réformes sociales*

Tel est le programme d’action pacifique et féconde que je propose aux républicains de bonne foi qui se refusent à chercher dans la guerre civile et les ruines du pays la satisfaction de rancunes politiques ou d'utopies néfastes*

On me connaît* Depuis quinze ans dans le canton de Vauves, depuis huit ans dans ta circonscription, j'ai d'un cœur fervent travaillé aux intérêts qui m'étaient confiés. Aucune revendication collective, aucune plainte individuelle ne m'a trouvé indifférent. J'ai cherché à servir les causes justes et à les faire triompher; je me suis appliqué à soulager, dans la mesure de mes forces, les misères et les infortunes* Tirés «consciencieusement j'ai cherché mon devoir et tâché de le remplir.

Ne voulant ni compromettre la République avec des promesses irréalisables, ni la perdre avec la réaction qui nous jetterait dans les pires désordres, je m’adresse à tous les républicains dévoués à la démocratie, pour accomplir l'œuvre de réformes et de pacification sociale qui s'impose aujourd’hui pour le bien de la République et de la Patrie.

Vive la République !

A* GERVAXS,

Chevalier de la Légion d'honneur, Ancien Président du Conseil général de la Seine, Maire dJlssy-les-Mou]meaux,

Député sortant.

SEINE-INFÉRIECRE

Circonscription de DIEPPE*

M. Paul BIGNON -

Elu au tour de scrutin. — 9.242 voix*

Messieurs les Électeurs et chers Concitoyens*

Une première fois, en 1902, vous avez trouvé dans mon passé politique et dans les actes de ma vie adminisîrative et publique les garanties nécessaires, qu’avec prudence et sagesse, nos populations normandes exigent de ceux qui prétendent au grand honneur de les représenter, et vous m’avez élu député de la première circonscription de l’arrondissement de Dieppe*

Aujourd’hui, à la veille de la grande consultation nationale de 190f>, confiant, dans votre jugement, je me présente à nouveau à vos suffrages,

Je ne veux pas allonger inutilement cette profession de foi par l’énumération de mes actes législatifs. Les réunions publiques, que j’ai déjà commencées et que j’entends poursuivre à travers les cantons de Dieppe, d’Envermeu etd’Eu,me permettront de m’expliquer sur ce point.

Membre successivement d'importantes commissions de la Chambre ou des commis-dons extraparlementaires (commissions des affaires étrangères, des colonies et protectorats, de l’alcool, etc,, etc.), enfin, par un honneur dont je sens tout le prix et dont j’ai été profon- dément touché, élu trois foi^, à la presque unanimité des suffrages, président du Conseil général de la Seine-Inférieure, j’ai, pendant les quatre années de cette législature* essayé de Justifier de mon mieux la confiance que la première circonscription de Parrondissement de Dieppe avait mise en moi.

Je n’ai cessé un seul instant, comme j’en avais pris l’engagement, de défendre les inféré Es de nos vaillantes populations agricoles et. maritimes, de défendre les intérêts du commerce et de l’industrie de notre région, les intérêts du grand port de Dieppe et de son voisin le port du Trêport, et je ne crains pas u’affîrmer ici que si, dans tons mes actes, j’ai été guidé par le juste souci de l’intérêt de mes concitoyens, je n’ai jamais perdu de vue un seul instant l'intérêt supérieur de la patrie.

Quant aux autres questions qui o^t préoccupé la dernière législature ou qui solliciteront ^attention de la Chambre nouvelle, je me réclame du programme de l’Union républicaine, groupe qu’avec quelques-uns de mes collègues, j’ai fondé, en 1904, à ïa Chambre des Députés et dont je fus le premier président.

Les électeurs de la circonscription- donneront, j’en suis certain, leur adhésion à ce programme, qui comporte, à l’extérieur, la paix avec dignité et la fidélité à nos aîlïancesî à

l’intérieur, le culte de la patrie et l’amour du drapeau, la lutte énergique contre l'mter nationalisme, la résistance à la démagogie collectiviste, le respect de toutes les libertés, la liberté de conscience, la liberté d’enseignement, la liberté du travail, le progrès démocratique par la concorde et la solidarité, par les lois d’assistance, d’humamtéet de prévoyance,

enfin par les lois ouvrières. ; , . , . ...

Ce programme, fait de clarté et de bon sens, doit être celui des hommes qui font avant

toutes choses passer l’intérêt de leur pays. Il a toujours été le mien, et vous voudrez bien voua souvenir que déjà, en 1902, j’avais inscrit dans ma profession de foi ces mots : « ni réaction, ni révolution » et que, chaque fois que j’ai pris la parole, j ai toujours, et en toutes circonstances, préconisé l’union entre les républicains et le retour à l’ancienne concentration, qui réunissait autrefois les républicains de gouvernement.

L’application de la loi sut la séparation des Églises et de l’Etat a renconlré jusqu a ce jour de sérieuses dilficuliês dans le pays. 11 convient donc que ceux qui sollicitent les suf-

fragés du corps électoral s’expliquent nettement à ce sujet.

Ma déclaration paraîtra d’autant plus loyale et sincère, que j’ai voté contre la loi do séparation et que j’ai combattu à la tribune quelques-unes de ses dispositions.

Mais aujourd’hui, le régime de la séparation, sanctionné par les Chambres, est la loi du navs, et tous les citoyens doivent s’incliner devant la loi.

Ce principe une fois posé, je demande que l'État se libère enfin de toute préoccupation cultuelle; j’entends que la nouvelle loi soit appliquée dans l’esprit de la tolérance la plus large, en dehors de toute tracasserie, de manière à assurer la pleine liberté du curie, la pleine liberté de la conscience humaine.

Messieurs et chers Électeur?,

Républicain de tradition, j’ai toujours proclamé que la République est l’instrument nécessaire de notre développement national, qu’elle doit assurer à notre pays la paix, l’ordre et la liberté, qu’elle est tout à la fois le gage et la garautie de toutes les reformes

sociales

Passionnément républicain et en même temps ardemment Français, j’ai toujours voté

en libéral, obéissant à ma conscience et à mes convictions, et j’ai toujours pensé que le meilleur moyen de bien servir la République était encore de la faire aimer.

Si vous me faites l’honneur de m’élire à nouveau, profondément respectueux de tout ce qui a fait dans le passé la grandeur de notre pays, mais regardant sans crainte vers l’avenir et confiant dans notre grande démocratie, je resterai fidèle aux traditions des ancêtres de la Révolution française, qui, pour rappel, r ici la parole de Gambetta, confondirent toujours le devoir politique et le devoir social et proclamèrent que la République était inséparable de la France, une et indivisible.

Vive la France 1 Vive la République î

Vive Ta première circonscription de Dieppe!

Paul MGNON,

Député sortant,

Président du Conseil général de la Seine-Inférieure,

Maire de la ville d'Eu,

Candidat républicain.

2e Circonscription de DIEPPE.

M. de FOLLEV1LLE (de BI MOREL).

Élu au lar tour de scrutin. — 5,341 voix.

Messieurs les électeurs et chers amis,

En présence de la profession de foi nettement réactionnaire de l’honorable débuté sortant* vous persistez a me demander une simple déclaration de candidature, permettant aux républicains de voter pour moi, utilement et légalement* en se comptant sur mon nom.

Vous rcr affirmez que les ouvriers, indignement trompés en 1893, par une campagne odieuse de calomnies, dirigée contre moi, alors que je les avais toujours défendus et protégés à la Chambre des Députés, ne demandent actuellement qu’à marcher pour moi.

Soit, j’accepte. Ma déclaration de candidature est Rate et déposée à la Préfecture.

Nul ne pourra, désormais* m’accuser d’avoir déserté la lutte et de vous avoir laissés dans Rembarras.

Je ne puis pas songer (il est trop tard) à faire une campagne électorale proprement dite : je me contente de vous donner mon nom, .bien connu dans la seconde circonscription de Dieppe.

C’est à vous qu’il appartient maintenant d'assurer la réussite de ma candidature d’union et de concorde, aboutissant à la concentration féconde de tous les républicains loyaux et sincères, partisans d’une marche prudente en avant vers un avenir toujours meilleur.

Vous connaissez mes idées et mon programme.

Au point de vue politique, je neveux ni réaction, ni révolution.

Nettement et profondément républicain, je désire l’ordre, la liberté et le progrès dans la république et par la république. Je resterai, fidèle aux conquêtes républicaines, respectueux du drapeau et défenseur, Inébranlable et toujours indépendant, de nos institutions démocratiques.

Au point de vue agricole, industriel et commercial, je suis le partisan de la plus large protectio i et de l’allègement des impôts et des charges excessives.

Au point de vue religieux, je désire l’apaisement par l’application la plus libérale des lois existantes et la pratique d’une sage tolérance, assurant le respect de la liberté de conscience et le libre exercice des différents cultes. . ;

Ouvriers,

Vous souhaitez, avec passion, les réformes sociales et particulièrement l'organisation des retraites qui assureront le pain de vos vieux jours, après une vie de courage et de travail P

Vous vous souviendrez que j’ai été l’un des premiers, en 1894, au moment de mon entrée au Conseil général, à inscrire dans mon programme les retraites ouvrières : j’ai toujours été et je demeure le partisan résolu de toutes les lois d’assistance, d’humanité et de prévoyance, tendant à améliorer votre sort, en assurant le progrès démocratique par la concorde et la solidarité.

Enfants de la même patrie, nous devons tous marcher, la main dans la main, pour ^amélioration du sort du pins grand nombre,

Messieurs les électeurs,

Je tiens peu aux honneurs, étant sans ambition ; maïs si vous portez vos voix sur mon nom et si je deviens de nouveau votre élu, vous aurez en moi un représentant fidèle de vos dées d'ordre, de liberté et de progrès, profondément dévoué à vos intérêts, aimanta vous rendre service et défenseur zélé de toutes vos revendications.

Vive la France I

Vive îa république I

Vive la deuxième circonscription de Dieppe !

Daniel de FGLLEVILLE*

ancien Député,

Conseiller général,

Chevalier de la Légion d’honneur.

1T6 Circonscription du HAVKB.

M. Jules SIEGFRIED.

Elu au 2° tour ,dô scrutin. t — 7.477 yoîx.

Mes chers concitoyens,

Ce n’est pas sur des promesses que vous avez à me juger, mais sur un passé ^politique de plus de trente armées*

Ma vie publique vous appartient. Les hommes de bonne foi reconnaîtront que, pendant cette longue carrière, je n’ai poursuivi qu’un but ; la grandeur de mon pays, Ja prospérité du Havre, et le progrès social des travailleurs.

Quoi qu’en disent nos éternels adversaires, la République a reconstitué nos forces* relevé notre prestige et maintenu la paix.

Ni les utopies malsaines d’une poignée de révolutionnaires hervèistes, ni l’agitation artificielle que voudraient créer les nationalistes et les réactionnaires, ne nous feront perdre le sentiment des réalités.

Notre armée nationa.e ne se laissera pas détourner de ses devoirs. Nous maintiendrons intacte la force de la France, intactes aussi les conquêtes de la démocratie.

Pendant les quaire années de la dernière législature, j’ai fait partie de la majorité qui s’est formée à gauche pour une politique d’action et de défense républicaines.

L’œuvre d'affranchissement laïque, premier article du programme des Gambetta, des Jules Ferry, des Waljeik-Rousseau, est désormais consommée. La loi de séparation a réalisé * l’Église libre dans l'État souverain. » Noos ne saurions laisser remettre en question ces mesures de justice et d'émancipation.

Aussi opposé aux doctrines révolutionnaires que partisan des réformes '-ocia^es, jê suis de ceux qui pensent que la République pe sera pas vraiment fondée, tant que ceux qui travaillent peuvent être sans pain, tant que ceux qui ont travaillé peuvent être Sans abri.

Je demande donc les retraites ouvrières et des mesures de protection cmi.ro le chômage involontaire,

La première de ces réformes, si utile pour les employés comme pour les ouvriers, doit aboutir sans retard. Une étude approfondie m’a persuadé que ^obligation seule peut lui faire porter tous s s fruits par le concours nécessaire du patron. Je m’y suis donc rallié. Mais j’ai en même temps réclamé en faveur delà mutualité et obtenu les encouragementsque mérite l’initiative de ces Sociétés admirables de solidarité et de dévouement.

Il se a nécessaire aussi d’améliorer les pensions des inscrits maritimes qui sont notoirement insuffisantes, et de continuer Toeuvre si bien commencée en leur faveur parle groupe des inscrits maritimes, dont j’ai eu l'honneur d’être président.

Le moment est venu d’examiner si les différends relatifs aux conditions du travail ne pourraient pas être solutionnés autrement que par les grèves, moyen primitif et souvent désastreux; — s’il n’y a pas lieu, en un mot, de donner au principe de l’arbiiragô une nouvelle extension.

Le repos hebdomadaire pour tous les travailleurs, ouvriers, employés de bureau et de magasins, fonctionnaires, est un droit que nous devons inscrire aussi largement que possible dans notre législation.

Une République fondée sur l’ordre et la justice ne saurait tolérer l’arbitraire et le favoritisme dans la distribution des emplois publics, Je ne vois aucune raison de refuser îe droit syndical aux fonctionnaires, sans d’ailleurs leur reconnaître ic droit de grève. Mais pour le faire, ainsi que pour leur donner les garanties qu’ils sont en droit d’attendre de l’État démocratique, un remaniement de la législation est nécessaire.

Je croîs fermement que notre système électoral peut être amélioré. Le scrutin de liste donnerait aux élus de la nation un plus large sentiment de scs intérêts généraux, et la représentation proportionnel le^en faisant du Parlement l’image exacte du pays, sauvegarderait le droit des minorités.

Nos vieilles contributions directes, injustes, et surannées, doivent faire place à un impôt général sur le revenu, amélioration de notre système fiscal, selon îe bon sens et P équité.

Le principe de Légalité devant l’impôt entraîne également la suppression radicale du privilège des bouilleurs de cru.

Notre situation financière l’exige, d’ailleurs. Mais cette mesure de justice ne serait même pas suffisante pour rétablir sans impôts nouveaux l’équilibre de no* budgéta, si le Parlement ne s’appliquait en outre à une politique de sages économies.

Pour continuer efficacement ce mouvement nécessaire de réformes démocratiques, vous estimerez, comme moi, qu’il est indispensable de maintenir plus étroite que jamais l’union des républicains de gauche*

H ne ^aurait cependant suffire d’améliorer notre législation sociale, politique et fiscale. Le développement de nos affaires commerciales, industrielles et maritimes est d’une urgente nécessité ; il n'est point de meilleur moyen de donner à la nation la prospérité, aux citoyens le bien-être.

Plus que jamais je suis partisan des traités de commerce, notamment avec les États- Unis ; — de là mise en valeur intensive de nos colonies par la culture des matières premières nécessaires à notre industries ; — de toutes les mesures, en un mot, propres à stimuler l’activité nationale.

Au premier rang de celles-ci, je place les nouveaux travaux indispensables qui feront du Havre, comme le disait Gambetta, la « tête de pont a entre l’Ancien et le Nouveau continent.

J’entends par là l’agrandissement et l'appropriation de notre port intérieur. Le régime de l'autonomie serait de nature à faciliter la réalisation de ces améliorations. De même que l’établissement d’une zone franche donnerait à notre place un nouvel aliment d’affaires.

Il faut en fnir aussi avec cette question de la ligne du sud-ouest et du passage de L Seine, dont la solution est attendue depuis si longtemps.

Electeurs républicains.

Si vous me continuez votre confiance, firai reprendre ma place parmi les républicains de gauche, pour continuer Foudre à laquelle j. al toujours travaillé et à laquelle je suis résolu plus que jamais à consacrer tous mes efforts, pour la défense de la République, des intérêts de la démocratie et de la prospérité de notre chère ville du Havre,

Vous dédaignerez les appels intéressés delà réaction, vous mépriserez les épouvantails qu’elle dresse devant vous.

Vous irez au scrutin du 6 mai confiants dans notre régime républicain, qui, depuis sa fonda (ion, nous a donné la liberté, la paix et une conception de plus en plus haute de la justice sociale.

Vive le Havre I

Vive la République I

Iules SIEGFRIED

2* Circonscription du HAVRE.

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