‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 229 sur 280 · SEINE-ET-OISE · texte numérisé non relu

SEINE-ET-OISE

1™ Circonscription de GORREIL.

M, Albert DA LIMIER.

Élu au 1er tour de scrutin; — 6* 355 voix.

Mes chers concitoyens,

Désigné par l’Union des Comités républicains radicaux et radicaux-socialistes de la première circonscription de Corbeü et par le Comité exécutif du parti, pour défendre, aux élections législatives prochaines, noire programme de réformes démocratiques, je vous dois, en même temps qu’un programme précis, des déclarations nettes et catégoriques*

Au point de vue politique.

Je suis le partisan résolu d’une politique d’union de toutes les forces républicaines* À une heure où tous.nos ennemis osent se réclamer de la République, où les bouiangîstes et les nationalistes d’hier* vaincus et démasqués une fois de p’tis, veulent se prétendre plus républicains que les républicains eux-mêmes, je considère que, seuls, ceux qui n’ont aucune attache avec ies adversaires de nos institutions peuvent revendiquer le titre de républicains,

Los échecs sucees-ifs infligés k la réaction, la liante dans laquelle succombe le parti nationaliste ont à jamais ruiné ses espérances et je suis convaincu que vous ne voudrez pas revenir en arrière, mais bien au contraire contribuer au progrès démocratique et à la réalisation des réformes sociales*

Cette union des républicains, plus nécessaire que jamais, a d’ailleurs été singulièrement féconde* Elle a permis de réaliser : l'égalité militaire par la loi de deux ans et îa réduction' des périodes d’instruction, la libération des consciences par la séparation des Églises et de TÉtat, une partie de notre devoir de solidarité sociale parla loi sur l’assistance aux vieillards et aux infirmes et par les retraites ouvrières qui seront une réalité demain.

Ajoutez à cela la loi sur l’extension de la compétence des juges de paix, qui a rendu la justice plus rapide et moins coûteuse* la loi sur la ma ru e marchande, la loi incomplète de 1905 sur les patentés et la loi abaissant le tarif postal ; vous conviendrez que ces résultats valent mieux que les attaques systématiques de nos adversaires.

Cest cette oeuvre que les républicains continueront dans la prochaine Chambre et à laquelle je vous demande de vous associer.

Au point de vue militaire et extérieur .

Pacifiste convaincu, je pense que, pour éviter des conflits* il faut porter au plus haut

point la force défensive du pays* L'armée doit être tenue en dehors des luttes politiques et la dis ipline y doit être égale pour tous* Elle est la sauvegarde, non seulement du sol de la Patrie, mais encore de nos libertés si chèrement conquises,

Nous ne sommes pas de ceux qui exploitent le patriotisme dans un intérêt de parti* Nous sommes encore moins de ceux qui ne craignent pas, dans le même but, de clamer notre déchéance morale et matérielle.

La France a repris aujourd’hui sa place glorieuse à la tète des nations* Elle a su, grâce aux gouvernements républicains, contracter une alliance et sceller des amitiés qui sont la preuve éclatante de sa vitalité et de sa puissance. Elle a pu grouper récemment à Àîgêsiras pour lu défense de ses droits légitimes toutes les nations amies et ramener â elle celles que d'injustes préventions avaient momentanément écartées.

Berceau de toutes les idées de progrès, de tous les sentiments humains, apôtre du droit et de la justice, elle rayonne à travers le monde et ne pourrait que déchoir si elle cessait un jour de lui montrer Je chemin de la paix par le droit et celui de la liberté* La France ne doit pas et ne peut pas reculer.

Au point de vue économique et social ,

Je suis de ceux qui pensent que les charges publiques sont inégalement réparties. Je considère qu'un impôt progressif sur le revenu, ne demandant rien au nécessaire, moins à l'utile, et davantage au superflu permettrait des dégrèvements que l'esprit d'équité nous impose*

La République se doit d'accomplir au plus tôt cette réforme de justice sociale.

Elle se doit aussi de protéger le petit commerce écrasé par la concurrence des grands magasins, de dégrever la terre cultivée en frappant davantage la terre de luxe improductive, enfin de réaliser, au profit de la classe ouvrière et du monde du travail, ces réformes sociales qui doivent être aujourd'hui la première préoccupation de tous les vrais amis de la démocratie.

Pour les accomplir, vous ne pouvez compter que sur Le concours de ceux qui ne sont â aucun degré les alliés des privilégiés. Elles ne sont que l'application de plus en plus précise des principes de la Révolution Française, Bien mieux, ce n'est que par le respect du droit, par révolution constante et pacifique du pays vers Légalité, que vous arriverez à assurer la paix sociale si nécessaire à son développement.

Citoyens,

La République est au-dessus des attaques de ses adversaires.

Vous répondrez à ceux qui parlent de liberté de conscience que ce ne sont pas les Républicains qui vous contraignent à cacher vos sentiments politiques par crainte de représailles.

Vous répondrez à ceux qui parlent de déficit que, si nos charges sont si lourdes, c'est que la République a dû payer les dettes de l'Empire et faire des sacrifices considérables pour reconstituer ses armements et travailler à la défense naiionale.

Ces attaques sont les mêmes depuis trente-six ans. Le Pays en a maintes fois fait justice, comme vous saurez le faire vous-même.

Je convie tous les hommes d'ordre et de progrès, tous ceux qui veulent mettre fin aux agitations stériles de la réaction et voir maintenir le respect des lois, à se rallier autour du drapeau républicain. Ils diront s'ils veulent un représentant décidé à s'occuper de leurs intérêts et à vivre au milieu d'eux pour connaître leurs besoins.

Je fais appel à tous ceux qui ont au coeur le sentiment de h justicef à tous les amis des humbles et des petits.

Je m’adresse à tous les hommes de cod science et de raisou pour concourir à l’avènement d’une République vraiment digne de son idéal, qui assurera à la France une ère de paix et de prospérité par le triomphe de la Liber té, de la Justice et du Droit.

Citoyens,

Vous irez aux urnes, le 6 mai, contre la Réaction cléricale et nationaliste, au cri triomphant de :

Vive la République démocratique et sociale!

Albert DÀLIMIEB,

Candidat des Comités républicains radicaux et radicaux-socialistes.

26 Circonscription de CORBEIL

M. ARGELÏÈS

Élu au lfr tour de scrutin. — 7.^96 voix.

Mes chers Concitoyens,

L’honneur que vous m’avez fait, en 1889, en 1898, en 1898, en 1902, de m’élire votre représentant, mTa créé des devoirs que j’ai cherché à remplir exactement.

Le premier devoir, républicain et démocratique, d’un représentant du suffrage universel est de rendre compte de son mandat à ceux qui lui ont fait l'honneur de le choisir pour leur mandataire.

Il leur doit, non pas un compte rendu oral, souvent vague et imprécis en raison de l’entraînement des réunions publiques, mais un compte rendu écrit, sur lequel les électeurs puissent s’appuyer, pour demander à leur représentant les explications utiles et nécessaires.

Ce devoir, je le remplis en vous adressant, — comme je l’ai déjà fait en 1893, 1897, 1898, 1901, 1902,— le relevé des votes que fai émis dans la dernière législature de 1902 à 1906.

J'attends avec confiance votre jugement. Républicain, patriote, partisan déterminé des réformes sociales, — comme je le redisais dans ma profession de foi, en 1902, — j’ai conformé scrupuleusement mes votes à mes déclarations? je me suis attaché à servir vos intérêts politiques et économiques, généraux et locaux, publics et privés, avec îa seule passion de vous être utile, en toute indépendance, sans préjugés ni parti pris.

Ma conduite sera la même dans l’avenir.

Vive la République I

Votre dévoué,

Jean ARGELÏÈS.

Circonscription d'ÉTAMFES*

M. AMODRU,

Élu au l<r tour de scrutin. — 6*528 voix.

Mes chers Concitoyens,

Je me présente de nouveau à vos suffrages*

Depuis le jour où je les ai sollicités pour la première fois, j’ai conscience d’avoir servi avec dévouement vos intérêts, ceux du pays et de ia République*

Pour cela, je n’ai qu’à suivre fidèlement les programmes que je vous ai soumis, d’abord en 1893, puis a chaque renouvellement de législature* Je suis aujourd'hui, comme je lfai toujours été, fermement attaché à la République, mais la République, telle que je la conçois, n’est pas celle des violents et des sectaires : elle doit être, au contraire, tolérante, ouverte à toutes les bonnes volontés*

La République ainsi comprise n’a rien de commun avec la politique étroite et oppressive que j’ai toujours combattue et qui, au cours de ces dernières années, nous a valu avec les fiches et les hontes de la délation officiellement organisée, l’affaiblissement de nos forces nationales.

La séparation des Églises et de l’État a été une des conséquences de cette politique* J'avais dit, dans une de mes professions, de foi que j’étais partisan du maintien du Concordat, dont l’application loyale constituait à mes yeux « la meilleure sauvegarde de la paix religieuse, la meilleure garantie de l’indépendance et de l'autorité de l’État »* Chaque fois que l’occasion m'avait été offerte, j’avais renouvelé !a même déclaration*

Dans ces conditions, voler la séparation eût été manquer à mes engagements, ce que personne, ni vous, ni moi, ne saurait admettre*

Il m'apparaissait du reste que faire la séparation à la veille des élections législatives sans avoir consulté sur une réforme aussi importante la volonté nationale^ était un acte de défiance à l’égard du suffrage universel, qu’on a ainsi voulu mettre arbitrairement en présence du fait accompli*

Le régime du Concordat, qui avait valu à la France un siècle de paix religieuse, pouvait durer un an de plus, sans qifil en résultât aucun dommage pour la société civile retau moins avant de l’abroger, on aurait connu les véritables intentions du pays*

En donnant, au cours de la législature précédente, mon adhésion au principe de Ja loi de deux ans, j’avais témoigné, longtemps avant que cette loi vînt en discussion, mon désir de voir réduire à deux ans 1a durée du service dans Farinée active*

J’aurais voulu que le Conseil supérieur de la guerre, de qui relèvent toutes les questions Relatives à l’organisation de Farinée, fût consulté sur cette réforme capitale. Mais bien qu’il n'ait pas été appelé à donner son avis, j'ai voté néanmoins ia loi, avec l'espoir qu’elle nous donnera des armées dignes de leurs devancières.

La réduction du service actif rend nécessaire le maintien des périodes d’exercices des réservistes et des territoriaux* Une meilleure utilisation du temps passé sous les drapeaux permettra, je l'espère, de réduire de 28 à 21 jours la période d’exercices des réservistes, et de 13 à 8 jours celle des territoriaux.

Je suis favorable à cette mesure en faveur de laquelle je me suis déjà prononcé, à plusieurs reprises, mais j’estime qu’on ne saurait aller au delà sans affaiblir la défense nationale.

La loi du 14 juillet 1905 sur ^assistance obligatoire assure aux vieillards âgés de 70 ans et aux infirmes ou incurables de tout âge qui, étant privés de ressources, sont incapables de subvenir par leur travail aux nécessités de l’existence, les secours dont ils ont besoin pour vivre. J’ai voté cette loi et je la considère comme l’une des œuvres les plus utiles de cette législature. Elle recevra son application à partir du l*r janvier 1907,

Un nouveau progrès dans l’ordre de ïa solidarité est attendu de l'organisation des retraites ouvrières, mais le projet de loi discuLé et voté par la Chambre en lin de législature, soumis maintenant à l’examen du Sénat, apparaît à tous plutôt comme un acte préparatoire que comme îa solution de celte importante quesiion.

J’ai déjà montré combien j’étais favorable aux retraites pour les travailleurs, en faisant voter par le Conseil général de Seme-et-Oise, il y a un certain nombre d’années, une majoration pour les pensions servies par les sociétés de secours mutuels à leurs membres, majoration qui s’élève aujourd’hui à 25 0/0 du moulant des retraites, et en favorisant, par des primes d’encouragement données aux mutualités nouvelles, le développement deces sociétés.

Il est donc de mon devoir de dire que, dans cette question des retraites, je préfère à îa prévoyance obligatoire la prévoyance libre qui permettra aux travailleurs de placer leurs économies de la façon et sous la forme qu’ils jugeront la plus conforme à leurs intérêts. Vouloir leur imposer l’obligation, c’e^t juger incapables de diriger leurs propres affaires les mêmes hommes qui, par leurs votes? sont appelés à prendre leur part de responsabilité dans la direction des affaires publiques.

L’ouvrier ou l’employé ne peut généralement pas à lui seul amasser une épargne suffilanle pour se constituer une retraile. L’État devra donc lui venir en aide par des subventions aussi élevées que possible.

Le sentiment de fraternelle solidarité qui tend de plus en plus à s’établir entre les hommes amènera inévitablement les patrons qui en auront les moyens à faire des sacrifices destinés à faciliter la retraite pour leurs employés et leurs ouvriers, ainsi que cela se pratique déjà dans les grandes sociétés, dans les grandes entreprises.

Mais cette contribution volontaire ne saurait être transformée en une contribution obligatoire pour tous. La situation de beaucoup de patrons est en effet loin d’être toujours prospère; il serait par conséquent imprudent et injuste de grever tous les commerçants, tous les industriels*, tous les cultivateurs d’une nouvelle taxe qui serait souvent écrasante pour eux et de leur faire supporter une charge qui, en réalité, incombe à la nation.

le ne dissimule pas que, pour ia création des retraites, je préfère à toute autre organisation celle qui utiliserait les sociétés de secours mutuels, h l’aide desquelles on pourrait instituer également l’assurance contre la maladie et contre le chômage. Ainsi se trouverait facilitée la grande œuvre de prévoyance qu il est nécessaire de réaliser au plus tôt en faveur des travailleurs.

La situation financière du pays sans être gravement compromise, est loin d’être parfaite, En effet, le budget de 1905 paraît se solder par 55 millions de déficit, le budget de 1906 ne s’équilibre qu’au moyen d’un emprunt de 57 millions, le budget de 1907 s’annonce comme devant être plus difficile encore à établir que les précédents.

On ne saurait, dans ces conditions, entreprendre sans danger la refonte complète de notre régime fiscal : il devra néanmoins subir les modifications nécessaires pour que l’impôt tienne compte à l’avenir des charges de famille, corrige Pimproportionnafité de certaines taxes indirectes qui pèsent lourdement sur les contribuables les moins fortunés, soit rendu, en un mot, aussi équitable que possible.

Je disais dans ma profession de foi de 1902 s « Le Ministre des Finances, ainsi que vous avez pu vous en rendre compte en lisant son discours du 9 décembre 1901 affiché dans toutes les communes, a menacé le régime protectionniste qui a été le salut de notre industrie et de notre agriculture. »

Ce Ministre était M. Caillaux, qui est venu récemment prononcer un discours à Étampes.

II n’est peut-être pas Inutile que vous sachiez que, dans un autre discours qu’il a prononcé à Bordeaux, le 25 février 1900, M. Caillaux a déclaré que notre politique économique doit être orientée vers l’avènement du libre-échange, que la politique du tarif de 1892 va au rebours du progrès, qu’elle est une vulgaire politique de réaction,

A l’inverse de M, Caillaux, je dis : Cultivateurs, c’est grâce à îa protection que l’agriculture a pu retrouver dans notre arrondissement la prospérité qui lui échappait, — ne l’oubliez pas. Et comme sur ce point, capital pour vous, vous avez besoin de savoir quelle est et quelle sera la façon de penser de votre représentant, je déclare que j’ai toujours été, que je suis et que je resterai protectionniste,.

La question relative au réseau projeté des chemins de fer d’intérêt local de Seine-et- Oise n’a cessé de présenter pour beaucoup de communes de l’arrondissement d’Étampes un intérêt de premier ordre. On ne manquera pas de dire, si j’en parle, que cette question est régulièrement agitée au moment des élections. On disait de même, pendant la longue période qui a précédé l’établissement du chemin de fer d’Êtampes à Beaune-la-Roïande par Méréville, qui est cependant aujourd’hui en plein fonctionnement et qui rend aux habitants de Ja région de si grands services.

Je n’ai d’autre pensée, en ce moment, que de faire connaître aux intéressés où en eat exactement la question.

Le Conseil général de Seine-et-Oise a voté, le 9 décembre 1905, l’emprunt de lOmillions 929,520 francs nécessaire à l’établissement du réseau.

Dans la longue série de formalités auxquelles il est soumis, le projet relatif aux chemins de fer d’intérêt local de Seine-et-Oise a obtenu, depuis le mois de décembre dernier, les approbations successives du Conseil supérieur des ponts et chaussées, du Ministre de l’Intérieur, du Ministre des Finances, du Ministre des Travaux publics et il sera soumis incessamment au Conseil d’État, dernière étape qu’il doit franchir avant d’être présenté au Parlement,

Les incidents provoqués par la crise franco-allemande nous avaient fait sentir douloureusement, il y a quelques mois, la nécessité de mettre fin à l’œuvre néfaste et criminelle qui consiste à entretenir entre Français Ja discorde et la désunion.

Des troubles graves, infiniment regrettables, car ils ont été suivis de meurtres, d’incendies, de pillages, viennent cependant d’éclater sur plusieurs points du territoire*

Il est du devoir de fous les bons citoyens de se grouper pour faire échec à ces menées révolutionnaires qui, si Pon n’y prenait garde, ne tarderaient pas à conduire le pays aux pires catastrophes,

La paix intérieure est, pour une nation comme la France, le premier des biens ; elle est la condition de sa force et de son bon renom dans le monde, elle est en même temps indispensable au développement de la richesse du pays, condition sans laquelle il serait impossible de réaliser les réformes sociales qu’attendent les travailleurs.

En dépit des apparences contraires, j’espère donc que le jour viendra, où les Français, ne considérant que l’intérêt supérieur de la nation, cesseront de se déchirer entre eux et travailleront d’un commun accord à la prospérité, à la grandeur, à la gloire de la République que je ne sépare pas, dans ma pensée, de la patrie et de Ja liberté.

Docteur ÀMODRU,

Maire de Chamarande,

Président du Conseil général de Seine-et-Oise, Député sortant,

Candidat républicain.

Circonscription de MANTES.

M. Paul LEBAUDY. '

Élu au l»r tour de scrutin. — 7.402 voix.

Mes chers Concitoyens,

Pour la cinquième fois, je sollicite vos suffrages, et cette année encore, je n’ai rien à changer au programme politique que vous approuvez depuis trente ans.

Vous avez tous reçu le relevé de mes votes et vous avez pu voir que je suis resté fidèle aux idées que vous m’avez chargé de défendre. Pas plus que moi, vous n’avez changé d’opinion, aussi suis-je convaincu que vous me ferez encore l’honneur de me confier le soin de vous représenter.

Les principes de notre parti n’ont pas prévalu pendant une grande partie de la dermere législature, La situation grave dans laquelle se trouve le pays nous impose le devoir d’affirmer ces principes plus énergiquement que jamais, parce que ce sont les seuls capables d’assurer la prospérité de la République.

u pas de concessions aux partis extrêmes », telle doit être la hase de notre programme. C’est par des abandons successifs au socialisme que la paix intérieure du pays est dangereusement menacée. La guerre extérieure a pu être évitée, mais si nous avons eu à la redouter, c’est parce qu’un ministère a été assez imprévoyant et coupable pour introduire la délation dans nos mœurs politiques, négliger nos armements et démoraliser notre si r m é o

La mauvaise politique fait de mauvaises finances. Nos dépenses augmentent sans cesse

et nos budgets sont chaque année en déficit.

Je prends l’engagement de continuer à soutenir une politique d’entente républicaine pratiquant, au point de Yue financier, l’économie et la prudence, répartissant plus équitablement les charges publiques, dégrevant les produits du travail et de la petite propriété et écartant résolument tout projet d’impôt global qui, forcément, entraîne l’inquisition du fisc dans les affaires privées du contribuable.

Au point de vue économique ; il faut maintenir les droits de douane établis, proléger plSs encore le travail et les produits nationaux et empêcher la dépopulation de nos campagnes. Dans cet ordre d’idées, je suis heureux d’avoir pu présenter à la Chambre un projet

de loi sur le bien de famille, qu’elle a adopté.

Au point de vue social ; il faut respecter et défendre la propriété privée, assurer une égale sollicitude à tous les travailleurs, petits patrons et ouvriers, en leur facilitant une retraite, non par l’obligation, mais par des encouragements et de larges subventions aux Sociétés de mutualité et de prévoyance.

Dans l’ordre administratif, il faut remédier à l’excès de fonctionnaires par la décentralisation et l’accroissement des franchises locales et départementales.

La séparation des Églises et de l’État e-t faite. Il faut qu’elle soit appliquée avec la plus grande tolérance, respectant toutes les croyances et assurant à tous les citoyens la pleine liberté de conscience.

Enfin, il faut exiger de tons les citoyens, à quelque parti qu'ils appartiennent* une obéissance absolue aux lois du pays. U faut combattre les théories criminelles antimilitaristes qui, en affaiblissant noire armée et notre marine, compromettraient la grandeur et la puissance de lu patrie*

Électeurs I

Ce programme, j’en suis persuadé, est le vôtre. Sur mon nom, vous affirmerez, une fois de plus, votre amour pour la France et votre fidélit; à la République.

Paul LEBAUDY,

Conseiller général, Député sortant, Candidat républicain.

lri! Circonscription de PONTOISE.

M. le vicomte J. CORNUDET.

Élu au 1er tour de scrutin. — 8.367 voix.

Mes chers Concitoyens,

Il y a quatre ans, en terminant le programme que vous avez adopté à une immense majorité, je vous disais que le radicalisme, depuis trop longtemps allié complaisant du collectivisme, était désormais débordé.

Vous avez affirmé, avec moi, « que la République, à laquelle nous sommes sincèrement attachés, devait demeurer fidèle à sa mission, en garantissant la liberté de tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions philosophiques ou religieuses, la propriété individuelle et l’intégrité de la patrie menacées par le flot montant du collectivisme. »

Quel est le citoyen de bonne foi qui oserait prétendre que vous n’avez pas été alors des républicains clairvoyants ?

Que de malheurs eussent été évités si, dans l’ensemble de la France, les électeurs avaient été aussi avisés et aussi perspicaces que vous I

Et pourtant l’on vous propose de vous déjuger I

Et au profit de quoi ?

Au profit du combisme, à l’heure où ce parti est discrédité, usé par ses propres excès, impuissant à contenir la révolution et l'internationalisme qu’il a déchaînés; à l’heure où la conscience publique, enfin révoltée, flétrit les délégués administratifs, les fiches, la délation ; à l’heure où elle proteste contre les places données à la faveur au détriment du mérite, contre les récompenses accordées en prime à la servilité politique, la justice trop souvent mise au service du pouvoir, les intérêts supérieurs de la nation négligés ou sacrifiés à des considérations électorales et à des rancunes de partis.

Et non seulement au profit du combisme, mais de son allié le socialisme collectiviste, qui veut supprimer la rente, la propriété individuelle, les frontières, les armées permanentes au lendemain du jour où la sécurité de la patrie a été menacée d’une agression de l’étranger, au moment même où, sur tant de points du territoire, de redoutables conflits éclatent, et des désordres sanglants menacent de dégénérer en guerre civile, sous les yeux d’un gouvernement débordé, qui n’a rien pu empêcher, n’ayant rien su prévoir.

C’est bien mal vous connaître, mes chers concitoyens.

Plus que jamais, en présence d’événements douloureux, qui ne vous ont, hélas! donnt que trop raison, vous affirmerez avec moi que vous vou-ez :

La paix intérieure et extérieure indispensables au développement des progrès démocratiques et sociaux sur lesquels s’est fait l’accord de tous les partis ;

L'armée mise en dehors de la politique et protégée enfin contre les propagandes néfastes qui îa minent;

Le rétablissement de Tordre et de l’économie dans les fioances, de l'équilibre dans nos budgets ;

La liberté de conscience vraiment assurée à tous les Français;

La réforme de la magistrature fixant les règles de l'avancement dans la carrière judiciaire et garantissant à tous une justice impartiale ;

Un terme dans ^augmentation des impôts et leur réparti Lion plus équitable, le respect des élus du suffrage universel, par la suppression des délégués et la sauvegarde des droits des minorités ;

Des garanties contre l’arbitraire et le favoritisme sous toutes les formes.

Vous voulez enfin que la France vive, travaille et prospère, poursuivant en paix son oeuvre de progrès indéfini dans Punién des citoyens, à l’abri des violents, des haineux, des sectaires qui compromettraient l’avenir de la République,

De plus longues explications seraient superflues.

Vous me connaissez de longue date.

Depuis dix-aept ans que je suis conseiller général et depuis huit ans que je suis député, je n’ai jamais manqué à aucun des engagements que j’ai pris vis-à-vis de vous, et je suis resté, au milieu de toutes les difficultés, invariablement fidèle au même programme.

Mes chers Concitoyens,

La situation n’a jamais été plus critique, ni votre devoir civique plus évident*

Dites-vous bien, en allant aux urnes, le 6 mai, que des élections de ÎM6 peut dépendre le salut du pays.

Vive la France 1

Vive la République!

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