‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 230 sur 280 · CORNUDET · texte numérisé non relu

CORNUDET

Conseiller généial de Seine-et-OIse,

Député sortant.

2m# Circonscription de PONTOISE

M, AlMÛiND,

Elu au 2lne tour de scrutin. 13,287 voix.

Mes obéra Concitoyens,

Vous me connaissez depuis longtemps et vous savez tous quel est mon passé politique et administratif.

Je n’ai pas changé, et, si vous me faites l'honneur de me confier à nouveau le mandat législatif, vous me trouverez demain ce que j’étais hier ; c’est-à-dire l'infatigable dêfen-

seur de vos intérêts et de vos légitime; revendications, en même temps que le serviteur dévoué de la démocratie et de la République.

Dans le programme qneje vous soumettais en 1893,60 1908 eten 1902, bien des points sont aujourd’hui acquis.

Loi sur la liberté des associations. Loi sur la séparation des Églises et de l’État. Réforme des justices de paix. Service militaire de deux ans. Dégrèvement des petites cotes foncières. Diminution de l'impôt sur ie sucre et sur les boissons hygiéniques. Réforme des Buccessions. Loi sur les accidents du ir mil pour le commerce et Tiadustrie. Lois protectrices de renfonce. Loi d’assistance pour les vieijlards et les incurables, etc., etc., tout cela est maintenant entré dans le domaine législatif.

L'œuvre de la nouvelle législature ne devra pas être moins féconde.

Elle aura tout d’abord à s’appliquer au vote du budget en temps normal.

Elle devra réaliser dans l’ordre politique :

Le scrutin de liste avec la représentation proportionnelle;

La liberté et la sincérité du vote ;

La limitation des dépendes électorales.

Elle devra mener à bien l’ordre fiscal :

La réformé de l’impôt fonder au dégrèvement duquel les communes pourront appliquer les sommes devenu >s libres par la disparition progressive du budget des cultes ;

La suppression de l’impôt des portes et fenêtres et de la cote mobilière et son remplacement par un impôt plus juste, plus équitable, mieux proportionné aux facultés des contribuables, et qui tiendra compte des charges de famill e ainsi que nous Lavons proposé déjà en 1902 dans un projet qu’avalent signe avec nous MM. Léon Bourgeois, Poincaré, Sarrieu et Gaillard.

Dans l’ordre social, le Parlement devra reprendre :

1* Les projets de îql du ministère Waldeck-Rousseau relatifs à l’extension de la loi de 1884 sur les syndicats professionnels, dont les cultivateurs de nos régions ont fa t un si merveilleux usag*, de façon à donner aux syndicats la personnalité civile ;

2° Les projets du même ministère sur l'arbitrage et la conciliation ; la République doit, en effet, garantir a tous la Lbrné du travail i n laissant aux intéressés eux-mêmes, et non pas au législateur, le soin de réglementer la durée et la rémunérai on de ce travail.

E! e devra voter l'extension de la loi sur les accidents du travail aux ouvriers de d’agriculture.

Elle devra enfin terminer la toi sur les retraites ouvrières et paysannes en y conservant la disposition essentielle qu’elle contient, et qui permet à ceux qui font ou feront partie de nos sociétés de secours mutuels de conserver Ses avantages dont ils jouissent actuellement et d’y ajouter celui de la retraite certaine suis nouveaux sacrifices.

Partisan convaincu des principes de 89 et de la propriété mdivuelle, nous devons chercher, non pas à supprimer cette propriété, mais, au contraire, à la multiplier et à la rendre accessible à tous en instituant le bien de famille insaisissable, en favorisant rédosion de sociétés d'habitation à bon marché et de sodé tés d’épargne. C’est ai mi que nous pensons favoriser Dévolution pacifique vers un avenir meilleur de justice et de solidarité*

Electeurs I

Le programma politique ne doit pas nous faire oublier le programme d’affaires.

Il nous faudra presser T exécution des travaux d’uti ïtô publique, chemins de fer et canaux, qui intéressent notre circonscription et que j’ai pu amorcer dans l’avant-dernière législature.

U nous faudra aussi faire aboutir vos légitimes revendications pour Ls transports en commun, surfont en ce qui concerne les ouvriers et les employés do la banlieue, les constructions scolaires, les distributions d’eau potable dans les communes qui en sont déponr-

vues, l’amélioration du service postal, etc,, etc., c’est-à-dîre pour fout ce qui touche à la vie même de la circonscription.

Mais pour travailler utilement à l'œuvre des réformes politiques, économiques 'et sociales, comme à la défense de vos intérêts, nous avons par dessus tout un besoin pressant de la paix.

Cette paix, nous devons rassurer d’abord en portant au plus haut degré de puissance les forces défe nsives de notre pays, et au dehors en continuant la politique loyale qui a permis à la République française de sortir à son honneur d’une si! nation dangereuse, et lui a valu en même temps de solides amitiés et la sympathie des grandes nations.

Ce programme de paix et d’actïon républicaine, c'est par Punion de tous les républicains que nous pourrons le réaliser et j’ai ie ferme espoir que cette union triomphera, le 6 mai prochain, dans la France entière et dans notre belle circonscription.

Vive la République 1

Emile ÀIMOND,

Maire de Saint-Leu -Taverny,

Membre du Comité consultatif de l’exploitation lechnïqne des chemins de fer,

Président d’honneur

de !a Caisse de crédit mutuelle agricole de FUe-de-France, Ancien député.

Circonscription de RAMBOUILLET, M. GÀST.

Élu au 2mc tour de scrutin. — 8.710 voix.

Mes chers Concitoyens,

Les élections législatives de 1906 empruntent aux circonstances actuelles une importance particulière.

La réaction, qu’on pouvait croire, après sa longue série de défaites, résignée à laisser la République suivre paisiblement sa destinée, s’apprête, au contraire, à donner l'assaut suprême k nos institutions.

L’équivoque, les fausses épithètes leur attribuant le monopole du libéralisme et du patriotisme ne suffisent plus à nos adversaires. Ils appellent à b rescousse les passions religieuses, et n’attendent plus la victoire que de la guerre civile.

Les républicains ne seront pas dupes. Ils sauront arracher les masques et triompher de cet assaut des réactions coalisées.

C’est en jetant la religion dans la lutte des partis que ceux qui en font un tremplin à leurs espérances réactionnaires, c’est-à-dire les cléricaux, ont compromis l’idée religieuse. Ils en porteront la responsabilité.

Les Républicains, par leur fermeté, leur sagesse, sauront imposer Lapais ornent qui doit résulte^ fatalement de la loi de la séparation des Églises et de l’État; ils sauront déjouer cette tactique perfide qui consiste à prétendre que l’idée religieuse ne saurait vivre à côté de l’idée républicaine.

Ils démontreront que cette loi, qui garantit ia liberté des croyances et Je libre exercice des cultes, qui donne gratuitement la jouissance des édifices religieux et du matériel qu'ils contiennent, qui accorde une retraite aux vieux prêtres qui n’en avaient pas, qui attribue des allocations aux autres desservants, n’est pas une loi sectaire, mais bien une loi de liberté et de justice,

L énergie des républicains sera à la hauteur de la situation, également menacée par ceux dont les théories révolutionnaires, anarchistes et anti-patriotes semblent avoir pour but plus de discréditer la République et de faciliter la réaction, que d’obtenir la solution des problèmes sociaux qu’ils ont la prétention de résoudre par la violence.

Ils lutteront à la fois contre Ja réaction, le cléricalisme et l'anarchie en s’unissant tons sur notre programme qui se résume ainsi ;

Mi réaction ! ni révolution !

Ils opposeront à tous les ennemis de la République une politique nette et précise, sage* ment mais résolument réformatrice, gardienne jalouse de l'indépendance et de l’honneur de la Patrie, et s’appuyant avec confiance sur l’armée naiionale obéissante* aussi respectueuse des croyances sincères des uns que de Indépendance philosophique des autres; économe, et soudeuse de répartir le plus équitablement l’impôt en proportionnant les charges de chacun à ses facultés; une politique, enfin, où la suprématie du pouvoir civil de l’Etat laïque, soit un principe intangible I

G est le programme que j’ai exposé dans toutes nos réunions, et c’est parce que ce programme est le mien que les comités républicains de toutes nuances, ainsi que de nombreuses personnalités politiques et agricoles, m’ont fait l’honneur de me désigner à vos suffrages.

Habitant le département de Seirie-et-Ûise depuis trente-cinq ans, cultivateur comme beaucoup d’entre vous, républicain de cœur et de raison, sachant les besoins du milieu agricole, si travailleur et si méritant, j'ai accepté cette grande lâche de vous mener au combat.

Selon moi, la prospérité de f arrondissement est intimement liée;

1° A 11 développement des moyens de communication ;

A la défense de la petite propriété, de la petite culture, peu à peu absorbées par les grandes agglomérations, dont fa chasse est le but unique et qui étendent leur solitude stérile sur une grande partie de la circonscription ;

3° A la réglementation amiable des conflits si fréquents entre propriétaires de chasse et riverains, par l’arbitrage accepté par les deux parités et jugeant en dernier ressort.

G est par l’association, par la fédération de tous les petits intérêts, que nous imposerons aux pouvoirs publics et aux Compagnies de chemins de fer les sacrifices nécessaires à l’épanouissement matériel de notre arrondissement*

A vous de vous prononcer 3 À vous de dire s il vous plaît de reprendre votre place au grand foyer républicain I

À vous de dire si, dans un département aussi agricole que celui de Seine-et-Oîse, il ne serait pas utile qu’un cultivateur pût apporter à la tribune de la Chambre Pécha de vos justes revendications et défendre les intérêts de notre arrondissement, abandonnés jusqu’ici entre les mains, aussi débiles que réactionnaires, du député qui vient de terminer son mandat*

Vous mépriserez la calomnie et la diffamation I Vous ne serez plus dupes de P équivoque 1 1

Vous voterez pour l’ordre, l'obéissance aux lois et la prospérité nationale sous Y égide de la République, contre le désordre, les violences et les aventures dont vous menace la réaction.

Vous voterez pour la République et pour la France I Vive la R 'publique 1

Edmond GÀST,

Agriculteur, membre du Conseil supérieur t de l'Agriculture,

Républicain de gauche,

Candidat d’Union républicaine*

lr* Circonscription de VERSAILLES,

M. BERÏEÀUX.

Élu au 1er tour de scrutin. — 17,000 voix.

Mes chers Concitoyens et Amis,

Pour la quatrième fois depuis treize années que j’ai l’honneur de vous représenter à la Chambre, je viens vous demander le renouvellement du mandat que je tiens de votre persévérante confiance. Si je suis justement fier d’avoir pu garder toujours votre indéfectible fidélité, le mérite en revient à vous, qui m!a\ez continuellement soutenu par votre sympathie, votre amitié, et m’avez ainsi rendu facile la tache de mandataire fidèle que je me suis efforcé d’accomplir.

Fidèle à la République, fidèle à vous, fidèle à l’amour que nous avons tous pour notre belle circonscription : voilà quelle fut ma ligne de conduite. J’ai conscience que ma bonne volonté n’a pas été inférieure à la tâche et je viens d’avoir la joie de constater que je gardais toute votre affection, toute votre confiance.

Comme d’habitude, je rends compte de mon mandat dans toutes les communes de la circonscription. Devant mes électeurs, portes ouvertes, en réunions publiques, je me suis expliqué en toute loyauté. J’ai dit tout ce que j’avais fait pendant cette dernière législature, les résultats que j’ai pu obtenir en marchant toujours uni avec le gros du parti républicain; j’ai répondu aveejoie à toutes les questions qui m’ont été posées. Partout j ai recueilli l’adhésion de tous les citoyens présents.

Tous ont reconnu avec moi que rarement Chambre fut aussi laborieuse et aussi féconde en heureux résultats que celle qui vient de prendre fin. Il faudrait remonter à plus de cent années en arrière pour lui trouver une rivale, penser à ces assemblées de la première République dont les gestes firent tressaillir le monde et réveillèrent la liberté, en même temps que leur sagesse nous assurait tous les bienfaits matériels et moraux de notre grande Révolution française. On peut dire avec orgueil que la dernière législatuie a utilement travaillé pour le plus grand bien de la France et de la démocratie.

Je cite ici, rapidement, quelques-unes des lois votées et promulguées, qui figuraient dans mon dernier programme :

Mise en application de cette loi sur ies associations, qui est bien la plus grande loi de liberté qui ait jamais été faite, accordant enfin à tous les citoyens françai aux amis omme

aux adversaires du Gouvernement, le droit des'unir et de s’associer sans formalités et sans entraves, tout'en soumettant à des règles nécessaires l’existence des congrégations, dont le développement devenait une menace pour l’Etat;

Extension de îa compétence des juges de paix, nous acheminant vers une justice à la fois plus rapide, plus proche et moins coûteuse;

Suppression des bureaux de placement payants;

Dégrèvement des droits sur les sucres ;

Amélioration et extension de la loi sur les accidents du travail ;

Restitution aux communes du monopole des inhumations,™ en ce qui concerne la partie extérieure du service des pompes funèbres ;

Lois sur l’enseignement, — continuant l’œuvre de neutralité et de laïcité scolaires déjà commencée par la grande loi de 1886, à laquelle le nom de Jules Ferry restera éternellement attaché ;

Assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables,— loi de solidarité, de fraternité humaines donnant, à dater du l*r janvier 1007, non comme une charité, mais comme un droit, aux vieillards, aux infirmes, aux incurables dans le besoin, une rente assurant leur existence matérielle ;

Réduction du service militaire à deux années, — loi au vote de laquelle je suis fier d’avoir contribué, et comme rapporteur à la Chambre et comme Ministre. Elle répartit, en rabaissant d'une façon égale pour tous, la charge de Fimpôl du sang, quijusqu’alors pesait surtout sur les enfants du peuple; elle donne à notre armée plus d’homogénéité et, par suite, plus de force ;

Loi de séparation des Églises et de l’État, — assurant à la fois la liberté de conscience et l’indépendance de l’État, respectueuse de toutes les croyances, généreuse et désintéressée par les avantages si considérables qu’elle accorde aux Églises, loi de paix et de liberté, si tous la veulent appliquer, comme nous, avec bonne foi;

Réduction à deux sous du timbre-poste des lettres;

Enfin, vote par la Chambre de cette loi tant désirée des retraites ouvrières et paysannes, donnant aux travailleurs des champs et de l'atelier, après une dure vie de labeur, la dignité et la sécurité de la vieillesse.

Par ce résumé succinct et rapide des travaux de la précédente législature, vous voyez, mes chers Concitoyens, combien j’ai le droit de dire que notre parti fut laborieux, et combien fut féconde l’union de tous les vrais républicains. Une seule des principales parmi ces lois, telle la loi de réduction du service militaire, la loi de séparation, îa loi sur les retraites ouvrières et paysannes, subirait à ennoblir l’Assemblée qui pourrait en revendiquer la paternité. Mais l’œuvre n’est qu’ébauchée, fe^ progrès ne font que commencer, les horizons ne font que s’ouvrir devant vous, radieux et consolants. Si vous m’honorez encore de votre confiance, comme j’en ai la certitude, demain la tâche sera continuée avec la même ardeur etü reste vaste, le programme qui sera celui de tous les républicains.

Nous aurons à maintenir contre la réaction toujours agissante et agressive toutes nos conquêtes laïques et démocratiques, qui sont et doivent rester intangibles.

Abrités derrière elles, nous pourrons travailler à l’élaboration de toutes les lois sociales, qui sollicitent avec impatience notre attention et sont dues à la démocratie du travail. Par un sentiment de juste reconnaissance, la République doit enfin réaliser les espérances que son nom seul a mises au cœur des hommes ; elle doit protéger les faibles, tendre la main aux déshérités, relever dans les villes et les campagnes îa condition des travailleurs, leur assurer plus de bien-être et plus de loisirs ; en un mot, elle doit faire pénétrer dans nos lois ces principes de justice sociale qui sont sa raison d’être et sa fm suprême.

Pour réaliser ce programme, des ressources seront nécessaires. Nous les trouverons par une refonte générale de notre système d’impôts, si compliqué, si vezatolre, si souvent injuste* Il faudra appliquer le principe que la Révolution proclamait déjà, il y a plus de cent ans : « Que chacun paye, non suivant ses besoins, mais suivant ses ressourc s. u Rien de

plus juste. U faudra dégrever ce qui est complètement indispensable, demander peu à Faisance, beaucoup au superflu.

Ainsi nous trouverons les ressources nécessaires à l’application de cette grande loi des retraites ouvrières et paysannes, dont le vote définitif sera l’œuvre capitale de la prochaine législature.

Nous aurons à assurer aux petits propriétaires^ auxpetits cultivateurs, dont Fexistéfice est si pénible, une plus parfaite organisation du crédit agricole, des conditions plus avantageuses de circulation et de vente do leurs produits ; l’exonération de l'exercice, la libre faculté de transformer leurs récoltes ; moins de vexations en ce qui concerne la police du roulage et ies procès auxquels elle donne naissance.

Nous devrons voilier à la prospérité des syndicats agricoles, qui ont rendu déjà tant de services aux cultivateurs.

Notre attitude sera la même à l’égard des syndicats ouvriers, dont la libre extension nous apparaît comme le moyen qui doit améliorer, par l’ordre et la légalité, la situation des

Les employés et les ouvriers des chemins de fer savent que je n’ai jamais cessé de me vouer tout entier à leur cause. Constamment d’accord avec les représentants de leurs organisations et syndicats, j’ai poursuivi à la Chambre et auprès des Pouvoirs publics la réalisation de la lui Berteaux ; j’ai obtenu la loterie de quatre millions destinée aux orphelins des travailleurs de la voie ferrée.

11 faudra protéger contre les trusts de tous genres les travailleurs et les chefs de la petite et moyenne industrie, et, contre la concurrence écrasante des grands magasins, le commerce de nos villes et de nos communes*

Il devient de plus en plus urgent de prévenir les conflits douloureux qui résultent des grèves, en établissant des procédures d’arbitrage.

En ce qui concerne vos désirs locaux :

Je n’ai cessé à aucune époque, ni comrné député, ni comme ministre, de réclamer énergiquement Inexécution par la ville de Paris de la loi dont elle a elle-même sollicité le vote, qui l’oblige à assainir définitivement la Seine, Des mesures radicales ont été promises par le Gouvernement ; je veillerai à leur stricte exécution dans l’intérêt de la santé publique, du commerce local et de la prospérité des communes riveraines ;

Je suivrai avec attention la construction des tramways, déjà votée par le Conseil général de Seine-et-Ûïse, dont la réalisation sera si favorable à notre région, surtout si l’on nous accorde la pénétration dans Paris, jusqu’aux abords immédiats des halles ;

Je m’efforcerai d’obtenir, par le rachat par l’État ou par tout autre moyen, que les améliorations si légitimes réclamées sans succès au réseau de l’Ouest soient enfin accordées au public ;

En ce qui concerne les dégâts causés par le gibier, nous aurons à rechercher les méthodes propres à rendre les procédures moins coûteuses, moins longues, de manière à ce que les débats ne s’éternisent pas, rebondissant en cascade, de juridiction en jurididiction, décourageant ïes cultivateurs.

Mais la confiance que nous avons les uns dans les antres est trop parfaite pour qu’il me soit nécessaire de vous donner un long et détaillé programme. Je puis vous dire à vous, mes chers concitoyens et amis ; mon passé vous est un garant de l’avenir* Mon passé, dans la dernière législature a été d’être i

Vice-président de la Commission des finances \ — Rapporteur général du budget de 1903 ; — Vice-président de la Commission de l’armée ; — Rapporteur do la lui de deux ans ; — Rapporteur du budget de la guerre; — Ministre de la Guerre,

Le Ministre, qui ne se sépare pas du député, doit des explications h ses fidèles électeurs. Comme rapporteur et comme ministre, j’ai donné tout mon temps et toute ma peine au vole de cette 1 i égalitaire qu’est la loi de deux ans, dont les effets heureux vont profiter même aux jeunes gens incorporés au mois d’octobre dernier.

Chargé delà défense nationale en des heures difficiles, chef de notre glorieuse armée

à une époque où le corps d'officiers était profondément ému et troublé, je me suis efforcé, par la justice, la bienveillance, la droiture et la fermeté, de redonner à la grande famille militaire le calme absolu qui est nécessaire à sa force.

Responsable de la sécurité de nos frontières, j’ai connu plus que tout autre les minutes où Ton se demande avec angoisse ce que sera le lendemain ; j’ai dû renforcer Tannée qui nous protège, parer à toutes les éventualités, augmenter n >s moyens de défense, en un mot : être prêt.

Nous avons été prêts. Mais au prix de quels efforts, de quelles responsabilités personnelles I Mon cœur de bon Français en tressaille encore.

J’ai conscience d’avoir, en quittant le Ministère, laissé Tannée dans un merveilleux état. Forte de toutes nos énergies et de toutes nos espérances, elle assure, par sa puissance, le respect de la patrie, condition essentielle de la paix bienfaisante et honorable que nous désirons tous.

Mais j’aurais été un Ministre de la Guerre imparfait si je n’avais donné aux soldats toutes les preuves possibles de ma soîlicitu le et de mon affection. Je me suis efforcé d’améliorer leur sort ; j’ai voulu que la caserne leur soit plus accueillante. Par mes circulaires et mes ordres, j’ai demandé aux officiers d’appliquer de plus en plus cette discipline consentie, créatrice d’affection, dont un général, membre du Conseil supérieur de la guerre, disait dernièrement qu’elle ferait, au jour du combat, la supériorité de l’armée française. Enfin, j’ai voulu assumer à nos fils plus d’hygiène et plus de soins, de manière h ce qu'ils sortent du régiment meilleurs, plus forts et plus instruits.

Mes chers Concitoyens, mes chers Ami ,

La, comme ailleurs, j’ai conscience d’avoir rempli mon devoir, tout mon devoir.

Il en est qui le méconnaissent, qui le nient. II en est même d’autres qui en profitent pour m’outrager.

Quand on sait qui ils sont, on peu! dire : Qu’importe !

Qu’importe que la réaction aujourd'hui comme hier, déchaîne contre moi ses plus ardents adeptes, ses arguments les plus perfides et les plus injustes ?

Qu’importent, au républicain que je suis, les basses attaques des gens des anciens partis, si j'ai votre approbation, votre affection et votre eslimo?

Vous me les avez manifestées au cours de Vu les nos réunions publiques. Gomme en 1893, en 1898, en 1902, une fois de plus vous ferez bloc de vos suffrages et vous voterez pour la République contre la réaction,

Contre cette réaction toujours défaite et pourtant toujours rennaissante qui, après avoir été le boulangisme, le nationalisme, vient de se déguiser en action prétendue

libérale. /

Déjà vous avez fait tomber les masques, et vous avez jugé ceux qui se cichent derière. D’un même cœur, d’un même élan, tous les républicains, à quelque nuancé qu’ils appartiennent, groupés en un sulide faisceau qu’aucune tentative ne pour a désunir, marcheront ensemble, le 6 mai prochain, contre toutes les réactions coalisées.

En avant pour le progrès, pour la justice sociale, pour la démocratie toui pntière 1

Vive la France 1

Vive la République ! ■ ;

MauricéhÉKTÉÀÜX,

. ,>10 q onii ul/ œinum ji-hoi

^ i:\nyjiyAji u-\f ‘ ; : Cbeyajier de. Légi qi d’honneur, ..j, ïu.0

Conseiller général.

Ancien Ministre de la Guerrerï Député sortant.

j Fjouc ^iuqmi'b /iq o’b ombjéi ub wmioé si a/u q ub éihobun iizvAmsuïJ

m* JüSttlJ tr "è ITOÎuiJiloq a A lu >0(\ ri > u o • r u ‘ */:< « oa l ij ii b ~rn%?< ahr/^mn ^ o ,no/uoq uj> j;r •>;ju i'JÏij* A .aiuoî >v?ipb;jp

2 6 Circonscription de VERSAILLES.

M. GAUTHIER (de Clagny).

Elu au 1er tour de scrutin. — 8.39ft voix.

Chers concitoyens,

Depuis dix-sepî airs, j'ai Fhonneur de vous représenter au Parlement.

À chaque élection i ouvélle, vous m’avez donné uo nombre plus considérable de suffrages. En 1902, mes adversaires avaient îa préîention d’ôt e 1rs seuls défenseurs de Ridé© républicaine ; vous leur avez rép ndu en m'accordant 9.036 voix contre 3,318.

Ces témoignages réitérés de votre sympathie font justice des ridicules attaques dirigées contre moi. Vous avez ainsi affirmé, de façon éclatante, que je mesuis toujours montré digne de \otre confiance, qi cj’ai su, en toutes circonstances, bien défendre vos intérêts, loyalement remplir mon mandat.

Deux candidats officiels sont délégués aujourd hui pour me combattre. Ils auront le concours de ceux qui veulent ï amener au pouvoir Combes, /ndré, Pelletan, asservir de nouveau a République à ^insupportable tyrannie du bloc, soumettre tous les citoyens à la surveillance des délateurs du Grand-Orient.

En m’accordant vos suffrages, vous prouverez une fois de plus que les jacobins et les sectaires ne forment dans notre cire nscription qu’une minorité impuissante. Vous resterez fidèles à votre idéal républicain, aux principes de tolérance, de justice, de liberté cl de progrès social que j'ai toujours défendus avec vous.

Électeurs,

le vous ai prouvé, en toutes circon tances, que je ne reculais devant aucune des réformes êconomiq^ es et sociales réclamées par la démocratie, mais je ne suis pas de ceux qui cherchent k capter vos suffrages par un programmechargê de promesses, dont la réalisation demanderait un de mi-siècle.

Je veux cependant résumer les questions essentielles dont je poursuivrai la solution, au cours de la prochaine législature :

Lutte contre la propagande internationale dans Pèeole et dans Tannée.

Lutte contre lé collectivisme.

Défense de toutes les libertés.

Pas d’emprunts nouveaux pas d’impôts nouveaux ; des économies.

Retraites pour la vieillesse, repos hebdomadaire.

Protection des travailleur e français contre la concurrence étrangère.

Révision de la Constitution, réforme du parlementar sme peur donner au pouvoir exécutif de la République plus de stabilité, plus d'autorité, plus d’indépendance.

Citoyens,

L’immense majorité du pays a horreur du régime d’oppression, d’impuissance et d'anarchie que nous imposent les politiciens du bloc.

Dans quelques jours, le suffrage universel va chasser du pouvoir ces mauvais servi-

teurs de la démocratie. Vous tiendrez à vom associer à cet admirable mouvement de libération nationale.

le fais appel à tous ceux qui veulent mettre un terme à cette politique de division et de haine, qui froisse les consciences, menace les intérêts et met en péril la paix publique. Je fan appel à tous ceux qui ne veulent pas laisser périr la France, qui souhaitent un go ivemement de large réconciliation nation de groupant tous les citoyens sous les plis du drapeau tricolore, assurant au pays la paix politique, la paix relig euse et La paix axiale.

Quant à moi, Ger d'être pour la cinquième fo s Yo re élu, je consacrerai toute mon activité, tout mon zèle, toute mon intelligence, à bien servir la patrie, la république, la liberté 1

Votre dévoué,

Albert GAUTHIER,

Candidat républicain.

3e Circonscription de VERSAILLES AL RU DEUX

Eu au t*r tour de scrutin. — 8.027 voix

Mes chers Concitoyens,

Lorsqu'il y a quatre ans, vous mJavcJï3 par une grande 'majorité, nommé, au premier tour de scrutin, député de la tro’sième circonscription de Versailles, vous aviez sous les yeux ma profession de foi et vous étiez d'accord avec moi sur mon programme-

J’ai conscience d'avoir été constamment fidèle à mes engagements et d'avoir toujours été un républicain libéral dévoué à la démocratie et animé du patriotisme le plus utile aux intérêts de la France.

Tel j'étais, tel je suis encore. Je demande à tous mes concitoyens de me donner Leur confiance et de se réunir sur le terrain libéral et démocratique Jamais Fanion n'a été plus nécessaire pour réparer les fautes commîmes et arrêter les effets d’une politique qui a méconnu les principes sociaux avec lesquels on fa:t un-anation heureuse, forte, riche et prospère.

Je condamne énergiquement les utopies du collectivisme.

Je désire, au contraire, faciliter l'accès de la propriété au pi is grand nombre des citoyens et trouver, dans raccord du capital et du travail, le moyen de développer la richesse commune.

Les principes de liberté soit la raison d'être de la R épublique, le régime républicain ne doit donc violer ni ïa liberté de conscience, ni la liberté de l'e use :goe aient, ni la liberté du travail.

Il est inadmissible qu'un gouvernement puisse mettre l'obéissance aux partis extrêmes au-dessus des préoccupations de la défense nationale, déshonorer l'armée par la délation, détruire la discipline dans la marine, et reconnaître la suprématie de la franc-maçonnerie. Faction de son pouvoir occulte sur tout ce qui est digne de notre respect et de notre confiance*

Je veux qu’à Fécole on enseigne le dévouement à la patrie et que l’on flétrisse sévèrement la propagande contre les gloires de notre histoire et contre le devoir militaire.

le désire améliorer le sort des travailleurs par une plus juste répartition des impôts et des charges publiques, aider au développement de notre agriculture, de notre commerce et de notre industrie, en leur donnant plus de sécurité*

Protéger les ouvriers français contre la concurrence étrangère, résoudre le grave problème des retraites ouvrières et développer les sociétés de secours mutuels, ainsi que les institutions de prévoyance*

Prendre d’énergiques mesures pour favoriser l’épargne et combler le déficit apporté dans nos finances par une politique de gaspillage, sans faire d’emprunt, sans créer de nouveaux impôls, en opérant les plus sérieuses économies et on réduisant le nombre toujours croissant des fonctionnaires înuiiles.

Ramener l'apaisement et la concorde en mettant un terme à la persécution religieuse, qui a été la seule préoccupation du ministère Combes-André-Pelletèn et des ministères qui se sont succédé depuis prusieurs années,

A tous ceux qui pensent comme moi, je demande de se grouper, de s’unir pour résister à la politique néfaste, inspirée par la franc-maçonnerie et la juiverie cosmopolite*

Contre moi, un juif et un franc-maçon, la main dans la main, se promettant des désistements réciproques, ont engagé la lutte. Tous deux, malgré des apparences volontairement trotnpeus s, représentent cette politique du bloc, qui nous déshonore et nous conduit à la luine et à la désorganisation sociale*

Ils ne réussiront pas à capter votre confiance, car demain, grâce à vous, chers électeurs, nous serons une majorité imposante, qui proclamera la justice, Tégaliié, la paix des consciences, qui font un peuple grand, courageux et prospère*

Vous savez tous qui je suis; enfant de Versailles, ayant passé plus de cinquante ans parmi vous, conseiller général du canton sud de Versailles depuis 11592, membre du comice agricole, ancien président de la société d'agriculture de Seine-et-ûise, conseil ou membre de la plupart dvs sociétés du département, partout vous m'avez vu à l'œuvre,

Vous connais z mon indépendance et mon dévouement pour la défense de tous les intérêts qui me sont confiés. Von désir est d’arriver à l’apaisement dans notre pays qu'on déchire et qu'on divise par des luttes intestines; mon but est la réconciliation de tous les bons Français dans une République libérale, tolérante, forte et respectée, fraternelle et orientée vers le progrès social.

Je veux le règne de la justice, de la liberté et de l'honneur*

A vous de dire si ce programme est le vôtre.

En m'accordant de nouveau vos suffrages, vous me donnerez la force et l’autorité que doit avoir le député chargé de vous représenter.

Vive la République I Vive la France I Vive la liberté I

RUDELLE,

Candidat républicain libéral,

Démocrate et patriote*

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