M. VIGN
È3u au 1er tour de scrutin, — 17,282 voix.
Messieurs les Electeurs et chers Goncitoyei*^
Par 18.8/iÛ voix* vous m’avez élu I q 21 mai 1905, votré représentant à la Chambre des Députés. Je viens vous demander le renouvellement du mandat que vous m’avez conféré, il y a moins d’une année, par une é rasante majorité.
J'ji la conscience d’avoir loyalement rempli ce mandit.
Lorsque, en 19flo, a rès trente années de pratique agricole et industrielle, j’ai accepté demie présente» à vos suffrages, je vous ai tenu au langage dont la netteté et la clarté ne pouvaient laisser place à. aucune équivoque, à aucun malentendu entre nous. Je vous ai exposé iïîGix programme politique ; je vous ai dit: Je, suis républicain, ne confondant pas Feèprit de progrès avec Fesprit de révolution, convaincu que la République peut seule concilier Perdre et la liberté, qu'elle est le seul Gouvernement répondant aux besoins et aux aspirations du ne grande démocratie comme ia nôtre, avide de progrès. Je yous ai dit que « mon pro. iianune a; tou jour sè té celui d’une République généreuse, tolérante, repoussant tous 1 os faoütism -s, ennemi î de tous P s égüsmes, ouverte à tout-s les bonnes volontés byaies, ne recalant pas devant tes réformes, même hardies, ni devant les améliorations juste, apsuniu à tous les travailleurs protection, bien-être et sécurité », Défenseur résolu, ai-je ajouté, delà propriété indivi Inelie, je suis l'adversaire de toutes les utopies collectivistes;
Je veux l’armée nationale forte et respectée, sans cesse en état d’assuîer la sécurité et Pindépendàhcê de la patrie, et tenue toujours en dehors des agitations politiques.
J’ai vosé contre la loi d j sép ration des Églises et de FEfât ; j’avais pressenti les redoutables conséquences d’une telle loi ; mes craintes ont été malheureusement confirmées par les évènements l.s pi us déplorables ; dùi ia première tentative d’application de cette loi dangereuse, des collisio ns sanglantes se sont produites, dont le retentissement a déchaîné dans tout le pays une efferv scenee de ^guerre civile et religieuse. J’ai confiance qu’un avenir prochain verra disparaître les divisions et les haines qui ont assombri ces derniers mois.
J ; veux, vois ië s *vez, une èquilaTMe répartition- des charges so baies; un très large dëgrèvetnen. en faveur des ouvriers, Fabolithn définitive du privilège des bouilleurs de cru, ressuscité par une loi ré ente au grand détriment des intérêts de notre région et au préjudice de nos finances natitmâhs.
rit voté la loi sur Jus1 retraites ouvrières ; je veux, en effet, assurer à tous les travai Fleurs le pain noir leurs vieux jours. Tous iés ouvriers et employés, tous les humbles, tous les petits peuvent compter sur ma dévouée sollicitude. J’avais donné depuis longtemps, à SÉÎhte-Emilie, l’exemple des retraites ouvrières, des œuvres d’assistance, de prévoyance et de solidarité.
Je voterai, c >m me ji* Fai promis., la loi sur la constitution du « bien de famille insaisissable ïv, qui permettra aux ouvriers* honnêtes et laborieux de devenir propriétaires d’une maison et d’un patrimoine rural J à; Fabri de toute expropriation.
Une plus longue profession de foi n’ajouterait rien aux liens qui m’unissent à yous. Je
m’en réfère à ma circulaire de l’an dernier, à mes déclarations, qui sont dans votre souvenir, Vous me connaissez : je m’adresse à tous les honnêtes gens, qui désirent un gouvernement véritablement démocratique, aussi éloigné de îa réaction que de îa révolution, pratiquant avec fermeté et justice une politique d’apaisement, d’union, de liberté, décidé à faire respecter la dignité sacrée de la patrie contre ceux qui l’outragent odieusement,
Pai toujours dédaigné les injures des adversaires de parti- pris j les touchantes manifestations de sympathie qui ont sui vi mon élection de mai 1905 ont, d’ailleurs, constitué la plus éloquente protestation contre les inqualifiables attaques dont le tribunal de Péronne a fait justice*
Si vous me faites l’honneur de me réélire, je continuerai avec le même programme et les mêmes résolutions, à la Chambre des Députés, comme dans notre arrondissement, à travailler de toutes mes forces au rapprochement des bonnes volontés, à la pacification des esprits, à la concorde entre les citoyens, le veux îa paix et îe progrès, par le travail et par la liberté.
Je ne cess rai de défendre dans le Parlement les immortels principes de liberté de conscience, de tolérance pour toutes les croyances de justice 'sociale et de fraternité humaine*
Veuillez agréer, messieurs les électeurs et chers concitoyens, l’assurance de mes sentiments les plus dévoués,
Victor VION,
Maire de Villers- Faucon,
Gonseüfer général,
Secrétaire général de la Société des Agriculteurs de la Somme,
Président de là Chambre de commerce.
Chevalier de la Légion d’honneur, Député sortant.