‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 241 sur 280 · TARN · texte numérisé non relu

TARN

1™ Circonscription^ cTALBÏ.

M. ANDRIEÜ

Elu au l*r tour de scrutin. — 8*701 voix

Mes chers concitoyens,

Une fois de plus, le congrès d\Mbi, m’a désigné, à Funanimilé, à vos libres suffrages*

Depuis huit ans que j’ai l’honneur de vous représenter à la Chambre, je puis me rendre cette justice que je n’ai pas perdu de vue, un seul instant, les intérêts qui m’étaient confiés. Souvent le succès a couronné mes efforts ; la continuation des travaux de la ligne d’Albi à Saint-À (Trique, que j ai obtenue avec l’amicai^concours de MM. Savary et Jaurès, et îe rétablissement de la navigabilité du Tarn, l’attestent hautement.

Aucun de ces intérêts ne me laissera indifférent.

Électeurs,

La législature qui vient de finir a été particulièrement laborieuse et féconde* Des réformes importantes ont été réalisées* Les calomnies des détracteurs dé la République ne sauraient en atténuer le sens ni la portée*

Parmi celles dont le vote est acquis, citons la loi de deux ans, loi d’égalité et de justice, qui sera Tune des plus importantes de la troisième République s

La suppression de renseignement congréganiste, éta; e décisive vers l'abrogation de la loi Fa doux;

L’extension de la compétence des juges de paix, si avantageuse aux justiciables;

L’assistance aux vieillards et aux incurables apportera, dès 1007, à des malheureux sans ressources et infirmes, une aide réelle, et les retraites ouvrières et paysannes, votées par ïa Chambre, deviendront sous peu une réalité consolante pour le monde du travail ;

La séparation des Églises et de l’État, due autant à la raison -libre qu’aux provocations du Vatican, est surtout une loi libérale, respectueuse des droits de la conscience, laissant à chacun sa liberté de penser et de croire. Elle abandonne aux associations cultuelles les biens des Églises et c’est pour les leur conserver qu’ont em lieu les formalités de l’inventaire, si odieusement travesties. Non seulement cette loi respecte les règles générales des cultes, mais encore elle concède aux fidèles la jouissance indéfinie et gratuite des églises, des temples, etc. Elle assure aux prêtres des pensions de retraite ou des allocations temporaires et elle fait bénéficier les communes des économies progressives provenant de la suppression du budget des cultes*

Pour faire obstacle à cette loi de libération et de justice, les ennemis de la République

ont essayé .1 excitei par leurs mensonges, dans un but électoral trop visible , de malheureux égarés, et cherché criminellement h faire renaître les funestes passions religieuses d'autrefois. Ils ne tromperont personne : la loi de séparation apparaîtra bientôt à tous ce qu’elle est : une loi de liberté et de paix sociale.

Mes ch :jrs concitoyens ,

Débarrassée des questions d’ordre religieux, la prochaine législature dev3a poursuivre l’œuvre économique et so:ia'e si heureusement commencée.

Par une large décentralisation administrative, elle augmentera les pouvoirs et les droits des départements et des com mines et permettra, par la suppression des rouages inutiles et la diminution des gros traitements, de sérieuses économies.

Le scrutin de liste, avec représentation proportionnelle, entouré de toutes les garanties nécessaires à assurer la liberté et la sincérité du vote, devra être substitué au scrutin d'arrondissement, condamné à peu près par tous.

La démocratie, toujours attentive, devra donner aux ouvriers et employés de l’État, avec lo bien-être voulu, un régime de justice les faisant bénéficier, au besoin, du droit syndical, à l’exception toutefois du droit de grève.

Par le vote de l’impôt progressif sur le revenu, elle mettra plus d’équité dans les charges de chacun ;

Par l’assurance contre la vieillesse, le chômage et la maladie, elle fera disparaître les risqu -s sociaux qui menaçant les travailleurs des villes et des champs;

Par la limitation de la durée de la journée de travail, elle permettra à l’ouvrier de vivre un peu plus dans sa famille et d’y goûter un repos mérité;

Par l’amélioration de la loi de 1892 sur la conciliation et ^arbitrage, elle travaillera à faire disparaître les nombreux conflits du travail et du capi aï;

Par l’organisation des chambres d’agriculture, ie développement des coopératives et des caisses de crédit agricole, par la création du bien de famille insaisissable, elle augmentera la prospérité de nos campagnes et elle y attachera d’autant ie travailleur de la terre;

Enfin, par l’amélioration de notre outillage national, par Faugmenfatioo des moyens de communication et de transport, par la transformation, au profit de tous, de certains monopoles de fait, elle accroîtra notre richesse commune.

Mes ches concitoyens,

La paix seule, cette paix féconde dont nous jouissons depuis 35 ans et à laquelle je suis profond ment attaché, permettra à notre beau pays, entouré du respect et de l’estime des nations, de poursuivre ses destinées vers un avenir toujours meilleur;

Républicains,

Le G mai, vous direz si vous entendez livrer la République aux coups de ses éternels ennemis ou bien si vous entendez lui conserver votre appui et la rendre de plus en plus for e, de plus en plus inébranlable*

Aux réactions coalisées, masquées ou combattant au grand jour, oppo ons le ce bloc » de tous les bons républicains, de tous les travailleurs conscients et libres.

Et, de nouveau, exprimant sa volonté souveraine, l’Albigeois, incorruptible et fier acclamera la République de liberté, de progrès et de justice, — qui est la nôtre.

Vive la République démocratique et sociale !

Vive L Albigeois républicain !

Édouard AN DRIEU,

Avocat,

Maire d’Albi,

Député sortant.

Uniquement pour remplir un devoir de solidarité et d’amitié, nous vous recommandons la candidature du citoyen Andrieu, dont le succès n’est douteux pour personne.

Vous savez avec quel dévouement et quelle compétence il a toujours défendu vos intérêts généraux et particuliers, avec quelle fermeté il a soutenu la politique démocratique de ces dernières années.

C’est la nôtre et c’est la voire aussi puisque nous sommes vos élus.

Comme nous, vous serez avec le citoyen Andrieu, vous tous qui voulez combattre la réaction, de quelque masque qu’elle s’affuble, vous tous qui, sans défaillance, n’avez cessé et ne cesserez jamais de lutter pour la République.

(Suivent les signatures).

2e Circonscription d’ALBI.

Page 1