‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 27 sur 280 · THIERRY- DELANOUE · texte numérisé non relu

THIERRY- DELANOUE

Député républicain aortant; Secrétaire du Conseil général; Maire de Soulaines ; Président de la. Société d’encouragement à l’agriculture de l’arrondissement de Barsur- Aube.

Circonscription de BAR-SUR-SEINE M. Paul MEUNIER

Elu au 1er tour de scrutin. — 6.049 voix.

Chers Concitoyens,

Vous m’ayez choisi pour député le 11 mai 1902, par 6,706 suffrages.

Je ne vous ferai pas une nouvelle profession de foi ; ce que j’étais, il y a quatre ans, je le suis encore aujourd’hui. Comme vous, je n’ai pas changé, et je sens que les liens d’affection qui nous unissent n’ont jamais été plus solides.

Les actes que j’ai accompli?, au cours de la dernière législature, et les quelques services, que j’ai été si heureux de rendre, parlent d’ailleurs plus haut que tous les programmes.

J’ai voté, avec la majorité républicaine, toutes les lois de laïcité, de justice et de solidarité humaine, qui seront Phonneur de l’Assemblée qui vient de se séparer.

Je suis intervenu, un grand nombre de fois, à la tribune nationale, soit pour soutenir contre les adversaires les plus implacables de la République les réformes importantes que nous avons réalisées, soit pour défendre contre l’arbitraire et l'iniquité les droits si légitimes de nos cultivateurs, de nos vignerons et de tous ceux qui travaillent.

Je ne veux pas énumérer tous mes discours : sur l’application de la loi WaldeckïiouBseau, sur la neutralité scolaire, sur la gratuité de l’enseignement secondaire, sur la suppression des conseils de guerre, sur la réduction du budget des cultes; mon amendement sur ia suppression de Tambassade du Vatican ; mon interpellation sur les relations de la France avec le Saint-Siège ; mon amendement relatif au droit de propriété des communes sur les édifices cultuels ; mes diverses propositions en faveur des petits fonctionnaires et notamment de nos dévoués instituteurs.

Mais j’ai peut-être le droit de rappeler surtout mon discours du 30 juin 1905, qui a fait supprimer le pouvoir de perquisition dont la régie disposait depuis plus d’un siècle. J’ai

réussi, ce jour-là, à faire rétablir l’inviolabilité du domicile du citoyen, de même que tout récemment, par mon discours du 5 avril 1906, j’ai obtenu l'assurance que la liberté individuelle* si souvent menacée par les abus de la police judiciaire, serait désormais respectée.

Tai soutenu, avec la même ardeur, les intérêts des producteurs d'alcool ; j’ai pris sept fuis la parole en faveur de nos bouilleurs de cru, et j'ai été assez heureux de pouvoir, avec L*aide de quelques-uns de mes amis, faire voter une amnistie pour le passé et le rétablissement intégral de leur droit pour l’avenir. Enfin, j’ai fait, à la dernière séance, un suprême effort à la tribune pour préparer la libération du vin, et j’espère que la nouvelle législature pourra mener à bien celle réforme excellente.

Au Parlement, et dans les conférences internationales, à Londres, à Budapest, à Vienne, à Bruxelles, j’ai passionnément servi la cause de l'arbitrage entre les peuples et de la paix universelle. Je reste un adversaire irréductible de la guerre.

Au mois de janvier 1905, j'ai été élu secrétaire de la Chambre des Députés par 232 voix; }’ai été réélu cette année par 300 suffrages.

Si yous pensez que j’ai fidèlement rempli le double mandat, qui m'a été confié par vous et par la Chambre, et si j'ai conservé votre estime, avec celle de mes collègues du Parlement, vous le direz le 6 mai prochain, dans un immense mouvement d’affectueuse confiance.

Vq!is me donnerez alors une force nouvelle pour soutenir, dans la Chambre de demain, avec les intérêts de notre arrondissement, la politique féconde de réformes et d'action républicaine.

Vive la République démocratique î

Paul MEUNIER,

Député sortant,

Secrétaire de la Chambre des Députés.

Circonscription de NOGENT-SUR-SEINE M. BÀGH1MONT

Élu au T tour de scrutin. — 5489 voix*

Mes chers Concitoyens,

Trois fois, en 189é, en 1898 et en 1902, vous m'avez fait le très grand honneur de m'élire votre député*

Vous avez fait triompher sur mon nom le programme de la République démocratique, h politique de progrès vraiment républicaine et des réformes sociales.

En jetant les yeux sur tous les votes que j’ai émis et sur ma conduite politique, personne ne peut douter de ma fidélité à mes promesses, de mon attachement inébranlable aux idées que j’ai professées et défendues toute ma vie devant vous et de mon dévouement à la démocratie.

C'est au nom de ce passé de loyauté et de probité politiques, que je viens vous demander le renouvellement de mon mandat.

Un grand nombre de réformes énumérées dans mes précédents programmes, ont été réalisées :

La réduction du service militaire à deux ans, la suppression de toutes les dispenses et de tous les privilèges, l'égalité de l'impôt du sang sont enfin réalisées* Si les périodes de vingt-huit jours et de treize jours n’ont pas été abaissées à quinze et ii six jours, des circonstances, que tout le monde connaît, n'ont fait que retarder celte diminution de charge», qui est maintenant à îa veille d’aboutir*

La loi d'assistance obligatoire aux vieillards et aux invalides du travail privés de ressources a été votée et sera mise en vigueur au janvier 1907.

Les retraites ouvrières, après une longue discussion, ont été également votées par la Chambre et sont soumises en ce moment à l'examen du Sénat.

La séparation des Églises et de rÉtat a été faite de la façon la plus libérale, laissant aux ayants droit la jouissance des églises, et aux ministres des cultes des rentes viagères ou un traitement temporaire.

Le budget des cultes, au fur et à mesure des disponibilités, fera retour aux communes proportionnellement à leur valeur foncière.

Le crédit agricole a été puissamment développé, les mutuelles contre la mortalité du bétail, l'incendie, la grêle reçoivent les plus puissants encouragements, et renseignement agricole est augmenté*

La compétence des juges de paix > été étendue ; la justice est moins coûteuse et plus rapide et la juridiction plus bienveillante*

La réforme du régime des sucres a abaissé de moitié le prix de cette denrée de première nécessité, au grand avantage de la classe peu aisée.

Par la loi du 7 mars 1906, la taxe des lettres a été abaissée à dix centimes*

La taxe des bicyclettes est également diminuée de moitié*

le demeure partisan résolu :

V De la propriété individuelle, et j'ai voté, le 13 avril courant, la loi permettant de constituer le bien de famille jusqu'à une valeur de 8.000 francs, incessible et insaisissable, qui assurera la continuité de la propriété à îa famille ;

2° D’une plus juste répartition des charges qui pèsent sur le contribuable, convaincu que Ton ne pourra corriger l'injustice des contributions directes basées sur les signes extérieurs de la richesse que par un impôt progressif sur la richesse réelle, sur le revenu, et que par là seulement il sera possible ^d'exonérer l'impôt foncier frappant de 24,80 0/0 le revenu de la terre, tandis que toutes les rentes, actions et obligations ne supportent qu'un impôt de 4 0/0, et que par là seulement aussi, il sera possible d'arriver à supprimer graduellement et successivement les impôts de consommation qui écrasent les travailleurs*

Les plus hautes autorités en proclament d'ailleurs l'urgence,

Mp Deschanel dit :

<t Nous pourrons supprimer les contributions vieillies, à leur place nous accepterons l'impôt sur le revenu.

* Nous ne voulons pas que les ressources du travail payent autant que celles de !a richesse acquise*,. Nous voulons mettre plus de justice dans notre système fiscal *t la stricte proportionnalité n’est pas toujours îa justice. »

M, Gaillaux, ancien Ministre des Finances ;

« Il faut comprendre que les impôts fondés sur les signes extérieurs de la richesse ont fait leur temps, que leur injustice les fait condamner, qu'on doit leur substituer des impôts sur le revenu réel* »

Et enfin, M- Fallières s'exprime ainsi dans sa profession de foi aux électeurs du Lotet-Garonne *

^ Le principe de l'impôt sur le revenu ne saurait être contesté par personne; l'heure

des privilège» a disparu, et ce qu'il faut c’est qu'aucune branche du revenu n'échappe à l'obligation de concourir pour sa part au service de nos charges publiques.

« Ce qu'il faut encore, c'est que l’impôt* suivant la formule de la Révolution, soit proportion né aux facultés de celui qui paye, et si cette proportion ne peut être obtenue qu'au moyen de la progression, la raison et la justice ne nous font-elles pas un devoir d’incliner vers un système dont notre législation fiscale, en matière de patentes et de droits successoraux, par exemple, contient les plus significatives applications? w

Je demeure toujours partisan résolu :

De la suppression de la prestation ;

De l'arbitrage international pour maintenir la paix et éviter la guerre ;

De Y arbitrage obligatoire pour éviter les grèves et régler les conflits [qui se produisent entre le capital et le travail ;

De la perfection et de l'extension des lois de prévoyance et d’assurance contre le chômage;

Do la continuation de l'œuvre de justice et de solidarité sociales commencée ;

Du maintien d'une protection efficace et vigilante de l'agriculture.

Avec tout le parti républicain, je veux développer toujours l'instruction primaire, défendre la laïcité de l'État, et assurer la suprématie du pouvoir civil et conserver une armée forte, disciplinée et dévouée à la République;

Sauvegarder la démocratie et la liberté contre les mêmes hommes qui, sous des étiquettes différentes, essayèrent au 16 Mai, en 18139 avec Boulanger, en 1902 sous le nom de nationalistes* aujourd'hui sous le couvert de l1 c< Action libérale », d'étrangler la République.

Pour défendre nos conquêtes démocratiques et sociales, pour faire de nouvelles réformes utiles au peuple, nous devons, comme autrefois les 368, marcher la main dans la main contre nos adversaires incorrigibles.

Partisan convaincu de la paix au dehors, de l'ordre et de la tranquillité au-dedans, je fais un pressant appel à l'union des républicains, à leur clairvoyance pour continuer Le bon combat et assurer la victoire à la République des progrès et des réformes.

RÀCHIMONT,

Maire de Nogent-sur-Seine*

Député sortant.

lr“ Circonscription de TRGYES.

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