M. HUGON
Élu au 1er tour de scrutin. — 6.168 voix.
Mes chers concitoyens,
A deux reprises différentes voua m'avez appelé au grand honneur de vous représenter à la Chambre des Députés,
Fai conscience d’avoir toujours loyalement rempli mon mandat.
Fidèle au programme du vieux parti républicain et à nos institutions démocratiques violemment attaquées par le retour offensif de la réaction, je considérerai comme mon premier devoir de maintenir intactes les conquêtes légales de la République,
Si je suis votre élu de demain, je rn 'opposerai énergique mem à tout retour en arrière, notamment en ce qui concerne la nouvelle loi militaire qui réduit à deux ans la durée du service, en le rendant égal pour tous. Il faut la compléter par la suppression des périodes de treize jours.
Je travaillerai de mon mieux à faire aboutir les autres réformes depuis longtemps attendues, eu matière de solidarité, de prévoyance et de mutualité, qui constituent la meilleure défense de la société contre les dangereuses rêveries du collectivisme.
Plus que jamais je reste acquis à la doctrine protectionniste, qui a rendu h notre agriculture les plus grands services. Il faut maintenir sans faiblesse les droit s de douane qui frappent à leur entrée en France les céréales et les bestiaux étrangers, pour maintenir la prospérité dans nos campagnes et éviter la mévente de nos produits, source de toutes nos misères.
Au point de vue fiscal, je persiste à croire qu’il est possible, sans arbitraire et sans procédés vexatoires, de remplacer l'impôt personnel mobilier et l’impôt des portes et fenêtres par un impôt sur le revenu global de tous les citoyens.
Il est indispensable de corriger les injustices et les inégalités actuelles, qui font que la propriété immobilière, la terre, est surchargée tandis que les valeurs mobilières ne payent au fisc que 7 0/0 au maximum.
Pourquoi ne pas anéantir les privilèges relatifs à l’impôt d’argent, comme nous l’avons fait pour les charges militaires?
Si on ne peut pas faire disparaître l’impôt fonder, pourquoi ne pas en modifier l’assiette, en l’établissant plus équitablement suivant la valeur actuelle des terres et en révisant les évaluations cadastrales, qui remontent trop loin pour être justes?
Nous devons poursuivre les réformes susceptibles de diminuer autant que possible les frais de justice. Nous avons ouvert la voie en votant la loi sur l’extension de la compétence des juges de paix, II ne faut pas s’arrêter en si bon chemin.
Sur le terrain religieux, j’affirme que je suis un fervent adepte de la liberté de conscience, En votant la séparation des Églises et de l’État, nous avons établi une démarcation absolue entre le domaine des croyances religieuses et celui des intérêts matériels, A l’avenir, les représentants des cultes régneront en maîtres sur la premier et TÉtat aura exclusivement la charge du second.
Désormais nul ne pourra être empêché d’exercer, en se conformant aux lois, le culte quMi a ehoisu
Nul no pourra être forcé de contribuer à aucun culte.
La République n’en salarie aucun. %
En d’autres termes, toutes les religions sont libres et toutes sont égales devant la loi.
Les catholiques n’ont plus à payer pour l’entretien des pasteurs protestants et des rabbins juifs,
la loi de sèparaiiûn/au sujet de laquelle la réaction ourdit tant de mensonges, apparaît, quand on l’examine sans parii pris, comme une œuvre de modération, de loyauté et de générosité.
Si elle avait dû porter atteinte à la liberté des consciences et au libre exercice de la religion, je ne l’aurais jamais votée.
Comme par le passé, les édifices servant à l’exercice du culte restent la propriété des communes et sont exclusivement affectés à leur destination.
Toutes les économies résultant de la suppression du budget des cultes seront appliquées à dégrever l’impôt qui frappe la propriété foncière non bâtie.
L’avenir ne tardera pas à prouver que ia séparation sera plus utile que nuisible à la religion, pourvu que le clergé sache rester dans son rôle et dans ses attributions.
Au lieu de semer la haine et la discorde, au lieu de dénoncer sans merci tous ceux qui ne pensent pas comme moi, n’ai-je pas sans cesse, en dehors des périodes de luttes, tendu la main à tout le monde ?
Sur le large terrain de la liberté de pensée, ne sommes-nous pas aussi qualifiés que quiconque pour faire de la pacification? Nous ne demandons qu’une chose: que nos adversaires manifestent moins de violence.
Faut-il parler do mon dévouement aux intérêts de notre arrondissement?
Grâce à mes efforts, nous avons enfin la ligne de Saint-FIour-Briourîe, amorce de celle de Saint-Flour-Êspalion ; îa convention relative à la ligne d’Espalion-Auriïlac doit comprendre en même temps la ligne d’Espalion à Saint-Flour, Je ne permettrai pas qu'on disjoigne ces deux voies ferrées qui se complètent l’une l’autre.
Existe-t-il beaucoup de communes dans la circonscription, où il ne m’ait pas été donné de faire obtenir des subventions considérables pour la construction des locaux scolaires ou des édifices du cuite?
N’ai-je pas largement contribué à l’établissement d’une école d’agriculture dans le Cantal, où les fils de nos paysans pourront s’instruire et profiler des bourses qui y seront établies ?
Si Saint-Flour ne possède pas un professeur spécial d’agriculture, à qui la faute? Il aurait suffi de voter une somme de 600 francs. On- a préféré établir la taxe sur les bestiaux.
Ouvriers et cultivateurs, je vous ai toujours défendus. Vos intérêts sont les miens.
Fier de mes origines paysannes et de mon passé républicain, je resterai sur la brèche où m’a placé votre confiance, tant que vous m’en jugerez digne.
Arrière les corrupteurs et les traîtres I
À vous seuls je reconnais le droit de me faire rentrer dans les rangs.
Mon passé vous répond de l’avenir.
Comptez sur tout mon dévouement et sur toute mon énergie.
Vive ia République des réformes I Vive la liberté I Vive Saint-Flour î
DfP. HUGON,
Député de Saint-Flour.