M. MA IR AT
Élu au 2e tour de scrutin, — 8.859 voix.
Mes chers concitoyens j
Le congrès républicain de îa iTC circonscription d’Àngoulême m’a fait l'honneur, au mots de novembre dernier, de me désigner, à l'unanimité, et pour la seconde fois, comme candidat à l’élection législative. C’est à ce titre et en cette qualité que je me pré-* sente à vos libres suffrages.
Un semblable patronage me dispense de vous aflirmer la sincérité et la franchise de mon républicanisme. D’ailleurs, mon passé politique et tons les actes de ma vie publique sont là pour en témoigner. Républicain, je Pai été de tout temps et ne cesserai jamais de l’être, de même que certains ne cesseront jamais d’être réactionnaires, quelle que soit l’étiquette qu’ils jugent opportun de prendre, suivant les circonstances.
La République est bien le Gouvernement du peuple et c’est à elle que la France doit d’avoir repris, après les désastres de 1870, ie rang qu’elle occupe à la tête des nations civilisées et de l’humanité.
Vous n’ écouterez pas les insinuations intéressées de ceux qui essayent de vous persuader que la France a été ruinée par la République.
Peut-être serait-ce leur plus cher désir. Heureusement, la réalité des faits leur donne un démenti. Une simple constatation ; le 26 avril dernier, îa Russie, pays de monarchie, demandait, par la voie de l’emprunt, un milliard à ia France* pays de République, La France lui en a offert trente. Pour une nation ruinée* voilà qui n*est pas mal.
Maïs îe peuple de France doit surtout être reconnaissant à la République d'avoir contribué à répandre plus de bien-être, plus d’instruction, plus de lumière, plus de liberté.
Que par la pensée il se reporte en arrière et qu’il dise si le temps présent ne vaut pas mieux que le temps passé.
Et c’est pourquoi le peuple de France vient et s’attache de plus en plus à la République, malgré les efforts intéressés d’adversaires qui, en calomniant 3a République, s’attaquent à la France même, à la Patrie,
Insoucieuse de leurs attaques, trop forte pour les redouter, la République poursuivra son œuvre de justice et de progrès. C’est à cette œuvre que je vous demande de m’associer.
Vous me connaissez assez pour que seules quelques explications brèves soient nécessaires entre nous,
Je considère que la liberté individuelle et le droit de propriété sont les assises mêmes de la République et de la société, et qu’il doit être interdit d'y porter atteinte.
Ceci ne veut pas dire qu& la République n’est, pas un gouvernement perfectible.
Il y a quatre ans, je réclamais le scrutin de liste. Je le réclamerai encore, et j’y joindrai le renouvellement par moitié ou par tiers, de la Chambre, ainsi que cela se pratique pour le Sénat.
Je demanderai le dégrèvement du principal des quatre contributions directes et particulièrement de l’impôt foncier. Il est même une de ces contributions dont la législature prochaine doit voir la suppression : c’est l’impôt des portes et fenêtres, impôt mis sur l’air et la lumière.
Il sera nécessaire de mettre au point la loi sur l’assistance aux vieillards et la loi sur les retraites ouvrières qui, bien que votées, ne sont en réalité qu ébauchées, mais dont le principe ne saurait être contesté. Et, à celte occasion, je rappellerai qu’il convient d’appliquer le même traitement à tous les travailleurs,, aussi bien à ceux des champs qu’à ceux des villes*
Plus spécialement pour ces derniers, j’estime qu’une disposition legale devrait interr venir ^our imposer le re.gofl hebdomadaire, dans 1 intérêt des patrons comme dans celui des
employés, '
Si. je reporte mon attention du côté de ht campagne, je suis bien obligé de reconnaître cpiç ses intérêts ont été négligés, sacrifiés, par ceux mêmes qui en avaient la charge. Il est naturel que je défende les intérêts agricoles, puisque j’ên ai mob même de considérables* Quant aux populations des campagnes , elles connaissent depuis trop long temps mes sympathies pour elles pour que j’aie besoin de les proclamer*
Je n’ai jamais cessé de plaider la cause des petits, des humbles,, des malheureux* et je continuerai comme par le passé.
Il semble que le permis de chasse soit à la veille dfêlre réformé dans, un sens plus démocratique. Celte réforme, qui tendrait à établir le permis de chasse* soit hebdomadaire, soit journalier, jp l'avais demandée il y a quatre ans. Mes idées n’ont; pas changé*
Enfin, le réseau de tram way& que réclame depuis, si longtemps le département de; U Charente sera au pr emier rang de mes préoccu payions. Vous savez tous que) lé part j ai prise à la mise au point de cette entreprise qui intéresse à un si haut point; 1$ développement industriel* commercial et agricole de. tout 1& département» J en tends- persévérer dans la tâche que j’ai résolu dé mener à bien, et j’aè à peine besoin de vous faire remarquer qu’un dépmé répubiicain aura plus de chances qu’un député de Popposilign réacünnnaife
d’être écouté favorablement par un ministre d<y^Eépublique*
En résumé, me place’ sur un terrain neWKmftb républicain* et \m fais appel à toutes les intelligences, à toutes^ les bonnes volontés; qui voudront bien: y venir, avec franchise et sans amére-pensêe, Mais je repousse les perfides, dont le masque républicain dissimule; les projets de trahison.
Je vous convie tous, mes chers concitoyens, à contribuer à l'œuvre d’ordre,, de paix, de justice, de progrès et de liberté qui est cmlié de là BépuWique, et je vous- invite^ voteü le § mai prochain’ pour celte République^ contre la réaction-.
Paul MAIRÀT,
GoufleiU.ee général,.
Présidant, de. la Commission départementale
2" Circonscription d’ANGOULÊME
M, MULAC
Élu au 2e tour de scrutin. — 9. 353 voix.
Messieurs les Électeurs,
j’ai loyalement exécuté le programme sur lequel vous m’avez élu en 1901 et en 1902* Aucun de mes votes ne s’en est écarté.
On me fait un grief d’avoir pen^é que les demandes d'autorisation produites par les Congrégations devaient être examinées l’une après l’autre. Mais d'avance, par vos suffrages, vous aviez ratifié cet acte d’équité. Le rejet en bloc n’a pu être, malgré ses auteurs, qu’une manifestation stérile, puisqu’il a fallu plus tard une loi noûveîïe pour supprimer, dans un délai de dix ans, renseignement congréganiste. Celte loi, je l’ai votée, fidèle aux doctrines de toute ma vie. Que veut-on de plus ?
Mon programme général tient en peu de mots :
Cuite de la Patrie ;
Développement de l’esprit laïque ;
Devoirs envers la démocratie ;
Progrès dans l’ordre et par la paix,
j’ajoute que, par caractère et par raison, j’entends rester tolérant, respecter toutes les convictions, garder le sens de l’opportunité et dédaigner la surenchère.
Ces idées politiques, nous les pratiqua is ensemble depuis bientôt trente ans dans la deuxième circonscription d’Àngoulème.
Elles m’ont valu votre confiance et nos succès.
En 1898, j’obtenais 5.880 suffrages ; en 1901, 8.395, et, en 1902 , je groupais sur mon nom 9.398 voix loyales contre lesquelles viendront se briser les assauts furieux d’une faction à jamais discréditée.
La séparation des Églises et de l’ÉtïffiteHr le pivot de la campagne de nos adversaires*
M. Déroulède trahit son sentiment quand il nous dit : « L’alliance du sabre et du goupillon, elle-même, dont on agite le spectre, ne m3a jamais effrayé. » (Réunion du 8 avril 1906, salle Dupuy,) Les déclarations nationalistes sont en général assez vagues; mais celle-ci est claire et catégorique. Les électeurs ne clouteront plus du sort qui les attendrait si, par impossible, les nationalistes s’emparaient du pouvoir.
Je suis à l’aise pour m’expliquer sur la Séparation, mot qui, il y a deux ans, avais pu croire à son ajournement. Je redoute les cassures brusques de la tradition, à cause des froissements de conscience qui en résultent.
Mais est-ce que nous pouvions laisser un pape imposé par l’Autriche s’ériger, h propos ( du voyage du Président de la République à Rome, en censeur des actes du Gouvernement français et tenter d’élever sa juridiction sur l’État républicain? Ces prétentions ultramontaines, contre lesquelles l’ancien clergé gallican a toujours protesté, précipitèrent la rupture. De nécessaire elle devint inévitable.
La séparation des Églises et de l’État est le couronnement de Dévolution laïque.
L’évêque deTarentaise, M. Lacroix, vient d’avouer « qu’on ne se met pas impunément en travers de la volonté nationale n , . , « Nos aspirations et nos rêves en vue d’une Restauration où, nous semblait-il, le sort de l’Église eût été plus heureux parce qu’elle aurait été
plus protégée, enfin certaines alliances imprudentes avec des fauteurs de guerre civile, tout cela nous a été funeste ; tout cela nous a frappés ’d'iin popularité, tout cela a détaché de nous les masses populaires. . . »
Ge loyal aveu d’un prélat clairvoyant est à méditer, car il semble s'appliquer tout particuliérement à la situation électorale de notre seconde circonscription.
La législature qui prend fin a été encore plus laborieuse, que ses devancières.
La réduction du service militaire à deux ans est accomplie. Je l’ai votée avec la conviction qu’elle n’affaiblira pas Tannée, mais, au contraire, qu’elle la rendra plus compacte et plus homogène.
Je crois qu’on peut réduire un peu la durée des périodes d’instruction des réservistes et des territoriaux. Man, lorsqu’un ministre de la guerre viendra déclarer que les suppressions tentées par la surenchère ne sont pas compatibles avec les exigences de la défense nationale, je m’inclinerai, certain que le patriotisme des électeurs m’approuvera.
J’ai voté encore ia lui d’assistance aux vie illards qui sera applicable dès l’année prochaine. C’est une de ces réformes sociales qui font honneur à une démocratie puisqu’elle assure le pain quotidien aux malheureux dont les jours sont comptés.
J’ai voté l’extension de la compétence des juges de paix qui diminue les frais de justice et rapproche le tribunal des justiciables.
Enfin la Chambre a ébauché une loi sur les retraites ouvrières ; le Sénat en est saisi, 11 va en dégager les côtés pratiques. Si je suis j artisan de Tintervention de l’État quand elle peut être bienfaisante, j’estime qu’elle ne doit pas entraver l’initiative individuelle, encore moins la détruire.
Cette loi des retraites, qui a besoin d’être étudiée et approfondie, ne doit laisser à l’écart aucune catégorie de travailleurs, sinon elle jetterait la discorde entre les fils du même pays.
Le rôle de la prochaine législature sera important et particulièrement délicat. Les projets à l'étude, les lois déjà votées n clament des ressources. C’est le moment de redresser les inégalités fiscales et d’accomplir une réforme démocratique de Twnpôt Dans notre libre pays de France, tout impôt inquisitorial est impossible. Les systèmes proposés jusque-là frapperaient sûrement ce qui est au soleil, le bien foncier, mais ils atteindraient les produits de la plus petite industrie, de la plus modeste exploitation rurale. C’est inacceptable.
Je n’ai jamais négligé aucun des intérêts industriels, commerciaux et agricoles. Une question vitale pour la Charente est celle des eaux-de-vie. On sait avec quelle ardeur je poursuis ma campagne en vue de les garantir contre les fraudes et ia contrefaçon. Les bouil¬
leurs de cru sans distinction d’opiinou m’apportent chaque jour des témoignages de leur
satisfaction et de leur confiance.
Je pense que l’octroi a fait son temps. Arrêter le public aux portes des villes est une singulière survivance d’autre fuis. J’ai fan voter cette année, comme rapporteur de la Commission des octrois, une disposition relative aux employés licenciés. C’est le préambule de la suppression de ctdte institution surannée.
Le permis de chasse journalier est réclamé par les habitants des campagnes; j’ai, au
nom de la Commission de ^agriculture, déposé un rapport nettement favorable qui a été placé sous vos yeux.
Messieurs les Électeurs,
V attends avec confiance votre jugement, Uno longue expérience des choses économiques, un passé d’action énergique et réfléchie, doivent être la meilleure des recommandations électorales. Mais aujourd’hui, en face du clief incontesté des nationalistes, ma candidature prend une importance exceptionnelle ; elle représente la politique d'ordre, de sagesse et do libre progrès dans la légalité. Celle qu’on m'oppose n'est qu’une promesse de désordre, d’agitation et de recul social.
Vous vous détournerez de cette politique d’aventures, de guerre civile, de guerre étrangère. Vous lutterez pour garantir le travail pacifique qui assure l’indépendance de chaque citoyen et la prospérité nationale. Nous lutterons pour la République, le seul gouvernement capable de mener à bien cette noble tâche,
A vous. Messieurs les Électeurs, de dire si, avec la République laïque, vous voulez conserver la paix dans la liberté et Tordre dans la justice.
ÂL. MU LAC,
Député sortant,
Conseiller général,
Maire d’ÀngouIérne,
Directeur de la Caisse régionale du Crédit agricole,
Décoré de la médaille militaire.
Circonscription de BARBEZIEUX M. Georges GÉRÀLD Élu au 1er tour de scrutin, — 6.508 voix.
Messieurs les Electeurs et très chers Concitoyens,
Au moment de la grande consultation nationale, c’est avec fierté que je me représente devant yous. C'est avec confiance que je sollicite à nouveau vos suffrages.
Cette dernière législature fut active et féconde. Son œuvre est de celles qui comptent dans la yiô d’un pays.
U œuvre accomplie .
Sans doute, nous avons traversé des heures graves et difficiles; mais, s’il est attristant de penser que la haine désespérée des partisans de la réaction a su îea rendre plus graves et plus difficiles encore, tant à Postérieur qu’à l’intérieur, il est réconfortant de se dire que
^est grâce à Vuniou étroite de tous les républicains que nous avons pu rester dignes et fermes en face de nous-mêmes, comme en face des peuples.
Oui, quand nous avons fait la séparation des Églises et de l’État, nous avons eu la conscience très nette de suivre le sentiment, justifié par des événements récents, de l’immense œajoïité des Français.
Je m'y suis décidé, fidèle, quant au principe, à mes déclarations de 1901 et de 1902 :
« Respectueux de toutes I s croyances, repoussant toute entreprise contre la foi et contre la raison, sans permettre à qui que ce soit de sortir de ses attributions légales, et d’empiéter sur les pouvoirs légitimes du pouvoir civil souverain. »
La Séparation des Églises et de l'État apparaissait, en général, aux républicains, même les plus modérés, comme le régime de l’avenir; mais, pour la majorité d’entre eiix, elle n’était pas encore mûre, Nous pouvions attendre.
Après le voyage du Président de la République à Rome, si nécessaire au maintien de la paix, et la protestation publique du Saini-Siège, — incorrecte et injurieuse au lendemain même de la réception solennelle faite au Vatican à l’empereur d’Allemagne, venu à. Rome pour gêner notre politique pacifique, — inadmissible d’ailleurs sans cela, — ce grand changement était désormais inévitable. On pouvait encore discuter, en théorie, « pour » ou « contre » le maintien du Concordat* En fait, nous n’avions plus le choix quatre une séparation vexa mire, schismatique, qui eût pTédpitê infailliblement la franco dans la guerre civile, ou une séparation équitable et loyale. G'est cette séparation équitable et loyale que j’ai acceptée et votée. . .
Connaissant la force de la tradition et la déformation qu’elle impose à toute idée neuve, nous avons voulu que la séparation s’accomplît sans heurt ni déchirement ; nous avons fait la loi douce et libérale.
En affranchissant les Églises de sa tutelle, en leur rendant leur liberté, l’État leur a donné la dignité et l’indépendance. Il a même veillé à ce que l’esprit de l’ancienne organisation se maintînt intact, en garantissant la hiérarchie orthodoxe.
Malgré cela, des politiciens criminels, alliés aux cléricaux, dont l’esprit d’autoritarisme et de domination vous es-t bien connu, ont tenté, en dénaturant l’oeuvre, en déformant nos intentions et nos actes, de provoquer des troubles et de déchaîner la guerre civile.
Ils ont pris ce prétexte pour essayer de substituer à la France émancipée et libre de 1789 les régimes absolus de jadis.
Mais leur entreprise a élé condamnée par ceux-là mêmes dont ils prétendaient s’inspirer, par des catholiques soucieux de ne pas se commettre plus longtemps avec les cléricaux douff ils connaissent les excès dangereux.
C’est ainsi que l’abbé Lemire a reconnu « l’esprit libéral » de la loi, et que M. Ribot, après avoir combattu et amendé le projet, a pu dire, la loi votée :
« Une loi qui a donné au Saint-Siège le droit de nommer sans contrôle les évêques — et il a déjà usé de ce droit qu’il ^abandonnera plus, — une loi qui vous peYmet, à vous et à vos évêques, de vous réunir, de délibérer et de gouverner les intérêts de 1 Église catholique* une loi qui vous remet la jouissance des églises, sans a uctme condition de payement de loyer, sans rien d’humüiant et sans fixer de délai, permettez -moi de vous le dire, c’est une loi qui peut ne pas vous convenir, mais ce n’est pas une loi de persécution.
a Vous ne pouvez pas dire cela au pays!
« y Église peut vivre avec cette loi; elle peut même prendre une place plus grande, parce qu’elle devra s’accoutumer aux mœurs fécondes et fortifiantes de la liberté.
« La loi sera exécutée, je l’espère; après mus ces remous violents, elle deviendra une œuvre de paix »
(Discours de M. Ribot, séance du 7 mars 1906, Journal officiel du 8 mars.)
À leur tour, des catholiques éminents, tels que MM* le prince d’Àrenberg, Denys Cochin, d’Haussonville, etc., se refusant à confondre plus longtemps le cléricalisme, parti politique
et le catholicisme qui entend rester exclusivement sur le terrain religieux, ont pu, malgré les injures et les menaces des cléricaux, écrire la Lettre aux évêques, préconisant << Fessai loyal » de ta loi, « n’étant empêchés par ta loi de séparation ni de croire ce que nous voulons, ni de praiiquer ce que nous croyons »,
Si bien qu’aujnurd’hui, malgré l’émotion factice et passagère soulevée sur certains points par le malentendu de l’inventaire demandé avec raison par M. ftihot comme garantie de la transmission normale, intégrale et régulière, et dv la conservation d^s biens mobiliers et immobiliers de chaque église au profit des fidèles, — l\ n’y a pl us place désormais sur ce terrain que pour les par tisans de la Déclaration des Droits de l’homme contre ceux du « Syllabus », pour le parti de la Loi contre le parti de la révolte, c’est-à-dire a pour » ou ci contre » la République!
Moire seconde grande réforme est celle réalisée par la loi du 21 mars 1905 portant réduction du service militaire à deux ans* Cette réforme démocratique par excellence, en supprimant tous les privilèges et en répartissant ainsi également sur tous les charges militaires qui pesaient jusqu’ici sur les travailleurs, complète l’œuvre de ïa République, commencée, en 1872, par la réduction du service de sept à cinq ans, continuée, en 1889, par la réduction de cinq à trois ans. Si cette grande réforme, qui allège d’un tters limpôt du sang, si lourd pour nos campagnes, a pu être réalisée, c’est giàce à l’instruction que la République a si la goment donnée à tous ses enfants sans distinction d’origine ni de situation sociale, dans les vides comme dans nos villages les plus éloignés*
Cette réforme sera parachevée par la réduciion, votée par la Chambre et soumise actuellement au Sénat, des vingt- huit et treize jours à quinze et à six jours.
Est -il possible d’aller plus loin dans cette voie? le ne le crois pas, en, présence de l'état actuel de naix armée et de folle surenchère militaire et navale qui pèse sur le monde* Tant que le danger allemand nous menacera comme il menace toutes les autres puissances, nous devrons assurer et maintenir la cohésion et la solidité de nos armées de terre et de mer, dont la valeur et la force sont les plus offres gara mies de notre sécurité et de notre dignité autant que de notre indépendance*
Dans l’ordre social, la Chambre a abordé et posé officiellement le vaste problème de l’organisauon des retraites ouvrières et paysannes qui réunit pour la première fois, dans une œuvre commune, l’ouvrier des villes et l’ouvrier des champs* Nous n’avons pas encore la solution définitive ni les ressources* Mais la question est nettement posée* Notre œuvre est une transaction en tred es êtatistes qui ramènent tout, par l’obligation, à l’intèrvention de TÉtat, ei les non ét a liste s qui, admettant i’int rveution de FÉtai comme le tuteur soutient la plante, préconisent la libre prévoyance dans le plein épanouissement de la mutualité*
La mutualité, ce grand facteur social qui doit, dans ïa mesure du possible, prévenir et enrayer les méfaits du hasard, les fatalités naturelles, a conquis notre démocratie* Là, en effet, et non dans les décevantes utopies colle* tivistes, est la vraie solution du problème angoissant, mais généreux, posé dans es sociétés modernes depuis qu’elles ont pris conscience de leurs destinées.
Entre l’as istauce et ïa mutualité, mon choix est fait : je prends la mutualité* EtFopinîon publique n’a pas de peine à reconnaître que c’est la prévoyance et non l’assistance qui doit diminuer la mi-ère* Mais notre organisation est si incomplète encore que nous avons dû, pour parer aux infortunes imméritées les plus pressantes, voter la loi sur F Assistance aux
vieillards, aux infirmes et aux incurables, œuvre de solidarité sociale qui assure aux vieillards malheureux, hommes ou femmes, le calme et le pain sur leurs vieux jours.
Hélael nous Savons pas réussi à alléger autant que nous Teussions souhaité les impôts, beaucoup trop lourds, que la possibilité d'un conflit militaire, toujours à craindre, a alourdis encore, mais, partisan de la responsabilité absolue du Gouvernement en matière financière, j'ai déposé une résolution, acceptée par la Commission dti budget, mise en pratique par le Gouvernement, organisant d^une façon pratique et sérieuse le contrôle pr éventif des dépenses engagées dans tous les ministères* Ce contrôle, organisé, réalise une première économie en empêchant, par des engagements hâtifs on injustifiés, le gaspillage, arrête sur la pente des dépenses faciles, irrégulières, la création ou le maintien des fonctions inutiles.
Si l'on n'a pas encore diminué l'impôt foncier dont la préface serait la révision nécessaire du cadastre, du moins a-t-on :
— Supprimé certaines taxes iniques, comme la taxe militaire ;
— Continué le dégrèvement des petites cotes foncières prévu par la loi du 17 juillet 1807;
— Ramené le timbre-poste de 25 à 15 et de 15 à iû centimes ;
— Assuré le remboursement des fonds du budget des cultes par u la répartition des sommes disponibles chaque année entre les communes au prorata du contingent de la contribution foncière des propriétés non bâties qui leur aura été assigné pendant l'exercice qui précède ia promulgation de la loi » ;
— Commencé la diminution des frais de justice paria réforme des justices de paix, qui permet une justice plus rapide et à bon marché puisqu'elle rapproche Je justiciable du juge, en confiant au juge local, avec les mêmes garanties, la connaissance des procès jusqu'ici réservés aux tribunaux de première instance*
— Diminué les droits sur le sucre, si précieux dans les plus humbles ménages ;
— Dégrevé les petits patentés sédentaires*
Si nous n'avons pas encore obtenu l'abrogation de la loi du 29 décembre 1900, qui a si fâcheusement porté le taux du droit de consommation sur l'alcool de 156 fr. 25 à 220 francs, au plus grand profit rie la fraude, du moins avons-nous fait des efforts dans ce sens. Le Conseil municipal d ■ Paris a lui-même demandé une diminution des droits sur l'alcool comme préface de sa réforme de l'octroi, et, à la Chambre, quelques collègues et moi avons, à plusieurs reprises, essayé d'entraîner la Chambre à voler cette diminution et, si possible, à accepter 3a \ axe différentielle.
En tout cas, au point de vue charcutais, nous avons obtenu le rétablissement du privilège des bouilleurs décru, étranglé par une coalition des députés du Nord et du Midi* Et, pour assurer la reprise de la vente de nos vins, nous avons décidé la délivrance aux eaux-de-vie tirées des seuls vins des Charente» le certificat d’origine et l'acquit blanc, en vue d'assurer et de maintenir à ces inimitables eaux-de-vie charentaïses, trop longtemps falsifiées et fraudées en faveur des alcools d'industrie, leur antique renommée sur les marchés étrangers*
Ces dispositions de contrôle et de production en faveur do la vi lieu luire charemaîse et du commerce honnête ont été complétées par la loi du 5 août 1905 sur les frauder, qui punit de pénalités très sévères quiconque tromperait sur la composition, la qualité et l'origine des produits. En même temps, j'ai demandé, d'accord avec le syndicat de défense du commerce des eaux-de-vie de Cognac, que fût posé et résolu le problème de la délimitation do la région productrice des cognacs réduite aux Deux-Gharen tes.
Les intérêts généraux de la France comme les intérêts particuliers de notre région ont été énergiquement soutenus et défendus par moi, d'accord avec les plus hautes autorités agricoles, commerciales, industrielles et juridiques* particulières on collectives de ce pays et des Charentcs, tant à l'Exposition de Saint- ouis, où le eeut souci de défendre et de revendiquer la propriété exclusive de la marque C -grise m’avaient amené, malgré les difficultés prévues, qu'aux Congrès internationaux pour ïa défense du U propriété industrielle de Paris, Berlin, Àiigoulême, Cognac, Lïég*, qu’au Congrès international du comm rce des vins et spiritueux, à Liège, où le Gouvernement français a bien voulu spécialement me déléguer.
Tant d'efforts, d’initiative et d’énergie ont contribué efficacement à préparer la reconnaissance de la propriété, exclusive du mot Cognac pour nos seuls produits charcutais et préparé ainsi de nouveaux débouchés pour notre viticulture chareutabe si éprouvée.
De nombreux témoignages d’encouragement, de sympathie, qui ont accompagné et suivi ces efforts et ccs résultats, préludes d’autres plus sérieux encore, sont pour moi une récompense précieuse que le libre suffrage de mes concitoyens voudra bien enregistrer et ratifier.
Toujours au point de vue local, je rne suis occupé activément du chemin de fer de Barbezieux à Saint-Marieus, depuis si longtemps attendu. Commencée il y a cinq ans, cette entreprise sera complètement achevée eu 1907, détenant, de l’avis de tous, le record de la rapidité de construction.
Il en est de même du projet ferme des tramways. Arrêté par le Conseil général, adjugé à la Compagnie des chemins de fer économiques des Deux-Charentes, il a favorablement subi les épreuves d'examen du Conseil supérieur des ponts et chaussées, des Compagnies des chemins de fer d’Orléans et de l’État intéressées par les emprunts qu’on leur fait, du Ministère de l’Intérieur (Direction départementale et communale) du fait de la traversée ou de l’emprunt des routes et chemins, enfin du Ministère des Finances, par l'étude des voies et moyens, des conséquences financières et la participation financière de l’État. Ces étapes sont aujourd’hui franchies et, dès cette année, ia question sera entrée dans la voie d’exécution*
Je n'ai rien négligé pour assurer k la campagne toutes les facilités possibles* aux communes le bénéfice des subventions actuellement si largement accordées pour poursuivre ^ la Construction ou la réfection de leurs routes et chemins, pour réaliser l’amélioration ou le complément de leurs services postaux, etc., etc.
Pour activer même l'exécution immédiate des travaux urgents et classés, nous avons obtenu, dès 1906, une forte augmentation de la subvention de VÉtat pour nos chemins vicinaux.
Enfin, dans les premiers jours de juillet prochain, nous inaugurerons la ligue de Bibérac à Parcoul-Médiüac, dont j’ai activé les travaux en 1905 et 1906.
C'est en facilitant ainsi par des voies de communications multiples et rapides l'écoulement de nos produits, que nous donnerons à nos foires l’importance qu’elles doivent avoir* G’est en rendant moins coûteux le transport des engrais, utiles comme des autres produits, que nous viendrons en aide à notre agriculture.
Quant à notre commerce extérieur, il a été l’objet de ma constante sollicitude, car le commerce extérieur est le baromètre de la prospérité d’un pays.
Si le pays ne s'est laissé distraire, à aucun moment, de son œuvre de travail ou d’épargne, œuvre qui est allée toujours se développant comme l’attestent les plus-values nouvelles des impôts, les recettes des chemins de fer et les rapports des grandes sociétés de crédit, il est consolant de constater que les statistiques du commerce extérieur suivent la
même progression, qui, sans atteindre, il est juste de ie reconnaître, celle des pays voisins a fait en 1004 et en 1905, pour la première fois, cependant, depuis de longues années, apparaître un excédent dans les exportations de la balance commerciale.
Pour nous maintenir sur ce terrain et nous y développer, il importe, d’une part, de poursuivre uns négociations en vue de traités de commerce, et, d'autre part, s'inspirant des nécessités nouvelles résultant de la transformation incessante des conditions de la vie économique mondiale, de remanier, en la modernisant, notre organisation consulaire, ti întim cm eut liée à outre expansion an dehors.
U œuvre prochaine.
Mous inspirant de l'œuvre accomplie, nous poursuivrons notre tâche par ia réforme administrative de la France dans le sens de la décentralisation et du régionalisme.
C'est une des idées qui me sont le plus chères.
On l'a dit ; la France se congestionne. Tout afflue aux centres, à Paris et dans les grandes villes, Jl faut restituer aux petites villes, aux petites unités, une activité qu'elles perdent de plus en plus. Pour cela, il faut diviser la France eu régions autonomes avec un minimum d'intervention centrale, supprimer les départements, divisions factices, réorganiser l'arrondissement aujourd'hui sacrifié.
Nous y arriverons par la refonte d’un système administratif et judiciaire créé pour le pouvoir personnel, mais qui jure avec les institutions républicaines et le siècle de la vapeur» de Péleciricilê, des télégraphes et des téléphones.
La réforme des justices de paix, déjà en partie réalisée, est un essai partiel de décentralisation et de l'économie qui en résulte.
Nous diminuerons aussi le nombre des fonctionnaires.
Nous atténuerons i'exode rural et la dépopulation des campagnes si nuisibles à la nation et à la race, car l'alcoolisme et la tuberculose sont le fléau des villes.
Nous perfectionnerons l'outillage de la coopérative et du crédit agricole et viticole.
Nous assurerons le fonctionnement des Chambres d'agriculture analogues aux Chambres de commerce qui préviendront les accaparements locaux et signaleront sans pitié les fraudes sur les engrais et autres produits.
r accepte volontiers le scrutin et la représentation proportionnelle qui, par un système combiné, respeclueux des habitudes de l'électeur français, assurerait du même coup l'efficacité du vote et la représentation équitable de toutes les opinions.
Et, désireux d’arrêter les scandales de surenchère électorale dont chaque législature expirante donne l'écœurant spectable eu pillant le bu Iget pour l'électeur, sans souci du contribuable, je demande le mamlat.de six ans avec l'exercice du droit de dissolution.
One des plus grandes réformes qui s'impose est celle de l'impôt. Il faut enfin apporter dans les charges fiscales qui pèsent sur chacun de nous une répartition plus équitable et plus conforme aux moyens de chacun, en demandant :
— Davantage au capital, au luxe qui s'affirme, à la richesse qui s'augmente automatiquement ;
— Moins au travail et au salaire ;
7 Davantage à ia propriété mobilière, titres ou valeurs dont le revenu régulier est assuré sans risques et sans effort;
Moin< à la propriété immobilière, à la terre surtout écrasée et dont le revenu de plus en plus réduit, est bien aléatoire;
~ rLa diminution des droilsde mutation qui frappent la propriété immobilière jusqu'à lu ou 15 0/0, quand le taux pour cent des valeurs mobilières ne dépasse pas t à 2 0/0;
— En cherchant par tous les moyens à aïb^ger le poids des formalités et entraves inutiles et coüieuses dont la campagne se plaint avec raison, notamment par 3e permis de chasse quotiiieu ou hebdomadaire que jJaî demandé;
— L'application aux délits de chasse de l'article 463 du Code pénal sur les circonstances atténuantes, votée sur ma proposition par 3a Chambre des Députés et soumise au Sénat.
Vous n'avez pas tenu un compte suffisant de l’importance du rôle dévolu à la science dans le développement de notre production agricole qmf en une quarantaine d’années, s'est accrue de pl os de six milliards I Elle peut être encore augmentée. L’enseignement agricole, adapté au milieu, si largement donné, y contribuera.
Quel sort était donc réservé à nos viticulteurs, par exemple, si la science, guidant les patientes recherches des praticiens, n’était venue à leur secours pour la reconstitution du vignoble français?
Mes chers concitoyens,
Après vous avoir exposé ce qu j'ai fait, ce que je compte faire, dois-je vous dire la conception que je me fais do député, conception a laquelle j’ai toujours ramené tous les actes de ma vie parlementaire?
Actif, averti, au courant de toutes les transformations économiques et sociales des autres peuples, ne s’attardant pas aux discussions vaines, pas davantage aux questions de personne, et de parti, mais travaillant dans le silence, affaole en tout temps, plein de sollicitude pour les intérêts de tous, des petits, des travailleurs surtout, sans que cela l’empêche d’apercevoir les grands problèmes nationaux et internationaux, indifférent aux polémiques politiques, faisant bien et laissant dire.
Tel je me suis efforcé d’être ; ai-je réussi?
Vous le direz.
Tel a u -si j’entends rester.
« Il y a une vérité, écrivais-je dernièrement, que nous voudrions voir inculquer dans l’esprit de tous nos jeunes concitoyens, à savoir que le xxe siècle sera, pour tout le monde, le siècle de la lutte pour l’existence sur le terrain de la politique industrielle et commerciale, les facteurs économiques étant devenus les plus importants mobiles de l’évolution sociale, »
Mes nombreux voyages par le monde m’ont confirmé de plus en plus dans cette conviction, Soyons clairvoyants pour ne pas déchoir. Nos ressources morales sont immenses : nous pouvons ne pas rester inférieurs aux autres peuples. Nous sommes grands par notre histoire, nous devons rester grands par notre énergie.
Notre situation actuelle à l’extérieur ne peut que nous encourager. Après une crise qui a révélé bien des appétits étrangers et un grand danger, nous avons vu, à Algésiras, les nations se grouper harmonieusement autour de nous.
La Russie, malgré ses difficultés intérieures, a fait noblement son devoir d’ailîée ; l’ Angleterre nous a montré ïa sincérité et 3a force de l’entente cordiale; l’Italie, la sœur latine, cessant de nnus bouder, paralyse l’Allemagne contre nous; les États-Unis, TEspagne, se tournent sympatiquemeofevers nous.
Mais, [ our que nos amis nous aiment davantage, et que tous nous respectent, il nous faut rester forts. L’année, notre splendide armée française qui, prise en soi, fait l’admiration des plus hautes autorités militaires étrangères, doit rester disciplinée, enthousiaste et aguerrie, mais respectée. Fille de la nation, elle ne doit pas être reniée par sa mère. Les antimilitaristes sont des criminels et des fous. Ici toute hésitation, toute complaisance sont des crimes : il y v^i de la force, de l’honneur, de l'existence même de la patrie.
Le temps est loin où le droit s’imposera parmi l’humanité meilleure. Jusqu’ici, c’est encore la force qui garantit le droit,,. Et nous, les fils de 1789, qui avons donné au monde la Déclaration des droits de l’homme, si nous vu nions continuer notre rôle civilisateur, nous devons rester unis et forts.
Mes chers concitoyens! tels sont mes sentiments, tel est mon programme. Us étalent connus! car je ne me suis pas déjugé. Vous me direz, le 6 mai, si vous voulez que je poursuive l’œuvre à laquelle j7ai donné tout mon temps, to^us mes efforts, toute ma jeune énergie. ;;;
Nos adversaires ne veulent rien de ce qui a été fait, mais l'opinion publique, plus forte que leur volonté, leur imposera, envers et contre tous, le respect de ce qui est, et la stérilité de leurs efforts apparaîtra à tous les yeux.
Certes, la République est et doit rester ouverte à tous ceux qui viennent librement à elle et sans arrière-pensée, mais elle serait bien aveugle si elle ne se défiait pas des anciens ennemis qui, tout en paraissant se résigner. à son existence, restent les adversaires irréconciliables de ses principes et de ses luis*
Des électeurs républicains comme vous, fermes et loyaux, ne peuvent permettre le bouleversement de Pœuvre républicaine.
Des électeurs républicains comme vous, fermes et loyaux, ne peuvent se faire les complices d© cette coalition des vieux partis qui se reforme, comme au temps du boulangisme, pour entraîuer ia République hors de sa voie naturelle et la rejeter dans les aventures de «es premières années.
Électeurs de l’arrondissement de Barbezieux,
Songez que c'est votre honneur politique qui est en jeu.
3e ne vous dis pas : « Défendez-moil »
Je vous dis : « Défendez- Vous I » défendez l'œuvre républicaine dont vous bénéficiez tous, dont vous appréciez déjà les bienfaits*
Cette oeuvre me passionne, car elle est inspirée par celle des grands patriotes, de ceux qui, prévoyants, vaillants et fermes, firent notre France toujours plus haute et toujours plus belle dans la conscience des peuples!
Georges GÉRA LD,
Député sortant*
Circonscription de COGNAC
M. CUNEO D’ORNANO, décédé, remplacé par M, HENNESSY
(V, élections partielles).
Circonscription de CONFÜLENS
U. BABAtJD-UCBOZE
Elu au l*r tour de scrutin. — 10*504 voix.
Mes chers concitoyens,
Lorsqu'eu 1902 je me suis présenté à vos libres suffrages sous les auspices de l'Alliance républicaine démocratique, je vous disais ; « Mon programme est celui de M. Waldeck-Rousseau 1 n Plus de dix mille d'entre vous le ratifièrent avec enthousiasme.
En venant aujourd'hui pour la cinquième fois solliciter le renouvellement de mon mandat. législatif, sous le patronage de la môme Association, je me réclame auprès de vous des mêmes idées et du même programme qu’il y a quatre années. Watdeckiste j'étais, 1 Waldeckiste je suis resté.
J'ai conscience aussi — quoi qu'on en ait dit — de m'être strictement conformé aux engagements que j’avais pris envers la démocratie coufolentaise en me rangeant avec fidélité derrière le grand homme cPÉtat dont ia République pleure encore la perte, et, depuis sa disparition, derrière les dépositaires les plus incontestés de sa pensée.politique.
Au point de vue militaire, il m’a été donné durant cette législature de voter la loi de deux ans qui est entrée aujourd'hui en application. J’ai également voté la diminution des vingt- huit et des treize jours; il n’a donc pas dépendu de votre représentant que la durée des périodes de réserve qui pèsent si lourdement sur notre agriculture et notre industrie ne soit déjà sensiblement abaissée*
En ce qui concerne nos finances, je vous affirmais il y a quatre années que Père des déficits budgétaires allait être close et que notre politique fiscale, un instant troublée, par la crise économique qui sévissait sur l'Europe, reprendrait prochainement sa marche régulière. Les événements m'ont donné raison et l'opposition n'a plus aujourd'hui la ressource, malgré sa criminelle campagne contre nos caisses d'épargne, de crier à ia banqueroute* Il serait donc désormais possible d'organiser un impôt sur le revenu progressif, mais non global, sans vexation ni arbitraire, qui remplacerait avantageusement nos deux vieilles contributions démodées : la personnelle et mobilière et Pimpôt sur les portes et fenêtres,
La politique agricole, et spécialement la construction des voies ferrées qu'on établit dans notre arrondissement ou qu'on projette d'y ouvrir, a été l'objet de mes constantes préoccupations.
An point de vue religieux, j'ai réclamé l'application de la loi surles congrégations dans l'esprit ou elle avait été votée par le Parlement, et si je n'ai pas admis l'exécution en bloc de ces associations, c’est parce que j'ai estimé que, dans un régime démocratique, tout accusé avait le droit de présenter sa défense devant ses juges.
Le jour où l’ensemble du parti républicain a pensé que ia question de la séparation des Églises et de l'État était suffisamment mûre pour être résolue, je me suis associé au vote de cette réforme, mais dans un sens nettement libéral, li dépendra désormais de l’Église et de la sagesse du clergé de goûter en pleine indépendance les bienfaits de la liberté en se cantonnant rigoureusement dans leur domaine spirituel.
Les questions sociales ont enfin sollicité l'activité du Parlement et j'ai donne mon concours le plus absolu à toutes les mesures destinées à améliorer ia condition des petits et des humbles. J ai notamment voté les trois réformes qui caractérisent à ce point de yue la législature expirante; la loi sur l'assistance aux vieillards, le timbre à deux sous et le prû-
jet à peine élaboré de ^organisation rationnelle de retraites ouvrières et paysannes par la mutualité.
Défenseur convaincu des grandes idées proclamées par ia Révolution française: la patrie, la liberté, l'égalité civile, la famille et la propriété individuelle; adversaire déclaré des idées collectivistes et internationalistes qui supposent la lutte des classes, j’entends combattre résolument la réaction césarienne ei cléricale comme la réaction démagogique.
Mou appui ne sera donné qu’A un gouvernement qui assurera à l’extérieur la dignité de la France et à l’intérieur ia liberté du travail et l’application de la loi, le maintien de l’ordre et de la paix publique.
Et si, comme j'en ai le ferme espoir, vous renouvelez votre confiance à votre vieux député, vous pouvez être certains, mes chers concitoyens, que tous mes efforts tendront comme par le passé à défendre vos intérêts et à organiser le régime de solidarité ddmocra* tique qui reste l’idéal du parti républicain.
Vive la bépubliqoel
Antoine RABAUD-LACROZE.
Circonscription de RUFFEG M, RAYMUD
Elu au lor tour de scrutin. — 7,150 voix.
Mes chers concitoyens,
Désigné par le congrès du 2 juillet dernier p >nr porter le drapeau de la République à l'élection législative du 6 mai prochain, je me présente à vos libres suffrages*
Mon programme, déjà connu de vous, e^t celui de l’Alliance républicaine démocratique, dont je m’honore d’être membre fondateur ; c’est dire qu’il repose sur les grandes idées de liberté, de tolérance, de justice et de progrès social, qui sont la base de nos institutions républicaines.
Serviteur dévoué de la démocratie, j’approuve sans réserve l’œuvre d’émancipation laïque et démocratique de la dernière législature, et mon concours est par avance assuré à toute proposition de nature à compléter cette œuvre, dans le sens de la raison, du droit et de la justice.
Respectueux de toutes les opinions et de toutes les croyances, je m’engage formellement A faire respecter, aussi bien dans le domaine religieux que dans le domaine de ta libre discussion, la liberté de pensée et de conscience. Je repousse et je combattrai de toutes mes forces toute mesure de vexation qui pourrait porter atteinte à cette liberté.
Fermement résolu d’autre part à ne pas laisser confondre la religion avec la politique, je me: déclare l’adversaire irréductible de toute ingérence cléricale dans les affaires publiques et, le, cas échéant, je saurai m’opposer à tout retour offensif du péril clérical, en partie écarté par les lois de défense républicaine récemment votées.
Les questions de solidarité et d’économie sociale sont et vont être plus que jamais à l’ordre du jour. Mon dévouement leur est acquis comme est acquise ma bienveillance à toutes les mesures d’amélioration du sort des travailleurs, ouvriers et agriculteurs, compa-
tibîes avec les ressources budgétaires et de nature à apporter plus de bien-être aux classes laborieuses, sans pour cela grever de charges trop lourdes les contribuables, dont font partie les travailleurs eux-mêmes.
Ges nécessités sociales exigent un remaniement de notre système d’impôts, dont fe fonctionnement correspond mal à la situation économique actuelle. Il importe de le rendre plus équitable par une plus juste appréciation des facultés con tributives de chacun et je suis à cet égard tout disposé à accepter un projet d’impôt sur le revenu, dégagé de toutes bases inquisitoriales ou arbitraires.
Dans cet ordre d’idées, jè suis également partisan d’une politique d’économies qu’il est urgent de pratiquer autrement qu’on théorie, si la nouvelle Chambre veut pouvoir faire face aux devoirs de solidarité et d’humanité qu’elle tiendra à honneur de remplir. À cet effet, je me déclare partisan de la décentralisation administrative, de la réduction du nombre des fonctionnaires, ainsi que de la diminution des gros traitements, peu en rapport avec nos mœurs vraiment démocratiques.
L'arrondissement de Ilufïec étant essentiellement agricole, je m’occuperai tout spécialement des œuvres et des questions intéressant l’agriculture. Je réclamerai en premier lieu la création du bien de famille, c’est-à-dire la réserve absolue d’une partie de la propriété, afin que tous les travailleurs des champs aient la garantie d’avoir toujours h eux une partie cie cette terre à laquelle ils ont donné toutes leurs forces et toute leur vie.
Le développement de l’enseignement agricole mérite aussi d’être encouragé, en lui donnant des tendances de plus en plus pratiques à la portée de tous les fils d’agriculteurs.
De même doivent être favorisées davantage les diverses institutions de crédit et de protection agricole, syndicats, coopératives, mutualités contre la mortalité du bétail, etc, , etc, La protection des produits agricoles s’impose également par une sévère répression de la fraude, pour les yins et les beurres notamment.
Mais il y a plus à faire. Je réclamerai la création d associations de production et de vente, si utiles aux agriculteurs, aussi bien pour l’achat des matières premières et de l'outillage nécessaires à la production, que pour la transformation et la vente des produits récoltés.
Nous ue sortirons; en effet, de la crise agricole qui pèse sur notre région que par le groupement en associations dont la richesse et la puissance, faites des efforts de chacun, permettront à tous d’obtenir des rendements meilleurs et des conditions de vente plus favû; râbles, surtout si, comme je le demanderai, nous obtenons un abaissement des tarifs dé chemins de fer.
Dans un domaine plus particulier, j’insisterai sérieusement pour obtenir le permis de chasse du dimanche.
Partisan: absolu du respect de la propriété individuelle, je demanderai énergiquement la diminution des impôts qui pèsent sur les biens ruraux,
La création de caisses de prévoyance pour les réservistes et les territoriaux me semble nécessaire ; elles permettraient aux ouvriers et agriculteurs qui vont accomplir leurs périodes d’instruction militaire de laisser à leur famille des secours qui la dédommageraient de leur absence, ou d’emporter au régiment quelques subsides de nature à leur adoucir leur temps de service.
A un point de vue plus général, je m’emploierai à ce que toutes les questions qui intéressent l'arrondissement de Ituffec reçoivent des solutions rapides et favorables, notamment celles de la ligne de RuffeC à Roumazières et de$ Tramways départementaux, dont je me suis déjà occupé avec quelques succès, grâce à ma situation de conseil juridique au Ministère des Travaux publics.
En résumé, je m’occuperai activement de tout ce qui pourra augmenter la prospérité de notre arrondissement.
C’est en effet de la prospérité et de la richesse de chaque région qu’est faite la prospérité de notre pays, cette prospérité que proclamait récemment M, le Ministre des Finances et que je suis heureux à mon tour d’affirmer à l’encontre des adversaires de la République qui Ja dénigrent.
Ai-je aussi besoin de dire que* comme tout bon Français, je réprouve hautement les menées contre notre armée et que je ne sépare pas Ridée de patrie de la République, Avec tous les républicains, je veux que la France sou forte pour pouvoir poursuivre l’œuvre grandiose de progrès et de civilisation à laquelle le monde entier a rendu hommage et que lui ont permis d'entreprendre 35 années de paix ininterrompue.
Messieurs les électeurs.
Telles sont les grandes lignes du programme politique dont je me réclame et que je m’efforcerai d’appliquer à la Chambre si j’ai l’honneur de vous y représenter.
Charcutais comme vous, je connais vos besoins et vos intérêts et je vous aflirme que ma longue pratique d^s affaires, mes relations personnelles à Paris me permettront de mettre utilement à votre service l’activité et le dévouement dont je vous ai déjà donné des preuves et dont je vous renouvelle aujourd'hui la sincère et complète assurance.
Vive l’arrondissement de Buffecï
Vive la République! I
Maurice RAYNAUD,
Candidat du congrès républicain et de l'Alliance républicaine démocratique.