‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 65 sur 280 · SG · texte numérisé non relu

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répvHiMft et la haute direction du Parti clérical, à donner un dernier assaut à nos institutions républicaines, les personnalité# s'effacent.

Vous aurez surtout à dire, Te G mai prochain, si vous voulez que la politique conçue par la haute et sereine intelligence de Walrîeck-Rousseau, qui donne à la démocratie de &i« légitimes espérances, soit abandonnée avant même que le pays ait pu en mesurer tous les bienfaits.

Cette politique fut celle de la Chambre dont les pouvoirs expirent, et jamais législature n'a accompli une œuvre si féconde de réformes réalisées ou préparées, grâce à une discipline qui fait honneur à toutes les fractions du parti républicain.

G?ast la loi de deux aos, établissant, sans porter atteinte à la puissance de notre armée, l'égalité de tous les citoyens devant l'impôt le plus noble de tous, celui du san&;,

* G’est la réduction des frais de justice dan# les .petits procès, pa-r l'extension de la compétence des juges de paix ;

C'est la lot d’assistance obligatoire aux vieillards et infirmes,, qui assure son existence au malheureux que la vie a. éprouvé ou qm Fàge met dans, rimpossibilLté de subvenir à ses besoins.;

C'est la loi sur les retraites ouvrières et paysannes, déjà votée paît la Chambre, que le Sénat aura certainement à cœur d'examiner rapidement, afin qu'aprôs de mutuelles concessions entre les deux Assemblées, elle puisse avant peu passer dans le domaine public ;

CJest enfin la loi qui organise la séparation des Église# et de l'État. Ainsf que récrivait en janvier, dans sa profession de foi aux électeurs sénatoriaux, du Lot-eL-Ganonne, notre respecté président de la République, M. Fallières:

« Cette loi, loin d’être, comme le prétendent nos adversaires, une arme de guerre contre les croyances religieuse# et la liberté éminemment respectable de la conscience, nî est et ne sera autre chose1, w tous la veulent appliquer avec bonne foi, qu'un précieux instrument de liberté’. »

J'ai voté cette loi, imposée au Parlement par l'attitude, provocante à l'égard de la France, du nouveau pape Pie X. Je l'ai votée, avec tous les républicains, y compris les plus modérés, tels que MM. Paul Deschanel, Poincaré^Rouvier, Leygues, Gaillaux, Rartbou, Carnot, etc., etc. Mais, avec eux, j'ai voté aussi les dispositions les plus libérales, qui ont ea pour objet de laisser aux associations cultuelles la totalité des biens ecclésiastiques ; de leur concéder la jouissance gratuite et indétoie des; èglfew; de îeua; pemaltreîdese fédérer, afin de faire profiter les paroisses pauvres des ressources des paroisses riches des grandes villes de province et Paris; d'accorder enfin aux communes le bénéfice dhm dégrèvement qui atteindra 38 millions, sans leur imposer aucune charge nouvelle.

Ce fut l'honneur du Parlement français de faire cette séparation libérale, au lieu de se laisser entraîner, par des provocations inouïes, a faire œuvre sectaire.

Sous l'impulsion des événements, les efforts de la prochaine législature devront surtout tendre vers les réformes sociales, économiques et financières.

Les Sociétés de secours mutuels, qui réalisent feffort le plus puissant que l'initiative individuelle ait jamais tenté dans la voie de la solidariè, devront recevoir d’incessants et tangibles encouragements;

La capacité des, associations^ sou# forme de Sociétés de production m de Sociétés coopératives, devra être augmentée ;

De# efforts, devront être faits pour rendra moins aigu# les conflits du travail et du capital) ;

Uüj6 politique d'économies devra Mre sévèrement poursuivie^

Une loi devra protéger les fonctionnaires de tous ordres contre le favoritisme, en régie* mentant plus étroitement les conditions de leur avancement p

ISotre système fiscal, avec toute la prudence nécessaire, devra être amendé et réformé. L'impôt devra être réparti pi fis équitablement^ eir dégrevant le1 travail et frappant l'oisiveté* mais san# instituer Tarbîtraire et rïnqoMtioir;

L'agriculture devra être encouragée et dégrevée. Les procédés modernes de culture devront être mis à la portée de la petite propriété, comme ils le sont déjà à celle de la grande. L’est dans cet esprit que j’ai déposé à la Chambre, et fait adopter par la Commission d'agriculture, une proposition de loi ayant pour objet la création de laboratoires gratuits d’analyse des engrais chimiques;

Le privilège des bouilleurs de cru qui, selon toute justice, permet au cultivateur de brûler en toute liberté ses marcs, ses lies, ses vins, ses fruits et autres produits de sa terre, avait été modifié de telle façon que son exercice était devenu presque impossible. — Un amendement, qui portait ma signature, l’a enfin rétabli.

Mes chers concitoyens, n’écoutez pas les excitations du parti clérical, parti sans nom, qui se fait un jeu de déblatérer contre notre pays. Jamais le prestige mondial de la France n’a été plus grand. Partout, à l’étranger, on recherche son amitié et son alliance.

Nous devons cette place prépondérante, sans doute à l’habileté de notre diplomatie, mais aussi à la confiance qu’inspire la République française au monde entier ; nous la devons encore et surtout à la puissance de notre magnifique armée. Si celle-ci avait ôté désorganisée, comme le prétendent mensongèrement les cléricaux, trop souvent plus Romains que Français, notre amitié ne serait pas recherchée comme elle l’est par toutes les monarchies, qui, vous le savez, dédaignent d’ordinaire l’amitié des faibles !

Mes chers concitoyens,

Comme il y a quatre ans, je termine en vous disant:

Si vous me faites l’honneur de me réélire, je resterai ce que j’ai été jusqu’ici, profondément dévoué à vous tous et à chacun de vous.

Vous m’avez vu à l’œuvre ! Vous savez combien il m’est agréable d’intervenir quand vous me le demandez, pour faire prévaloir vos justes droits.

Fils d’ouvrier, je sais quels sont mes devoirs envers la démocratie laborieuse delà ville et de la campagne ; je n’oublierai jamais mon origine, et mon ambition sera d’en rester toujours digne.

Je compte sur vous, comme vous pouvez compter sur moi.

G. SAUKANDE.

2® Circonscription de PÉRIGUEUX.

M. CIIAVOIX.

Élu au lor tour de scrutin. — 7.910 voix.

Monsieur et cher concitoyen,

Je me présente à vos suffrages comme républicain sans épithète, fidèle plus que jamais Ha devise républicaine : ami de l’évolution, adversaire de la révolution, quelle vienne d’en haut ou qu’elle vienne d’en bas, toujours décidé a opposer un bloc républicain au b oc

réactionnaire. , , . „ •

Le programme que je vous adresse a été approuvé par les membre» du Congrès qui

vient de se tenir à Exci deuil hier, et au cours duquel la candidature m’a été imposée par f unanimité des délégués de toutes les communes de la circonscription.

J’ai l'honneur de vous -le résumer;

ip Je crois que le programme, purement politique, du parti républicain, est épuisé et qu’il faut maintenant tourner ses regards vers les questions économiques et sociales en protégeant toujours notre travail national dans l’intérêt de notre agriculture, qui est la première de nos industries.

Je repousse les idées anli-mîlîtariatea tout en voulant ta paix et un désarmement prudent et progressif, d’accord avec les nations qui se sont rapprochées de nous ou qui ne demandent qu’à s’en rapprocher honorablement

En attendant, je sais par une expérience récente que, pour conserver ses alliés et ses amis, lu France doit rester puisse nie et riche, et je voterai contre toutes les mesures qui devraient avoir à mes yeux le tort de Fafiaiblir.

3° Je n’hésiterai pas à restreindre l’initiative parlementaire pour arrêter la vote de dépenses que le Sénat lui-même ne peut pas toujours enrayer en dernière heure* Je voterai l’égalité de l'impôt sur h fortune acquise, c’est-à-dire sur le capital, en dégrevant le travail, en frappant l'oisiveté et en atteignant chacun suivant ce qu’il possède*. Cette mesura juste entre toutes, devrait être acceptée aussi bien par ceux qui voudraient à tort s'en tenir au régime inique de nos impôts actuels, que par ceux qui rêvent a’un nivellement des fortunes par une véritable spoliation*

h° Je reste plus que jamais partisan du scrutin de liste, avec représentation proportionnelle, et on fixaut à six années la durée de notre mandat renouvelable par moitié.

Croyez-en ma vieille expérience : je redoute, avec le sciulin d’arrondissement, que nous ne puissions pas voter les réformes administratives et judiciaires que veut cependant ^ensemble du pays, de façon à diminuer le nombre des fonctionnaires, à rajeunir, en les simplifiant, les vieux rouages qui ne cadrent plus avec notre temps, avec nos moyens de communication.

Je vous déclare, cependant, que, quant à moi, je voterais immédiatement une organisation administrative qui grouperait plusieurs départements et qui aurait pour hase une sérieuse décentralisation, eo développant encore les pouvoirs des Conseils généraux.

5D Nos codes aussi doivent être mis en rapport avec les idées démorratiqües, en supprimant le maquis et les frais de la procédure et en y inscrivant, notamment, plus de bonté et de plu.^ de justice pour la femme, c'est-à-dire plus d’indépendance.

6° Adversaire irréductible des fauteurs de coups d’Etaï, partisan résolu de la suprématie du pouvoir civil. sur le pouvoir militaire, je voterai toutes les mesures qui auront pour but d’établir une discipline égale pour les officiers et pour les soldats. Je voterai, notamment, la suppression des conseils de guerre en temps de paix.

7° Eu ce qui touche les syndicats de fonctionnaires, j’y suis hostile* En revanche, je n’hésiterai pas a leur donner toutes les garanties qu’ils désireront contre le favoritisme, contre l'arbitraire* C’est donc une simple question de mojs, du moment où le droit de faire grève, qui doit être de l’essence du syndicat, serait abandonné parles intéressés*

Sn Je veux le citoyen libre de penser, d’écrire, de parler et d’exercer son culte* Je veux aussi la liberté et la sécurité dans le travail*

En un mot, grèves militaires et grèves de fonctionnaires doivent être condamnées; grèves professionnelles doivent être réprimées seulement quand la liberté du travail n’est plus respectée* — Notre sauvegarde à tous c’est le respect scrupuleux de la loi — il faut l'exiger de tous, sous peine d’arriver à l’anarchie.

9° Je voudrais, enliu, que f élection du Président de la Chambre et du Président de la République fût faite m sorutin public, pour vous permettre déjuger votre mandataire dans ce cm nomme dans les au(re§.

Telles sont les idées générales qui guideraient ma conduite si j’étais votre élu.

Le temps me manquera évidemment pour aller les développer dans toutes vos communes et je vous prie de m'excuser si vous ne recevez pas ma visite. Veuilles bien remar-

quer que, jusqu’à la dernière minute, j’ai eu plus soin d’accomplir mon mandat que dTen préparer le renouvellement.

Aussi, puisque je n’aurai pas peut-être le plaisir de vous voir, je tiens à vous expliquer que les adversaires de la République vous trompent en se servant contre moi de la loi de séparation des Églises et de l’Élaf, et de la constitution d'une retraite pour les députés.

La loi sur la séparation est très libérale. L’abbé Lemire, député, l'a reconnu tout comme M. Ribot, ainsi que vous avez pu le lire dans leurs discours affichés partout. Ce sont les fautes de la cour de Rome qui l’ont rendue nécessaire.

Les édifices du culte sont abandonnes au clergé pour toujours, s il ne se met pas en grève. Les presbytères lui sont laissés gratuitement pendant cinq ans, après quoi les Conseils municipaux seront libres d’en disposer à leur gré, pour leur curé comme pour tout autre locataire.

Le traitement des prêtres sera payé pendant huit ans dans les communes de mille habitants et au-dessous, et pendant quatre ans dans les commune3 de plus do mille habitants.

Pendant ces quatre années, le traitement sera payé intégralement la première année, h concurrence des 2/3 pendant la seconde, à concurrence de 1/2 durant la troisième et à concurrence de 1/3 pendant la dernière.

Durant les huit année j ci-dessus prévues, îc traitement sera payé, pendant deux ans en entier, pendant deux ans à concurrence des 2/3, pendant deux ans à concurrence de 1/2 et à concurrence de 1/3 pendant la 7e et la S11 année.

Des pensions sont accordées aux prêtres âgés de 63 ans et ayant 30 ans de service et à ceux qui, âgés de 35 ans, avaient 25 ans de service au moment de la promulgation de la loi* Dans le premier cas, la pension sera des 3/4 du traitement» dans le second elle sera de moitié.

Toutes les économies résultant de la suppression du budget des cultes seront versées aux communes et constitueront un dégrèvement important des impôts dans les campagnes.

Quant aux inventaires, iis ont eu simplement pour but de conserver pour le culte les objets confiés à ia garde des conseils de fabrique, le jour où les associations cultuelles auront èié constituées sous la direction des évêques, It s'est agi pour les protestataires de créer une agitation électorale à laquelle vous ne vous laisserez pas prendre j V n suis certain.

Souvenez- vous que, par la loi de séparation, nous vous avons donné pour longtemps la paix, en montrant à Plialie que, ne voulant pas retomber dans les fautes de l’Empereur en 1870, qui nous valurent Sedan et Metz, la République française aimait mieux marcher d’accord avec son roi qu’avec le Pape et que, par conséquent, T Italie avait intérêt h so séparer de l’Allemagne, comme elle l’a fait à la conférence d’Àlgésiras.

En ce qui concerne da pension des députés, notre Association mutuelle est semblable à celle que toute corporation peut constituer et elle ne coûte rien à PElât, Cette pension, que loucheront, à partir du l0r janvier 1909 les anciens députés âgés de 60 ans au moins, sera payée au moyen des 15 francs que nous versons chaque mois.

Ceux qui contesteront devant vous l’exactitude de ces affirmations mentent effrontément- Ils vous trompent pour essayer de troubler vos consciences et de surprendre vos suffrages.

En 1902, je m’étais engagé à voter le service militaire de deux ans, la loi sur les juges de paix, les retraites ouvrières et les lois d’Assistance* J’ai tenu parole. Mous vous avons donné en plus la loi sur les sucres, sur les bouilleurs de cru et sur la taxe postale réduite* Je serai, dans la prochaine législature, non moins fidèle aux engagements que je prends aujourd’hui.

Après ces explications loyales, je laisserai passer les mensonges, les injures, les diffamations et les calomnies, car je n’ai pas à ma disposition les automobiles et les ressources

de Trélissac pour y répondre par la parole ou par les journaux. Je m’en remets à votre bon sens et j’attends avec confiance votre verdict. Je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi.

En 1881, à mon entrée dans la vie politique, je vous disais :

« Je suis convaincu que la démocratie est un ordre social nouveau qui, sans rompre avec l’ancien, doit le développer en le transformant. Je suis convaincu que l’éducation et l’émancipation de plus en plus complètes de l’individu sont par excellence les moyens de cette création. Je suis convaincu, enfin, que c’est en méconnaissant celte vérité, qu’après avoir répudié le passé au souffle de la Révolution française nous n’avons pas encore préparé l’avenir, dent les voies semblent encore incertaines à de très bons esprits. C’est vous dire que je suis partisan de toutes les mesures qui permettront de transformer progressivement les mœurs de la nation en la conduisant, par les voies de la liberté, à l’union de la conscience et de la science ».

Je n’ai jamais dévié de cette ligne de conduite, et, au moment de signer ce programme, que Tàge me fait un devoir de considérer probablement comme étant le dernier que je vous adresserai, je n’hésite pas à vous dire que j’agirai pendant les quatre années qui vont suivre — si je suis votre élu — comme j’ai agi dans le passé, dans l'intérêt de la France et de la République.

Daignez agréer, Monsieur et cher concitoyen, l’expression de mes sentiments les plus dévoués.

Henri GHÀVÛIX.

Circonscription de RIBÉRAC.

U. PÜURTEYRON.

Élu an 1er tour de scrutin. — 9491 voix.

Mes chers Concitoyens,

Les élections législatives sont fixées au 6 mai. Une fois de plus, je viens vous demander le renouvellement de mon mandat.

Élu comme républicain d’action et de progrès, j’ai la conscience d’avoir fidèlement rempli mon devoir et tenu tous mes engagements.

Comme par le passé, je suis partisan résolu de la stabilité ministérielle, qui est la condition essentielle de la bonne marche des affaires. C’est, en effet, en assurant l’existence prolongée des cabinets, que nous avons pu accomplir la plus grande partie des réformes promises.

Le vote de quatre lois importantes a surtout donné à cette législature son caractère

spécial : ■

La nouvelle loi militaire a reçu son application; elle a établi le principe de l’impôt du sang égal pour tous, et, par la réduction du service à deux ans, elle rend à l’agriculture et à ^industrie les bras qui lui étaient trop longtemps ravis. Nous aurions voulu aussi pouvoir appliquer la réduction des 28 et des 18 jours, que nous avons votée ; nous avons, en tout cas, obtenu la suppression de ces périodes pour les soutiens indispensables de famille.

Les retraites ouvrières, étudiées par la Commission d’assurance et de prévoyance sociales, dont j’ai eu l’honneur de faire partie, ont aussi été votées par ia Chambre; elles

cnni auiourd’hui devant le Sénat, , „ * , .

Le Principe généreux qui a fait donner aux ouvriers de l'industrie et de l’agriculture la

sécurité^ de l’avenir et la tranquillité pour la vieillesse est définitivement acquis. Basée sur ?e concours de l’ouvrier, du patron et de l’État, cette loi sera organisée dans la mesure des

ressources de chacune des parties intéressées. . . . .

La loi sur l’assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables est aussi

un fait accompli : elle entrera en exécution le, L"r janvier 1907.

La loi de séparation des Églises et de l’État s’imposait après le voyage de M. Loubet à Rome et ia protestation intempestive du Saint-Siège. Nous l’avons faite libérale et tolérante ;

En assurant la liberté absolue de conscience et le libre exercice du culte;

En respectant le dogme et l’organisation catholiques;

En mettant gratuitement les églises à la disposition du clergé;

En donnant des pensions aux prêtres et un traitement éventuel aux desservants des campagnes^ ^ communes rurales le budget des cultes, sous forme de dégrève-

mC11 Afm depermettre la dévolution régulière des biens, nous avons accepté des inventaires dont la réaction a cherché à dénaturer complètement le sens et la portée, pour en aire un moyen de révolte contre la République.

Une seule de ces lois suffirait à l’honneur d’une Chambre législative. ,

Si nous entrons dans le détail des bis votées dans l’intérêt des campagnes, depuis l’époque où Gambetta institua le Ministère de l’Agriculture, ne voyons-nous pas de quelle sollicitude a été entourée cette branche de l’activité nationale, qui nous est particulièrement chère dans l’arrondissement de Ribérac :

Dégrèvement des petites cotes foncières ;

Subventions aux concours régionaux, départementaux et comices agnco.es;

Création des champs d’expérience;

Dégrèvement des vignes phylloxéras ;

Organisation du Crédit agricole;

Secours aux associations contre la mortalité du bétail;

Suppression des droits d'octroi sur les vins;

Extension du réseau vicinal;

Rétablissement du privilège des bouilleurs de cru ;

Exécution et ouverture du chemin de fer de Ribêrac à Parcoul;

Étude du tramway de la Double. m

Voilà les réformes qui figuraient depuis longtemps dans nos programmes et qui ont pu être accomplies.

11 reste 3a réforme financière dont nous aurons à nous occuper.

L’opinion publique réclame en effet plus de justice dans l’impôt. Nous chercherons, avec le concours du Gouvernement, comme nous y invitait, dans un récent discours, I éminent Ministre des Finances, la formule qui, sans vexations ni mesures inquisitoriales ou arbitraires, assurera une meilleure répartition des charges publiques, en supprimant 1 impôt foncier et en frappant la richesse acquise.

Les finances de la République, sévèrement défendues par nos ministres, ont pu are critiquées; mais l’éloquent tableau qui en a été tracé par le grand financier actae moqre quelle force de production et d’épargne possède la France : a La France est un immense réservoir de capitaux; elle est le banquier de tous les pays du monde. » A si on a pu, < a0® ces vingt dernières années, faire profiter le pays de plus de 500 millions de dégrèvement, U

a 'est pas téméraire d’espérer que des économies ne puissent être faites pour permettre sans impôts nouveaux, l’exécution des lois votées.

Déjà la loi qui étend ta compétence des juges de paix est en vigueur; nous ta compléterons par uue réforme générale qui donnera à tous une justice plus rapide et moins coûteuse.

Je reste partisan de la diminution du nombre des membres du Parlement e! du renouvellement partiel de la Chambre.

Électeurs,

Cette dernière législature a vu se faire.au milieu du calme le plus complet, la transmission normale des pouvoirs présidentiels ;

Elle a vu triompher au dehors le prestige de la France, dont la diplomatie a assuré la paix extérieure, et a consacré, par l’union des peuples à AJgésixas, les principes d’arbitrage international.

C’est le résultat de la politique que nous avons suivie.

Depuis plus de douze ans, vous m’avez confié le drapeau de la République. Je l’ai tenu haut et ferme. Vous vous en souviendrez.

Vive la République I

Dr P. POURÏEYRON,

Maire de Saint-Vincent-de-Cûnnezac, Vice-Président du Conseil général de la Dordogne, Député sortant.

Circonscription de SARLAT.

M. SARRAZINo

Élu au 2e tour de scrutin. — 15.707 voix.

Chers concitoyens,

Députés6 mai pr0cIiam’ vous êles aPPeléa à élire votre représentant à la Chambre des

Le Comité républicain, et, à sa sune, le Congrès des élus républicains de l’arrondissement, méjugeant toujours digne de votre confiance, ont pensé que, une fois déplus je devais être 1. porte-drapeau de la République dans l’arrondissement de Sariai. C’est pourquoi j ai 1 honneur de solliciter vos suffra'gesv

. , . d’avoir remP!i raon ®a®dat avec fidélité, de n’avoir jamais négligé tes

1 -- s de noire pays, je n’ai cessé de transpirer, des intérêts supérieurs de noire

IèmaLrÏUb lCame|’ San? restrietion aucunc> î’®} aP^rté mon concours à l’œuvre

3 sotiales ri°m° penia” d« h

C’est pendant cette législature qu'une majorité compacte, disciplinée, a voté : iu La loi militaire de deux ans, égale pour tous, sans distinction aucune ;

T La loi relative à l'assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables privés de ressources, loi dont T application est fixée au É3r janvier 1907;

3° La loi concernant l'extension de la cnmpétence des juges de paix, qui entraîne une importante économie des frais judiciaires et rapproche le juge des plaideurs;

k* Le projet de loi, adopte par la Chambre des Dépotés, bientôt soumis aux délibérations du Sénat, sur les re irai tes ouvrières et paysannes, s’appliquant aussi bien aux travailleurs de fin du strie qu’à ceux de l’agriculture;

5° La loi de séparation des Églises et rie l’État.

Cette loi, de qui M. Briand a pu dire avec vérité qu'elle est une œuvre de raison faisant honneur à la République, s inspire du plus pur esprit de justice. Elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice du culte. Elle prévoit des retraites pour les prêtres âgés de plus de quarante-cinq ans; efie maintient aux jeunes prêtres, pendant plusieurs années, soos le nom d'a locations, tout ou partie de leurs anciens traitements.

Les églises restent gratuitement à la disposition des fidèles.

Les sommes rendues disponibles par la suppression du budget des cultes seront réparties entre les communes au prorata du contingent de la contribution foncière des propriétés non bâties et, les communes étant ainsi dans la possibilité d’opérer des dégrèvements, Le fidèle n'éprouvera de par la loi aucune charge nouvelle.

A propos des inventaires, on a suscité un émoi qu’explique seule l'agitation électorale. Tout ce qui servait au cuite reste, en effet, affecté au culte. Si l'inventaire a été inscrit dans la loi, sur la demande, d'ailleurs, des députés les plus modérés, il constitue une simple mesure destinée â empêcher les associations cultuelles d'être inquiétées plus tard à raison des objets qui leur auraient été transmis. Il a été fait aussi dans l'intérêt des fidèles pour la conservation des mêmes objets.

Telle est l'exacte vérité.

Comme vous le voies, ni persécution, ni spoliation.

Seui, le désir d'exercer sur les élections une influence préjudiciable à la République a provoqué une rébellion sans cause réelle.

Le pays ne se laissera pas prendre à un piège si grossier. 11 proclamera, le 6 mai, sa volonté de laisser à jamais le domaine de la conscience séparé du domaine politique.

Chers concitoyens,

La législature prochaine, si elle doit avoir le souci d'assurer, de la part de tous, le respect à la loi, pourra, débarrassée de la question religieuse, porter toute son attention sur les réformes sociales, fiscales et administratives.

Elle devra réaliser ;

L'organisa lion défmmve des retraites ouvrières et paysannes ;

La réforme de l’impôt général sur le revenu, avec exemption à la base et dégrèvements pour charges de famille, impôt dont le taux s'élevant parallèlement au chiffre du revenu du contribuable ne pourra, cependant, dépasser un maximum au delà duquel Je tarif progressif ne serait plus qu'une arme de nivellement. Cette réforme sera complétée par la suppression de la cote personnelle et mobilière, de l'impôt des portes et fenêtres et suivie, soit du dégrèvement total de l’impôt foncier, soit de son abandon aux communes, qui le supprimeront ou ['emploieront à des travaux publics.

Si je suis votre élu, je poursuivrai encore :

Une organisation nouvelle de la magistrature tendant à assurer son indépendance et un meilleur recrutement du personnel;

La modification du régime des prestations;

L’abrogation complète de la loi Falloux, les professeurs de l’enseignement libre devant avoir les mêmes diplômes que les professeurs de notre Université ;

Le développement des œuvres de mutualité, en même temps que celui du mouvement associatif ; syndicats et sociétés coopératives de production :

La procédure d’arbitrage tendant à régler les conflits du travail ;

La protection des intérêts des éleveurs contre l’importation des bestiaux ;

La réduction des tarifs de transport par chemins de fer des produits agricoles et des matières servant à l'agriculture.

Il conviendra aussi d’entrer dans la voie des économies, et, pour atteindre ce résultat, d’exercer un contrôle sévère sur les dépenses des grandes administrations et de supprimer, par la décentralisation, un grand nombre de fonctionnaires.

Je demanderai la réduction de la période militaire des vingt-huit jours à quinze jours

et la suppression des treize jours ; .

L/ abolition du droit de circulation sur les vins, et, enfin, le permis de chasse a prix réduit avec établissement simultané d’un permis de chasse journalier à cinquante centimes.

Les voies de communication, chemins de fer et tramways, à l’établissement desquels «ont intéressés quelques cantons de l’arrondissement, seront l’objet de toute ma sollicitude.

Chers concitoyens,

Le 6 mai, vous aurez à faire votre choix entre deux politiques : l’une de recul, de haine et d’oppression, l’autre de progrès, de solidarité et de liberté.

A vous de dire si, sous l’égide de la République, la France doit poursuivre sa marche

vers son idéal de bonté et de justice.

SARRAZ1N,

Licencié en droit, Docteur en médecine,

Maire de Sarlat,

Vice-Président du Conseil général,

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