DOUBS
Circonscription de BAUME.
M. le marquis de MQUSTljÿR.
]ÉJu au ior tour de scrutin, t— 7. £75 voix.
Mes chers concitoyens,
Vous m’avez, depuis seize ans, prodigué à chaque élection nouvelle les marques de votre confiance.
Les pires procédés de corruption et d’intimidation n’ont pas affaibli votre foi dans le programme libéral que je vous ai soumis en 19Û2, Aussi, est-ce avec une pleine confiance que je viens solliciter pour la cinquième fois vos suffrages,
je ne veux pas revenir sur le passé. Vous avez tous compris que l’homme qui s'est engagé vis-à-vis de vous à défendre les « Institutions républicaines », mais à défendre dans la République les idées de « tolérance », de « liberté » et de u progrès », ne pouvait à aucun moment faire partie de la majorité qui a soutenu la politique du Ministère CombeB. Tant que ce régime a duré, j’ai fait partie de la « minorité libérale » et j’ai combattu le programme et les procédés politiques d’un Gouvernement qui a fini par tomber sous la révolte de la conscience publique,
J’estime qu’il vaut mieux, aujourd’hui, regarder vers l’avenir et se demander quelle doit être la tâche de la nouvelle Chambre, si elle veut mériter la confiance et la reconnaissance du pays. â*?
Elle aura, revenant sur l’œuvre de la dernière législature, à « modifier et compléter la réforme militaire a, a Le principe du serviœ réduit à deux ans est acquis, et quoi qu’eu disent mes adversaires, je n’ai jamais combattu ce principe s je T ai voté », Mais la loi doit être q complétée » par une loi assurant à i’armée des cadres, solides, et par une loi favorisant tes engagements et les réengagements, de façon à former un noyau de soldats exercés, habitués au métier et facilitant, par leur exemple, l’instruction des jeunes solda ts dont le temps de service est désormais réduit. La loi doit être t modifiée » dans l’intérêt des « soutiens indispensables de famille », dans l'intérêt aussi des jeunes gens versés dans le service auxiliaire. Pour ces deux catégories de citoyens, la loi nouvelle s’est montrée beaucoup trop dure, .
« Je n’ai pas voté la loi de séparation des Églises et de l’État », car j'étais un partisan convaincu du maintien du Concordat. En détruisant ce contrat, qui avait assuré à l’Etat et à l’Église plus de cent ans de paix religieuse, et en l’abolissant sans tenir compte de ce fait que le Gouvernement de la République était engagé par un contrat t< bi-latéral », je crois que
GA
Tan a fait une œuvre mauvaise qui, loin d’assurer la paix religieuse de notre pays, la liberté et l'indépendance aux différents cultes, risque de perpétuer les luttes confessionnelles,
3e souhaite que la Chambre nouvelle s'inspire de sentiments a assez libéraux » pour que nous puissions éviter toutes les conséquences malheureuses qu’il est trop facile de prévoir, Je souhaite qu'elle témoigne d'un sens politique assez sûr pour comprendre qu’une loi aussi grave, qui touche aux consciences, ne pourra s’appliquer que par accord loyal entre les pouvoirs publics et les représentants des différente cultes,
J’esiime qu’il y a lieu de se préoccuper de a la réforme électorale » et je suis disposé pour ma part, à accepter le scrutin de liste avec représentation proportionnelle. Il me paraît le système le plus équitable, celui qui se prête le mieux k l'organisation des partis politiques, en leur assurant une action proportionnelle à leur force réelle, « celui qui garantit le plus d’indépendance aux électeurs ».
Je m’associerai loyalement aux « reformes fiscales » qui auront pour but de rendre les impôts directs et indirects « vraiment proportionnels aux facultés de chacun, qui atténueront les charges des contribuables les moins fortunés et des familles nombreuses ». Mais je repousserai tout syslème susceptible d’introduire une taxation administrative « arbitraire » ou une « inquisition » dans les affaires privées des citoyens.
Notre « système administratif » mérite d’être profondément remanié et simplifié* L’excès de la centralisation et du fonctionnarisme paralyse la nation.
Au lieu de réduire toujours les franchises des départements et des communes, il importe au contraire de les accroître.
Au point de vue « judiciaire », je demanderai qu’on rende la justice plus « expéditive et moins coûteuse », et qu’on assure aux justiciables des juges « éclairés et indépendants ».
u Les réformes sociales » entreront au premier rang dans les préoccupations de l’Assemblée nouvelle. Elle devra montrer une égale sollicitude « aux travailleurs des champs et aux travailleurs de l’industrie », Elle devra se préoccuper des « retraites ouvrières ». Je me défie, pour celte dernière question, des projets trop ambitieux qui centraliseraient la caisse des retraites ouvrières entre les mains de l’État et créeraient une et obligation pour l’assuré ».
J’estime que la question doit être résolue « avec l’aide et par l'intermédiaire de la mutualité », à laquelle l’État devra donner largement son concours.
Je suis partisan de toutes les lois « d’assistance et d’assurance * contre la h maladie et le chômage » ; des lois protectrices des « intérêts de la femme et de l’enfant » ; des « tribunaux d'arbitrage et de conciliation ».
Je crois que la révision de la loi de ISSZi sur les « syndicats professionnels » s’impose en yuq d'élargir leurs capacités et leur champ d’action, mais à la condition de les « maintenir dans leur rôle économique ».
Je veux le développement de la « liberté d’enseignement », sous la seule garantie du contrôle assurant la compétence des maîtres et ie respect des lois de la République, « L’école doit enseigner le dévouement à la patrie, dont le corollaire est ïe devoir militaire, »
Le Gouvernement de la République doit « assurer l'indépendance de chaque citoyen et doit répudier les pratiques de la délation et tout cet ensemble de procédés k l'aide desquels on prétendait courber et avilir les consciences. La République, telle que nous la comprenons, doit être par essence le règne de Y « égalité «, de la « justice », de la « liberté » et de V * honneur »,
Croyez, mes chers concitoyens, à mon profond dévouement.
Vive la République!
Marquis de MÜUST1EB,
Député sortant,
Candidat républicain progressiste.
itf Circonscription de BESANÇON.
M, BEÀUQUÏER.
Élu au Ier tour de scrutin. — 5.618 voix,
Électeurs,
Bien que j’aie depuis longtemps l’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés, je crois utile de rappeler aussi brièvement que possible, pour les jeunes, pour ceux qui ne m’ont pas suivi depuis le commencement de ma carrière politique, quel a été mon passé.
Républicain déjà sous Napoléon IIÏ, je suis un Me ceux qui ont osé, les premiers, attaquer son odieux gouvernement. Ceux de ma génération, j’aime à le croire, n’ont pas oublié les campagnes hardies de ce 'torpilleur de la presse qui s’appelait le Doubs et dont j’ai été un des fondateurs et des principaux rédacteurs.]
Ceux qui se souviennent de cette vaillante petite feuille n’ont pas oublié non plïie que j’y ai récolté de nombreuses amendes et dès mois de prison,
II en a été de même sous TOrdre Moral, alors que j’écrivais dans le Républicain it l'Est , dans la Démocratie franc-comtoise , dans la Fraternité,
Mes contemporains n’ont pas oublié non plus— si les jeunes l’ignorent — que j’ai été à Besançon le premier initiateur des réformes sociales, propagateur et fondateur des syndicats professionnels et des coopératives de consommation et de production
Inutile de dire que, dans les législatures précédentes, j’ai voté, conformément à mes principes, toutes les lois favorables aux travailleurs des usines et des champs: Liberté des syndicats, suppression des livrets ouvriers, loi sur les accidents du travail, délégués mineurs, réduction des heures de travail, limitation de la saisie sur les salaires ouvrier», participation des ouvriers aux bénéfices du patron, arbitrage obligatoire pour faire cesser les grèves, lois favorisant la construction des habitations à bon marché, création d’un Office du travail, repos hebdomadaire, suppression des bureaux de placement, loi Serteaux sur les retraites des ouvriers et employés des chemins de fer, obligation de secourir les vieillards et les infirmes, retraites ouvrières, etc...
On peut voir, par l’énumération fort abrégée de ces lois sociales si importantes que j’ai votées, mais dont malheureusement plusieurs sont encore en suspens devant le Sénat, si je me suis exclusivement cantonné dans les questions cléricales, comaie le prétendent quelques-uns de mes adversaires ou concurrents.
En matière d’anticléricalisme, je crois qu’il est tout à fait faufile d’insister : mes opinions è ce sujet vous sont suffisamment connues*
J’ai voté, cela va sans dire, la suppression de l’enseignement congréganiste et la séparation des Églises et de l’État, qui avaient toujours figuré sur mon programme.
Convaincu, plus que jamais, qu'il y a des économies considérables à réaliser en simplifiant les rouages si compliqués de 'notre administration, en réduisant les états-majors de nos hauts fonctionnaires, de façon à pouvoir rétribuer plus largement les petits, je me nuis toujours appliqué à faire prévaloir le système si rationnel de la décentralisation et à proposer, de ce chef, de notables économies. A plusieurs reprises, mes collègues m’ont nommé président ou vice-président des grandes Commissions parlementaires chargées d’étudier ces importantes questions.
Voici quelques-unes des propositions de loi que j’ai déposées dans ce sens ;
Rdorganisatioacoraplète du service des douanes; réorganisation de l'intendance militaire; division de la France en vingt-cinq régions substituées à nos 86 départements; diminution du nombre des fonctionnaires de l’enregistrement, etc., etc.
J’ai développé, à plusieurs reprises, à la tribune, la réforme de l’administration par l’administration elie-méme, grâce à un système de primes. Par ce moyen, on diminuerait progressivement, et par extinction, lé noitobre des fonctionnaires inutiles en augmentant les traitements de ceux qui seraient conservés.
Dévoué au prolétariat administratif, j'ai voté toutes les améliorations du sort des instituteurs, forestiers, douaniers, cantonniers, maîtres-répétiteurs, professeurs de dessin, ouvriers de l’État, etc,, etc.
En ce qui concerne l'agriculture, je rappellerai à mes électeurs de la campagne que j’ai toujours fait partie à la Chambre du groupe des défenseurs de la petite culture.
Fai voté: la répression des fraudes sur les objets de l’alimentation et aussi dans le commerce des engrais, l'adjudication des fourrages de Farinée aux entreprises locales, la révision du cadastre, le dégrèvement des vins, cidres et bières, rabaissement du prix du sucre, le rétablissement du droit des bouilleurs de cru, la loi sur les warrants agricoles, la suppression des octrois, les caisses de crédit agricole, la répression du vagabondage dans les campagnes, etc.
Ma signature est au bas d’un projet de loi qui sera discuté dans la prochaine législature et qui consiste à doter chaque famille de cultivateurs d’un petit domaine insaisissable (Homestead),
Tout en voulant la France grande et forte, je suii un partisan convaincu de la paix par le droit, de la substitution de l’arbitrage à la guerre, honte et fléau de l’humanité. Membre de nombreuses sociétés pacifistes, dont j’ai l’honneur de présider quelques-unes, notant ment la Ligue franco-italienne et l’Association des journalistes amis de la paix, depuis de longues années je m’efforce de faire triompher les idées de justice entre les nations européennes.
Pai voté îa ré duction du service de 3 ans à 2 ans.
Jfai voté la réduction de service de 13 jours et de 28 jours, qui a été repoussée par le
Sénat.
Plusieurs fois déjà, l’impôt global et progressif sur le revenu a été présenté aux Chambres; je l’ai toujours voté; ce sera une des premières lois qui seront discutées dans la prochaine législature.
J’ai voté également un impôt progressif sur les héritages, rabaissement h 3 francs de la taxe sur les bicyclettes, la réduction de la taxe des lettres à 10 centimes.
J’ai voté la loi de protection sur le salaire de la femme mariée ; la loi sur Je secret et la liberté du vote.
J’ai proposé et fait voter une loi, aujourd’hui définitive, puisqu’elle a été acceptée également par le Sénat, sur la protection des beaux paysages de France. Celte loi n’intéresse pas seulement les touristes, mais aussi les populations où se trouvent les sites, puisque ce sont ces beautés naturelles qui, en attirant de nombreux étrangers, constituent une véritable richesse pour le pays.
J'ai voté la surveillance du trhvaîl dans les établissements privés (Bons Pasteurs, surnommés les bagnes d’enfants). La Chambre, avant de se séparer, a nommé une Commission d'enquête sur le régime de ces établissements, et j’ai été choisi pour président de cette Commission.
Je passe maintenant aux questions d'intérêts locaux:
Le Conseil municipal de Besançon et les maires des autres communes de ma circonscription sont là pour attester que j’ai toujours servi leurs intérêts et me suis employé de mon mieux à toutes les démarches nécessaires auprès des pouvoirs publics,
Les administrateurs et les ouvriers des diverses industries: soierie Chardonnet, équipements militaires, ouvriers de l’arsenal, etc.,,, ont eu recours maintes fois à mes services
que je ne leur ai jamais marchandés J'en dirai autant des diverses sociétés de bienfaisance* de sport ou autres* si nombreuses dans notre ville.
En ce qui concerne particulièrement l'horlogerie, fai conscience de m’être toujours dévoué aux intérêts des ouvriers et des patrons et d'avoir obtenu, par mes démarches en leur faveur, tout ce qu’il était possible d’obtenir. En aucune circonstance, je ne leur ai refusé mes services, qu’il s’agît d’intérêts collectifs ou personnels. A diverses reprises, du reste, les intéressés m’en ont témoigné leur reconnaissance.
Je me bornerai à rappeler que j'ai, durant plusieurs années, collaboré à la refonte de la loi de brumaire sur la garantie des matières d’or et d’argent.
C’est à moi que l’on doit la nationalisation de notre École u’horlogerie.
j’ai voté le quatrième titre pour les matières d’or et d’argent; j’ai obtenu que Pessai à la coupelle tût substitué à l'essai au touc hau; j’ai demande plusieurs fois la suppression des bureaux de garantie à la frontière. J’ai obtenu une diminution sensible des frais des colis postaux à destination des colonies, etc.
Ce rapide aperçu de la manière dont je me suis acquitté de mon mandat peut rassurer les électeurs sur mes votes dans la législature nouvelle.
Je suis résolu à voter toutes les réformes utiles à la démocratie, aux humbles, aux déshérités de la fortune, toutes lois qui réalisent plus de justice et de liberté: Diminution des frais de justice; justice gratuite pour les justiciables peu aisés; suppression des conseils de guerre; etc., etc.
Vive la République démocratique et sociale I
Charles I3EÀUQU1ER,
Député sortant.
2 Circonscription de BESANÇON.
M, Léon JAftET.
Elu au lflr tour de scrutin. — 7.266 voix.
Mes chers Concitoyens,
Il y a quatre ans, alors que je n’étais qu’un inconnu pour la plupart d'entre vous, vous m’avez fait le grand honneur de me choisir pour votre représentant, en me donnant une majorité de 865 voix.
Depuis, je me suis toujours efforcé de me tenir en constants rapports avec vous, et les encouragements que vous m’avez sans cesse prodigués m’ont montré que je n’avais pas cessé d'être en parfaite communion d’idées avec ceux qui m’avaient élu.
C’est donc avec la plus entière conlîance dans votre verdict souverain que je viens soi* licîtcr ie renouvellement de mon mandat.
La politique que j’ai suivie a été entièrement conforme aux déclarations contenues dans mon programme de 1902.
La loi des associations a été appliquée aux congrégations avec modération, puisque le nombre des demandes d’autorisation rejetées n’a môme pas atteint le tiers du nombre total des demandes présentées.
La séparation des Églises et de P État, imposée au Gouvernement français par l'attitude intransigeante de la papauté, a été réalisée d'une manière si libérale, qu’elle a été votée par certains chefs eux-mêmes du parti progressiste.
Un grand nombre de réformes inscrites dans mon programme de 1902 ont été adoptées par le Parlement Je citerai notamment ;
La réduction à deux ans de la durée du service militaire, qui a fait disparaître tous les privilèges, sans porter atteinte à la force de notre armée nationale ;
La loi d’assbtanee obligatoire aux vieillards, infirmes et incurables, qui rentrera eu vigueur dès le lor janvier 1907 ;
La modification du régime des prestations, qui a substitué à la répartition par tète une répartition basée sur les facultés contributives de chacun j
La diminution de l’impôt sur les sucres, dont le prix de vente au détail a de ce fait subi une baisse importante;
La réforme des bureaux de placement, qui a mis un terme à 1* exploitation éhontée des travailleurs des villes par certaines de ces agences ;
L'extension de la compétence des juges de paix, qui a diminué, dans beaucoup de cas, les frais de justice pour les contribuables;
L’abaissement à 0 fr. 10 du prix d’affranchissement des lettres;
L'abaissement, de 6 francs à 3 francs, à partir du lïr janvier 1907, de l’impôt sur les bicyclettes ;
La liberté de distiller, pour laquelle j'ai lutté de toutes mes forces et qui, fortement entamée dan'ï le courant de la législature, a été rétablie dans son intégralité, et d’une manière définitive*
Si Pimpôt progressif sur le revenu, i nscrit dans mon programme de 1902, n’a pas encore été réalisé, vous savez tous que, par mes votes, je me suis sans cesse prononcé en sa faveur et que son échec est dô aux députés de la droite et du centre, renforcés par quelques modérés du Bloc*
Il est inadmissible que Pon fasse attendre pl us longtemps à la démocratie cette réforme si impatiemment désirée; je l’inscrirai donc en tête de mon nouveau programme. Comme en 1902, j’estime que cet impôt ne devra rien demander à la misère, peu à la petite aisance et davantage à la richesse*
Le projet de loi des retraites des vieux travailleurs, voté par la Chambre, est actuellement soumis à l’examen du Sénat; je ferai tous mes efforts pour qu’il devienne bientôt une réalité*
Je m’efforcerai d’obtenir que de plus grandes facilités soient accordées aux cultivateurs pour la distillation des marcs de vendange achetée.
le m’intéresserai spécialement à toutes les améliorations concernant l'agriculture : le développement du crédit rural, qui vient d’être organisé sur des bases sérieuses dans notre département; P organisation de caisses d’assurances contre îa mortalité du bétail, dont iL existe déjà un grand nombre ; la réduction des droits de mutation sur les petites ventes; la création d’un bien de famille insaisissable, qui vient d’être votée par la Chambre et que le Sénat va être appelé à ratifier.
Je continuerai à réclamer la diminution des frais de justice et la simplification de la procédure.
Je voterai toutes les dispositions de nature à venir en aide aux familles nombreuses.
Je demanderai le relèvement de la situation matérielle de nos instituteurs, si dévoués à la noble mission dont ils sont investis.
Je poursuivrai l’amélioration du sort des petits fonctionnaires, et particulièrement dea facteurs, cantonniers, gardes forestiers, douaniers, La Chambre actuelle a déjà fait quelque chose en faveur debertams d’entre- eux; il faudra résolument persévérer dans cette voie.
Patriote convaincu, je réprouve hautement les néfastes doctrines qui prêchent la désertion en face de PennemL Je suis pacifiste et partisan du développement de l'arbitrage inter*
national, Mais j'estime que, pour le moment, il est nécessaire, dans l’intérêt même de la paix, de garder une armée forte et respectée.
Je veux une République anticléricale, mais non antireligieuse, respectueuse, quoi qu’on puisse insinuer, du libre exercice du culte, accordant une justice égale pour tous, seeourable aux faibles et économe des deniers publics.
Deux politiques nettement distinctes s'offrent à vous : l’une, celle du bloc de gauche, ** fautre, celle du bloc de droite. Entre ces deux politiques, votre choix n’est pas douteux. Le pays ne se laissera pas tromper par les sophismes de ceux qui voudraient le ramener en arrière et il enverra à la Chambre une majorité compacte, franchement résolue à marcher dans la voie des réformes, du progrès et de la liberté.
Vive la République démocratique! *
Léon JANET,
Député sortant.
Circonscription de MONTBÉLIARD.
M. Marc RÉ VILLE.
Élu au 1er tour de scrutin. — 10.739 voix. - ^
Mes chers Concitoyens/
Choisi à nouveau par les comités républicains de l’arrondissement de Montbéliard pour rallier sur mon nom, le 6 mai prochain, les suffrages de tous les électeurs républicains, radicaux et démocrates, jTai accepté cette offre. Cette désignation est, en effet, la réponse ia plus catégorique et la plus éloquente aux injures et aux calomnies qui^depuis trois ans, ont été adressées à votre représentant par des agités et des agitateurs, sans que je me sois jamais abaissé à les relever ou à les réfuter.
Je viens vous demander de confirmer cette désignation en opposant une fois de plus à la coalition réactionnaire et cléricale l’union de tous les vrais républicains. Cette union, qui a toujours existé sur le terrain des principes supérieurs de la République, se retrouvera, plus compacte et plus énergique que jamais, pour faire triompher cette fois encore la politique de défense et d’action républicaine dans noire bel arrondissement de Montbéliard, la politique de Vielte, tPHuguet, de Borne ; c’est celte politique qui a permis à la France de se donner librement et de développer progressivement les institutions sous la protection desquelles elle a retrouvé dans le monde, grâce a plus de trente années de paix ininterrompue en Europe, son rang de grande nation au point de vue politique, industriel et social, sans cesser d’être la mère de toutes les idées généreuses de justice, de vérité et d’émancipation humaine.
Ayant donné mon adhésion aux réformes préconisées de tout temps par l’Alliance républicaine radicale et démocratique, je voudrais résumer ici les principes qui continue* ront à me guider et les points primordiaux sur lesquels devra porter Peffort de là prochaine législature.
Partisan résolu de la paix et du développement de l’arbitrage entre les nations pour éviter des conflagrations sanglantes, j’entends laisser hors de toute atteinte et de toute discussion l'idée de pairie. L’existence de la France est aussi nécessaire à l’émancipation de l’humanité qu’à la satisfaction de Taoiour que chacun de nous éprouve pour la terre où ses aînés ont vécu et souffert, et où vivront et seront de plus en plus heureuses, il faut l’espérer, les générations à venir.
La propriété individuelle, proclamée et consacrée par la Révolution, doit rester un
principe intangible, sauf à en faciliter l'accès aux moins favorisés de la fortune, par le développement des associations coopératives sous toutes ses formes.
La liberté de conscience, c'est-à-dire la liberté de croire et de penser sans contrainte, — liberté que des loU récentes viennent de reconnaître légalement — doit être scrupuleusement respectée ; il faudra donc veiller, avec un soin de Ions les instants, à l'application ^stricte, mais exempte de toute violence, des lois de défense démocratique contre l'envahissement du cléricalisme.
Animés de cm principes, nous devrons, avant tout, procéder à une réorganisation administrative de la France, clans un esprit de décentralisation et d'économie, de façon à supprime r des rouages et des fonctions dont la nécessité ne sejnsdfic plus, à une époque où les chemins de fer, le télégraphe et le' téléphone ont réduit les distances et rapproché des centres jadis éloignés les uns des autres. La même étude entraînera la suppression de sinécures maintenues par la routine et par le soin que leurs bénéficiaires mettent h en dissimuler l’inutilité.
En même temps, Feu semble de nos lois fiscales devra être révisé de manière à répartir plus équitablement le fardeau des dépenses publiques, qui doivent atteindre les citoyens en raison de leurs facultés ; Fimpôt progressif sur le revenu, ménageant la richesse en formalion, est le moyeu le plus sûr d'arriver à ce résultat et de mettre un terme à ce qui se voit aujourd'hui, où ïe petit contribuable est relativement plus grevé que son voisin, le millionnaire.
La loi sur les retraites ouvrières et agricoles, dont la Chambre des Députés a posé les principes cette année même, devra être menée à fin au cours de la législature nouvelle. Utilisant le concours de la mutualité, sans laquelle on ne saurait arriver à un résultat vraiment pratique, le législateur devra s'inspirer, pour la solution de ce problème très complexe, des principes de la solidarité la plus étendue, quTil rendra obligatoire à ceux qui veulent bien bénéficier de Forganisatien sociale, mais qui refusent d'y participer dans la mesure de leurs -moyens.
Si vous joignes à cela l'élaboration des lois réclamées pour le développement du p a tri- * moine agricole et de la richesse industrielle et commerciale de Ja France* vous reeonnaïstrez avec moi que la réalisation de ce programme fera honneur au Parlement qui l'accomplira et aux électeurs qui auront donné à leurs représentants la mission de le remplir.
Mes chers concitoyens,
C'est à cette collaboration que je vous invite ; c'est ce programme que je m'efforcerai de réaliser, restant eu cela fidèle à îa politique résolument et radicalement républicaine et démocratique qui a été la vôtre jusqu'à ce jour ; je continuerai en outre* comme je l'ai fait jusqu'ici, à défendre, toutes les fois qu'il sera nécessaire, les intérêts généraux, industriels et agricoles de notre chère région montbéliardaise. Toute mon énergie, tout mon dévouement, toute Inexpérience acquise au cours de vingt années passées dans l’étude pratique des lois et au cours des trois dernières années passées dans la vie parlementaire, seront an service de l'arrondissement qui m'aura donné le mandat de le représenter.
Dans ces conditions, je compte sur vous, mes chers concitoyens, pour assurer une fois de plus, le 6 mai 190 b, la victoire de la République dans notre arrondissement; et l'écrasement définitif de la réaction, qui se couvre du masque républicain pour tâcher de dissimuler ses alliances et ses compromissions avec le cléricalisme, ennemi perpétuel et irréconciliable de tout vrai progrès et de toute émancipation.
Vive la France I
Vive la République I
Vive l'arrondissement èe Montbéliard l
Marc &Ë VILLE,
Député sortant.
Circonscription de POWTAKLÏEH.