‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 68 sur 280 · DROME · texte numérisé non relu

DROME

Circonscription de DIE,

M, FERRIER, décédé, remplacé par M. EVESQUE.

Voir élections partielles,

Circonscription de MONTÉLÏMAR .

M* Antoine GRAS.

Elu au iût tour de scrutin, — 9.527 voix.

Mes chers Electeurs,

Je ne puis donner que quelques grandes réunions publiques; d’autre part, il mTest impossible de passer partout. Donc, la présente affiche a pour but principal de donner signe de vie et un cordial bonjour aux amis des communes que je ne puis visiter, en même temps que de m’expliquer brièvement sur différents points.

D’abord, au reproche d’être rare .dans Parrondisscment, je réponds qu’en effet mon état de santé ne me permet pas de me montrer beaucoup, mais qu’en tout cas je suis à Paris, pendant les sessions, pour m’occuper des intérêts généraux et particuliers, et à Rochegutfe, pendant les vacances, pour rester à la disposition des électeurs ; je ne sors jamais de Parrondissement, J’ajoute que, dans les moments difficiles, on a pu me voir sur la brèche, et que, le cas échéant, on pourrait m3y voir encore.

Au reproche de me désintéresser de certaines questions ou querelles locales, je réponde que les principes y sont rarement engagés et, ensuite, que ceux dont Pingérencene cesse de se produire, à cet égard, ne visent qu’à étendre leur autorité au préjudice de la liberté de chacun. C’est moi, à n’en pas douter, quireste dans la tradition démocratique.

Ces quelques vétilles liquidées en deux mots, passons, aux questions générales. Résumant mon mandat, je dis : Pendant les quatre années qui viennent de s’écouler jhdjde concert avec le Bloc républicain, soutenu les divers ministères qui se sont succédé.

tant qu'ils n'ont pas déné de la ligne droite, et voté les réformes, aussi nombreuses qu'importantes, réalisées par la législature expirante*

Mon programme est toujours le même; de l'avant, encore de l'avant, toujours de l'avant ; néanmoins, je ne vais pas jusqu'au collectivisme, que je ne conçois guère, — je suis, au contraire, résolument partisan de la propriété individuelle, garantie de sécurité pour l'État, de dignité et d'indépendance pour le citoyen*

La prochaine législature, suivant les traces de sa devancière, aura à réaliser deux principales réformes ; la réforme de l’impôt et h réforme des retraites ouvrières et paysannes.

En ce qui concerne l'impôt, rien à dire que ceci ! La réforme doit être telle que chacun paie selon ce qu'il possède* Cette formule résume toute la question*

En ce qui concerne les retraites, il conviendra de compléter ce que la dernière législature a si bien commencé; le vote définitif de cette réforme constituera le moyen par excellence de pacification sociale*

La législature prochaine devra aussi voter différentes lois d'organisation sociale et réaliser, déplus en plus, les idées de justice et de solidarité qui forment la base, le fondement et comme la pierre angulaire d'une grande démocratie.

En terminant j'adresse mes vifs remerciements aux électeurs pour l’accueil chaleureux qu’ils o'ont cessé de me réserver depuis 1893 jusqu'à ce jour.

Vive la République démocratique et sociale 1 Vive l'arrondissement de Montélimar l

Antoine GRAS,

Député sortant*

Circonscription de NYONS.

M* Lucien BERTRAND.

Élu au 1er tour de scrutin. — à .122 voix*

Mes chers Concitoyens,

Il y a quatre ans, par plus de à.ôûô voix, yous m'avez fait l'insigne honneur de m'élire votre représentant à la Chambre des Députés,

Je sollicite à nouveau vos libres suffrages.

La question qui se pose nettement devant vous est celie-ci :

Le député républicain sortant de l'arrondissement de Nyons a-t-il loyaleinen rempli son mandat? S'est-il montré digne du renouvellement du témoignage de confiance qu'il demande, en accomplissant son devoir, en se conformant à tous ses engagements, en servant la démocratie sans compromission comme sans faiblesse ?

Je suis assuré que, dans l'indépendance de vos consciences, vous reconnaîtrez que fai tenu toutes mes promesses \ que, par aucun acte pouvant m'aliéner vos sympathies républicaines, je n'ai justifié des critiques légitimement fondées.

Aussi, est-ce avec la conscience du devoir accompli que je viens vous demander de déclarer, par votre vote, que ïe républicain à toute épreuve qui lutte depuis plus de trente ans,

au milieu de vous, pour les idées démocratiques n'a pas cessé de mériter votre estime et qu'il a fidèlement rempli le mandat dont vous avez bien voulu l’investir.

Ce ne sont pas d'ailleurs de simples déclarations que je vous apporte ; ce sont des actes précis que je soumets à votre impartial jugement.

Dans l'ordre de la politique générale, j’ai constamment appuyé, suivant l’expression d'Henri Brisson, la politique de concentration républicaine pour la marche en avant, aussi nécessaire pour l’aboutissement des réformes qu’indispensable pour le triomphe des idées démocratiques dans notre arrondissement deNyons, où sont encore agissantes les influences des partis rétrogi ades.

Étroitement attaché au bloc républicain parlementaire de la Drôme, j'ai, en agissant ainsi, marché, la main dans la main, avec mes amis Maurice Faure, Louis Blanc, Fayard* Ghabert, Gras et Ferrier, qui portent haut et ferme, dans notre département, le drapeau des revendications démocratiques et sociales ; et c’est celte union féconde de notre représentation drômoise qui nous a particulièrement fortifiés pour la défense quotidienne de vos intérêts et de vos droits.

Je vous avais promis la sécularisation complète de l'État ; elle est aujourd'hui à peu près entièrement réalisée par la loi sur les associations, par la prédominance donnée légalement à l'enseignement Laïque, et enfin par la séparation des Églises et de l'État, la plus libérale des lois de la République^ quoi qu'en disent des adversaires sans bonne foi, puisqu'elle garantit aux divers cultes, délivrés de toute tutelle, la plus absolue indépendaoce et assure, au regard de tous, dans toute sa plénitude, la liberté de conscience. Gest une mesure que réclamaient depuis longtemps des esprits même très modérés, encouragés par l'exemple de la grande République américaine et de plusieurs cantons de la Suisse, où tous les citoyens, croyants ou non croyants, s’en félicitent. 11 en sera bientôt de même dans notre pays, quand l’expérience aura démontré l'inanité dés craintes perfidement exploitées par la passion de parti.

Je vous avais promis de contribuer de toutes mes forces à la réalisation de l'égalité devant l'impôt du sang par l'adoption du service de deux ans. Ce sera l'honneur de cette législature d'avoir sanctionné cette réforme capitale qui, sans nuire à la force de notre armée nationale, allégera considérablement les charges qui pèsent sur nos populations laborieuses.

(Test dans le même esprit que je me suis associé à toutes les propositions tendant à la suppression ou à la réduction des périodes d'instruction militaire, et je regrette que la majorité du Parlement ne se soit pas prononcée à cet égard dans le même sens que mes votes, que je suis déridé k renouveler.

Dans l'ordre des questions sociales, qui ont été au premier plan de mes préoccupations, j’ai accordé mon plus constant appui à la loi sur les retraites ouvrières et paysannes, actuellement soumise aux délibérations du Sénat, et j'ai voté la loi, définitivement acquise, en faveur des vieillards, des infirmes et des incurables, payement de la dette sacrée de la misère et du malheur.

Je me suis prononcé nettement en faveur d'une répartition plus équitable des contributions publiques, par l'adoption d'un nouveau système d’impôt, demandant plus à la richesse accumulée et moins au travail effectif, et il n'a pas dépendu de moi que cette réforme n’ait abouti. De déplorables circonstances politiques ont entravé l'accomplissement de cette œuvre de justice fiscale, qui s'imposeraj avant toutes les autres, à la prochaine législature.

J’ai voté, au surplus, tous les projets favorables aux travailleurs, à ceux des campagnes comme à ceux des villes. Mes votes témoignent de mon invariable sollicitude à leur égard.

k la Chambre des Députés, croyez-le bien, ce n'est pas le travail le plus brillant qui est toujours le plus utile, et, dans l'œuvre obscure des Commissions, s'accomplit souvent une action non moins efficace que celle des séances publiques. C'est à cette œuvre que je me suis surtout consacré de mon mieux, notamment en m’efforçant, dans la Commission

de la réforme judiciaire, dont j'ai l'honneur de faire partie, de réduire les frais de justice par l’extension de la compétence des juges de paix.

Si je me suis occupé, avec un zèle qui ne s’est jamais ralenti, des intérêts généraux de la Nation, je n’ai rien eu tant à cœur, ce haut devoir accompli, que de soutenir devant les pouvoirs publics vos légitimes demandes, en m’attachant plus particulièrement à obtenir les améliorations locales réclamées par les maires de vos communes. De nombreuses subventions diverses, accordées sur mon initiative, soit pour les chemins, soit pour le service postal i soit pour la mutualité agricole, soit pour les écoles, en témoignent.

Mon attitude passée vous est un sûr garant de mon attitude à venir* elle a été et sera toujours celle d’un ferme démocrate, loyal et désintéressé, n’ayant d’autre ambition que de servir moi este me tu son pays, de seconder de tout son pouvoir l’accomplissement du programme réformateur du vieux parti républicain et d’accroître, le plus possible, dans la paix ei la liberté, la grandeur de la patrie.

Si j’ai démérité de la République, dites-le sans crainte, et je rentrerai dans le rang, soldat fidèle de la démocratie, demain comme hier. Si j’en ai bien mérité, au contraire, comme j’en ai la conviction, accordez-inoi encore votre confiance, et je vous jure, en honnête homme, en bon républicain, de continuer de plus en plus à la justifier par mes actes.

Vive ('arrondissent :nt de NyonsI

Vive la République démocratique et sociale !

Lucien BERTRAND,

Député sortant,

Conseiller général, maire de Séderun.

ire Circonscription de VALENCE.

M* Louis DUMONT.

Elu au 2°- tour de scrutin. — 14.340 voix.

Chers Concitoyens,

le pose ma candidature aux élections législatives du 6 mai prochain* J’accomplis ainsi un devoir qui m’est dicté pur les sollicitations d’un très grand nombre de citoyens et d'amis politiques appartenant aux corps élus ou aux organisations républicaines*

Vous me connaissez. Depuis bientôt 20 ans, j’ai pris une part active à toutes les luttes politiques dans la première circonscription de Valence.

De 1889 à 1902, c’est aux côtés de Maurice Faure, dont je m’honore delre l’ami, que j’ai combattu, par la plume et par la parole.

En 190/jj les électeurs du canton de Valence, estimant que ce passé était une garantie suffisante de loyalisme républicain et constituait le meilleur des litres a leur confiance, m’ont donné le mandat de les représenter au Conseil général de la Drôme. Ils ont récemment, en des réunions publiques tenues dans toutes les communes, approuvé mon attitude et mes actes à l’Assemblée départementale.

Citoyens,

Vivant au milieu de vous depuis mon enfance, appelé par ma profession même à étudier et à défendre vos intérêts moraux et matériels, je connais les besoins et les revendications de nos agriculteurs, de nos commerçants, de nos industriels.

fils d’ouvrier, petit-fils de paysan, j’ai la fierté de mon origine prolétarienne; je demeure l'ami fidèle, le défenseur dévoué du prolétariat ouvrier et paysan.

Le peuple qui a fait la rév lutiou de 1789 et fondé la société moderne sur les droits de l’homme et du citoyen, sur la liberté, Légalité et la fraternité, nedoit pas connaître la batne et la lutte des classes. Pour rester fidèle à son i -éab fidèle aux principes et aux traditions de la Révolution française, il don réaliser l’humiooiê des intérêts, la paix sociale par la justice pour tous,

La République ne faillira pas à celte noble tâche.

Elle a déjà, dans une très large mesure, ps épaté la complète émancipation morale et intellectuelle du peuple, par ses lois scolaires, par fœuvre de sécularisation des ministères Waldcck-Rousseau et Combes, du Bloc républicain. Elle a enfin couronné cette œuvre par J a loi de séparation de^ Églises et de l’État, loi de liberté ei de justice qui mai.mit ndra hors de toute atteinte les droits sacrés de la conscience individuelle et la liberté des cultes.

La démocratie française a reaintena; t le devoir impérieux de réaliser progressivement 1 affranchissement économique des travailleurs, en introduisant chaque jour plus de justice dans les rapports du travail et du capital.

Cette œuvre-là est déjà, elle aussi, en bonne vote d’élaboration. II faut la poursuivre sans faiblesse par la pratique de la solidarité sociale, et en lui assignant pour but le respect du droit du travailleur à la vie, à la propriété, au bien-être.

La République n’accomplira pleinement svs destinées de justice, de liberté et de fraternité que sous L égide de la paix.

Elle vient encore, à Àlgésiras, d’affirmer ses tendances résolument pacifiques qui n excluent point la volonié d’imposer, p:ir tous les moyens, le respect de sa dignité et des intérêts nationaux*

La France, initiatrice de tous les progrès, s’honorera grandement en contribuant à fonder la paix en ire les peuples sur les bases inébranlables de Parbitrage international.

Elle servira ainsi, comme elle le fit généreusement, à toutes les époques, au \ rixde son or et du sang de ses enfants, la cause de l’humanité.

Elle conquerra de nouveaux titres à l’universeile gratitude des peuples, en môme temps qu’elle se fera plus grande, plus prospère, par h paix et le travail

C fiers Concitoyens,

Telles sont les principes directeurs de La politique du parti radical et radical-socialiste qui est le mien, comme il fut et demeure celui de, votre ancien et éminent représentant à la Chambre, le citoyen Maurice Faure,

Les réformes qui en découlent, et que je voterais, sonlaînsi exposées dans notre déclaration-programme :

« Nous entendons favoriser le large courant qui porte vers l'organisation syndic ale les travailleurs de tous les milieux; nous les aiderons à acquérir, pour le développement du cette organisation syndicale, instrument légal de 1 émancipation prolétarienne, toute la liberté et toutes les garanties qu’ils sont en droit d’aitemre de la République.

« Nou.^ nous efforcerons de prévenir les conflits douloureux qu’entraîne trop souvent Sa grève, en établissant des procédures d’arbitrage.

« Nous nous attacherons à résoudre les problèmes complexes du chômage, de la rèdueton des heures de travail, de la participation aux bénéfices; loin de nous entériner dans un égoïsme declassequï nous apparaîtrait comme une banqueroute républicaine, nous tendrons, prolétaires nous mêmes, fjatern elle ment la main au prolétariat, pour la conquête de ses droits, pour sa complète émancipation intellectuelle, morale et matérielle.

« La République, fondée au prix de leur sang par les travailleurs, a contracté envers eux une dette sociale que nous ne laisserons pas prescrire*

a De même, nous défendrons Fouvrier contre le péril que lui cause son isolement en présence d’une industrie de plus en plus centralisée, qui met aux mains de quelques privilégiés des capitaux immenses. Nous le défendrons contre les trusts ; nous ferons rentrer dans le domaine de l’État, en tenant compte de tous les droits, la plupart des industries monopolisées, mines, chemins de fer, crédit, au fur et à mesure que l'intérêt général du pays, le souci de sa défense nationale, les besoins de sa production industrielle et agricole le permettront.

m A *a démocratie rurale, nous donnerons enfin l’impôt progressif sur le revenu qui, en frappant chacun selon ses facultés réelles, exonérera les petits de la charge écrasante qu’ils supportent. Nous assurerons au petit propriétaire, au cultivateur durement éprouvés par des crises trop répétées, une meilleure organisation du crédit agricole et des conditions plus justes de circulation, de vente et de protection de ses produits.

« Les masses rurales sont l'immense majorité de la nation et la force de la République; nous nous efforcerons, par une politique économique imbue d’un large esprit démocratique, par la suppression de l’impôt foncier pour les petites cotes, par la diminution des frais judiciaires, par la réforme des droits d’héritage, enfin par la réalisation des grands travaux d’intérêt général depuis longtemps réclamés des diverses régions de la France, de créer des conditions nouvelles de bien-être et de prospérité qui donnent h la démocratie rurale la preuve manifeste et tangible delà gratitude que lui a vouée la République.

u Les élus de notre parti ne se montreront pas moins dévoués aux intérêts des petits commerçants et de la masse des employés des chemins de fer, des employés de commerce et de l’industrie, des milliers de petits fonctionnaires, facteurs, cantonniers et commis des diverses administrations dont le sort est si digne d'intérêt.

« Décidé k pratiquer une politique sévère d’économies, le parti républicain radical et radical socialiste ne supportera pas cependant que celles-ci soient faites aux dépens des humbles. Il y a assez d’abus à supprimer par ailleurs pour que les droits des petits ne soient ni méconnus ni lésés ^ »

À ces réformes d'ordre général, il faut en ajouter d’autres que j'ai précisées et développées au cours de ma campagne : Rétablissement du scrutin de liste avec représentation proportionnelle. — Réforme administrative par une très large décentralisation, source d’économies. — Monopole et gratuité de l’enseignement à tous les degrés. — Réfection du cadastre et création de cahiers fonciers. — Extension du bénéfice de la loi des accidents à tous les travailleurs agricoles. — Suppression des périodes d’instruction militaire de vingthuit et treize jours. — Suppression immédiate des conseils de guerre et des conseils de discipline en temps de paix.

Enfin, je soutiendrai de toute îa force de mon intelligence et de ma volonté les intérêts particuliers de votre région, au nombre desquels je place : la construction dn canal latéral au Rhône {navigation, irrigation, forces motrices), — Le rachat par l’Etat du canal de la Bourne. — L’amélioration des prix d’achats payés aux producteurs de tabac. — La transformation du collège de Valence en lycée, etc.

Citoyens,

Je ne vous fais aucune promesse irréalisable, parcs que je veux tenir toutes mes promesses.

Vous en jugerez lorsque je reviendrai, chaque année, dans toutes les communes de la circonscription, vous rendre compte de mon mandat et m’inspirer de vos désirs, de vos conseils, de vos aspirations.

Républicains,

Vous irez au scrutin du 6 mai avec la ferme volonté de faire triompher la République démocratique, laïque et sociale.

Vous pourrez en toute indépendance , en toute sécurité, affirmer cette volonté sur le nom des candidats du parti radical et radical-socialiste et du parti socialiste* Si le suffrage universel ne me choisit pas pour rester, au second tour de scrutin, le seul porte-drapeau du bloc républicain, je m’inclinerai respectueusement devant son verdict souverain. Mon désistement et mon concours le plus dévoué seront acquis, dans ce cas, à celui de ces candidats que vos libres suffrages auront désigné*

J'ai pleine confiance en votre clairvoyance, en votre inaltérable fidélité républicaine. En face des réactions coalisées affrontant encore une fois la lutte, vous reconstituerez l'union loyale, l’union invincible de tous les républicains, de tous les socialistes. Vous infligerez au candidat des partis rétrogrades le sort du Billiet de 1902 et la iTfl circonscription de Valence reprendra son poste d’honneur à l'avant-garde de la démocratie française*

Vive la lr0 circonscription de Valence I Vive la République démocratique et sociale!

Louis DUMONT,

Publiciste,

Conseiller général de Valence*

2e Circonscription de VALENCE*

M. Charles CHÀBERT.

Elu au 1er tour de scrutin* — 10.609 voix.

Citoyens,

Par deux fois, et à d'imposantes majorités, vous m'avez fait le grand honneur de m’en~ voyer siéger au Parlement. Mon dernier mandat arrive à son terme, La confiance que vous n'avez cessé de me témoigner en maintes circonstances m'autorise à vous en demander le renouvellement.

Mes votes, mon attitude politique, mon souci constant des intérêts du pays et de la République, valent tout un programme* Je les livre à votre examen. H n'est pas un de voui qui ne sache la signification de ma candidature et ne reconnaisse que j'ai tenu scrupuleusement tous mes engagements* Depuis mon entrée à la Chambre, je n'ai cessé un seul jour de donner mon appui fidèle à la politique d'action républicaine et de progrès démocratique et social poursuivie par deux Ministères qui nous furent chers entre tous* J'ai contribué à doter notre pays des lois récentes, et désormais historiques, qui resteront tout à l'honneur de la troisième République ;

Droit d'association ;

Suppression de renseignement congréganiste;

Séparation des Églises et de l'État ;

Service de deux ans ;

Assistance aux vieillards et aux incurables, etc*, etc.

Si certains prétendent que nous avons agi avec trop de précipitation, peut-on vraiment s'en plaindre quand on a vu pendant un quart de siècle tant de ministères piétiner sur place

6t demeurer presque insensibles aux -vœux de la démocratie? Ne devons-nous pas au contraire nous féliciter qu'une majorité ferme, compacte, inébranlable, ait pu accomplir dans l’espace de sept années un ensemble de réformes tel que notre pays n’en connut point depuis

la Révolution? .

Mon concours à l’œuvre commuée du bloc républicain n’a pas exclu mon initiative personnelle, Au cours de la dernière législature, j’ai obtenu notamment :

1° La suppression des majorais, c’est-à-dire des pensions de pure faveur accordées par les anciens régimes et qui s’élevaient à plus d’un million par an ;

2° La diminution de quelques gros traitements dans l’Administration des postes;

3° Le renvoi d’urgence, dans leurs foyers, des réservistes et territoriaux éprouvés par de graves deuils de famille.

Maïs les résultats acquis ne doivent point nous faire perdre de vue ceux que nous avons encore à poursuivre. Mes précédents programmes vous ont fait connaître toute ma pensée. Je les maintiens intégralement, en ajoutant que les réformes dont l’examen devra s imposer tout d’abord à l’attention de la nouvelle Chambre sont les suivantes :

Élection au scrutin public des Présidents des Chambres et du Président de la Répu-

bhqUModification du Code de justice militaire et suppression des conseils de guerre en tempB

dS ^Monopole de l’enseignement par l’État, au moins pour les deux premiers degrés;

Répartition plus équitables des charges fiscales par la création d’un impôt unique et progressif sur les revenus ;

Achèvement de la loi sur les retraites ouvrières et paysannes.

Expliquerai-je tout l’intérêt que ne n’ai cessé de porter au développement et à la prospérité de l’agriculture, du commerce et de l’industrie? Mes votes en font foi. Les sociétés de secours mutuels, ainsi que les œuvres de solidarité sociale, n’ont pas moins été l’objet de

ma vive sollicitude. ,

Enfin, vous me connaissez et vous m’avez vu à l’œuvre. — Tel j’étais hier, tel je serai

demain. A vous d’apprécier si vous devez me renouveler votre confiance.!

Citoyens,

La réaction s’apprête à livrer un nouvel assaut à la République. Frappée dans ses oeuvres vives, elle aura recours aux pires moyens. Sa perfidie ne saurait ébranler vos ardentes convictions. Vous ne yous laisserez ravir, ni les réformes si péniblement acquises, ni l’instrument indispensable à leur développement. Vous proclamerez qu’à l’intérieur vous voulez la paix des esprits par la liberté de conscience, et qu’à l’extérieur vous préconisez la concorde entre les peuples par le respect des droits de chacun. C’est ainsi que vous contribuerez, d’une part, à accroître les bienfaits de la République, et de l’autre à maintenir, sans forfanterie ni provocation, la dignité et la grandeur de la France.

Vive la République démocratique, laïque et sociale!

Charles CHABERT,

Conseiller général de la Drôme,

Maire de Saint- Don at,

Candidat républicain radical-socialiste.

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