EURE
Circonscription des ANDELYS.
M> Louis PÀSSY*
Élu au 1er tour de scrutin, — 8,595 voix.
Mes cherp Concitoyens,
Je me présente avec confiance à vos suffrages.
La majorité du Parlement qui, depuis quelques années* gouverne et administre, a jeté le trouble dans les esprits et le désordre dans les intérêts. En J 902, je vous avais prévenus et j’avais raison* La majorité du Parlement avait préféré se constituer avec les socialistes et les révolution n aires que de s’allier aux républicains progressistes et libéraux. Le système s’est maintenu* La majorité ne peut plus mettre le budget en équilibre et en temps voulu. Un prochain avenir vous réserve un emprunt et des impôts nouveaux* Les mœurs politiques ont continué à se corrompre. Les services publics se désorganisent* Dans le monde de l’agriculture, de l’industrie et du commerce règne L’inquiétude. Voilà des raisons décisives pour lutter avec énergie et reconstituer le Gouvernement de la République que vous payez et qui vous doit l’ordre îa liberté et la justice*
Des lois importantes ont été votées dans la précédente législature*
J’ai voté la loi militaire de deux ans en réclamant des dispenses pour les soutiens de famille et j’ai regretté qu'on n’ait pas consulté le conseil supérieur de la guerre que j’ai fait créer dans mon rapport de 1873; l’armée française tout entière doit être, plus que jamais, entourée de notre respect et de notre ^affection* L’armée, c’est la nation elle-même*
Passionné pour toutes les lois de mutualité, d’assistance et de prévoyance sociales, j’ai voté la loi relative aux vieillards et aux infirmes dénués de ressources, et, pour être soumise à l’examen du Sénat, la loi en préparation sur les retraites ouvrières. Je me fais un devoir de chercher toujours à améliorer le sort des travailleurs et des malheureux, par une marche incessante vers la paix et le progrès social.
Je n’ai pas voté la loi improvisée de la séparation des Églises et de l’État ; c’est un coup de force, c’est une aventure que n’avait pas préparée et autorisée le suffrage universel- Les progrès de l’agriculture et la prospérité des cultivateurs ont toujours été, vous le savez, l’objet de mes travaux et de mes efforts*
Je me suis toujours appliqué, avec vous et par vous, à maintenir l’accord entre tous les bons citoyens, la liberté du travail, et toutes les libertés qui seules peuvent assurer 3a
sécurité des personnes et des biens. Vous m'avez toujours donné raison, vous avez approuvé mes efforts et vous répéterez avec moi : la République doit être le gouvernement de tous pour tous*
Mes chers compatriotes, en 1902, dix mille voix ont affirmé mes sentiments et ma conduite, et m'ont confié le mandat d'un républicain de gouvernement. Ce mandat, je Rai fidèlement rempli. Vous savez que je me suis toujours tenu au-dessus de tous les partis. C'est ce que vous avez toujours compris et approuvé* J'ai placé mon honneur et votre intérêt dans mon indépendance* J'appartiens au suffrage universel, qui est mon maître, et c'est de lui seul que j'attends le renouvellement de mon mandat.
Veuillez croire à mes sentiments d’entier dévouement.
Louis PASSY,
Député sortant.
Circonscription de BERNAY,
M. Camille FOL QU ET.
Élu'ati 1er tour de scrutin* — 8,560 voix.
Monsieur et cher Concitoyen,
Depuis vingt années que j'ai l'honneur d'être votre représentant è la Chambre des Députés, je ne crois pas nécessaire de vous adresser une longue profession de foi.
La meilleure n'est-elle pas en effet celle qui se dégage des actes et du caractère des hommes publics ï
Les journaux, mes discours et une publication que tous les électeurs ont dû recevoir, vous ont montré d'une façon très nette l'attitude que je me suis efforcé de garder dans cinq législatures successives ; ils ont mis en relief l’indépendance et le dévouement avec lesquels j'ai conscience d'avoir toujours défendu les droits et les intérêts de notre région qui nous est, à vous comme à moi, particulièrement chère, puisque ensemble nous y avons toujours vécu.
Au point de vue local, j'aurais voulu voir réalisées, dès à présent, certaines espérances très légitimes de nos populations et en particulier l'exécution d'une voie ferrée reliant Beaumesnil et La Barre à nos lignes principales. Je ne désespère pas de voir ce vœu, maintes fois formulé et appuyé par moi, obtenir enfin sa réalisation; je m'y emploierai comme par le passé, avec tout le zèle dont vous me savez capable*
Au point de vue politique, j'ai toujours été partisan d'une politique libérale et démocratique, m’efforçant de faire passer avant toute autre préoccupation l'intérêt général, heureux, chaque fois que l’occasion s'en est présentée, d'être utile a tous ceux, amis ou adversaires,
qui ont cru devoir faire appel à mon concours.
Tout le monde sait que je suis l'ennemi déclaré de la politique de personnes et de rah-
cunes; c'est vous dire avec quelle poignante tristesse j’ai entendu et j'entends encore chaque jour révéler ces pratiques de basse délation particulièrement en faveur dans le monde officiel et qui s’exercent aussi bien dans nos modestes communes que dans l'armée et dans toutes les sphères administratives, semant la division et la haine entre tous les citoyens, en même temps qu’elles compromettent la défense de notre cher pays.
Vous avez vu porter atteinte à nos libertés les plus sacrées, à la liberté d’enseignement et à la liberté de conscience,
La dernière lot sur la séparation des Églises et de FÉiat, œuvre hypocrite et sectaire, préparée de longue main dans les loges maçonniques avant d’èlre votée par le Parlement, a rompu, par la volonté d’une seule des parties contractantes et sans qu’on ait voulu consulter le pays sur cette grave question, tant la secte était sûre d’un échec, le lien séculaire qui maintenait un équilibre bienfaisant et nécessaire entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux.
Inutile devons dire que, si vous m’honorez à nouveau de vos suffrages, ma voix est acquise d’avance à tout projet de loi qui tendrait à l’abrogation de cette œuvre néfaste.
Nous ne sommes encore qu’au premier acte de son exécution et déjà elle a donné lieu à des répressions sanglantes, à des collisions regrettables entre les citoyens et Tannée. La formalité de l’inventaire a été, en effet, aux yeux du plus grand nombre, comme un commencement de spoliation, puisqu’il s’est étendu à tous les objets que la pieuse générosité de nos ancêtres, la piété de nos femmes, Fingêniosité mèmè de nos enfants, avaient rassemblés pour orner nos églises.
Quant à la loi de deux ans, à laquelle j’ai refusé d’associer mon vote, faisant passer avant toute autre considération mon profond amour pour mon pays, je croîs m’en être suffisamment expliqué dans mes tournées électorales et près des conscrits, et j’espère que votre bon sens et voire bonne foi feront justice de la perfidie avec laquelle on cherche à dénaturer mon vote.
En ce qui touche les retraites ouvrières, j'ai cru devoir m’abstenir, parce que, partisan d’une loi qui garantirait aux travailleurs de l’industrie comme à ceux de nos campagnes îe pain de leur vieux jours, j’ai considéré que celle qui nous était proposée était absolument inapplicable, qu’elle ne constituait qu’un trompe-l’œil destiné à masquer, aux yeux des électeurs ouvriers, l’impuissance où le Parlement ^e trouvait, vu Tetat lamentable de nos finances, de la réaliser.
À mon avis, et a raison de l’impossibilité dans laquelle on sm trouve de donner, dès maintenant, satisfaction aux justes revendications des travailleurs, il vaudrait beaucoup mieux commencer par favoriser plus largement les associations mutuelles existantes et provoquer l’éclosion de nouvelles sociétés auxquelles l’Etat accorderait des subventions aussi abondantes que possible.
Électeurs,
Si vous estimez que je me suis toujours efforcé de remplir loyalement et scrupuleusement Je mandatque vous m’avez confié en défendant, sans défaillance, les intérêts généraux du pays et ceux de notre arrondissement en particulier;
Si vous jugez que l’heure critique, à laquelle nous voyons la révolution déjà sanglante, provoquée par quelques-uns de ceux de ceux qui détiennent actuellement le pouvoir et qui Sont impuissants à l’enrayer, menacer de tout détruire;
Si vous jugez que cette inquiétante situation réclame des mandataires indépendants, c’est-à-dire libres de toute attache gouvernementale et franchement résolus à ramener la confiance et la sécurité aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur ;
Si vous voulez, en un mot, mettre un terme à l’état d’anarchie et de gaspillage financier, dans lequel se débat erree moment notre malheureux pays, voir rétablir la paix sociale et avec elle renaître la grandeur et la prospérité morale et matérielle de la France;
Vous pouvez compter sur moi pour marcher avec tous les bons Français, sans distinction
de parti, et m’unir à eux pour, au bloc des sec! aires et des francs-maçons, opposer le bloc des libéraux et des patriotes.
Veuillez agréer, monsieur et cher concitoyen, la nouvelle assurance de mon inaltérable dévouement.
Camille FOUQUET,
Député sortant, conseiller général,
Vice-président du syndicat général des bouilleurs de cru, Membre des Conseils de la société et du syndicat central des agriculteurs de France, Membre correspondant
de la Société nationale des agriculteurs de France, Vice-président de la société libre de l’Eure (section de Bernay).
lre Circonscription d’ÉVREUX.
M. Abel LEFÈVRE.
Élu au 1er tour de scrutin. — 8.510 voix.
Mes chers Concitoyens,
Le 6 mai prochain, vous serez appelés à prendre parlé l’élection des Députés.
Vous connaissez l’œuvre féconde de la législature qui vient de Unir. Elle a prouvé ce que peut produire une politique d’union et d’action républicaines énergiquement pratiquée. Elle a donné à notre démocratie la conscience très nette que le parti républicain sait tenir ses engagements.
D’importantes réformes, depuis longtemps désirées, ont été réalisées.
Notre parti a voté :
Une grande loi de liberté : la séparation des Églises et de l’État, que le parti clérical, par une campagne de mensonges, essaie de défigurer. Qui donc pourrait se plaindre de cette loi, par laquelle la République assure la liberté de conscience et garantit la liberté des cultes, en déclarant qu’elle n’en reconnaît ni n’en salarie aucun ï
Notre parti a voté :
Une grande loi d’égaiité qui nous vaut une armée plus homogène î la loi sur ie recrutement de 1905, qui réduit à deux ans le service militaire et décide qu’il est maio tenant égal pour tous.
Notre parti a voté :
Deux grandes loi de fraternité et de solidarité sociales : la loi d’assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables dénués de ressources, qui sera appliquée à partir du let janvier prochain, et la loi sur les retraites ouvrières et paysannes actuellement soumise au Sénat,
D'autres améliorations importantes ont été obtenues ; au point de vue laïque, les
congrégation a romaines ont été dissoutes, Renseignement congréganiste supprimé par étapes successives.
La loi relative à l’extension de la compétence des juges de paix a été terminée, pour le plus grand profit des cultivateurs, commerçants, ouvriers, qui peuvent maintenant, sans grands frais, se faire rendre rapidement justice au chef-lieu de leur canton.
Une loi du 28 juin 19Qfr a donné aux militaires et aux marins le bienfait de cette loi d’humanité et de raison qui Rappelle la loi de sursis,
La loi du 11 juillet 1903 a été votée pour assurer T hygiène et la sécurité des travailleurs.
Une loi a enlevé aux fabriques des églises, pour le rendre aux communes, le monopole des inhumations.
La loi du 17 mars 1905 a organisé la surveillance, et Je contrôle des sociétés d'assurances sur la vie, françaises ou étrangères*
* La loi du 31 mars 1905 a complété, au profit des ouvriers, la loi de 1893 relative aux accidents du travail.
Par la loi du 19 avril 1905, les petites patentes ont été dégrevées*
Une loi de 1905 a dégrevé les petites transactions foncières*
La loi du 1er* août 1905 réprime sévèrement les fraudes commises dans la vente des marchandises- et les falsifications des denrées alimentaires et des produits agricoles.
Faut-il rappeler Rabaissement à 0 fr. 10 du prix de Ra {franchissement des lettres?
La réduction à 3 francs de Rimpôt sur les bicyclettes, a partir du lflr janvier 1907.
L’essor nouveau imprimé à la mutualité.
L’attribution de larges subventions aux sociétés mutuelles de secours, d’assurances de crédit agricole, etc*
Telle est, dans ses grandes lignes, l'oeuvre de la dernière législature*
En ce qui me concerne, je rappelle que j’avais inscrit dans mon programme :
La séparation des Églises et de R État. ; je Rai votée*
La réduction à deux ans du service militaire : je Rai votée.
Les retraites pour les travailleurs : je les ai votées*
Sur ces actes, les électeurs pourront me juger : ils constateront que j’ai tenu mes engagements*
Us constateront également quo, si la République n’a pas encore donné toutes ses conséquences, si elle n’a pas encore répandu tous ses bienfaits, c’est parce qu'elle a toujours été combattue par ses adversaires avec la dernière violence et qu’elle a dû employer le meilleur de son temps à se défendre contre eux.
Quelle sera Rœuvre de la prochaine législature?
La question capitale des rapports des Églises et de RÉtat étant maintenant réglée par la loi, ce sont les questions économiques et sociales, les questions intéressant notre agriculture, notre industrie, notre commerce, qui vont désormais tenir la première place dans noire programme.
Les pouvoirs publics ont déjà mis à R étude différents projets d’impôts sur le revenu en remplacement d’un certain nombre de contributions existantes^ La prochaine Chambre sera saisie de nouvelles propositions modifiant notre système fiscal, qui donne beu à tant de réclamations justifiées. Gomme je Rai dit en 1904, je serai prêt à appuyer de mes votes foute réforme de cette nature qui tendrait à répartir l’impôt d’une façon pins équitable et mieux proportionnée anx ressources réelles de chacun, eu tenant compte notamment des charges de famille. Frapper davantage le luxe, le superflu, la spéculation, les grosses entreprises capitalistes et dégrever les travailleurs, la petite propriété, le petit commerce, la petite industrie, tel doit être notre boucL
L’ assurance contre la maladie va recevoir, du fait de Rorganisation des retraites ouvrières, une nouvelle impulsion.
Il faudra organiser, par des subventions aux institutions patronales et ouvrières, l’assurance contre le chômage.
Encourager par des distincfions les industriels et commerçants qui admettent leur personnel à la participation aux bénéfices.
Développer notre enseignement professionnel.
Assurer aux travailleurs des conditions humaines de travail, principalement dans les grandes manufactures et les grandes agglomérations ouvrières.
Interdire la rétribution en nature des ouvriers.
Améliorer le régime de travail et de retraites des ouvriers et employés de chemins de
fer.
Ces mesures devront être complétées par l’adoption de la loi sur le repos hebdomadaire, depuis si longtemps en suspens devant le Sénat.
Nos rouages administratifs, produit d’une centralisation excessive, sont à transformer et à simplifier. Il faut diminuer le personnel des administrations centrales, réduire les gros traitements, contrôler sévèrement les lourdes dépenses de la guerre et de la marine. J'estime que ces mesures pourraient donner lieu à de sensibles économies.
Régime des alcools.
Afin d’alléger les charges que supportent nos cultivateurs, je suis partisan d une large réduction de l’impôt foncier, qui s’élève de 20 à 25 0/0 du revenu de la terre; et c’est parce que les cultivateurs, depuis trente-cinq ans, n’ont pu obtenir satisfaction que j’ai voté, comme compensation, le rétablissement du régime de faveur qui leur a été consenti en qualité de bouilleurs de cru. J’ajoute que dans cette question j’ai conformé mon vote à ceux de mon regretté prédécesseur, M. Isambard,
A ce sujet, j’estime qu’il faut étendre à tous les citoyens le droit de distiller en franchise, pour leur consommation personnelle, les cidres, boissons et lies qui leur appartiennent. La quantité maximum d’alcool exemptée des droits dans ce cas serait déterminée par la loi.
Pour compenser la perte de droits que cette mesure entraînerait pour le Trésor, je suis partisan d’une surtaxe sur les alcools d’industrie, livrés à la consommation sous le nom de cognacs, genièvres, kirschs, rhums, etc.
Sans me soucier de la campagne organisée à ce sujet par quelques intéressés qui se sentent lésés dans leurs profits, je déclare que je suis partisan de toute mesure (établissement de taxes différentielles, certificat d’origine, etc.) qui favorisera la consommation des eaux-de-vie naturelles au détriment des alcools d’industrie.
Pour nos industriels et commerçants.
Il faut poursuivre l’établissement d’une législation commune à toutes les nations en ce qui concerne le3 conditions du travail, de façon que nos producteurs ne supportent pas des charges plus lourdes que celles que supportent leurs concurrents étrangers.
C’est à la résolution de ces questions que devra se consacrer la prochaine Chambre : elle devra, par une législation sur l’arbitrage, conciliant tous les intérêts, s’attacher à rendre de moins en moins fréquentes ces grèves désastreuses pour tous, que les adversaires de la République ne manquent pas d’exploiter et qui réjouissent nos concurrents.
Mes chers Concitoyens,
La République a assuré à la France trente-cinq années de paix et une prospérité financière qui fait de notre pays le banquier du monde.
Résolument pacifique, respectueuse des droits d’autrui, la République française entend poursuivre dans le calme, sans désordres, son œuvre de progrès, de justice et de solidarité.
J’espère que, le 6 mai, tous les citoyens, tons les amis de la paix et du progrès social s’uniront à moi pour assurer le triomphe de ce programme.
Nous avons contre nous, comme d'habitude, les réactionnaires déguisés en faux pro-
gres-iates et une poignée de révol min» naires déguisés en faux socialistes, cratie de la lre circonscription est trop clairvoyante pour tomber dans leadversaires de la République s’amusent à tendre tous les quatre ans.
mais la démo- P’èges que les
Vive la République démocratique et sociale. Vive la lre circonscription d'Évreux.
Abel LEFÈVRE, Conseiller généra].
Député sortant.
2' Circonscription d’ÉVREUX.
M . Modeste LEROY.
Elu au 1er tour de scrutin. — 7.870 voi*.
Mes chers concitoyens,
Pour la quatrième fois je viens solliciter l’honneur de représenter à la Chambre des Députés notre deuxième circonscription d’Evreux; et, j’ai conscience de n’avoir point dérnériié depuis le jour où, sur mon nom, vous avez affirmé le triomphe de l’idée républicaine.
Tous vous méconnaissez, tous aussi vous connaissez mes actes. C’est donc sur des actes, non sur des promesses, que vous pouvez me juger*
Toujours très conciliant quant aux questions de personnes, je n*ai jamais ces-é d'être très ferme quant aux questions de principes. Républicain j’étais, républicain je suis* La République dont je me réclame est définie par l’Alliauce républicaine démocratique dont M* À loi he Carnot esi le présîd- ut*
C’est une République vraiment libéral^ respectueuse de tous les droits, basée sur la justice égaie pour tous, eu même temps que secourable aux faibles;
Ménagère de la fortune publique qu’elle assurera par la recherche sévère, minutieuse et persévérante, de toutes tes éccnomies possibles, et par le soin qu’elle mettra à ne pas accueillir, sans de graves et impérieux motifs, toutes les tentatives de dépenses nouvelles;
Anticléricale, cest-à-dire contre l’exploitation insidieuse de la foi dans un but politique et dans un intérêt électoral, mais non pas antireligieuse, le droit de croire relevant, comme le droit de ne pas croire, de la liberté de conscience qui est, doit et devra toujours rester en dehors des partis;
Aniinationaliste, mais gardienne vigilante de l'honneur et de la puissance de la Patrie;
Confiante dans le loyalisme de l'armée qui est chargée, sous la suprématie du pouvoir civil, de défendre le sol, le drapeau et la G institution;
Adversaire déterminée des utopies communistes et collectivistes, résolue à maintenir 1 ordre, sans lequel il n'est pas de Gouvernement possible, niais constamment et passionnément préoccupée de tTog.és, et, tn premier lieu, du progrès social dont doivent bénéficier tous les travailleurs, ceux des champs comme ceux de l’usine, du chantier ou de T atelier.
Soucieuse, par dessus tout, des intérêts du comm rce, de l'agriculture et de l’industrie, qui sont les sources même de ia vie nationale*
Mes etiers concitoyens,
De plus en plus je suis convaincu quej pour être féconde, l’union des forces démocratiques doit être comprise dans un large esprit de tolérance. Le devoir est, maintenant plus que jamais, d’éviter toute politique d'exclusion, Je fais donc appel au concours de tous les partisans sincères du Gouvernement républicain. En face de la coalition des partis réactionnaires contre nos institutions, cette union des bons citoyens s’impose.
Elle se fera le 6 mai, au cri de :
« Vive la République I »
Croyez, mes chers concitoyens, à mes dévoués sentiments.