L.-Modeste LEROY
Conseiller général,
Circonscription de LOUVIERS.
M. de BOURY.
Elu au 1er tour de scrutin. — 9.393 voix.
Mes chers Concitoyens,
Pour la troisième fois, je sollicite de vous le mandat de député.
11 y a quatre ans, en vous remerciant de m’avoir, par une imposante majorité, renouvelé votre confiance, je vous promenais de consacrer tout mon temps, de dépenser toute mon activité et de donner tout mon cœur pour me montrer digne de l’honneur que vous m’aviez fait; j’ai conscience d’avoir scrupuleusement rempli cet engagement.
Je m’étais présenté à vos suffrages avec un programme de concorde, de tolérance, de modération et d'apaisement. Je vous disais que, républicain sincère, je défendrais dans la République une politique d’ordre, de travail et de progrès social : je reviens devant vous, fidèle au programme et résolu à défendre la même politique.
Cette politique d’union républicaine peut seule réagir contre les désordres, contre lea scènes révolutionnaires dont le pays s’inquiète à bon droit; contre les menées antimilitaristes que réprouvent tous les patriotes ; contre ia délation, contre le favoritisme, contre l’accroissement continu des dépenses publiques, et contre le malaise général qui paralyse les affaires commerciales et industrielles.
Elle doit assurer l’exercice de toutes les libertés: liberté politique, liberté de conscience, liberté d’enseignement.
Elle doit résoudre tes réformes sociales qu’attend la démocratie. Je suis toujours partisan des retraites ouvrières, dont la dernière législature a poursuivi l’examen, mais je voudrais que la Chambre prochaine les réalisât avec le concours et par l’extension des sociétés de secours mutuels.
Du reste, les réformes sociales ne consistent pas uniquement à assurer les travailleurs de la ville et des champs contre l’invalidité et contre la misère de leurs vieux jours; elles doivent également encourager la prévoyance et la solidarité sous toutes leurs formes et
protéger l'épargne, afin de faciliter aux classes laborieuses l'accession au capital et à la propriété*
Le Parlement a Se devoir de favoriser 3e développement de notre industrie nationale, la protection du petit commerce et la défense des intérêts agricoles.
Il faut que l’armée soit tenue à l’écart des luttes politiques, afin qu’elle continue à se consacrer uniquement, dans le silence et dans la discipline, au noble rôle qui lui incombe d'assurer l’inviolabilité du territoire et le prestige de notre grandeur nationale,
11 faut que la loi du service de deux ans, à laquelle je me suis associé, soit complétée par des lois sur les cadres et sur les engagements volontaires.
Je n’ai pas voté la loi de séparation des Églises et de l’État, parce qu’elle rompt imprudemment le lien séculaire qui unissait l'Église à la société civile, Getle réforme improvisée* que le pays n’avait pas réclamée, tout en désarmant l’État en face de l’Église incomplètement libérée* ne pouvait manquer de troubler les traditions et d'inquiéter les consciences sans aucun profit matériel ou moral pour personne.
C'est d’un esprit de tolérance, de justice, de concorde et d’apaisement que je conti* nuerai de m'inspirer, mes chers concitoyens, en me dévouant tout entier à la défense de vos intérêts et à tout ce qui peut contribuer à la grandeur et à la prospérité de la France et de la République*
Charles de BOüRY, Député sortant*
Circonscription de PONT-AUDEMER.
M. le comte d'OSMOY,
Elu an 1er tour de scrutin. — 9,196 voix.
Messieurs et chers Concitoyens,
11 y a quatre ans, vous avez fait sur mon nom une imposante et magnifique manifestation en m’envoyant siéger à la Chambre des Députés, avec une majorité de plus de trois mille voix, reportant ainsi sur le fils la sympathie dont vous n’avez cessé d’bonorer le père*
Au moment où s’achève le mandat que vous m'avez confié et dont je viens-vous demander le renouvellement, je veux d’abord vous rendre compte de mes actes*
En 1902, je vous donnais ma parole de soldat que je demeurerais toujours, quoi qu’il advienne, l’homme de mon programme* Cette parole, j'ai conscience de l’avoir loyalement tenue.
Fidèle à mes doctrines, sincèrement attaché aux principes de justice et de liberté qui sont l'essence même de nos institutions républicaines, je suis resté l’adversaire résolu des divers ministères qui, méconnaissant çès idées fondamentales, gouvernent par l’arbitraire et par la force.
Persuadé qu’un gouvernement d'ordre, de paix et d’union est seul capable d'assurer la tranquillité et la prospérité nationales, il m’a été impossible d’accorder rna confiance à un cabinet prisonnier des socialistes,
La révolution et l'émeute qui ensanglantent en ce moment le nord rie la France, les
grèves g^n rate- qui *e déclarant ilans tout le pays, nous montrent le danger dans lequel nous place un ministère où siègent des socialistes impuissants, par teurs propres doctrines, k faire acte d'autorité, qui laissent nos soldats désarmés ei exposés sans défense aux fureurs des révolutionnaires,
La libené du travail* qu ' le Gouvernement a pour premier devoir de faire respecter, Sexiste plus et les ouvriers réfracta lies à îa grève sont menacés et frappés sans obtenir la protection < m rgique à laquelle Us ont droii.
Soucieux de la fût ce de nuire armée, conscient du grand rôle qu elle doit remplir, j’ai toujours réprouvé l'inqualifiable conduite de ces Ministres do la Guerre, qui, pourPavancement tb* nos officiers, oui remplacé la valeur et ic vertus militaires par la politique, ïa fiche et la délai ion.
Noire marine, à laquelle je demeure si attaché, qui m’est tou jours si chère, a eu, elle aussi, à subir de la part de M. PeNetan, si justement surnomm le « péril national », des tentatives de désorganisai m qm* nous avons pu surmonter grâce à la valeur d ■ ses officiers, à la discipline de ses équipages, au respect de nos vieilles traditions maritimes. La France entière s'est élevée avec indignation ruiUro c is procédés néfasb-s que j'ai condamnés, k la tribune, avec la majorité de la Chambre,
Au nom du ta justice et de la liberté, j’ai voté contre la loi de la séparation de FÉglise et de 1 État. Je n’admets pas que PÉat.de sa propre autorité, déchire Je Concordat : Ce n est que dans l’accord entre l’Eglise et ! État, que f uie et l'autre peuvent assurer le respect de leurs Iroi s réciproques. Le vote hâtif et précipité d'une loi de cette importance a été suhi d’une application rigoureuse et brutale qui a semé dans notre pays, déjà si troublé, de funestes f rmeuts de discorde ei de guerre religieuse.
Rompre aveo J es traditions séculaires du la France, mettre le peuple eu face d’un fait accompli, dans une m tière si particulièrement irritante et si grave, cela m’a paru contraire au principe m une de nos institutions. J’ai pensé que pareille mesure ne pouvait être prise qo apres une conduit uiou du suffrage universel. Mon devoir était de protester; je Fai fait, certain cî être, en cela, I interprète de la grande majorité de notre arrondissement.
Pitr contre, je me suis associe aux lois de progrès social compatibles avec la paix publique, avec la prospérité de notre pays.
J ai voté la loi de deux ans, après Fa voir mûrement étudiée et acquis 'la conviction qu elle diminuerait vos charges militaires sans porter atteinte à l'organisation de notre armée, que je veux assez forte puur inspirer h tous le respect et ta crainte, seuls moyens d’arrêter les tentatives de certaine nation turbulente eL belliqueuse,
Je me suis associe également au principe des re frai tes ouvrières, convaincu néanmoins que c est en s’appuyant sur les sociétés de secours mutuels, et non par l’obligation, que le probrème pourra être résolu.
J ai, enfin, combattu, avec la dernière énergie, contre îa prétention de vous retirer ce qu’à tort on a voulu appeler votre privilège, tinte qui n’est, en réalité, que votre droit de bouilleurs décru. L’arrondissement de Pont-Aud mer a donné, à ce sujet, un bel exemple d union et de solidarité, qui, après trois années de lutte, nous a fait aboutir à une victoire définitive.
Électeurs,
Si vous estimez que je n'ai pas démérité, si vous croyez que j’ai loyalement accompli la mission que vous m’aviez donnée, si vous m’appelez à nouveau à l'honneur de vous représenter, je continuerai l'œuvre que j’ai commencée.
Je veux une République modérée, résolue avant tout à faire respecter la tranquillité et l’ordre publie, à assurer le progrès de notre agriculture, de notre commerce et de notre industrie.
Je suis partisan des réformes sociales, mais j’estime qu’on doit les obtenir, non pas par la révolution, mais par l’évolution naturelle de notre civilisation, par des lois étudiées et
réfléchi par une entente commune du capital et du travail, assurant d'une manière progressive le bien-êire pour Pou vr 1er, en conciliant ses droits avec ceux du patron» C'est de l'union sage et désintéressée de ces deux forces, qui ne peuvent rien Puné sans l'autre, que doit se faire le progrès social*
Adversaire déterminé des monopoles d'État, je m'opposerai à l'adoption de ceux dont on nous menace, notamment du monopole de l'enseignement, du monopole des chemins de fer, du monopole de l’alcool*
Je suis décidé à combattre l'impôt global et progressif., qui entraînerait l'inquisition et livrerait les contribuables à l’arbïlraire, à la délation. Je poursuivrai une sage administration; je combattrai, comme par le passé, l’augmentation toujours croissante d^s im.ôts, à laquelle on ne pourrait remédier qu'en supprimant l'initialive parlementaire en matière budgétaire.
Voilà comment j'ai compris mon mandat, comment je Pal rempli, comment je suis disposé à l'accomplir demain.
C'est à cette œuvre que je vous convie, œuvre d'union, de liberté. Mon unique souci, c'est de faire la France plus grande, plus prospère, sous une République modérée, libérale, ouverte à tous, assurant partout la concorde et la paix.
Mon programme n'a point changé. Il demeure aujourd'hui ce qu'il était il y a quatre ans,
A vous de dire si j’ai conservé votre estime, si je suis resté digne de vos sympathies.
J'attends sans crainte votre réponse, ayant confiance en vous comme vous pouvez avoir confiance en moi*
Comte Tanneguy d'QSMOY,
Député sortant,
Ancien lieutenant de vaisseau. — Conseiller général de P Eure, Chevalier delà Légion d'honneur,
Candidat progressiste.