EURE-ET-LOIR
Circonscription de CHARTRES* M. LHOP1TEÀU.
Élu au 1OT tour de scrutin, — 7*603 voix*
Mes chers Concitoyens,
Je me suis présenté à vous, en 1893, comme candidat d’Uuîon républicaine. Vous m’avez donné votre confiance et vous m’en avez renouvelé le témoignage à deux reprises différentes*
Tel j’étais alors, tel je suis aujourd’hui.
Je persiste à penser que, seule, l’union des républicains peut permettre la constitution d*un Gouvernement qui réalise les réformes inscrites dans le programme républicain,
Waldeck- Rousseau Pavait compris, en véritable homme d’État, et, pour cimenter cette union, il c'avait pas hésité à rompre avec ceux de ses amis politiques qui faisaient alliance avec les partis de droite.
C’est, en effet, dans cette alliance qu’est le véritable danger de la République,
Au cours de la législature qui vient de finir, je me suis refusé à accepter les exclusions que certains hommes de Gouvernement prononçaient trop facilement contre des républicains de gauche.
J’estime que le Député n’a de comptes à rendre qu’à ses électeurs et qu’en dehors de delà discipline républicaine à observer dans les questions capitales, il doit conserver son indépendance la plus entière*
Si d’ailleurs j’ai combattu certaines méthodes de Gouvernement, je suis toujours resté étroitement iidèle au programme républicain*
J’ai voté ia loi militaire de deux ans, qui assure a tous les Français l’égalité devant l’impôt du sang*
J’ai donné mon concours au Gouvernement pour la loi d’assistance obligatoire aux vieillards et aux infirmes, réforme que le Conseil général d’Eure-et-Loir avait d'ailleurs accomplie depuis plusieurs années*
Conformément à mon programme de 1902, j’ai voté la séparation des Églises et de l’État dans l’esprit libéral où la loi est conçue*
La dernière législature a eu le grand honneur de solutionner trois des plus grandes questions du programme républicain.
Elle a préparé les retraites ouvrières par l’adoption d’un projet auquel certaines surenchères ont donné trop d’extension, mais qui peut servir de base à une étude approfondie.
Les retraites ouvrières ne doivent, à mon avis, être admises que si elles ont pour
point de départ un effort personnel de l’ouvrier lui-même, aidé ensuite par le patron et par l’État.
Une des premières réformes qui s’imposeront à la Chambre futyre est Rétablissement de ilmpôt sur le revenu, global et progressif, le seul qui puisse dégrever la terre en établissant une égalité absolue de charges pour tous les revenus, quelle que soit leur origine. Mais j’y mettrai comme condition qu’il soit fait une distinction entre les revenus perpétuels de la fortune acquise et les revenus viagers du travail*
Au point de vue agricole, je reprendrai ma proposition tendant à instituer des Chambres d’agriculture départementales et je résisterai, comme je Y ai fait en repoussant le traité de commerce franco-russe, à toute mesure qui aurait pour objet d’aliéner l’entière liberté de nos tarif douaniers.
Comme par le passé, je repousserai toute augmentation de dépenses de pure administration, n’admettant que les dépenses réellement productives, comme celles des voies de communication et des postes*
Mon concours a toujours été et reste acquis à la réduction des frais de justice et des frais des petites ventes, à la réforme du régime pénitentiaire, à la suppression du vagabondage, au développement des mutualités agricoles, à l’abrogation de ce qui reste de la loi Falioui, à la liberté du travail pour les adultes exposés au chômage par les intempéries ou le cours des saisons*
le suis en outre partisan de la suppression des conseils de guerre en temps de paix*
Fai été assez heureux pour faire voter, sur ma proposition et sur mon rapport, la déclaration d’utilité publique du chemin de fer de Paris à Chartres par Galiardon* Je continuerai mes efforts pour obtenir au budget l’inscription des crédits nécessaires à sâ prompte exécution*
Jrai fait adopter ma proposition de loi relative au contrat de travail des agents des chemins de fer de l’État*
Par les comptes que je vous ai rendus, vous avez pu apprécier mes actes ; à vous devoir si je suis digne de voire confiance et capable de défendre vos intérêts*
Honoré une quatrième fois de vos suffrages, je mettrai, comme je l’ai toujours fait, tout mon dévouement au service d’une République respectueuse des droits de tous et vraiment démocratique*
Républicain de gauche, sans aucune compromission avec la droite, je ne connais comme adversaires que les partis de réaction, d’une part, et, d’autre pan, les négateurs de Ridée de patrie et les révolutionnaires.
Vive la République!
Ni réaction î Ni révolution I
Gustave LIIOP1TEMJ,
Député sortant.
2fl circonscription de CHARTRES M. de SÀ1NT-PÜL
Élu au ïùt tour de scrutin, — 7.102 voix.
Messieurs,
En vouf^ demandant le renouvellement du mandat de député que vous m'avez confié, il y a quatre ans, toute mon ambition est de servir mon pays et noire région.
par rri«>n expérience des connaissances et pratiques agricoles acquises dans ma profession d cultivateur travaillant parmi vous, par l'expérience d'un travail assidu et régulier de quatr années passées, au Parlement, dans Tétude des nombreuses questions qu'il m'a fallu connaître pour les juger, j’ai la conviction de pouvoir continuer à vous être utile*
Nos intérêts des campagnes doivent être défendus non seulement p ir des représentants de bonne volonté, mais surtout par des représentants connaissant assez notre métier et nos b soi s pour savoir prévoir et prépare r les mesures nécessaires h la prospérité de l’agrimlture de la région et b ïa défense des intérêts de nos ouvriers agricoles.
Trop peu nombreux sont au Parlement les députés, eux-mêmes ira va illeurs agricoles, connaissant donc des besoins et des intérêts qui sont les leurs, et cependant les ouvriers agricole* forment la majorité des travailleurs de la République.
le répéterai, comme en 1902, que je suis républicain, républicain progressiste libéral, tout attaché ë la forme républicaine du Gouvernement de la France. Je demande la liberté pour tous, la liberté du travail, la liberté de penser selon sa conscience, la liberté des convictions religieuses.
Le Pa\s réclame une politique d'ordre et de calme pour travailler à ses affaires* Il faut Papaisement parmi tous les citoyens pour résister aux éléments de désorganisation et d'anarchie qui menaceraient l'existence de la France, Il faut une juste entente entre le Capital et le Travail, nous pénétrant bien que, sans capital, il n'y aurait pins de travail, comme, sans travail, le capital, base de la force, delà puissance et delà vitalité de la nation, n'exisîerait plus*
je réprouve l'inutile et injuste persécution religieuse entreprise sans raison contre les sentirait' delà majorité de la population, sans profit pour personne et même sans souci de Pin ui tant abandon de traditionnels moyens de gouvernement*
Je continuerai à faire valoir les droits des ouvriers de la terre, à réclamer pour eux, comme je fai fait et obtenu, une égalité de traitement avec les ouvriers des centres industriels; je m'emploierai ë réel amer pour eux des avantages qui leur rendent la vie moins pénible plus fructueuse, plus agréable.
Je détendrai énergiquement le maintien des droits de douane protégeant nos produits? je m'opposerai de toutes mes forces aux manœuvres de spéculation qui, autrefois, faussaient les cours des grains, nous enlevant U juste rémunération de notre travail; je soutiendrai nos industries agricoles et nos petits commerces des campagnes*
Je m'opposerai à l'augmentation des charges qui pèsent sur la terre, que nous ne pourrions -lus supporter, es :imant que notre profession est de beaucoup la plus frappée par l'impôt, comparativement à ses ressources*
En un mol, je m'attacherai à toute mesure favorable ë notre région agricole et à l’intérêt général de la France,
Pour travailler avec fruit, il nous faut la paix extérieure et intérieure? je m'emploierai
de tout mon pouvoir à la maintenir* Pour imposer la paix, il nous faut une année forte, redoutée de ceux qui la voudraient troubler.
Je réclamerai la réduction des frais de justice et plus de rapidité dans les décisions des
tribunaux*
Trop de notre temps à la Chambre des Députés, est employé aux discussions politiques des partis, combattant pour la possession du pouvoir dans des manifestations oratoires interminables, et pas assez n'est utilisé à la sage étude des questions économiques et financières, dont dépendent la prospérité générale et la vitalité de la nation.
Donc, par une meilleure organisation de notre travail, je veux moins de politique, moins de paroles sonores, moins de vaines manifestations et davantage de mesures prises dans l’intérêt de tous ét profitables à tous les citoyens.
Cette organisation, nous l’aurons avec la vraie République, ouverte à toutes les bonnes volontés, avec un sage gouvernement de tous pour tous, et non avec une fausse République, royauté de quelques-uns pour opprimer et persécuter les autres.
Telle est la tâche que je veux continuer dans P accomplissement du mandat que je vous propose de me renouveler*
Électeurs des cantons d'Àuneau, de Gourvrlle, dTlliere, de Jan ville et de Voves,
Je me suis donné tout entier à la charge que j’avais sollicitée, je crois avoir justifié la confiance que vous m’aviez fait l’honneur de m’accorder; ma ferme altitude, mes votes vous ont montré ma fidélité au programme que je vous avais soumis.
Je reste â votre disposition pour défendre les intérêts spèciaux de notre région et de ses travailleurs, que je m'engage de nouveau à servir énergiquement.
C’est la cause de la République en général, de nos pays agricoles en particulier, que je veux défendre, avec toute la conviction, l'ardeur, le dévouement dont peut être capable L’un des vôtres, qui vit de votre vie et du même travail que vous.
De SAINT-VOL,
Cultivateur, maire de Pêzy,
Membre du Conseil d'arrondissement,
Candidat républicain progressiste libéral, Député sortant.
Circonscription de CHÀTEAUDUN *
M* Louis BAUDET*
Élu au l6r tour de scrutin* — 10. 74k voix*
Mes chers Concitoyens,
Vous avez, il y a quatre ans, approuvé mes déclarations et mon programme en me confiant, par plus de 8*400 suffrages, l'honneur de vous^reprêsenter*
Rarement autant de réformes importantes ont été accomplies en une seule législature.
L’application de la loi ds 1901 aux établissements congréganistes î
La réforme de l'impôt des prestations remise aux décisions des Conseils municipaux;
as
La nouvelle loi sur le recrutement, réduisant à deux ans le service dans l’armée active et supprimant toute dispense, pour réaliser ainsi une égalité véritable;
La nouvelle loi sur les patentes, dégrevant les petits patentables de plus de 3 millions de francs;
La loi qui réorganise les justices de paix et augmente leur compétence, diminuant ainsi les frais de justice et rapprochant le juge du justiciable dans un grand nombre de cas;
La loi d’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables dénués de ressources;
La lui de séparation des Églises et de l’État, conçue dans un esprit libéral et respectueux de tous les droits des consciences à [a vraie liberté.
Toutes ces lois, que j’ai votées, sont promulguées et sont ou vont être exécutées.
La loi des retraites ouvrières et paysannes, v^tée par la Chambre et soumise aujourd’hui aux délibérations du Sénat devra, peut-être, faire l’objet d’une élude nouvelle avant de devenir définitive; ce sera une des premières tâches de la législature prochaine.
La réforme fiscale par l’impôt sur le revenu devra être reprise pour soulager les petits contribuables d’une partie de la surcharge des contributions indirectes.
Les récents jugements rendus par les Conseils de guerre ont montré tous tes dangers de cetie juridiction d’exception; je suis partisan de leur suppression en temps de paix.
Seule, une réforme de la loi sur les syndicats permettra d’en étendre le bénéfice aux fonctionnaires qui ne peuvent, à mon avis, ni exercer le droit de grève, ni avoir entrée aux Bourses du travail.
Enfin, il faut poursuivre sans faiblesse l’application de la loi de 1901 aux congrégations;
L’application de la loi de 190fi sur l’enseignement congréganiste;
L’application de la loi sur la séparation des Églises et de l’État.
Aujourd’hui, comme il y a quatre ans, je suis partisan résolu de la propriété individuelle et comme je l’ai fait jusqu’ici, je volerai toute mesure destinée à en favoriser l’accès au plus grand nombre.
Persuadé que les droits protecteurs sont indispensables à la prospérité de notre grande industrie nationale, l’agriculture, je m’opposerai de toutes mes forces à toute modification tendant à les diminuer.
Je continuerai, dans le même esprit, à favoriser de tout mon ponvoir le développement de la mutualité agricole, assurance et crédit.
Enfin, comme je l’ai fait depuis quatre ans, je m'efforcerai de me tenir en constante communion d'idées avec mes électeurs, dans des réunions que je ferai toujours aussi nombreuses que-possible.
Pour assurer le maintien et l’exécution des lois qui viennent d’être votées, la conquête de nouvelles réformes, il faut une majorité de républicains vraiment pénétrés des idées de progrès, vraiment décidés à combattre tout retour en arrière.
C’est à vous, électeurs, qu’il appartient de la cpnstituer.
Vous m’avez vu à l’œuvre, vous me connaissez, vous savez que vous pouvez avoir confiance en moi ; les attaques dont les réactionnaires n’ont pas cessé de me poursuivre me sont un titre de plus à vos suffrages.
Vive la République!
Louis BAUDET,
Maire de Chàteaudun, député sortant.
Candidat républicain radical.
Circonscription de DREUX.
M. Maurice VfOLlETTÈ.
Éiu au 1er tour de scrutin. — 9.895 voix.
Mes chers concitoyens,
Au nom du parti républicain, je viens pour ia seconde fois solliciter vos suffrages.
le vous dois donc quelques loyales précisions sur mes voies politiques et sur mes intentions.
Aussi bien, je n’aurai sans doute rieà à apprendre à personne. Depuis quatre ans que je suis votre élu, soit à la tribune du Parlement soit dans mes articles, soit dans mes comptes rendus de mandat, j’ai toujours pris hautement mes responsabilités. La rectitude de mon attitude politique ne peut être mise en doute par personne. le m’en suis tenu à l’observatîon intégrale et scrupuleuse du programme que je vous présentais il y a quatre ans.
De la campagne dirigée contre moi, je ne dirai rien non plus. C'est le même refrain qu’il y a quatre ans : je suis, paraît-il, un dangereux adversaire de la propriété individuelle et de l’idée de patrie.
Où et quand ai-je menacé la propriété individuelle?
Est-ce quand j’ai déposé sur le bien de famille une proposition de loi dont l’effet est de consolider la propriété paysanne, proportion dont le Ministre de l’Agriculture voulait bien dire, au comice de Bon ne val, qu’il s’était largement servi pour l’élaboration du projet déposé au nom du Gouvernement sur ce sujet?
Est-ce donc quand j’ai, à la tribune, vivement défendu la caisse régionale de la Beauce et du Perche, à qui on reprochait de prêter à un taux trop faible à ses caisses locales ?
Est-ce quand j’ai fait voter par la Chambre une résolution sauvegardant les droits à la subvention des petites caisses d’assurances mutuelles agricoles, ce qui in’a valu l’honneur d’être parmi les six députés désignés par le Ministre de l’Agricuhure pour faire partie de la Commission extra-parlementaire chargée de réviser la législation des subventions données à l’agriculture?
Est-ce quand, au bout de deux années d’insistance, j’ai obtenu du Parlement le vote d’une loi dégrevant, dans une mesure trop faible encore mais appréciable cependant, les droits de mutation sur la propriété foncière?
Est-ce quand j’ai obtenu du Parlement le commencement d’une législation protectrice des riverains des grands bois contre les dégâts du gibier? Est-ce quand tous les ans au cours du budget de l'agriculture, sans me lasser, jhai vivement insisté pour obtenir de nouvelles améliorations à cette législation ï
Est-ce quand j’ai déposé, une [ roposition de loi demandant que la connaissance des délits de cbasse fût attribuée au juge de paix, ce qui me valut les injures de M. de Cassagnac ?
A ïa vérité, j’ai voté contre la loi dite des bouilleurs de cru, mais parce qu’en pareille matière, j’estime qahl faut la liberté pour tout le monde, gu pour personne. Si j’ai le droit de faire bouillir les pommes [que j’ai récoltées, je dois avoir le droit de faire bouillir des pommes que j’achète, je suis aussi pleinement propriétaire des unes que des autres.
Ou et quand ai-je menacé l’idée de Patrie ?
Dans la guerre russo-japonaise, ma politique à moi, c’ttait celle qui consistait à ne
nous mêler de rien et à ne pas admettre que notre neutralité fût violée, même par la
Russie. .
Dans l’affaire du Maroc, j’ai toujours soutenu que cela ne valait pas une guerre avec
l’Allemagne et qu’il ne fallait pas hésiter à négocier et à transiger. Les nationalistes appellent ceja de l’aplatissement vis à-vis de l’empereur allemaud, moi j’appelle cek de la sagesse et du patriotisme.
Il me paraît aussi que c'est du patriotisme que de déclarer nettement la guerre I la guerre, de répudier hautement toute espèce de guerre offensive, et de n’admettre la légitimité du recours à la force que pour repousser la force et pour défendre notre territoire et nos libertés.
C’est pour cela que je ne veux pas une armée prétorienne, mais une armée vraiment nationale, où il n’y ait pas une discipline de fer pour les soldats et le régime du bon plaisir pour les officiers. C’est pour cela aussi que je veux une armée dont les chefs soient pénétrés de l’esprit républicain, parce que la France, pour moi, ne saurait plus se concevoir indépendam ment de la République.
C'est tout cela que j'ai écrit et répété des centaines de fois depuis quatre ans. Je ne puis que plaindre ceux qui persisteront à considérer que ce langage est antipatriotique.
Mes chers concitoyens.
Ce que je ferai, si je suis élu, c’est bien simple : je continuerai*
Je continuerai à poursuivre la réalisation de tomes les réformes démocratiques au premier rang desquelles se place la réforme générale de l’impôt et la loi des retraites pour la vieillesse, telle que la Chambre l’a votée.
Adversaire irréductible, ainsi que je l’ai déclaré à la Chambre, du droit de grève pour les fonctionnaires, je suis partisan résolu de placer tout le monde sous le régime du plus large droit commua, quant à la liberté d’association.
Je n’admettrai pas qu’on essaie de revenir sur la loi de séparation, qui doit être résolument et intégralement appliquée.
Je viens d’obtenir cette année la suppression des tribunaux militaires de révision et le transfert de leurs attributions à ia Cuur de cassation. Je poursuivrai résolument la suppression complète des con-eils de guerre en temps de paix. Ils se sont jugés eux-mêmes, en acquittant systématiquement des officiers pour des délits pour lesquels ils condamnent des simples soldats, victimes d’uo moment d’égarement, à deux ans de prison.
Au risque de m’entendre dire que je travaille encore pour « la patrie allemande», je poursuivrai la réduction des périodes de 28 jours et de do jours.
Le devoir du Parlement est de voter toutes les économies possibles, sans oublier le sort de tous ces petits fonctionnaires dont je n’ai jamais cessé de me préoccuper. Rapporteur, à la Chambre, de nombreux projets de loi intéressant les postes, j’ai pu y faire inscrire des améliorations importantes pour le petit personnel. Rapporteur, au Conseil général, du nouveau règlement sur les cantonniers, j’ai pu faire triompher, sans grande difficulté, je m’empresse de le reconnaître à la louange de mes collègues, les revendications essentielles de leur congrès de Dreux, que j’avaiseu l’honneur de présider.
Je n’oublierai pas non plus les intérêts particuliers de l’arrondissement et je ne crois pas que personne puisse, même parmi mes adversaires politiques, m’adresser un reproche à cet égard. Rien ne m’a été signalé sans que je me sois efforcé d’y porter remède. Je tiens à me glorifier d’avoir été un mandataire exact, diligent et fidèle.
Accueillant et bienveillant avec tous, je me suis efforcé d’être agréable à tous ceux qui s’adressaient à moi, sans demander compte à personne de ses opinions politiques, du moins quand aucune question politique n’était en jeu. Afin de mettre chacun pleinement à 1 aise, je
m’empresse d’ailleurs de déclarer que pour tous les petits services que j’ai pu rendre, je le* ai oubliés en même temps que je les rendais. Homme politique, au moment ou je sollicite le renouvellement d’un mandat essentiellement politique, il me plaît de ne me réclamer que de mes opinions et de mon attitude politique.
Là-dessus aussi on est fixé. Je suis un blocard impénitent, c’est vrai, car ce n’est que par l’union de tous les républicains que nous pourrons réduire définitivement nos adversaires. Je n’accepte pas d’excommunier personne parce qu’il est socialiste ou parce qu’il est modéré, et je réclame hautement les suffrages et des uns et des autres.
Je ne me laisse pas arrêter par les inconvénients inévitables de la liberté et par les conflits momentanés qui peuvent résulter, môme eu République, des antagonismes en présence. Je me borne à constater que l’état social des pays de l’Europe qui ne sont pas en République est infiniment plus troublé que le nôtre, et les terribles insurrections de Russie viennent démontrer péremptoirement que l’autocratisme le plus terrible, le césarisme le plus implacable, ne met pas un pays à l’abri des pires commotions sociales, bien au contraire.
C’est ia République démocratique qui assure au contraire le maximum de paix sociale au pays, parce que l’évolution peut s’y faire petit à petit par la volonté de la majorité, et qu’ainsi l’organisme économique peut se transformer par la légalité, avec le minimum de secousses et de perturbations.
En fait, trente six ans de République démocratique et pacifique ont rendu à la France les sympathies de toutes les puissances. Elle est, comme le constatait M. Ribot lui-même, il y a quinze jours, à Roubaix, en pleine prospérité économique.
Fidèle aux traditions de la Révolution française, elle doit tourner tout son génie vers la pleine réalisation de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen. Elle ne doit plus rechercher la gloire que dans la découverte des formules et des institutions qui organiseront pacifiquement la grande réconciliation des hommes et des classes par Tavènement de la justice sociale*
Vive ia République démocratique et sociale 1
Maurice V10LLETXE,
Député sortant. Conseiller général*
Candidat du Comité d’Action démocratique.
Circonscription de NOGENT-LE-ROTROU.
M. Paul DESCHÀNEL.
Élu au 1er tour de scrutin. ■— 6.770 voix.
Mes chers Concitoyens,
La réduction du service militaire à deux ans; la loi d’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables ; la réforme des justices de paix ; la séparation des Églises et de l’État: le projet de loi sur les retraites ouvrières : telles sont les œuvres principales de la législature qui s’achève.
Dans les débats sur Sa séparation, j’ai réclamé des garanties libérales, qui ne figuraient
pas au projet* Sur les points essentiels, tels que la dévolution des biens et le régime des édifices, nos propositions ont été adoptées* Nous veillerons à ce que la loi soit appliquée dans l’esprit où nous l'avons votée, t'est-à-dire de manière à assurer, avec l'indépendance réciproque de l’État et de l’Église, le respect des consciences et la pleine liberté des cultes,
Dans le débat sur les retraites ouvrières, je me suis efforcé de concilier le principe de l'obligation avec le développement de la prévoyance libre, et j’ai fait incorporer au projet deux amendements qui sauveront l’avenir de la mutualité.
Président de la Commission des affaires extérieures, des protectorats et des colonies, je n’ai pas à vous rappeler mon rôle dans les débats de politique étrangère de ces dernières années.
En même temps, j'ai combattu la lutte de classes, la délation et la propagande antipatriotique.
La prochaine législature accomplira, je l’espère, la réforme électorale, condition des réformes administratives et judiciaires : la représentation nationale doit être l'image fidèle du pays.
Les réformes sociales prendront le premier rang dans nos préoccupations. Progressivement, nous devons organiser l’assurance des travailleurs contre l'ensemble des risques sociaux, chômage, maladie, invalidité, vieillesse, et résoudre ces problèmes urgents : développement de la juridiction des conseillers prud’hommes; réforme de la loi de 1892 sur la conciliation et l'arbitrage dans les différends collectifs entre patrons et ouvriers; constitution du bien de famille insaisissable, afin de conserver à la famille agricole son moyen d'existence; protection des gains et salaires de la femme mariée contre les abus de la puissance maritale ; défense de la santé publique ; hygiène et sécurité des travailleurs ; repos hebdomadaire; interdiction plus rigoureuse du travail de nuit pour les femmes et les enfants ; chômage légal des ouvrières enceintes dans les derniers temps de la grossesse et après les couches.
Pour faire face aux charges résultant des réformes sociales, il faudra réaliser des économies et proscrire les dépenses nouvelles, lï faudra mettre aussi plus de justice dans Pimpôt, demander davantage à la richesse acquise, pour dégrever les contribuables peu fortunés et les familles nombreuses.
Nous pourrons supprimer certaines contributions directes vieillies et les remplacer par un impôt sur le revenu, non impôt de superposition, mais taxe destinée à corriger Pimpro* portionnalitê des contributions indirectes. Nous n’admettons pas l'inquisition du fisc dans les affaires privées. Nous allégerons les droits de transmission de la propriété foncière.
Enüu, nous devons développer notre agriculture, notre industrie et notre commerce par l’enseignement professionnel obligatoire, le perfectionnement de notre outillage économique, la réforme de l'organisation consulaire, la réduction des tarifs de transport, la législation internationale du travail.
léserais heureux, mes cbers concitoyens, de travailler à celte œuvre de patriotisme, de justice et de fraternité, et de mettre une fois de plus à votre service une expérience déjà longue et une foi invincible dans les destinées de mon pays.
Vive la France!
Vive la République !
Paul DfeSCHÀNEU