GERS
Circonscription D'AUCH.
M. DEGKEB-DÀVID.
Élu au lw tour de scrutin* — 7.797 voix*
Citoyens,
Le mandat législatif que je dois à la confiance constante dijs républicains depuis 1893, est terminé*
Convaincu de Lavoir loyalement rempli, je viens pour la quatrième fois, en solliciter le renouvellement.
Républicains,
Vous m'avez toujours trouvé parmi ceux qui ont sincèrement défendu la démocratie, et mon vote ne s'esl jamais confondu avec celui des ennemis de la République,
11 n'est pas une seule des réformes démocratiques, politiques, sociales, laïques et agricoles, réalisées depuis ces dernières années, malgré la résistance de la réaction, qui ïd ait eu mon concours et mon suffrage*
Dans cette législature, nous avons obtenu :
La réduction du service militaire à deux ans, qui répartit équitablement le lourd impôt du sang;
La loi sur l'assistance des vieillards, des infirmes et incurables, qui consacre dans notre pays, un grand principe de solidarité humaine, en transformant en devoir social ce qui, depuis trop longtemps, ne dépendait que de la charité;
La lui réorganisant le service des enfants assistés, loi d'une si réelle et si haute portée sociale ; ■
L'extension de la loi sur lea accidents du travail, qui devra englober prochainement les professions agricoles ;
La loi sur les retraites ouvrières actuellement soumise au Sénat, qui tend à assurer aux ouvriers des villes et des champs la vieillesse paisible qu'ils ont si bien méritée ;
La loi sur Y organisation du bien de famille incessible et insaisissable;
La loi augmentant la compétence des juges de paix qui étend cette justice populaire et la rend moins coûteuse*
Les dégrèvements sur les droits successoraux, sur les vins, les sucres, les timbresposte, les patentes, les frais d'enregistrement, les impôts de la terre, etc,, sont aussi l'œuvre de la législature écoulée*
La loi sur la suppression de renseignement congréganiste a complété l'œuvre de neutralité scolaire, en même temps que d’utiles progrès étaient réalisés dans renseignement public.
La loi de séparation des Églises et de FÉtat, promulguée en décembre dernier, loi qui, comme récrivait notre éminent compatriote M. Eallières, Président de la République : « loin d'être, ainsi que le prétendent des adversaires, une arme de guerre contre la croyance religieuse et la liberté éminemment respectable de la conscience, n’est, et ne sera autre chose, si tous veulent l'appliquer avec bonne foi, qu’un précieux instrument de liberté ».
Je revendique hautement la responsabilité et l'honneur de m’être associé à cette oeuvre libérale à laquelle bientôt, quand Fagiiation politique sera passée, tout le monde rendra justice.
Agriculteurs 1
Des lois agricoles nombreuses ont été votées dans cette législature et ont particulièrement attiré mon attention. Je m’en suis souvent fait l'initiateur et le défenseur à la tribune de lu Chambre.
Nous avons réorganisé le crédit agricole et les warrants agricoles.
J’ai présenté et fait voter :
La loi admettant les coopératives agricoles aux subventions de FÉtat;
La loi sur les fraudes des produits agricoles et la loi sur la fraude des engrais, permettant Rassurer ïa sincérité dans la vente de ces produits et protégeant ainsi ^agriculteur.
Nous avons rétabli le régime de liberté des bouilleurs de cru, qui nous avait été retiré depuis 1902.
Agriculteur et éleveur comme la plupart d’entre vous, président de la société départementale d’agriculuiTé depuis 17 ans, je n’ai ménagé ni ma peine, ni mon temps pour organiser — ■ Fa s me préoccuper de l’opinion politique de ceux qui répondaient à mon appel ' — ces nombreuses sociétés ou caisses locales de crédit agricole, d’assurance contre îa mortalité du bétail, syndicats contre la grêle, qui sont répandus dans notre département et qui rendent tant de services à la démocratie rurale.
U faut établir une caisse départementale de réassurance des risques agricoles et constituer une caisse nationale de même nature, pour compléter' cet édifice de prévoyance et de mutualité.
Il faut créer ]a représentation agricole par les chambres d'agriculture et réorganiser l’enseignement agricole sur des bases plus démocratiques.
Electeurs !
La République a le devoir d'intervenir dans les rapports du travail et du capital ; elle doit s’efforcer de prévenir les conflits douloureux qu’entraînent^trop souvent les grèves ; une législation s’impose pour résoudre les problèmes du chômage, de l’arbitrage, de la réduction des heures de travail ets si possible, de la participation aux bénéfices.
ïi faut préconiser l’extension des syndicats et leur capacité.
II faudra grouper partout, et Spécialement dans nos campagnes, les forces d'association sous tomes les formes qu’elles peuvent revêtir, développer tous les groupements mutualistes et particulièrement ceux qui intéressent l'agriculture.
Nous devrons raffermir la justice et la discipline dans l'année en supprimant les conseils de guerre en temps de paix et en révisant le Code militaire.
Réduire les périodes d’instruction des réservistes et d^s t nitoriaux.
Nous nous efforcerons de faire revenir h L’État, moyennant juste et préalable indemnité, ce qui constitue fa richesse nationale (mines, chemins de fer, canaux, etc.), et de
doter notre pays de l'impôt progressif sur le revenu frappait' chacun selon ses facultés réelles, exonérant les petits contribuables des charges écrasantes qu’ils supporte»1.
Citoyens 1
Si vous voulez qus la République accomplisse le3 réformes sur lesquelles compte la démoc ratie
Si vous’ voulez que lu République soit le régime de paix, d’économie, d’émancipation matérielle et morale qu'elle doit être, „
Si vous voulez qu’elle persiste dans la voie du progrès social où elle est outrée,
Vous maintiendrez voire confiance à ceux qui jusqu'ici ne l’ont jamais trahie.
C est en vain que, dans un bas intérêt de parti, la réaction capitaliste et cléricale, excite quelques fanatiques abusés par le mensonge. Cette agitation, qui cache derrière elle tous ceux qui veulent empêcher le développement du progrès social, ne trompera personne.
La loi de séparation est libérale, respectueuse des droits de la conscience, fournissant aux catholiques les moyens les plus larges pour assurer l'exercice du culte qui leur est cher.
Depuis trente-six années, tous les quatre ans, la République est sortie triomphante des assauts qui lui ont été livrés.
Cette fois encore, par la force de la vérité ei de la justice, elle écrasera le mensonge et la calomnie, affirmant une fois de plus sa puissante notion pour le bien de la patrie, pour la paix universelle et pour la prospérité démocratique de la nation.
Vive la République des réformes sociales 1
P, DECKER-DAVtD.
Député, maire d'Àuch,
Président du groupe agricole et de la Commission d'agriculture de la Chambre des Députés,
Candidat radicabsocialisté d’uuion et de concorde républicaines.
Circonscription de CONDOM.
H. LàSIES.
Elu au let tour de scrutin, — 8,487 voix.
Chers Concitoyen^,
Depuis huit ans, j'ai le grand honneur Je vous représenter à la Chambre des Députés* Vm conscience d'avoir consacré tout mon zèle, toute mon activité, à défendre vos intérêts, à bien servir le peuple et la France.
11 s’est créé entre nous des liens que ne parviendront pas à briser les efforts impuissants de sectaires haineux et de politiciens violents.
Je reste fidèle à mon programme politique, ratifié deux fois par vos suffrages, comme je reste fidèle à mon programme de réformes démocratiques et de pacification
sociale.
J'ai la fierté de me représenter devant vous, sans avoir jamais manqué à mes engagements.
Grâce à mes efforts opiniâtres, vous avez enfin reconquis le droit d’être maîtres chez vous, et de distiller librement vos récoltes, à Fabri des intolérables vexations des gabelous.
Fai fait voter par ^unanimité du Parlement Fextension de la lui Bérenger aux décisions rendues par les conseils de guerre.
Cette réforme, due à mon initiative, est mon œuvre et restera Pûrgueil de ma vie politique.
Comme je vous Pavais promis, j’ai, à maintes reprises, défendu à la tribune :
L'obligation pour les députés d’assister aux séances ;
Le permis de chasse à 0 fr. 25 le dimanche ;
La diminution des impôts iniques qui pèsent sur nos eaux-de-vie;
La réduction des 28 jours;
La suppression des 13 jours ;
Le service d’un an avec primes de rengagement ;
Le dégrèvement de la terre et la création du bien de famille, asile sacré dont la misère ne pourra jamais chasser le travailleur malheureux.
Les paysans, les terriens, dont la vie n’est souvent qu’une longue série d’épreuves, savent que je connais lturs besoins et leurs souffrances.
Comme par le passé, iis me trouveront toujours disposé à les traiter en amis, prêt à m’associer aux mesures qui peuvent améliorer les conditions de leur existence, assurer la liberté et la fécondité de leur travail et la retraite de leurs vieux jours. Les agriculteurs et les commerçants, si rudement atteints par l’application des lois votées à la légère, auront toujours en moi un défenseur résolu de leurs intérêts compromis.
Les contribuables, écrasés d’impôts, menacés de charges nouvelles pour faire face au déficit creusé dans nos budgets par une politique de gaspillage effréné, savent qu’ils peuvent compter sur mon inla sable énergie pour les défendre.
Je veux une année forte, parce que seule une armée forte peut assurer la paix et éviter l’agression de l’étranger^
Je veux les consciences libres.
Je reste partisan résolu d’un concordat qui, pendant un siècle, assura à ce pays la pdx religieuse, et me déclare l’adversaire de celte loi de séparation qui déjà porte sur elle le stigmate ineffaçable du sang versé 1
Je rf impose ma foi religieuse à personne, mais je veux que les croyants puissent librement la pratiquer et l’enseigner à leurs entants.
Cette foi religieuse, je Faiîirme et je la proclame avec d’autant plus de force qu’elle est plus persécutée 1
Electeurs,
Depuis trop longtemps, une coalition de politiciens sans scrupules a gouverné par l’arbitraire, régné par la corruption, opprimé par Finfâme délation ï
Désorganisant notre armée, nos finances, notre industrie, noire commerce, notre agriculture, semant partout les divisions et la haine, ils semblaient n’avoir d autre but que d’affoler notre démocratie laborieuse, pour la précipiter dans la guerre civile et dans la plus violente des révolutions.
Guerre civile 1 Révolution ! Que toutes les mains se serrent, que tous les cœurs s unissent pour éviter ces deux fléaux moruls h notre France 1
Jamais la situation n’a été plus grave.
Jamais votre vote n’aura eu plus de responsabilité dans les destinées de la nat on-
C'est à vous tous, qui vouiez une France puissante, une démocratie libre, un Gouvernement national, tolérant, généreux, accueillant le concours de tous les braves gens, un Gouvernement respectueux des consciences, poursuivant une politique d'union, de concorde et de réconciliation sociale ;
C'est à vous tous, amis et adversaires, qui conservez intact le culte du drapeau et de Sa patrie, que je fais appel,
Réservant, comme toujours, aux faibles et à ceux qui souffrent le meilleur de mon dévouement, j’attends avec confiance le verdict de tous les bons citoyens.
Ensemble nous lutterons pour assurer à notre pays, trop longtemps troublé, la « sécurité du lendemain » dans l'ordre, dans la paix, dans la liberté.
Vive la France !
Vive le peuple !
A bas tous les tyrans I
J. LASIES,
Circonscription de LECTOURE M. THIERRY-GAZES
Élu au i*r tour de scrutin. — 5.692 voix.
Mes chers Concitoyens,
Lorsqu'on 1902, dans un admirable élan d’union et de solidarité, vous m'avez de nouveau confié le drapeau de la République, mon ambition fut de servir l'universalité des électeurs républicains de l'arrondissement, en continuant à défendre au Parlement ks reformes politiques et sociales inscrites dans mes programmes de 1893 et de 1898.
Rentré dans la politique sans haines, sans rancunes à assouvir, j'ai la conscience d'avoir été un fidèle observateur de tous mes engagements.
Par mes actes politiques, vous avez pu juger de la fermeté de mes convictions et de ma fidélité à l’idéal qui m'a toujours guidé.
Vous me connaissez tous, et depuis longtemps vous m'avez vu à l’œuvre : c'est pourquoi, je n’ai point de longue profession de foi à vous faire.
Au cours de la législature qui vient de s'achever, et qui laissera une trace durable dans l’histoire de notre pays, je me suis associé’, par mes paroles et par mes votes, à toutes les mesures qui ont eu pour objet de protéger notre agriculture, de consolider notre situation intérieure et extérieure, d’assurer le respect de la liberté de conscience, en séparant la religion de la politique, de répartir plus équitablement les charges des contribuables et d'améliorer le sort des travailleurs de la ville et des champs.
Dans mon programme de 1893, je rappelais l’éloquente parole de Lamartine: « La Révolution de 1789 a conquis la liberté pour tout le monde, excepté pour Dieu », et j'ajoutais: k La liberté de conscience ne peut être assurée définitivement, a mon avis, que par la séparation des Églises et de l'État, séparation précédée du vote d’une loi sur les associations et sur la liquidation des biens de mainmorte. »
mes
En votant la séparation des Églises et de RÉtat, je suis simplement resté fidèle à opinions et à mes promesses.
Quant à ^opération de l ‘inventaire, dont l'esprit de parti a dénaturé le sens et la portéeî vous savez tous que ce u’esL qu’une procédure demandée par certains députés de la droite dans le seul but de conserver les objets du culte et d'en assurer la transmission.
Ce but a d ailleurs été nettement défini dans les discours, — dont nous avons voté l'affichage, — de MM. Briand, Ribot et l'abbé Lemire.
Toujours selon les engagements pris et les promesses faites, j'ai voté la réduction du service militaire à deux ans;
I ai défendu, à la tribune de la Chambre, la cause des maîtres de Renseignement public à tous les degrés ;
J ai fait adopter par le Parlement un projet de résolution pour le développement de Renseignement agricole;
J at été heureux de voir la majorité républicaine voter l'extension de la compétence des juges de paix , entraînant la diminution des frais de justice, que j'avais énergiquement demandée à la tribune de la Chambre, dans une précédente législature ;
l’ai voté la loi des retraites ouvrières et paysannes, — adoptée par la Chambre des Députés et transmise au Sénat, ■ — et j'ai appuyé toutes les mesures prises pour relever la condition des humbles et des petits.
En dehors de ces grands réformes, je n’ai pas besoin de rappeler:
Mes interventions répétées pour la défense des intérêts agricoles et économiques de notre arrondissement, notamment pour obtenir :
1° La déclaration d’utilité publique du chemin de fer de Beaumont àGimont ;
2° L exécution de cette ligne dans le courant de la présente année, selon l’engagement pris devant la Chambre par le Ministre des Travaux publics;
Enfin mes votes persistants pour le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru.
De nombreuses et importantes rétormes restent à accomplir : ^
Impôt progressif et global sur le revenu ;
Rachat des chemins de fer par l’État;
. Diminution des gros traitements et suppression des fonctionnaires inutiles ;
Suppression des grands monopoles financiers et industriels ;
Exploitation des mines par monopole d’État ;
Rachat de la flanque de France;
Répression énergique de la falsification du vin ;
Taxe différentielle sur l’alcoo.1 d’industrie ;
Diminution des tarifs de transports des engrais et des produits du sol; etc...
Ce sera l’œuvre de la prochaine législature. Je serai lier, comme par le passé, d’y consacrer tous mes efforts, si, le 6 mai prochain, vos libres suffrages m’apportent le renouvellement de mon mandat.
Vive la République démocratique et sociale !