‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 81 sur 280 · THIERRY-GAZES · texte numérisé non relu

THIERRY-GAZES

Député sortant,

Candidat radical-socialiste.

Circonscription de LOMBEZ.

M. le marquis de PINS.

Élu an 1M tour de scrutin. — 5.3U voix.

Mes chers Concitoyens,

La situation politique est d’une netteté telle, qu'un programme électoral devient

superflu. Le temps des paroles vaines est passé, il faut des actes I ,

En 1902, vous m’avez confié le mandai de vous représenter a la Chambre es epu

ce mandat, j’ai conscience de l’avoir loyalement et fidèlement rempli, aussi est-ce aveccon-

fiance que je viens vous en demander le renouvellement. .. .

Vous penserez avec moi, j’en suis sûr, qu’il faut en finir avec cette politique déshonorante du Combisme, qui ne connaît que la violence, la haîne et 1 intérêt de parti, qui a allumé la guerre civile, persécuté les consciences, foulé aux pieds la liberté de penser et de |e£ désorganisé la deïense nationale et élevé la délation k la hauteur d’un système de

gouvernement.^^ ^ £nTO,r les juifs et les francs-maçons, pour redonner au pays la liberté et la tranquillité dont il a tant besoin pour continuer son œuvre bienfaisante dans le

concert des nations. , . ,

La question religieuse est celle qui actuellement préoccupe le plus les esprits, le déclare hautement que, m’étant déjà énergiquement opposé a la loi concernant la séaaration, je ferai tous mes efforts pour faire rétablir le budget des cultes et un nouveau concordat approprié au besoin du jour. Seules, ces deux réformes pourront rendre au pays

la naix religieuse si troublée par les sectaires du « Bloc ».

Connaissant vos besoins, ayant mes intérêts au milieu des vôtres, je suis bien place pour

lës défendre

Mon passé politique, mes votes à la Chambre des Députés, sont une garantie de ma

sincéril é ■ ,

J’adresse un appel suprême à tous les bons Français, sans exception de parti, qui veulent

arracher notre pays à la domination dégradante de celle association occulte que M. Downer, dans son discours de la Fère, a qualifiée de bohème malfaisante, à tous ceux qui veulent faire le bloc des braves gens contre le bloc des sectaires. .

Je m’adresse à tous ceux qui veulent la France forte et respectée, et je les convie a

s’unir, le 6 mai prochain, autour du drapeau national.

Pour la France 1 Pour ta liberté!

Marquis de PINS,

Conseiller général, maire de Monlbrun, Député sortant.

Circonscription de M1RANDE»

M, NOULENS.

Élu au 1er tour de scrutin» — 9 JM voix.

Mes chers concitoyens^

Il y a quatre ans, tous les républicaine de l'arrondissement de Mirande, sans distinction de nuance, ont réuni leurs suffrages sur mon nom, pour me confier l'honneur de les représenter à la Chambre des Députés-

Je viens de nouveau faire appel à l’union de tous ceux qui ont foi dans l’idée républicaine et leur demander le renouvellement d’un mandat que je crois avoir fidèlement rempli.

Malgré les améliorations matérielles et morales que nous devons à la République, les parlis réixogades n'ont rien abdiqué de leurs regrets du passé et de leur haine pour la démocratie. Renouvelant leurs attaques à chaque consultation du suffrage universel, quelle que soit leur tactique, ils ont toujours pour objectif de renverser la République^ au risque de jeter le pays dans la guerre civile.

Ils prennent, cette fois, prétexte de la séparation des Églises et de l'État pour essayer de surprendre l'opinion des électeurs en leur faisant croire que la religion est menacée*

Et cependant il n'en est rien : pour tout esprit impartial et de bonne foi, la séparation a été réalisée de la façon la plus libérale, puisqu’elle respecte les convictions religieuses des fidèles, autorise foutes les cérémonies rituelles et assure, sous un régime de liberté, l'exercice traditionnel du culte.

Je suis de ceux qui, en participant à la discussion de la loi de séparation, ont contribué à lui donner ce caractère libéral que l'esprit clairvoyant des électeurs saura reconnaître, malgré les erreurs propagées par nos adversaires-

Les associations cultuelles sont investies, par l'autorité épiscopale elle-même, du droit de recevoir les biens des fabriques et de continuer l’exercice du culte; elles sont dotées de revenus suffisants, car la contribution de leurs membres s'augmente des subsides fournis par les unions puissantes chargées de centraliser des ressources inépuisables; elles détiennent les églises à titre gratuit et avec une affecta lion indéfinie. Quelles autres garanties pouvait-on exiger au nom de la foi et de la conscience?

Les alloeationstemporaireset les rentes viagères servies aux membres du clergé donnent largement satisfaction à des intérêts matériels dont la République avait Je devoir de tenir compte.

Enfin, ta répartition de l'ancien budget des cultes, faite proportionnellement à la contribution foncière des propriétés non bâties, dans une pensée de faveur pour les communes rurales, permet à leurs habitants de constater par eux-mêmes le montant des sommes allouées à perpétuité aux budgets municipaux, comme conséquence de la séparation des Églises et de l'État.

Conçue dans un esprit de justice, de modération et de tolérance, puisse celte loi recevoir une approbation unanime, afin que son application, affranchissant l'Église et l'État d'une immixtion réciproque, marque la fin d'un conflit de plusieurs siècles et nous donne la paix religieuse.

La Chambre, au cours de la dernière législature, a successivement voté la loi réduisant la durée du service militaire à deux ans, celle des enfants assistés, celle des pendons aux vieillards et aux incurables, enfin le projet relatif aux retraites ouvrières. Si féconde que soit cette œuvre, elle n’est pas encore achevée: nous aurons à la continuer par le vote définitif des retraites ouvrières, quand la loi reviendra du Sénat, et par la création des ressources

correspondant aux réformes adoptées. .

Ces ressources, le îrésor doit les trouver d'abord dans un impôt éiabü sur le revenu global remplaçant les quatre contributions directes et comportant l’exemption complète des salaires, avec dégrèvement aussi large que possible des revenus agricoles, afin d’aboutir, par une sage progression, à une proportionnalité réelle dans la répartition des

charges fiscales. . ...

Le monopole de l’alcool doit procurer à l’Etat des recettes plus considérables encore.

Organisé après un dédommagement légitime des droits acquis du commerce, il concilierait les intérêts du consommateur, certain de boire des eaux-de-vie inoffensives, et ceux du producteur, toujours sûr de vendre sa récolte à un prix acceptable.

Mais cette mesure financière est d’une réalisation encore éloignée; il en est une autre qui s’impose d’une façon immédiate pour compléter le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru que nous avons enfin obtenu, je veux parler de la réduction des droits

«ur l’alcool de 220 francs à 156 francs. Les distillateurs d’eaux-de-vïe de raisins et de fruits, ruinés par la surélévation actuelle de la taxe, pr offraient de cet abaissement des droits, et le Trésor y trouverait lui-même son compte par suite de l’atténuation de la fraude.

Désireux de donner aux travailleurs de la terre les encouragements susceptibles d’empêcher nos campagnes d’ètre de plus en plus désertées et appauvries, je continuerai à me consacrer au développement des institutions agricoles, notamment de celles qui dérivent de la mutualité, telles que les caisses de crédit et les sociétés d’assurances contre la mortalité du bétail.

C’est également dans l’intérêt de la petite culture que je me prononce en faveur de l’organisation du bien insaisissable de famille qui doit assurer à chaque citoyen un toit et un lopin de terre à l’abri de tout risque d’expropriation.

Vous tous qui m’avez vu à l’œuvre, vous me savez passionnément attaché aux idées de liberté; celle de l’enseignement ne me paraît pas moins respectable que les autres, pourvu qu’elle soit contrôlée et réglée au triple point de vue des droits de l’État, de la famille et de

l’enfant. ,. ,

Ai-je besoin d’affirmer que je condamne énergiquement tons les fauteurs de troubles (

Le maintien de l’ordre s’impose dans uno démocratie, avec non moins de force que sous tout autre régime. Le Gouvernement de la République ne manque pas à ce devoir, mais il le concilie, ce dont on ne saurait le blâmer, avec le souri d’épargner les vies humaines quand les circonstances justifient des mesures de répression.

Que les fonctionnaires se syndiquent ou s’associent, peu importe, s’il leur est rigoureusement interdit de se mettre en grève. L’intérêt du pays, supérieur à celui des agents nommés pour le servir, exige cette restriction, compensée d’ailleurs parles nombreux avantages dont bénéficient les employés de l’État.

M’admettant pas que l’esprit de progrès puisse, au mépris de toute sagesse, poursuivre la désorganisation sociale, je défendrai le droit de propriété contre les atteintes dont il pourrait être l’objet.

Persuadé qu’une armée forte et une marine redoutable sont la condition de celte paix en faveur de laquelle nous sommes disposés à faire tous les sacrifices compatibles ayec l’honneur et l’intégrité de ia France, je réprouve les doetriaes criminelles qui tendent à désarmer la nation devant l’étranger, pour armer les citoyens français les uns contre les

autres.

Électeurs,

J’en appelle à votre bonne foi pour faire justice des allégations par lesquelles on

cherche à dénaturer mes intentiuns et mes actes ; à votre clairvoyance pour juger le régime républicain qui, le premier dans l’histoire, a donné à la France 35 ans de vie paisible et prospère ; à votre patriotisme pour repousser les tentatives de restauration monarchique qui jetteraient la France dans les pires aventures.

Vive la République 1

J. NOULENS.

Député sortant,

Candidat républicain radical.

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