‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1906Chapitre 82 sur 280 · GIRONDE · texte numérisé non relu

GIRONDE

Circonscription de BAZAS*

M. Émile CONSTANT.

Elu qu 1er tour de scrutin* — 9.048 voix*

Mes chers concitoyens,

Je viens, pour la quatrième fois, faire appel à vos libres suffrages.

Fier de l’approbation et du concours que veulent bien me donner tous les conseillers généraux) tous les conseillers d’arrondissement et tous les maires républicains, je livre avec confiance mon altitude et mes actes à votre verdict souverain*

Fai conscience d’être restéj fidèle à mon programme nettement républicain et résolu* ment démocratique, et, mandataire respectueux de mes engagements, de n’avoir émis aucun vote qui soit en contradiction avec mes promesses* ^

Je revendique hautement ma place dans le bloc républicain élu sur le programme développé à Toulouse, en 1901, par M* Waldeck-Rousseau, et dont la dernière manifestation a été d’élire à la présidence delà République, contre le candidat de toutes les réactions coalisées, notre éminent compatriote, M* Fallières,

Si j’ai refusé mou vote à la loi sur la séparation des Églises et de l’État, — parce que je m’étais prononcé contre elle devant vous, et que je la jugeais prématurée et grosse de conséquences financières, politiques et sociales pour nos communes rurales, — je n’en ai pas moins donné mon concours au Gouvernement pour assurer son exécution contre une opposition et des manifestations plus politiques que confession u elles*

Le devoir de tout bon citoyen, aujourd’hui, est de travailler à maintenir la paix religieuse dans notre pays*

La loi d’assistance aux infirmes et aux vieillards, maigre les charges nouvelles qu’elle va imposer à l’État, aux départements et aux communes, avec la loi £ur les retraites ouvrières et la réduction du service militaire, égal pour tous, à deux ans, seront l’honneur de cette législature particulièrement laborieuse*

L’extension de la compétence des juges de paix et la loi sur Ses fraudes ont donné satisfaction à des réclamations pressantes de nos populations rurales*

La mutualité, sous ses formes les plus diverses, a étendu son réseau bienfaisant sur tout notre arrondissement* J’ai conscience d’avoir pris ma part de cette œuvre de solidarité sociale et de n’avoir rien négligé pour lui assurer les plus larges subventions de l'État*

11 appartiendra à la prochaine Chambre d’encourager par tous les moyens le mouvement mutualiste, qui oppose la solidarité des intérêts et la communauté des sentiments à la haine dos classes.

Le rêve d'une société communiste n'est qu'un leurre, et la propriété privée sera toujours le principal facteur de Inactivité individuelle et la meilleure garantie de la personnalité humaine.

Mais il est une certaine catégorie de richesses, comme les concessions minières ou les monopoles, qui ont été attribuées comme par une sorte de délégation de la collectivité ; aussi avons-nous pensé que, pour ces cas spèciaux, le Parlement pouvait intervenir dans la répartition des bénéfices.

Nous ne pensons pas que la loi sur les syndicats puisse s'appliquer aux fonctionnaires détenteurs d'une portion de la puissance publique et qui jouissent de garanties et de droits spéciaux.

Nous voulons conserver le scrutin d'arrondissement, qui maintient des liens étroits entre ['électeur et l'élu, et nous estimons qu'au Parlement appartient, au même titre qu’au Gouvernement, l'initiative en matière de réformes et de dépenses publiques.

Électeurs républicains.

Si ces idées sont les vôtres, vous le direz, le 6 mai prochain, en me renouvelant votre confiance pour rechercher, avec mes collègues de la majorité républicaine, l'amélioration du sort des travailleurs, uns meilleure répartition des charges pub'iques, et assurer, avec le concours de l'armée nationale, exclusivement préoccupée de cette noble mission, la paix publique, l'intégrité de la patrie et la gloire de la République,

Vive la République 1

Émile CONSTANT,

Député sortant.

Circonscription de RLAYE

M- Pierre DUPUY

Élu au 1ÉT tour de scrutin. — 8.901 voix.

Mes chers Compatriotes,

11. y a quatre ans, vous m'avez fait le grand honneur de me choisir, au premier tour de scrutin, par 7,494 voix, pour vous représenter à la Chambre des Députés,

Aujourd'hui, comme il y a quatre ans, présenté et soutenu par tout le parti républicain, certain d'avoir rempli fidèlement mon mandat, je viens de nouveau solliciter vos suffrages.

Mon programme, vous le connaissez : c'est celui qui a triomphé en 1902, 11 se résume dans ces mots :

Liberté — Justice — Progrès social.

Il y a quatre ans, je vous disais qu'il fallait maintenir intact et développer le patrimoine républicain. C'est pourquoi je me suis associé à toutes les réformes, j'ai voté toutes les lois qui constituent l'œuvre vraiment utile de la dernière législature.

Il me suffira d’indiquer :

La loi sur l’assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables;

La loi réduisant le service militaire à deux ans;

Les lots relatives aux inscrits maritimes ;

La loi sur la compétence des juges de paix, réduisant les frais de justice, etc., etc.

Une autre loi, non prévue, a été votée, c’est la loi de séparation,

Rendue inévitable par le refus de Rome d’exécuter le Concordat et par son immixtion inacceptable dans nos affaires extérieures, cette loi, telle que le Parlement Ta voulue, telle que je l’ai votée, avec la grande majorité des républicains, même les plus modérés, est avant tout une lot de liberté.

Appliquée loyalement, elle permettra à ceux qui le désirent de pratiquer, sans entraves et qu’il leur en coûte un centime de plus, la religion à laquelle ils sont attachés.

Tout en poursuivant une politique laïque, respectueuse de la liberté de conscience et de la liberté d'enseignement, la nouvelle Chambre devra surtout ee préoccuper des réformes fiscales, économiques et sociales.

le donnerai mon concours et mes votes : à toutes les mesures sagement et mûrement étudiées, permettant de proportionner l’impôt au revenu de chacun avec dégrèvement pour le petit contribuable; — a toutes les lois' ayant pour but de décharger la propriété rurale et de protéger le petit commerce contre la concurrence des grands magasins; — à toutes les dispositions permettant une politique de rigoureuse économie et un contrôle sévère des dépenses publiques.

Il y a quatre ans, je vous disais que la prospérité de la viticulture était le point dominant pour notre arrondissement, et que toutes les questions s’y rattachant seraient l'objet, de ma part, d’une sollicitude et d’une étude constantes.

J’ai tenu ma promesse. 11 n’est pas une mesure, pas un moyen employé, pas une démarche faite, pas une loi votée auxquels je ne me sois pas associé.

J’ai voté la loi contre les fraudes, dont j’ai demandé, à la tribune, l’application urgente au Ministre de l’Agriculture.

La crise viticole que nous traversons stimulera encore mon zèle et mou dévouement. Rien ne me coûtera pour contribuer à l’alléger et à la faire disparaître.

Je vous ai dit, enfin, que tous vos intérêts me trouveraient prêts à les seconder,

11 serait trop long de rappeler ici les innombrables services d'ordre général et d’ordre particulier que j’ai rendus au cours de cette législature. Mais j’ai bien le droit d’affirmer que tous mes efforts, toute mon intelligence, tous mes moyens d’action ont été à votre disposition, et qu’il n’est pas une commune et peut-être pas de village où mon action ne se soit fait utilement sentir.

C’est pourquoi :

Mandataire fidèle et loyal, je vous demande de renouveler mon mandat.

Républicain ferme et sans défaillance, aussi éloigné de la réaction que des révolutionnaires et des antipatriotes.

Candidat du Congrès,

Appuyé par tous les élus républicains de l’arrondissement : conseillers généraux, conseiller?» d’arrondissement, maires, adjoints et conseillers municipaux,

Je vous demande de défendre le drapeau républicain en votant pour moi.

Député utile, et résolu à vous donner encore des preuves de mon dévouement sans limite, je vous demande vos suffrages.

Mes chers Compatriotes,

Je fais appal à votre fierté républicaine, à votre attachement à notre cher arrondissement, à votre clair bon sens.

Votez pour celui qui est venu à vous loyalement, pour tous servir et non pour se servir de vous, pour dire la vérité, non pour vous tromper.

Votez pour celui qui ne redoute pas la pleine lumière et dont le passé sans reproches est la plus sûre garantie de l’avenir.

Vive l’arrondissement de Blaye! Vive la République!

Pierre DTJPUY,

Député sortant,

Candidat du congrès républicain.

lce Circonscription de BORDEAUX.

M. Charles CHAUME! .

Élu au 1er tour de scrutin. — 7.987 voix.

Mes chers Concitoyens,

On peut choisir un candidat pour ses promesses. On doit juger un élu sur ses actes. Je soumets les miens avec conüance aux électeurs de la 1™ circonscription.

J'ai loyalement tenu tous mes engagements. Je n’ai laissé sans défense aucun des multiples et graves intérêts dont j’avais la charge.

J’ai servi sans défaillances ni compromissions, mais avec une entière indépendance, les idées républicaines et laïques. J'ai toujours placé au-dessus des calculs des partis les intérêts essentiels du pays, et particulièrement ceux de la défense nationale.

Al’ayenir comme dans le passé, fidèle aux grands principes de 1789, je revendiquerai toutes les libertés politiques, économiques et sociales,

C’est avec un souci très sincère de liberté que j’ai voté la loi de séparation, qui ne doit pas seulement, dans ma pensée, séparer administrativement les Églises de l’État, mais réaliser la séparation, si désirable pour la paix publique, de la politique et de la religion.

Je ne cesserai pas de revendiquer et de défendre toutes les libertés individuelles, au premier rang desquelles je place la liberté d’enseignement.

Voulant simplifier les services publics et réaliser par là de sérieuses économies, je poursuivrai la décentralisation politique et administrative, mais avec cette préoccupation constante de décentraliser par la liberté et pour la liberté.

Lcb grandes et sérieuses réformes ne sont possibles qu’à la condition que les représentants du pays puissent s’élever au-dessus des intérêts locaux et particuliers. C’est pourquoi je réclamerai* comme l’indispensable outil des progrès futurs, le scrutin delisteavec la représentation proportionnelle,. -

Contre les protectionnistes, je continuerai à défendre nos libertés économiques. Je ne me lasserai pas de protester contre un système qui accable de l’impôt le plus inique, au bénéfice de quelques privilégiés, lia masse des consommateurs et notamment les familles les plus nombreuses et les plus pauvres.

Par la conclusion de traités de commerce, la création de ports francs, l’établissement de tarifs communs entre les Compagnies de chemins de fer et de navigation, le perfectionnement de notre outillage, l'autonomie des ports, etc., je m’efforcerai d’accroître la prospérité de notre commerce et de nos industries, et, par là même, le salaire de nos ouvriers.

En même temps, par la diminution des taxes et des droits sur les objets de première nécessité j je m’efforcerai d’obtenir la vie à bon marché, ce qui doit être la principale pré oc^ cupation des élus d’une démocratie laborieuse.

Les libertés sociales, que je revendique contre la tyrannie collectiviste, ne sont point exclusives d'une organisation rationnelle, méthodique, harmonieuse du travail, établie par le concours loyal des ouvriers et des patrons*

Ces libertés ne sont point exclusives non plus d'une législation de prévoyance sociale, qui pourra utilement aider l'initiative privée pour assurer les travailleurs contre les risques de chômage, de vieillesse ou même de décès*

La volonté de les sauvegarder est étroitement associée dans mon esprit à un ardent désir de justice et de solidarité sociales*

Mes chers Concitoyens,

Les groupements républicains de la jirû circonscription, les comités affiliés à l'Association républicaine, h l'Alliance républicaine démocratique, u la Fédération radicale, ont bien voulu approuver mou programme et appuyer ma candidature.

Celte confiance des républicains de toutes nuances n’est pas seulement un honneur dont je suis fier. Elle m'impose un devoir auquel je ne faillirai point*

Je travaillerai de tout cœur à maintenir, à consolider cette union de tous les républicains, dans l’intérêt de notre ville, de notre port, de notre pays, pour le maintien de l'ordre public, condition nécessaire du progrès démocratique et social, pour la défense de la République*

Vive la République 1

Charles CH ADMET,

2e Circonscription de BORDEAUX*

Mi BÀLLANDE.

Ivu au 2S tour de scrutin* — 7,935 voix.

Mes chers Concitoyens,

Entré à la Chambre des Députés, en 1902, par la volonté d’électeurs essentiellement libres dans leur chois, je me suis scrupuleusement appliqué à conserver mon indépendance parlementaire, pour le plus grand avantage des intérêts dont la défense m’était confiée, et tout en suivant ces progressistes éminents qui, en politique, ont toujours été mes guides* Après quatre années de législature consciencieusement remplies, profondément pénétré de la grandeur du rôle qui m’était échu, frappé dans mes plus chères affections, bien des considérations pouvaient m’engager à ia retraite.

Je ne veux pas reculer! Je ne me crois pas le droit, tant que je n’y serai pas matériellement contraint, de rompre Rengagement moral contracté entre mes électeurs et moi, surtout au moment où les forces vives de la Nation sont menacées, mais aussi au moment où nous touchons, j'espère, à la victoire de la République libérale et progressiste*

Dans 12 réunions privées tenues me Courpon, rue Guillaume-Leblanc, rue Saint-Siméon,

cité des Pêcheurs, h Talence, place Sainte-Colombe, à Saint-Genès, au Tondu, rue Sullivan, à la salle Saint-Paul, rue Mouneyra, chemin de Pessac, j’ai convoqué personnellement et indistinctement tous les électeurs de la 2* circonscription, après leur avoir envoyé mon programme d’il y a quatre ans, pour leur rendre compte de mon mandat de la façon la plus large et la plus démocratique.

Plus de 8.000 électeurs ont répondu à mon appel. Mes déclarations ont été approuvées par Pimmense majorité, Des comptes rendus de chacune de ces réunions ont été distribués. Je n’ai plus à parler que de l'avenir et des principaux articles du Programme que Je soutiendrai dans les réunions publiques.

Politique générale*

Le scrutin de liste attend encore Tordre du jour! Qu’Il me soit permis de faire ressortir ici l’altitude de ceux qui préconisent toujours cette réforme et n’ont rien fait pendant quatre ans pour la faire venir en discussion, alors qu’ils étaient à peu près les maîtres du Gouvernement,

Je rappellerai aussi que les deux projets de loi sur le secret du vote et la corruption électorale, à leur retour du Sénat, ont été arrêtés à la Chambre par la majorité du Bloc,

Le service de deux ans n’a pas fait ses preuves \ nous les attendons avec !a conviction qu’il faudra en revenir à la proposition des progressistes, préconisant la réduction générale à dix-huit mois, qui suffisent maintenant pour former un fantassin: mats en offrant des primes de rengagements et en réservant les emplois publics aux hommes qui accepteront de doubler volontairement le temps du service; c’est le seul moyen d’assurer une bonne formation d’artii leurs, de cavaliers et de sous-officiers de toutes armes.

Nos charges fiscales sont très imparfaitement réparties ; une réforme s'impose. Après l’échec piteux du projet d’impôt sur le revenu qui aura fait perdre tant d'année?, le Gouvernement a le devoir d’étudier une refonte plus pratique, de naturel alléger les contributions des petites bourses et des familles nombreuses, fl est également indispensable de modifier le système actuel des patentes, qui pèse trop lourdement sur le petit commerce.

Noire justice lente et coûteuse n’est plus appropriée aux mœurs modernes. Une réforme s’impose dans d'organisation, dans la situation du personnel. 11 faudrait des règles pour le recrutement et l’avancement des magistrats qui disposent des biens, de la vie et de l’honneur des citoyens.

Des économies très importantes vont réalisables avec un Gouvernement moins désireux de s’appuyer sur le développement du fonctionnarisme, au détriment du bien-être et de la liberté même de ceux qu’il pousse dans cette voie. Les services de l’État gagneraient à une utilisation plus judicieuse d’un personnel mieux rétribué.

Nos libertés communales sont ridiculement insuffisantes pour une démocratie. Il est intolérable que la municipalité d’une grande ville soit dans la dépendance d’un préfet pour des mesures d’ordre absolument secondaire. 11 est intolérable que le maire de la plus petile commune soit dans l’impossibilité d’administrer les citoyens qui Tout élu, s’il n’est pas au goût du préfet du jour!

Les préfets et les sous-préfets, inventés par Napoléon, inconnus dans la grande Répu bliquo américaine comme en Suisse, doivent peu à peu disparaître. Des memSres du Conseil général seront délégués aux diverses fonctions départementales.

Voilà la décentralisation démocratique, urgente, bienfaisante* Ede arrêtera la délation officielle succédant à la délation maçonnique.

Le collège électoral du Sénat doit être étendu.

Il est illogique et injuste que, dans la Gironde par exemple, les sénateurs soient élus

par ;

42 délégués pour les 257,000 habitants de Bordeaux;

1.272 délégués pour les 564.000 autres habitants du département.

Il en résulte que iiM citoyens du département nomment un délégué et que 6*120 citoyens du chef-lieu n’ont droit également qu’à un seul délégué.

Si Ton admet le principe du suffrage restreint, il est juste qu'il soit proportionnel* Il doit être élargi surtout pour éviter la pression administrative aux élections sénatoriales*

La rupture du Concordat, « malhonnête », dans la double acception du terme, a ouvert contre la volonté du pays, une ère de graves difficultés ; elle ne sera dose qu’avec la reprise des rapport» officiels de la France avec le Saint-Siège* Il est souverainement absurde que le Gouvernement d’un pays presque eu totalité catholique, comme la France, affecte d'ignorer une autorité morale reconnue officiellement, b l’heure actuelle, non seulement par les États catholiques et schismatiques, mais par la Turquie, la Chine et le Japon I

L’ordre à rétablir dans les finances n’est pas un vain mot, après les déclarations de M* Poincaré et son refus, par contre, de s’expliquer sur l’avance de huit millions faite illégalement aux liquidateurs des congrégations pour parer à l'insuffisance du fameux milliard tant promis* Celui-ci n'a pas suffi, paraît-il, à assouvir les appétits des politiciens hommes de loi, grands promoteurs de la réforme, seuls jusqu'ici à avoir bénéficié de la dissolution et des expulsions, au grand détriment des contribuables.

Réformes sociales.

Le principe des retraites ouvrières a toute mon approbation, mais la loi votée par la Chambre aura surtout démontré l’inanité et les inconvénients de la centralisation et de l’obligation.

Le « Bloc » aura fait perdre cinq années aux travailleurs en ne suivant pas les conseils de M. Ribol, en 1901, Il faut adopter le système belge de Caisses corporatives administrées par les intéressés, subventionnées par l’État pour compléter l'effort du patron et de l'ouvrier, tout en resp1 étant je principe sacré de la liberté individuelle*

Un foyer peut être constitué aussi, suivant la proposition des progressistes* au jeune travailleur sur le point de fonder une famille. Des sociétés privées fourniraient des capitaux; elles recevraient de l’État une garantie d’intérêt. Les maisons seraient mises à la disposition des travailleurs, qui en deviendraient propriétaires moyennant un faible versement réparti sur un grand nombre d’ânnéès, Ce vei sentent comprendrait en même temps une prime d’assurance sur la vie du chef de famille, de telle sorte que, celui-ci venant à manquer, îa propriété serait définitivement acquise à sa femme et à ses enfants*

La participation aux bénéfices en faveur des employés est aussi fructueuse pour le patron que pour son personne! — j’en parle avec expérience. Elle doit, elle peut, suivant une formule sur laquelle j'ai basé une proposition de loi, être étendue par cahier des charges à toutes les grandes concessions publiques de l’État, du département, des communes, et servir ainsi d’exemple aux particuliers,

La chambre de commerce de Bordeaux, qui a adopté depuis longtemps ce principe, vient d’en faire une application nouvelle*

le ne cesserai d’opposer ce socialisme pacifique et pratique à ceux qui exploitent les utopies révolution mores.

Le repos hebdomadaire, de préférence du dimanche, est réalisable avec autant d’avantage pour le patron que pour l’employé, en tenant compte, pour le choix du jour, des obligations particulières à certaines professions.

Les employés de commerce et de magasin ont droit à l’application, en leur faveur, de toutes les lois ouvrières que leur situation peut justifier* II est équitable aussi de les faire bénéficier de ia juridiction des prud'hommes.

Qmst i o us éco n o m iq ues .

Nos intérêts commerciaux et industriels ont été compromis par Je « régime corobîste & dans une mesure qui n’est pas assez connue.

Pour dominer le Parlement, le Bloc constitué au début de la législature décida, contre tous es précédents, de ne tenir compte que des opinions politiques pour la constitution des grandes commissions : commerce, donaïies? agriculture, marine etc'

C’est ainsi que les hommes les plus compétents, les plus laborieux, furent systématiquement écartés pour reserver les places à des « blocards » prêts à faire aboutir les projets ou a les étouffer, selon qu’ils servaient ou non la politique du Maître,

On doit attribuer à ce procédé la loi soi-disant contre les fraudes, tellement informe que la commission chargée d’élaborer le règlement ne voit plus comment le formuler sans

rjsquer de mettre en danger aussi bien les intérêts des producteurs que ceux des comiïi er ç a n t s .

C’est avec la plus grande énergie qu’il faut réclamer la réfection de cette loi.

Voilà l’un des résultats du manque d’hommes d’affaires à la Chambre.

ruîiKT l6S COmmerçantS et les imlu3trie!s n’envahissent pas la politique, elle risque de les

(.cites, toutes les professions doivent être représentées au Parlement, surtout par des hommes de valeur, mais la proportion est malheureusement inversée en France au détriment des hommes rompus aux affaires.

Les intérêts particuliers constituent « en somme » l’intérêt général. Je n’ai manqué aucune occasion, durant ces quatre années, de défendre plusieurs de nos grands syndicats commerciaux et industriels. J’espère mieux faire encore dans l’avenir en bénéficiant de l’expénence acquise.

Je réclamerai plus que jamais des traités de commerce avec réciprocité, assurant à notre pays des avantages équivalents à ceux que nous concéderons.

L’autonomie des ports de commerce, avec l’extension des pouvoirs des chambres de commerce, me semble devoir être énergiquement réclamée, si nous vouions Être mieux outillés et à meilleur compte. C’est le régime des pays dont le trafic est le pins développé.

J’ai appuyé les conclusions dans ce sens du rapporteur du dernier budget des Travaux publics, j’y reviendrai. Cette réforme s’harmoniserait parfaitement avec la concession d’un port franc, dont je suis toujours partisan.

. I a* perâmnellemént contribué à obtenir pour Bordeaux un second bassin à Ilot, comme j avais été 1 un des promoteurs du chemin de fer de ceinture, dont la construction est maintenant assurée. Des industries nouvelles ne manqueront pas de s’établir sur le parcours de cette ligne, pour le plus grand profit des populations laborieuses.

Mes chers Concitoyens,-

J ai agi consciencieusement, en pleine indépendance, je parle en toute franchise, avec une profonde conviction ; les pays les plus prospères sont les pavs les plus unis, les plus libéraux.

\oyez I Angleteire, voyez la Suisse, voyez les États-Unis! Pourquoi ne pas abandonner résolument nos dissensions intestines pour ne songer qu’à collaborer tous sur le terrain de ta République libérale progressiste î

La J rance veut la paix, mais la paix qui convient à une grande nation, la paix la tête haute, tans abandonner aucun droit, sans sacrifier aucun intérêt essentiel.

Elle veut la République définitive, incontestée, mais la République basée sur la liberté, sur le progrès démocratique, sur la justice et la tolérance, sur la fraternité.

Ce que nous voulons, mes amis et moi, c’est la France ordonnée, prospère et grande. La République vouée au progrès dans la liberté, dans la paix, dans J’uuion dès citoyens I

André BALLANDE,

Député sortant,

Ancien juge au Tribunal de commerce, membre de la Chambre de commerce, Candidat républicain, libéral progressiste.

3( Circonscription de BORDEAUX.

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