G. CHA1GNE
Conseiller général du canton de La Réole, Député sortant.
hëraolt
Irc Circonscription de BÉZIERS.
M. UFFEBRE.
Élu au 2e tour de scrutin. — 12/159 voix*
Mes chers concitoyens, la dernière législature, en votant la Séparation, a définitivement fondé la Ré publique laïque*
li faut que la législature prochaine marque Bavènement de la République sociale.
Je vous propose de la préparer par les réformes pratiques que j’inscris ci-dessous dans mon programme :
Réformes politiques. — Je réclame détord ^expression complète de la souveraineté nationale par le vote des lois destinées à garantir la liberté et la sincérité du suffrage universel* Je demande le réiab’ïssemï nt du scrutin de liste et la représentation proportionnelle, la suppression du Sénat et le re nouvellement partiel d’une assemblée unique.
L’abrogation de ce qui reste de la loi Falloux et la restitution à l’État du droit exclusif d'enseigner assureront l’affranchissement intellectuel et moral de la nation, condition de son affranchissement social*
Réformes sociales. — La loi sur l'assistance aux vieillards, la loi sur les retraites, ne sont que l’ébauche d’une assurance sociale qui garantira les citoyens contre tous les risques, depuis la maladie jusqu’au chômage.
Je ne conçois pas les rapports du capital et du travail sous les formes de la lutte de classes, mais sous la forme de la solidarité des intérêts* Je pense que le salariat n’est pas la forme définitive de la situation des travailleurs; j'attends de l’association, de la coopération, de l’établissement légal de la participation aux bénéfices, la substitution progressive du travail associé au travail loué et subordonné*
Je favoriserai, sous toutes les formes et par tous les moyens, l’organisation syndicale et coopérative par l’accroissement continu de sa capacité économique* J aiderai de to it mon pouvoir les associations ouvrières do production et de consommation, les sociétés d’habitations à bon marché; je seconderai toutes les initiatives qui peuvent grouper les travailleurs pour une œu re collective.
Je demanderai le rachat de tous les monopoles de fait, détenus par la haute finance, pour les transformer en services publics, au fur et à mesure que leur concentration dans un petit nombre de mains les rendra susceptibles d’une appropriation nationale*
j’admets, au contraire, que la propriété individuelle, exploitât. on rurale, petit commerce, petite industrie, doit s'adapter par l’association de producteurs in lé pendants aux
exigences de La vie moderne. Mais les mesures les plus urgentes doivent être prises avant tout pour la protection légale des travailleurs.
Je réclame la réduction générale à huit heures de la journée de travail ; l’extension du droit syndical a tous les salariés de l’État, des départements et des communes ; Inapplication de la juridiction prud’homale à toutes les catégories d'employés ou de travailleurs, sans exception. Je poursuivrai sans retard le vote définitif de la loi sur le repos hebdomadaire, actuellement soumise au Sénat, en marquant ma préférence, en dehors de toute préoccupation confessionnelle, pour le repos collectif du dimanche.
Les petits fonctionnaires seront toujours l’objet de ma sollicitude ; si le budget exige des économies, ce n’est pas sur le tracement des facteurs, des cantonniers, des instituteurs, des répétiteurs de collège, que j’entends les réaliser.
Les employés des chemins de fer seront toujours défendus par moi contre l'égoïsme et l’omnipotence des Compagnies.
Je m’associerai, comme membre du groupe parlementaire des inscrits maritimes, à toutes les mesures de protection en faveur de ces victimes d’une législation surannée.
Respectueux du droit de grève, même pour les ouvriers et employés de l'État, j'estime cependant que la grève est toujours un malheur public, qu'il ne faut y recourir qu’en dernier ressort et que le devoir de la prochaine Chambre sera de réglementer le fonctionnement de la grève par l’institution de procédures d’arbitrage.
2* Circonscription de BÉZIERS.
m; AUGÉ.
Élu au 2e tour de scrutin. — 11.263 voix.
Citoyens,
Parla décision unanime de ses délégués réunis en congrès à Magalae, le parti républicain radical, radical-socialiste et socialiste indépendant, m’a chargé de défendre son programme dans la bataille législative du 6 mai prochain.
Certes, mon plus ardent désir était de me retirer de la vie politique, mais, devant une manifestation si spontanée de confiance et d’estime, j?ai pensé que je n’avais point le droit de me dérober.
Je suis donc candidat encore, puisque mon parti m5en fait l'obligation.
Aussi bien, la campagne me sera-t-elle facile, car le programme que je soumets à vos suffrages est celui que vous avez acclamé a trois reprises différentes, avec des majorités chaque fois accrues : facile aussi, parce qu’au tour de moi se sont groupés des concours nombreux et autorisés.
La victoire est donc certaine.
Je défie d’ailleurs qui que ce soit, si grand puisse être son parti-pris, de démontrer que j’ai une seule fois manqué à mes promesses, renié l’un quelconque de mes engagements.
Lors do la dernière consultation électorale, je vous avais dit que je ne voulais pas de réaction, sous quelque masque qu’elle se dissimulât ; que je ne voulais pas davantage du collectivisme et du communisme, qui sont la négation des principes mêmes des droits de l’homme, et notamment de la liberté individuelle et du droit de propriété.
Au point de vue économique, toujours sans crainte d’être sérieusement démenti, j’affirme que j’ai utilement défendu les intérêts de mon pays.
Personne n’ignore la part active par moi prise a la discussion :
Sur le régime douanier qui a fermé la porte aux vins exotiques; la réforme des octrois; la suppression des droits sur les boissons hygiéniques; la suppression des droits d’octroi â Paris, projet dont j’ai été le rapporteur et que j’ai fait adopter par la Chambre,
Les hommts de bonne foi n’ont pas oublié davantage le vigoureux effort personnel que j’ai apporté à 1 ■ défendre du projet Doumergue-Sarraut-Àldy* tendant à nous préserver de la concurrence faite à nos vins naturel* par les vins de sucre.
Je rappelle à mes commettants qu’avant l’abaissement du droit sur les sucres, j’avais signalé les dangers du sucrage et que, le premier, j’avais demandé en outre qu’un titre de mouvement les accompagnât, La taxe diifêrentielle nous éiaii apparue comme un soulagement à la crise dont nous soutirons, et, si le succès n’a pas couronné nos efforts, nous avons au moins obtenu le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru, récemment encore réclamé par la viticulture méridionale.
Nous avons aussi voté la loi sur les fraudes et la falsification.
Quelles que soient les difficultés que nous rencontrerons encore dans î'avenîr, nous continuerons à lutter contre le sucrage des vins, source de tous les mouillages et de toutes' les falsifications.
Pour détruire les excédents donnés p:tr les annétsd’abondance, je m'efforcerai de mettre sur pied le projet d’allocations à donner aux vins distillés, comme les producteurs d’alcool lotit fait pour les alcools allant o l’usage industriel.
En un mot, viticulteur comme vous, mon attention, vous pouvez en avoir la ferme assurance, sera toujours en éveil sur tout ce qui peut intéresser la viticulture et la protéger.
Le juste souci que m’inspire la viticulture ne m’a point empêché d’intervenir à ïa Chambre au profit d'industries également dignes de notre sollicitude, notamment en faveur de l'industrie des draps de troupe qui occupe encore de nombreux ouvriers dans les hauts cantons de la circonscription.
J’affirme aussi, me souvenant que j'avais les intérêts des mineurs à défendre, que j’ai fait è leur avantage mon devoir, tout mon devoir. Mes collègues de la Chambre, connaissant mon dévouement à cette intéressante catégorie de travailleurs, m’ont fait l’honneur de me nommer membre de la commission des mm es.
Tout récemment encore, au lendemain de cette épouvantable catastrophe de Courrières, qui plongea dans le deuil non seulement le monde ouvrier, mais encore le monde civilisé tout entier, alors qu’il était absolument nécessaire de rechercher les responsabilités de cette catastrophe, je me rendis avec nos collègues de la Commission sur le théâtre de ce douloureux événement.
Déjà, dans les nombreuses réunions que j’ai données dans la circonscription, j’ai revendiqué la part qui me revient dans le vote des réformes que les Chambres ont réalisées.
Vous ayant promis en 1902 la réduction des charges militaires, sans que fût amoindrie, la puissance de la patrie, j'ai voté la loi du 21 mars 1905, qui a réduit pour tous à deux ans la durée du service militaire.
Conformément à mes engagements, j’ai voté :
Les lois sur l’enseignement et la loi relative à la séparation des Églises et de l’État, dont on ne peut contester sérieusement le caractère libéral.
Je me suis associé à tons les efforts tentés p >ur assurer la paix à mon pays, sans lien oublier des devoirs patriotiques qui s’imposent irions les Français,
Au cours de la législature, nous avons :
Par la loi du 18 juillet 1903, assuré l’hygiène et U sécurité des travailleurs du commerce, comme U loi de 1893 avait assuré l’hygiène et la sécurité des travailleurs de l’industrie ;
Par la loi du 14 mars 1904, facilité la suppression des bureaux de placement payants, et inscrit un gros crédit au Ministère du Commerce, pour garantir les travailleurs contre le chômage involontaire ;
Par' la loi du 27 juin 1904, réorganisé le service des enfants assistés en faisant intervenir TÉtat pour une contribution de 11,500. 000 francs ;
Par ia loi du 28 juin 1904, étendu aux militaires le bénéfice de la loi de sursis;
Par la loi du 13 juillet 1905, augmenté la compétence des juges de paix, élargissant ainsi la forme la plus démocratique et la plus expéditive de la justice;
Par l^a loi du 14 juillet 1905, organisé comme « un. service public de solidarité sociale n Passistance à tout Français privé de ressources et incapable de travailler.
Enfin pour couronner cette œuvre sociale nous avons voté la loi portant création des retraites ouvrières et paysannes, dont la discussion va venir devant le Sénat.
En un mot, mes chers concitoyens, la législature dernière a fait œuvre utile en réalisant notre programme de réformes politiques et laïques, et en s’engageant résolument dans la voie des réformes sociales.
A vous, mes chars concitoyens, qui m’avez vu à Pœuvre, et qui, depuis 10 ans, jugez mes actes, du dire si j’ai su tenir mes engagements et si mon passé peut vous inspirer suffisante confiance pour l’avenir.
J’attends votre verdict sans inquêtude.
Si vous nie confiez, une quatrième fois, l’honneur de vous représenter au Parlement, ce que j’ai fait hier, je le ferai demain, et vous pouvez être assurés de mon inlassable dévouement à la viticulture et à la République.
Vive la République !
Justin AUGÉ, viticulteur, député sortant,
candidat unique du congrès d’union radicale, radicale -socialiste et socialiste et de défense viticole.
Réformes politiques* — Décentralisation administrative et extension des pouvoirs municipaux. — Extension des concours et des bourses pour Renseignement secondaire et supérieur. — Réforme du code militaire; suppression des conseils de guerre en temps de paix. — Règlement, par l’arbitrage, des conflits qui pourraient se produire en ire Ja France et les autres pays. — Révision de ta Constitution, pour a -sure r la prépondérance du suffrage universel et îa réalisation des réformes démocratiques. — Élargissement démo ratique des collèges électoraux appelés h élire les sénateurs. — Réduction des frais de justice. — Rétablissement du scrutin de liste et représentation proportionnelle, — Abrogation définitive des dispositions subsistant encore de îa loi Falloux.
Réformes économiques* — Réformes de l’impôt établissant la justice fiscale, notamment par l’impôt progressif sur le revenu. — Répression de la fraude et limitation du droit de transaction. — Primes à la viticulture ; interdiction du sucrage. — Attribution à l’Etat du monopole de Palcopl, et, en attendant, taxe différentielle des alcools. - — Révision des traités de commerce pour la pénétration du vin dans les pays étrangers* — Exécution des canaux du Rhône. — Révision du code forestier; établissement plus équitable de l’impôt foncier, en particulier sur les bots. — Moyens de communication faciles par Ee chemin de fer ou la traction électrique entre les diverses parties du département. — - Amélioration du sort des instituteurs. — Permis de chasse journalier.
; Réformes sociales* — Extension du droit syndical et développement de toutes les œuvres
d'association, de mutualité et de solidarité. — Journée de 8 heures et repos hebdomadaire obligatoire. — Retraites pour les ouvriers des villes et des campagnes (déjà votées par la Chambre). — Extension et bénéfice aux ouvriers agricoles de la loi du 9 avril 1898, sur les accidents du travail. — Retour à l’État des mines, des chemins de fer et de tous les autres monopoles par lui concédés.
Circonscription de LODEVE.