M. PELISSE
Élu ao 2? tour' de scrutin. — G. 565 voix.
Citoyens,
Vous avez lu l’appel que vous ont adressé les membres du bureau de mon Comité. La confiance que j’ai inspirée à ces chefs respectés de notre parti, j’espère que mon long passé politique et mon attitude loyale, courtoise, conciliatrice, au cours de cette période électorale, l’auront fait naître dans le cœur de vous tous, soldats jamais lassés de l’armée républicaine.
Dans toutes mes réunions publiques, j’ai fait revivre mes longues luttes en faveur de notre idéal commun de liberté, de justice, d’èmaucipalion sociale ! .
Partout, j’ai dit que, seule, la politique d’union entre les radicaux et les socialistes pouvait doter la démocratie travailleuse et le prolétariat des réformes sociales qu’ils attendent depuis trop longtemps.
Question viticole. — Au p< int de vue viticole, bien préparé à la défense de nos intérêts communs par dix années d’etfeirts dans la presse ou à la tribuue des Congrès, j’ai indiqué et les causes de la crise et ses remèdes.
Elle est, pour ma part, imputable en partie à la « surproduction naturelle » dont nous atténuerons les effets en complétant le rétablissement du privilège des bouilleurs de cru par le monopole des alcools et la taxation différentielle. Mais la crise est surtout, à mon sens, imputable à la « surproduction artificielle », facilitée par les mesures récemment volées au bénéfice du sucre.
Pour tarir la fabrication des vins sucrés, je m’engage à poursuivre de tous mes efforts l’établissement d’un « litre de mouvement » qui permette de « suivre » les sucres, comme nos alcools et nos vins sont suivis, d’une « surtaxe des sucres » allant à la vinification calculée d’après l’alcool en puissance contenu dans ces sucres, le « rétablissement de l’exercice' » chez le débitant, trop libre aujourd’hui pour sucrer d’abord, ensuite pour dédoubler « par le mouiilage ».
Voilà l’ensemble des mesures, relevant de la législation, que je défendrai devant le Parlement si je ruis votre élu, bien résolu d’ailleurs, si le Ministère ne donnait à nos revendications capitales que des promesses banales et vaines, à lui refuser avec système tout vole de confiance.
Question politique et sociale. — Mon passé tout entier affirme mon républicanisme d’avant-garde, mes déclarations au cours de cette campagne marquent ma volonté formelle d’éviter toute compromission qui aurait adultéré la pureté de mes sentiments républicains.
La Rëpub ique que j’aime, c’est uniquement celle des républicains, celle qui, au cours
de ees dernières années, nous a dotés de réformes que nos espérances ne prévoyaient pas si prochaines.
Je ne suis pas un républicain de piétinement sur place, pas plus qu’un idéaliste absolu qu’emportent la chimère et Irréalisable utopie. Peut-être convient-il au philosophe d’édifier, dans le cadre de l’absolu, son rêve ou son idéal. Mais, à l’Iiomme politique, un devoir impérieux s’impose ? celui de ne jamais perdre contact avec la réalité, de tenir compte toujours de la contingence des choses.
Uniquement désireux de noin laisser conduire daiü le dédale des conceptions humaines à la lumière de notre raison, nous nous refusons à les frapper « à priori » d’une hostilité systématique. A toutes, nous promettons un examen impartial et consciencieux.
Je les étudierai toutes, avec la volonté éminente de tirer de ces conceptions le suc utilisable au développement social, profitable à Pêmancipalion graduelle de l'Humanité, de toutes les servitudes qui l’oppriment encore, de toutes les tutelles qui l'engourdissent ou qui arrêtent son essor vers le bonheur intégral.
Mon constant souci sera d’abaisser toujours les questions de personnes et d’élever d’autant les plus attirantes questions de principes.
Je suis républicain par toutes les fibres de mon cœur, par tous les lobes de mon cerveau.
Je n’appartiens à personne ; je ne me réclame de personne. Ma volonté est d’appartenir en entier aux républicains, à tous les républicains, mais aux seuls républicains !
Ma victoire sera celle du parti tout entier! A lui seul, elle sera profitable ! Comme l’a fait si magnifiquement le Congrès de Lodève, laissons gagner nos âmes par les sentiments de la réconciliai ion sincère entre tous les républicains. Ne nous laissons mouvoir que par la volonté réfléchie d’assurer à notre grand parti une victoire nouvelle, d’autant plus facile que la Fraternité présidera davantage aux relations de tous ses membres*
Plus de rancunes et plus de haines I Les mains unies et nos cœurs entremêlés, assurons la définitive victoire de la vraie République, — la République démocratique et sociale î — la résurrection de notre malheureux arrondissement.
Paul PELISSE,
Propriétaire- Viticulteur, Pharmacien de première classe, Licencié en droit*
lrc Circonscription de MONTPELLIER*
M. Pierre LERG Y- BEAULIEU.
Élu au l0î tour de scrutin. — 8,294 voix.
Citoyens,
Vous aurex à juger le 6 mai la politique suivie depuis quatre ans.
Vous connaissez Pœuvte néfaste accomplie par le lîîoc au mépris des principes républicains et de tous les intérêts du pays. La France est plus que jamais divisée contre ellemême, la liberté et l’égalité sont foulées aux pied^* Le pouvoir est aux mains des coteries
et des petites chapelles qui se partagent les places, les prébendes et les privilèges, et refusent même la justice aux hommes indépendants* Le pays est couvert d'une horde abjecte de délégués et de délateurs qui scrutent les consciences de ions les citoyens*
La loi de séparation des Églises et de FÉtat, votée, sans mandat ni consultation du pays* sous l'influence des passions sectaires, refusant au libre exercice du culte les garanties nécessaires, a jeté le trouble dans les consciences et rouvert, en plein vingtième sièc!e, l’ère néfaste des guerres religieuses.
Tandis que vis-à-vis des uns, dans l’affaire des inventaires, la loi était appliquée avec violence et brutalité, on la laisse toujours dormir en face des éléments d’anarchie et de désordre qui désorganisent les services publics et fomentent dans le pays des troubles les plus graves*
L’alïaiblissement criminel et systématique de la défense nationale excite l'étranger à nous attaquer et a mis la France à deux doigts de la guerre.
Les finances sont au pillage; le déficit atteint prés de deux cents millions, tandis que le peuple se ruine et gémit sous le poids des impôts* Notre région du Midi s’enfonce dans une effroyab'e misère, sans qu’on ait rien tenté pour la relever*
Électeurs,
Il est temps de mettre un terme à cet odieux système* Il est temps de faire passer les véritables intérêts du pays avant les stériles querelles politiques.
Pour y parvenir, H suffit d’appliquer la belle devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité .
Je suis pour la Liberté, pour toutes les libertés, liberté religieuse, liberté d’enseignement, liberté de travail*
Je suis pour l’Égalité de tous les citoyens devant la loi, pour l’égale admissibilité de tous à toutes les fonctions publiques, sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents, comme le veut la Déclaration des Droits ue l’homme.
Pénétré du principe de la Fraternité," je ne suis l’ennemi d’auetine réforme, d’aucun progrès démocratique, pourvu qu’ü accroisse la prospéra ê de la France, qu’il améliore d’une façon réelle et d arable la condition des travailleurs.
De pareilles réformes ne peuvent être réalisées que dans la paix sociale et par une politique d’économies budgétaires*
C’est, ainsi qo’on parviendra à résoudre le pressant problème des retraites ouvrières, en s’appuyant dans la plus large mesure possible sur les précieuses institutions de mutualité.
C’est ainsi encore qu’on fera disparaître les inégalités de notre système fiscal, et qu’on pourra, sans nouveaux impôts vexaloires, accorder aux petits contribuables d’équitables dégrèvements.
On devra mettre enfin au premier plan les questions économiques, qui sont les questions vitales et qu’on néglige aujourd'hui pour la politique pure.
Viticulteurs,
Vous savez à quel point vos intérêts ont été négligés. Pendant que vous criiez famine auprès de vos foudres pleins, votre représentant est resté impassible à son banc* n'obtenant rien, n’osant même rien demander qui puisse soulager votre misère*
Par une attitude ferme et indépendante, les députés du Midi pourraient obliger le Gouvernement à compter avec les légitimes demandes de leurs électeurs.
Si vous me faîtes l’honneur de m’élire, je m’engage à défendre, par tous les moyens en mon pouvoir, avec la plus extrême énergie, la plus entière indépendance, le programme économique adopté par le Congrès des associations \iticoles de la France entière*
Citoyens,
Vous êtes des hommes libres et indépendants !
Vous choisirez des mandataires, qui soient, eux aussi, libres et. indépendants!
Eo ramenant la République à ses véritables principes, nous ferons d'elle un véritable gouvernement de tons par tous et dans ['intérêt de tous, et non la chose d une coterie. Vous vous joindrez à l’immense courant qui entraîne ïa'France entière vers une politique réparatrice, une politique d’union, d’apaisement et de liberté.
Vive la France !
Vive la République libérale et démocratique!
Pierre LEROY-REAULIEU,
Ancien élève de l'École polytechnique, PropriéJaire-viticciteur.
2° Circonscription de MONTPELLIER.
M. RÉNÉZECH
É u au 2e tour de scrutin, — 8.56A voix.
Pour la troisième Ms, Bénézech sollicite vos suffrages.
Vous connaissez l’homme que par deux fois vous avez honoré de votre confiance.
Vous le savez inhabile aux combinaisons politiques dont s’accommode parfois la conscience de certains candidats. Bénézech est un être de droiture et de franchise.
Ouvrier, il fut le mandataire iidèle de ïa clause prolétarienne, tant éprouvée à ces époques de sunravail pour les uns et de chômage forcé pour les autres.
Socialise, il ne se sépara jamais de son parti, il fut au premier rang chaque fois qu’il fallut mener le bon combat contre la bourgeoisie conservatrice.
Elu au second tour parle bloc radical et socialiste, U n’oublia jamais les engagements contractés devant la démocratie de la 2e circonscription. Lorsqu’il fallut faire front contre la coalition de réaction, il se porta à Favant-g^rde de l'armée républicaine. Tandis que certains radicaux, désertant le devoir républicain, passaient au doumérisme, Rênèzeeh restait avec le bloc de gauche, soutenant de ses votes ie ministère Combes.
Bénézech fut ardent à la défense des producteurs intéressants de la région, il vota les lois proposées tout en signalant leur insuffisance et réclama le monopole des sucres et la suite du degré chez le débitant, seules mesures vraiment efficaces. Il fut un des premiers à préconiser l’alliance avec les bouilleurs de cru, qui permit de réaliser une majorité à la Chambre et d’obtenir quelques résultats.
Bénézech a voté la loi de deux ans, prélude d’une réduction nouvelle qui est possible dès demain, la loi d’assistance aux vieillards indigents et aux infirmes, ies retraites ouvrières e: paysannes.
Si vous lui confiez de nouveau le mandat de vous représenter, Bénézech réclamera demain une vaste loi d’assurance sociale qui s’appliquera à tous les risques : à la maladie comme à la vieillesse, au chômage et au décès comme a l’accident.
Il demandera que les charges pesant sur le petit propriétaire, le petit commerçant et Fourrier soient allégées et que l'impôt frappant le superflu épargne le nécessaire,
Citoyens , donner sa voix à Bénêzech, c'est voter pour un républicain sincère. Informé des besoin-; de la classe ouvrière qui peine et qui souffre.
Le Comité*
3° Circonscription de MONTPELLIER.