M* SALIS
Élu au 2e tour de scrutin* — 7*482 voix.
Mes chers concitoyens,
Désigné comme candidat du parti républicain radical socialiste par l'tmanirnitê de vos délégués, régulièrement nommés dans les communes, j'ai le devoir d'affirmer, par une déclaration sans équivoque, le programme politique économique et social que je présente â la sanction de vos libres suffrages.
Profondément et sincèrement dévoué à la République, ma candidature est aujourd’hui ce qu'elle était dans le pa$?é.
Elle est celle d'un homme dont le dévouement à la démocratie s'est affirmé depuis longtemps, non par des paroles, mais par des actes*
La tâche de votre élu sera de contribuer, sans trêve ni relâche, à l'organisation définitive de la République par la réalisation rapide des progrès et des réformes qui sont les conséquences mêmes du régime républicain,
La coaliiion des monarchistes, des cléricaux et des césariens nationalistes de tout ordre nous menace d’introduire encore une fois dans le Parlement une minorité turbulente dont la seule tache sera de provoquer des crises» dangereuses pour ta paix publique, funestes aux affaires et au travail national.
Pour déjouer leurs plans, il est nécessaire de n'envoyer dans la nouvelle Chambre que des républicains fermement résolus à réaliser la concentration républicaine et à former une majorité gouvernementale compacte qui puisse vaincre les obstructions et aborder rigoureusement la solution des réformes économiques et sociales que le pays attend depuis si longtemps.
La législature précédente a accompli de grandes et généreuses réformes.
Il appartient à la législature prochaine de faire mieux encore et de redoubler d'efforts pour que la République puisse enfin réaliser et consacrer par des liens définitifs la confiance que le peuple n'a cessé de lui témoigner,
La République est, en effet, un Gouvernement de progrès iuceesant; c'est le Gouvernement du peuplent le peuple la maintiendra envers et contre tous,
Ll repoussera avec énergie ceux qui, oale flattant aujourd'hui, cherchent à lui imposer un maître demaiu.
Quant à moi, ennemi du pouvoir personnel, je suis résolument partisan d'une politique de perfection nem : ut continue, normale et régulière allant toujours de Lavant sans hésitatiou, sans faiblesse, mais aussi sans violences inutiles et néfastes aux intérêts du pays.
Mes chers concitoyens.
Le 18 décembre 1904, par 8*000 suffrages, vous m'avez désigné pour être au Parlement le représentant de Parrondissement*
Dans les diverses réunions de la période électorale, comme dans ma lettre de remerciements, j’af/irmais que ma constante préoccupation serait la défense acharnée des intérêts viticoles et économiques de notre région.
Vous m?avez vu à l’œuvre. x
Si le succès n'a pas entièrement couronné mes tentatives répétées, du moins vous estimerez que j’ai fait tout ce qui dépendait de moi pour mener à bien la mission que vous m’aviez confiée*
Dès le premier jour, adversaire résolu d’un gouvernement antiviticole, je suis resté, jusqu’au dernier moment de son existence néfaste, son adversaire irréductible.
Dès le premier jour, estimant que par nos seules forces nous serions toujours vaincus, j’ai prêché et fait l’âllîance avec les bouilleurs de cru.
Le droit des bouilleurs de cru a été rétabli et demain, par la force de notre union, la taxe différentielle des alcools sera votée et la loi incomplète et inopérante du 6 août 1905 sur le régime des boissons sera révisée*
Au point de vue politique, vous connaissez mes votes.
En les émettant, je me suis toujours inspiré des principes de liberté, de justice, de tolérance et de progrès social qui doivent guider tout sincère républicain.
Républicain de cœur, d’à me et de tradition, j’ai lutté contre les sectaires, contre la domination, l'esprit étroit et vindicatif des coteries, pour la liberté intégrale et entière à laquelle tout citoyen libre a droit dans une démocratie libre.
Ainsi j’ai compris le mandat que vous m’aviez confié, et c-est parce que j’ai conscience d’avoir fait tout mon devoir, au point de vue politique comme au point de vue économique, de n’avoir, en aucune circonstance, démérité de la confiance que vous m’aviez donnée, qu’aujourd’hui j’ai l’honneur de solliciter à nouveau vos suffrages.
Si je suis votre élu, ma conduite de demain sera la meme que celle d’hier.
Défenseur résolu des justes et légitimes revendications de notre Midi viticole, j’étais et je serai.
Républicain d'avant-garde, acceptant toutes les réformes sociales justes et opportunes, j'étais et je serai.
Comme par le passe, mû simplement par les idées de liberté, de justice et de fraternité, je n’aurai qu'un seul désir :
Donner à la société d'aujourd’hui, par une plus équitable répartition de l’impôt, du produit du travail, et par le développement rationnel des œuvres de mutualité, d’assurances et de retraites, plus de bien-être, de sécurité et de bonheur.
Jules RAZIMBMJD,
Député sortant.