M. BE3NARD
Élu au 2Q tour de scrutin. — 13.305 voix.
Électeurs,
Les délégués de tous les comités républicains, radicaux, radicaux-socialistes anlLcléricaux de la ivo circonscription, réunis en Congrès à jours, le %k septembre (1er nier, ont désigné à E unanimité le citoyen René Besnard, docteur en droit, comme candidat à l’élection législative du 6 mai prochain.
Vous savez qui il est. Né à Artannes, dans cette circonscription même, vous nbgnores pas avec quelle distinction et avec quelle science des affaires il exerce, entouré de J’estime de tous, la délicate profession d’avocat Militant convaincu, lutteur infatigable, il a consacré au service de la démocratie plusieurs années d’activité et de dévouement qui lui ont valu la sympathie et la confiance de tous les républicains* Le drapeau du parti républicain radical ne pouvait être confié h des mains plus fermes.
Gomme au Stize-Mai, comme à l’époque tourmentée du boulangisme, comme h l’époque plus récente et non moins troublée du nationalisme, la réaction fait un suprême effort; comme toujours, la volonté souveraine de la nation lui infligera la même défaite. Ü s’agit, cette fois encore, de défendre contre nos adversaires la République, ses lois fondamentales et son 'esprit.
Dans notre circonscription, toute équivoque a disparu ; monarchistes, césariens, cléricaux et progressistes à rebours se rangent sous la bannière du Sacré-Cœur. La situation est très nette. D’un côté, ceux qui sont sincèrement attachés aux institutions républicaines et veulent en assurer le libre développement ; de l’autre, ceux qui tentent par tous les moyens d’en arrêter l’essor et d’entraver tous progrès.
Électeurs,
Il n’est plus permis d’ hésiter, Nos adversaires sont unis pour combattre les vrais principes de liberté que nous allégués la Révolution française, soyons unis pour les défendre et acclamons, sur le nom du citoyen René Besnard, la République démocratique et laïque.
Pour le Comité ;
Le Président ,
Dr Delaunây
Maire de Montbazon, Conseiller d’arrondissement.
Déclaration du candidat ,
Désigné par l’un a ni mité des comités républicains, radicaux, radicaUX-SOCialistes anticléricaux, pour porter leur drapeau dans la lr* circonscription de Tours, je suis avant tout, et je ne l’oublierai jamais, le candidat des groupements.
Depuis sept m ns, je n’ai cessé de mener une ardente campagne, développant à maintes
reprises, devant les électeurs, le programme ch parti radical* essayant de me montrer digne de la haute mission qui m'avait été confiée, et cherchant à réaliser Punïon la plus parfaite de tous les républicains.
La politique que je défends* c’est celle qni fut inaugurée par Waldeck-Rousseau, celle qui vous donna la loi des associations, la séparation des Églises et de l’État, le service militaire de deux ans, la loi d’assistance aux vieillards? politique de laïcité, d'égalité et de solidarité.
Le programme de mon parti se résume en quelques phrases : défense irréductible des droits de la Société laïque en face des tentatives de chouannerie et des révoltes fanatiques ; organisation et protection du suffrage universel par des lois sévères contre la corruption électorale, réformes capables de régulariser son fonctionnement ; acheminement vers la gratuité complète de l’enseignement; développement de Renseignement professionnel; dégrèvement de la petite propriété foncière par la révision du cadastre; réforme de l’impôt par la taxation progressive des revenus ; contrôle sévère de toutes les dépenses ; vote régulier du budget; organisation du travail ; lois protectrices de la sécurité et de l’hygiène du travailleur ; assurance sociale contre La vieillesse, l’invalidité et le choiftage; entière liberté d association accordée à tous les ouvriers, employés et fonctionnaires de l’État, pour l'amélioration de leur condition ; défense de la petite industrie, du petit commerce, delà petite et de la moyenne propriété paysanne; développement du crédit et de la mutualité agricoles; constitution du bien de famille ; amélioration de la condition de la femme dans la vie familiale, civique et économique; politique de paix, fermement décidée à renoncer aux expéditions aventureuses ; démocratisation de l’armée, notamment par la suppression des conseils de guerre et l'unité d’origine des officiers.
Réprouvant de toutes mes forces les théories antipatriotiques, que je considère comme réactionnaires, j'estime que le meilleur moyen de les combattre est d'avoir une armée républicaine, qui n’ait pas dans ses rangs d’officiers plus dévoués au Pape qu'à la République.
Adversaire déclaré d'une majorité élargie qui viendrait se grossir de progressistes définitivement mis au- ban de la République, notre devise reste celle du bloc ; « Pas d’ennemis à gauche jk Depuis mes amis de l’Union démocratique, jusqu’à ceux de P extrême gauche, je fais appel à tous ceux qui veulent conquérir cette circonscription à Ridée laïque cl démocratique.
Électeurs,
Incapable de tourner le dos au progrès, îa réaction n'a à attendre de moi ni abdication, ni compromission, ni défaillant. Affichant hautement mes idées, n’entendant les imposer à personne, venant à vous sans calomnie contre mes adversaires, je suis de ceux qui préfèrent à une victoire d’équiyoque, rendant toute action parlementaire impossible, une défaite de franchise, de courage et de sincérité.
Mais ce n’est pas, citoyens, dans celte circonscription où le suffrage universel est si éclairé, qu’on peut associer la défaite et la franchise ; demain, centra le bloc de l’opposition réactionnaire et cléricale, c’est par une éclatante victoire que tous les républicains unis viendront, en détruisant chez nous le dernier rempart delà réaction, ratifier le choix de nos groupements et rétablir dans notre Touraine, éprise de progrès et de liberté l'harmonie républicaine et démocratique.
Vive la République démocratique et laïque!
René BESNARD*
Avocat, Docteur en droit.
2e Circonscription de TOURS.
M. Théobald FOY,
Elu au 1er lourde scrutin. — 13,575 voix.
Mes chers Concitoyens,
Après quatorze années, comme conseiller général, consacrées au service de la cause républicaine j je viens solliciter vos suffrages, au moment ou mon collègue et ami, M. Tiphaine, dans sa retraite volontaire, emporte notre reconnaissance unanime pour avoir été le fidèle et brave défenseur de la démocratie tourangelle.
Mes chers Concitoyens,
Le programme que je vous soumets, — et que je prends rengagement sienne! d’observer intégralement, — c'est précisément le programme que, depuis lage de vingt-six ans, fai défendu par tous mes votes au Conseil général, par tous mes articles dans la presse, et par tous mes discours dans les réunions politiques.
D’abord, nous sommes résolus à maintenir les conquêtes laïques réalisées depuis la fondation de la République et notamment cette laïcité de FÉtaii assurée d’une façon définitive par la loi de séparation.
L’État républicain, que l’Église combat, lui donnait, contre lui-même, une part de ses ressources et de son autorité; il ne lui donnera \ lus que la liberté.
11 n’est p&'sonne psrrai nous qui veuille porter atteinte a la pratiqua des cultes. La loi sera appliquée dans l’esprit libéral avec lequel elle a été votée au Parlement; mais la loi étant, sous un gouvernement républicain, l’expression la plus haute de la souveraineté nationale, elle doit être partout respectée et partout obéie.
La réduction du service militaire à deux années a proclamé l'égalité de tous les citoyens devant la loi ; il faut que celle égalité soit complétée par la suppression, en temps de paix, des conseils de guerre et leur remplacement par les tribunaux de droit commun.
L* majorité républicaine et démocratique de la Chambre future aura pour devoir de mettre de plus en plus d’ordre dans nos finances, de plus en plus de clarté dans nos budgets, de plus en plus de stabilité dans les ressources et d’économie; dans les dépenses.
Elle tiendra à mettre de plus en plus de justice dans notre système d'impôts.
"Car les lois de solidarité sociale, — assistance aux vieillards et aux infirmes, organisation des retraites ouvrières et paysannes, de même que toutes les mesures destinées à assurer aux travailleurs le calme et la dignité des années de repos, — ne peuvent aboutir que par un seul moyen : la réforme démocratique de nos lois fiscales, sans laquelle on arriverait lamentablement à charger encore davantage ceux qui sont déjà accablés, tandis qu’un ne taxerait pas suffisamment ceux qui doivent, au contraire, donner plus qu’ils ne donnent actuellement comme contribution à la des te sociale.
Or, si une équitable répartition de l’impôt ne peut êire établie qu’au moyen de !a progression, la raison et la justice ne nous font-elles pas un devoir d’incliner vers un système dont notre législation, en matière de patente et de droits [successoraux, contient déjà les plus significatives applications?
La loi sur les patentes doit êlre revisée.
Notre système d’impôts porte encore ? sur bien des points, l’empreint© d’une société disparue et d'institutions condamnées. Nos frais judiciaires sont un scandale. Us font de l'exercice de l’un des droits les plus sacrés un luxe inaccessible aux petits contribuables.
Cette réforme financière, accompli* avec prudence et discernement, apportera enfin à nos campagnes un soulagement nécessaire.
Après l’effort colossal qu’ils ont fait pour reconstituer leurs vignobles, nos viticulteurs souffrent aujourd’hui de la mévente des vins. Il est nécessaire que leurs produits soient protégés contre les fraudes sans scrupule qui ruinent le producteur eu empoisonnant le consommateur.
L'Allemagne, l’Espagne et l’Italie ont pris des mesures efficaces contre les fraudeurs et les falsificateurs; nous aurons à suivre leur exemple.
11 faut aussi que, par des révisions dans le tarif des transports et par des modifications à nos traités de commerce, nous obtenions pour nos vins une circulation plus facile.
Par une meilleure .©.institution du Crédit agricole, nos agriculteurs doivent trouver, au taux de 3 0/0 au plus, l’argent qui leur est nécessaire.
Notre attachement à la pi opHétè individuelle ne nous aveugle pas sur les accumulations monstrueuses de capitaux qui deviennent vite, entre les mains des sociétés financières ou des compagnie! minières, un moyen de ne respecter ni la liberté ni la vie humaines.
Une sage réglementation des contrais de travail dans l1 industrie est 1res légitimé. Loin de porter atteinte à la véritable liberté, elle empêche Se plu^ fort de dicter des conditions abusives au plus faible. Dans bien des cas, ce n’est pas seulement la suppression du surmenage, c’est pour l’ouvrier le droit à la vie de famille.
La loi sur les accidents du travail, si humaine et si juste dans son pri neigé, devra être remaniée dans son application, et complétée sur divers points, car, actuellement, tout en imposant au petit patron une lourde charge, elle n’apporte, trop souvent, à l’ouvrier, qu’une tardive et insuffisante rémunération.
Pour réaliser ces réformes, il faut préserver la France des sanglants hasards de la guerre. Nous voyons dans le développement de l’arbitrage international un des moyens de les écirter. On devra aussi prendre les précautions nécessaires, pour que le pays ne soit, plus jeté malgré lui dans de nouvelles aventures d’expansions coloniales,
On devra enfin, par le rétablissement du scrutin de liste, donner à la politique du Parlement une portée plus haute et plus désintéressée.
Tel est notre programme. C’est celui, croyons-nous, dont le pays attend depuis longtemps la réalisation et qui seul peut lui assurer l’ordre et la paix dont il a si grand besoin.
La paix doit exister dans les rues; mais ce n'est qu’une paix apparente, si elle laisse dans les cœurs des levains de discorde civile et de haine sociale,
il faut que la République établisse enfin le règne de la Justice,
Voilà pourquoi nous travaillerons à la prompte réalisation de ces réformes, depuis si longtemps promises et depuis si longtemps attendues. Nous savons qu’elles sont inséparables de la solidité de la République et de la grandeur de la Nation.