BOUC HE S-DU-RË0N K
Citoyens, si Ja Politîquï Internai ion ale et Antinationale venait a triompher aux élections du 11 Mai, si les Electeurs se laissaient prendre aux surenchères faciles :
Ce serait l'Allemagne triomphante qui préparerait une revanche ;
Ce serait la France succombant sous le poids des Cent Milliards qu'elle a dû avancer a r Allemagne pour restaurer les Ruines des Régions dévastées et [payer la pension des Veuves, des Orphelins et des Mutilés ;
Ce serait la Catastrophe Financière, prélude de toutes les révolutions ;
Ce serait la lutte des classes et peut-être la Guerre civile.
Cela, nous ne le voulons pas ! La République que nous confondons avec la Patrie nous donnera la Paix extérieure et Intérieure par le triomphe de la Politique d’Uai'on Républicaine*
Nous présentons à. vos suffrages pour soutenir cette politique au Parlement de* Citoyens foncièrement Républicains et Patriotes, des Citoyens qui ont déjà fait leurs preuves ; soit dans les Assemblées Politiques, Conseil Municipal, Conseil d’ Arrondissement, Conseil Général, Chambre des Députés, soit, et en même temps dans les organismes, comciaux, soit dans le Commerce et l'Industrie, ou encore qui ont démontré leur compétence particulière au barreau ou dans les milieux techniques.
Ce sont :
Hubert GIRAUD, Armateur, Député sortant, Chevalier de la Légion dTIoimeur. — Louis-J* RÉGIS, Docteur en Médecine, Conseiller Général, Chevalier de la Légion cPHonneur, Croix de guerre, — Pierre A US ILIA, Industriel, Conseiller ^Arrondissement, — Henri FABRE, Ingénieur-Constructeur, Chevalier de la Légion cTHonneur* — J* VIDAL, Négociant, Conseiller général, Chevalier de la Légion d’ Honneur* — Alfred B LA- CHÈRE, Avocat, Croix de guerre* — Jean THIERRY, Indus* Iriel, Chevalier de la Légion dT Honneur, Croix de guerre,
Liste d'Union socialiste*
Appel aux électeurs.
Citoyens,
La liste d’Union Socialiste est dressée dans cette bataille électorale contre le Bloc National. Au cours d'une législature de cinq ans, qui a commencé par une escroquerie eL fini par une banqueroute, le Bloc National a fait la démonstration que sa politique intérieure et extérieure conduit notre pays à la ruine et à la guerre*
A la ruine de nos finances publiques pai Y accroissement de notre dette qui s'élève au chiffre minimum de -il t milliards, par un système d'emprunts dont les sntércts écrasent le
BOÜCHESDÜ-RROWE
peuple, par la carte blanche donnée à tous les profiteurs pour leurs opérations frauduleuse d’hier et d’aujourd’hui! par l'impunité assurée à tous les scandales depuis celui du Comité des Forces jusqu’à celui des Régions Libérées $ . \
A la ruine de l’ouvrier des villes et des champs, du petit commerçant A du petit Industriel, du technicien, du petit retraité, de l’intellectuel, du fonctionnaire, de V ancien combattant et du mutilé {diminué dans sa pension), par une politique fiscale qui trouve aujourd’hui dans le double décime son iristo couronnement et qui a tendu par l'impôt sur le chiffre d’affaires, par l’impôt sur les salaires, par le rejet des propositions démocratiques de propriété commerciale, par la multiplication des impôts indirecte et par la baisse de notre change, à exempter des charges de la nation, les classes possédantes pour en accabler ceux qui peinent*
À la ruine de ceux qui produisent, par îà vie clière organisée aux dépens des consomma teurs, au profit des hobereaux et des accapareurs, par une politique des loyers qui livre les locataires à la rapacité des mercanlis, par le mépris affiché de toutes les réalisations sociales d’assistance, d’hygiène et de salubrité publique.
A la ruine de toutes les institutions laïques par le retour toléré des congrégations religieuses, par la reprise des Relations avec le Vatican, par la guerre livrée partout aux instituteurs, par la protection officielle de l’école libre, par le maintien et l’aggravation d un régime scolaire qui refuse aux enfants du peuple l’égalité de P instruction*
A la ruine de toutes les institutions démocratiques et sociales par l’offensive développée contre les libertés syndicales, par l’entrave qu’apporte à l’exercice du droîL de grève T intervention de la force publique, par le refus de réintégrer les cheminots révoqués et de reconnaître aux fonctionnaires le droit de se syndiquer, qu’ils tiennent de la loi, par la campagne contre la journée de 8 heures, par les décrets Rio et Le Tronquer qui ont organisé la perséeu tion contre les 'inscrits maritimes et les travailleurs du Rail, par l'agression contre les monopoles qui tend à livrer les services publics et les ouvriers qui en dépendent à la cupidité et à l’arbitraire des grands intérêts privés, personnifiés par l’Union des intérêts économiques
A 1a| guerre par la rupture de nos alliances, par l'obstruction du Bloc National dans le problème des réparations qui tend, en nous privant des livraisons en nature proposées par la Confédération du Travail Allemande, à écaiter de nous Hans le monde toutes les forces de paix.
A la guerre par le maintien onéreux et humiliant d’une armée permanente condamnée par le Bloc National au service de dix-huit mois, par les provocations d’un militarisme -qui n’a pas voulu châtier les assassins de Vin gré, et qui a refusé de supprimer les Conseils de Guerre et d’accorder aux soldats, fils du peuple, l'amnistie générale*
A la guerre par les aventures ruineuses de Syrie et der Cilieie, par une politique d’impérialisme colonial dont la vie de nos enfants fait les frais, par les expéditions de Denikine et de Wrangel contre la République des Soviets, par l’armement avec l’argent des contribuables : de la Pologne et des États de la Petite Entente et, enfin, par l’occupation de la Ruhr qui, pour l’aléa d’un gage improductif, a mis notre peuple pacifiste en posture d’agresseur et développé chez les alliés la défiance à l’égard de la France et, en Allemagne, l’espoir des revanches et l’esprit de guerre.
Contre la ruine et contre la guerre pour l'instauration de l'ordre socialiste dans les finances publiques et l'économie nationale, pour la réalisation de la paix des peuples qui, selon la phrase de notre Jaurès « est le plus grand et le plus difficile des combats », nous avons dressé dans une vaste union fraternelle les militants d'avant- garde du Parti Républicain Socialiste et dès Partis Socialistes et Communistes,
Dans une bataille électorale dont l'enjeu est décisif puisqu'il est de vie ou de mort pour les travailleurs et pour la Nation, dans une bataille pour laquelle le Bloc National mobilise For de ses profiteurs et les mensonges de ses journaux, et qui trouve, hélas, la classe
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ouvrière divisée dans ses partis et dans ses syndicats, nous voulons que notre effort d'union et de propagande soit comme îe prélude du regroupement des forces avancées.
Nous n'avods voulu accepter ni les formules étroites de l'intransigeance qui nous eussent laissés impuissants contre un ennemi formidable et odieux , ni les cartels, restreints aux ambitions et aux intérêts de quelques hommes, qui, dans les affaires publiques, n ont pas payé âpx travailleurs de cette grande ville généreuse, la dette qu'ils avaient contractée en 1919 à leur égard, quand Marseille, presquq seule dans la tourmente du socialisme, donna îa majorité aux partis d'avant -garde.
Nous n'avons pas. voulu pour le peuple qui nous fait confiance, courir le risque qu'ii désertât le combat et restât neutre entre deux camps : celui du Bloc National, c'est-à-dire do la corruption et du pillage nationalisés et celui d'un Cartel rétréci où certaines présences révèlent qu'il a perdu le contact de la classe ouvrière, pour avoir méconnu sa dignité et ses intérêts.
Que le Peuple s'élève pour condamner le Bloc National et affirmer sur notre Liste sa foi en la République Sociale.
Pour la souveraineté du travail, pour l'ordre du socialisme, pour morale de justice . èt de beauté, pour la paix fraternelle des peuples.
Vive r Union Socialiste I Vive la République sociale 1 Vive la Paix î
Henry ÏORRES, Avocat à la Cour. — André SÀRAVELLI, Conseiller général, ancien administrateur-ordonnateur du Bureau de Bienfaisance. — Simon 8ABIÀNI, Conseiller d'arrondissement, — H.-M. MAUREL, Député sortant. — Pierre LA VE AU, Commerçant. — Alfred ROUSSY, Docteur en rmëdecine. Albert SAUSSE, Employé syndiqué, Président des Educateurs * populaires.
Liste du Bloc Ouvrier et Paysan,
Cette liste n’a pas fait distribuer d ^profession de foi.
Liste à} Alliance républicaine.
Unis dans un commun amour de la France et la volonté passionnée de servir les grands intérêts du pays eL particulièrement de Marseille, nous avons, sans rien abandonner de nos opinions personnelles et de notre indépendance, contracté une franche et loyale 'alliance.
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Du po.nl de vue politique :
Républicains, nous sommes prêts à travailler au perfectionnement de toutes les lois et de toutes les institutions constitutionnelles*
Partisans d'une révision raisonnée de la Constitution, en ce qui concerne notamment les Pouvoirs du Président de la République et l'initiative parlementaire en matière de dépenses, nous appuierons la modification du règlement de la Chambre, de manière à assurer une efficacité plus grande au travail des séances, à diminuer la durée des débats et à éviter l’obstruction ,
Du point de vue économique :
Le libre échange des produits et des richesses, tel est l’idéal économique vers lequel doivent tendre toutes les nations et plus spécialement les Etats européens.
Dans la situation actuelle et pour ménager les transitions nécessaires, il y a lieu de conclure avec tous les pays des traités de commerce aussi libéraux que possible, mettant fin à une guerre économique dommageable à la plupart d'entre eux,
Pour aider au relèvement de la nation, nous favoriserons 1 exploitation de la houille blanche, l'exportation du fer et de l'acier et l'importation de la houille noire*
Nous nous efforcerons d'obtenir la préparation et l’étude immédiate d'un grand programme de Travaux publies et d’amélioration de notre outillage économique, afin qu en présence de crises éventuelles de chômage on ne puisse s’abriter derrière un manque de mise au point ou îe prétexte d enquêtes non terminées pour ne pouvoir fournir à nos travailleurs de quoi gagner leur vie.
Les conditions de Pin dus trie moderne peuvent nécessiter parfois certaines concentrations de capitaux. En l’occurrence, nous exigerons que ces associations soient spécialement contrôlées, de façon qu'elles ne deviennent pas des monopoles de fait, maîtres des marches et des prix.
Tout monopole d'Etat étant substitué à l'industrie privé devra être justifié par un intérêt évident d’ordre public ou de sécurité nationale, et il y a lieu, sur ce point, de procéder à un examen scrupuleux eL impartial des monopoles existants.
Dans le domaine législatif, nous nous appliquerons à lutter contre tous les éléments de vie chère, à faire aboutir la loi sur la propriété commerciale telle qu'elle a été adoptée par la Chambre des Députés, à conjurer la crise du logement par des dégrèvements aussi larges que possible sur les constructions nouvelles et par des encouragements effectifs aux offices d'habitations à bon marché. /
Kn matière agricole, nos efforts tendront à encourager, le plus possible,' le maintien et le retour à la terre, à favoriser l'intensification de la production en pratiquant une politique des engrais à bon marché, à développer enfin l'industrialisation de l'agriculture.
Du point de vue social :
La famille étant la cellule essentielle de la Nation, c'est a elle que, d’une manière générale, doivent aller les soins attentifs des Pouvoirs publics. Mais, dès l'instant où un foyer se compose d'un nombre d'enfants te! que le capital humain du pays en soit accru, ce foyer exige des efforts plus affirmés d'aide morale et matérielle comprenant., à côté de sérieux dégrèvements fiscaux, une plus grande liberté pour le père de famille de tester, une diminution des droits successoraux en ligne directe, etc,, l'attribution d'allocations familiales, se posant en règle obligatoire chez tous les chefs d’entreprise, même étrangers, v L'enfant, bien suprême et espoir de la race, a droit, avant et après sa naissance, a la plus grande des sollicitudes. C'est pour cela que, parallèlement aux dispositions susceptibles
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tîc protéger la femme enceinte et de favoriser l’allaitement maternel, nous nous associerons à toutes les mesures tendant a le placer dans les meilleures conditions d'hygiène et à le préserver dp toutes les contaminations, physiques et morales, spécialement par une répression sévère de la licence des rues, des spectacles, et la reconnaissance du droit de citation directe aux organismes de défense de la moralité publique.
J, a loi, ayant le devoir de mettre l'enfant à même de développer, pour le plus grand bien de la Société, les forces intellectuelles et physiques qui sont en lui, nous estimons que l'enfant doit être dirigé par une sélection et une orientation intelligente vers la profession à laquelle le destinent ses aptitudes mtcllcctudlîcs ou manuelles. Des bourses en nombre suffisant devront en conséquence lui être accordées suivant ses mérites, soit dans renseignement secondaire et supérieur, soit dans les écoles spécialisées.
Pour son éducation physique, nous demanderons la création de stades municipaux aménagés avec le concours de l’Etat et l'accroissement des cours de préparation militaire destinés à réduire le temps de service imposé.
Nous serons les partisans et les défenseurs de tontes les libertés publiques et notamment de ïa liberté de conscience, de la liberté de la pensée, de la liberté syndicale, de la liberté d’association, et de rétablissement d'un statut fondé sur cette liberté en faveur des fonctionnaires, de la liberté du commerce et de l’industrie.
Nous pensons que l'éducation philosophique ou confessionnelle relève de l’autorité paternelle et ne saurait être donnée que par. le chef de lamîlle ou les mandataires choisis par lui, qu'à ce titre l'école publique doit affirmer une neutralité absolue.
Dans le régime établi de la séparation des Eglises et de 1 Etat, toute liberté doit être assurée à l'exercice des divers cultes.
Nous défendrons également la propriété, fruit du travail, et le capital, produit de l’épargne* Nous sommes partisans de toutes les mesures de nature à favoriser l’accession du plus grand nombre possible de travailleurs h la propriété; nous voulons que la*vie matérielle du travailleur, tant intellectuel que manuel, soit assurée par la collectivité, le jour ou la vieillesse, l'infirmité, l’accident ou le chômage forcé le mettent dans l'impossibilité de produire.
En ce qui concerne, les conflits du travail, nous estimons qu'ils doivent trouver leur solution dans î organisation d’une juridiction spéciale chargée d'en connaître et de leur donner une fin pacifique. Ces conflits étant le plus souvent d’ordre général pour toute une catégorie d’ouvriers et de patrons, il y a lieu que les conclusions émanant de ces tribunaux aient leur application sur les associations patronales ou ouvrières et à ce titre, l'autorité, la capacité et la responsabilité des syndicats doivent être renforcées et accrues,
Nous n’oublierons jamais les anciens combattants, nous souvenant qu’ils ont été et qu’ils restent le rempart de la Nation, et nous nous déclarons prêts à leur témoigner, en toutes circonstances, une sollicitude vigilante, remplissant ainsi un devoir de reconnaissance et de stricte justice,
Du point de vue fiscal :
De contribuable a atteint actuellement l'extrême limite de ses sacrifices, et pour beaucoup celle limite a même été dépassée*
Cette situation ne saurait donc cire que provisoire et ü importe d'arriver aussitôt que possible à l’allégement de la contribution de chacun.
En conséquence, améliorer le. rendement des impôts existants par des méthodes plus rationnelles de recouvrement; supprimer l'intolérable inquisition dont la plupart des assujettis sont présentement l’objet; réprimer les fraudes tout en assurant une plus juste répartition des charges ; consolider la deLte flottante ; refuser tout nouvel emprunt qui n'aurait pà§ pour but cette consolidation et toute dépense non couverte par des ressources corres-
RpDCHES-D&RlIONE
pondantes, telle est l’oeavre à- laquelle- noua nous emploierons, en tenant compte pour le surplus des desiderata des groupements intéressés.
Noos insisterons pour que les étrangers résidant en France soient soumis aux mêmes obligatioas d'impôts que les Français puisqu’ils profitent des mêmes avantages.
Du point de vue régional I
La région étant fonction d'un état créé par la nature, conditionné par la production, îa circulation et l'écoulement des produits du sol, l'existence et-l'ex traction des matières pre* mières et leur transformation en objets fabriqués, il y a lieu de créer des voies commerciales facilitant cette" circulation et ceLte transformation des produits et des richesses.
Considérant la région des Alpes de Provence comme embrassant le bassin entier de la Durance et de ses affluents, nous réclamons, en la circonstance, le percement le plus rapide possible du Mont Genèvre, destiné à mettre en relation directe la région de Marseille et la Haute Italie.
De même suite, nous réclamons pour notre port, avec l'autonomie, l'établissement d'une zone franche, permettant la manipulation, la transformation et la réexportation, sans droits de douane, de toutes les marchandises et matières premières qui nous arrivent par voie de mer.
Enfin, dans le cadre de l'unité française, nou^ poursuivrons le maintien des traditions, des usages et des libertés de la Proyervce, et à ce litre nous demanderons que l’enseignement de la langue de Mistral soit donné dans les écoles publiques de notre région.
Du point de vue commercial et juridique :
Modification et simplification du régime des faillites et des liquidations, de manière à éviter que les opérations de liquidation absorbent peu, a peu tout 1 actif, comme cela arrive quelquefois pour le plus grand préjudice du liquidateur et de ses créanciers.
De même suite, accélération de la procédure et diminution des frais devant les juridictions civiles et criminelles.
Du point de vue colonial :
La mise en valeur de notre domaine colonial, qui intéresse tout particulièrement Marseille, sera l'objet de nos constantes préoccupations.
La France, d’ailleurs, a besoin de réclamer à ses colonies tous les produits qu elles peuvent lui fournir et quelle va malheureusement trop souvent chercher à l'étranger, au détriment de nos colonies olles-memes et an plus grand mal de nos finances métropolitaines*
Du point de vue de la politique extérieure :
Nous nous efforcerons de faire triompher une politique à la fois* idéaliste et réaliste. Idéaliste par ses buts conformes au génie pacifique, généreux, fraternel et libérateur qui est celui de la France; réaliste parce que s’inspirant des faits, c’est-à-dire des conflits d’intérêts, de passions et de forces au milieu desquels notre pays est placé*
Ayant connu les horreurs de la guerre, nous ferons tout pour éviter son retour* Mais comme une paix véritable et solide ne peut se fonder si les institutions ne l’insiaurcnt pas d’abord dans les espritsi nous tâcherons que tous les peuples, et surtout l’Allemagne/ s'organisent dans des conditions morales, économiques et politiques qui assurent le mieux leur tranquillité et la nôtre.
Repoussant avec dédain les stupides accusations d'impérialisme adressées à la France seulement, par l'ignorance ou la mauvaise foi, tant de ses ennem s à l’extérieur que de leurs
BÔUCHES-DU-RHONE
alliés conscients ou inconscients b l'intérieur, nous pensons que, dans Tétât actuel de l’Europe, ïa force française est non seulement nécessaire à sa propre sécurité, mais que veiller au maintien de sa puissance, c’est aussi la faire gardienne de la paix du monde.
Convaincus toutefois de la solidarité qui unit les nations européennes et de l’interdépendance économique dans laquelle elles se meuvent, nous tendrons de toutes nos forces à un désarmement progressif et simultané, à une entente fraternelle, et, par l’organisation elTec- Uve et efficace de la Société des Nations, à la paix universelle qui doit demeurer l’idéal de tous les hommes, i
C'est dans ce L esprit que, libres de toutes attaches de parti ou de caste, n ayant en vue* que Pin 1ère t général, notre liste s’offre aux suffrages, éclairés de nos concitoyens.
Le Comité électoral de la liste d* Alliance républicaine .
Deuxième Circonscription (3 députés).
Inscrits ...... . . . . .
Liste du Cartel des gauches.
Votants. ............
Jîîanca et nuis . . . . . .
MM, Girard . . . . , ,
Victor Jean
Suffrages ei primés ........
Gouin ,
Majorité absolue ....
Total
71, HG
Quotient électoral . , .
Mo venue . .
Lista républicaine socialiste indépendante.
Liste du Bloc ouvrier-paysan.
MM. André Lefèvre . . . .
MM. Eydcz . . . ,
Granaud . . . .
Gond rail. .
G Mi
Bcbière. t
Goustet
Total . . .
Total ...........
Moyenne . . .
Moyenne. . .
Élus à la majorité absolue . MM. Girard, Goulu, Victor Jean.
Liste du Cartel des Gauches.
Citoyens Electeurs,
Le Pays, après un silence imposé dc-i ans, reprend ses droits à la parole et de son verdict va dépendre tout l’avenir de la République et de la Nation.
Jamais elles n ont couru tant de périls et c’est pour les sauver avec vous que, faisant appel à toutes les convictions et à toutes les forces de gauche, nous nous présentons à vos suffrages.
Oubliant à dessein les différences dp nos programmes de parti pour retenir seulement
BQüGHEiJ-BU-RHOKE
les grandes idées cl. les hauts principes qui nous sont communs., nous soumettons aux électeurs un programme d’action immédiate et de réalisations rapidement possibles qui ralliera, nous en sommes certains, l' unanimité des démocrates des. Bouchcs-du-Pdiône.
Citoyens,
La législature qui finit laisse à noire pays une dette accrue, des budgets en déficit, la menace déjà réalisée de la vie chère toujours croissante, enfin, une situation extérieure menacée par notre isolement. La législature des décrets-lois, des impôts et du budget biennal agonise dans la confusion, le désordre et l’impuissance.
La critique précise et détaillée en sera faite, soyez. -en certains, au cours de notre camoagne électorale, et rien de son œuvre néfaste ne sera laissé dans l’ombre. Mais, au jour cl hui, noUS entendons nous borner aux parties positives de l’appel commun, que Républicains, Radicaux et Socialistes ont élaboré en vue de l’œuvre qui s’impose à la Chambre pro-
cii aine
' Toutes les possibilités de paix extérieure, de relèvement intérieur, de prospérité économique de diminution des charges budgétaires, de soulagement aux victimes de la guerre (dont nous acceptons le programme exposé par leur Union Fédérale) sont intimement liées à la solution du problème des Réparations. Pour le résoudre en notre faveur, pour imposer à l’Allemagne coupable et vaincue, l’exécution de ses engagements, il importe, avant tout, a -io la France sorte de l'isolement où l’a conduite une politique dans laquelle de vains c0Ud3 de prestige et d’amour-propre ont obscurci la claire vision de nos véritables interets.
C’est par le resserrement de cès alliances, qui restent l’œuvre capitale autant que l’honneur de la Troisième République, et qui ont .rendu la’ victoire possible, e est par l’étude et la conclusion d’ententes internationales que sera obtenue la solution- de 1 angoissant problème qui commande nos destinées. C’est -surtout par 1 extension des pouvoirs d’une Société des Nations, à qui seront assurés des moyens d’exécution, que pourra pren rc racine et fleurir cette paix définitive à laquelle les peuples aspirent, et qui permettra d alléger nos charges financières et de réduire la durée du service militaire.
Sans la paix, laule'libcrlé civique, tout progrès social, lout affranchissement iudivkiuel deviennent impossibles ou restent précaires ; nous considérons comme essentiel a notre démocratie de se maintenir dans la grande voie de libération totale que la Révolution a ouverte et où aile avance courageusement en dépit des résistances avouées ou occultes, en dépit d’arrêt parfois' sanglants que leur imposent les réactions toujours égpistes.
Suprématie du pouvoir civil sur tous les autres, laïcité de 1 Etat séparé de 1 Eglise (libre mais soumise aux lois), droit syndical pour tous les citoyens, indépendance du fonctionnaire au point (Te vue politique, séparation des pouvoirs: tels sont tes points principaux du programme politique sur lesquels un républicain ne saurait transiger,
MaR que vaudrait la iouissance de ces droits, s’ils s’exerçaient en faveur de citoyens économiquement diminués dans un pays sans forte natalité, aux finances appauvnes et dont l'agriculture, le commerce et l’industrie végéteraient dans la détresse . ° n importe au plus tôt de rétablir nos finances avec des moyens énergiquement appropriés : économies résolues, consenties par les représentants de la Nation, executees sous leur contrôle • grand emprunt de consolidation pour que se ferme celle p aie des emprunts, toujours ravivée, pat laquelle risque de s’écouler torée la substance cio notre pays; application intégrale do l'impôt sur le revenu avec le souci de larges abattements a la base; aménagement et retouches do l’impôt sur le chiffre d affaires exclusivement appliqué h la Production et à la Fabrication, et vote des mesures nécessaires contra la dissimulation ou
V évasion tëscatos. ,
A Ce programme se lie de toute nécessité. la défense des Interets régionaux que les
candidats do Cartel sont résolus à soutenir, en toutes circonstances, de leurs efforts soh-
BOUCHES-DU-RHONE
claires et collectifs* Parmi ces projets qui ne peuvent tous s'énumérer ici, signalons ceux relatifs aux questions d’eau potable et d’arrosage (Fontaine-Lévoque) et au tracé de la nouvelle voie ferrée projetée entre Avignon et Nice, par Châteaurenard, Eyguières, Salon et Aix.
Au point de vue agricole et oléicole, les candidats du Cartel n’en oublient point l’énorme importance pour rio§ communes et ils sont prêts à soutenir au Parlement — comme deux d’entre eux l’ont déjà fait du reste — * toutes les les lois susceptibles de déve~ lopper et de favoriser l'essor de F Agriculture, intimement liée ù fa venir même de notre Pays.
Fils de notre belle Provence, ils s’engagent enfin à défendre, an toutes circonstances, notre glorieux patrimoine de libertés et dé traditions méridionales, si chères à nos laborieuses populations*
Citoyens j *
L’esprit qui nous anime, plus encore que cet expose obligatoirement écourté et restreint, vous montrera que, seul, le succès des forces de Gauches donnera à la Chambre prochaine le Gouverné ment qui assurera à notre pays les amitiés extérieures indispensables, comme à l'intérieur, l’ordre, la justice sociale et la prospérité,
Mais pour assurer ce succès, pour le transformer en triomphe, il importe que le§ forces de la Démocratie s’organisent et se disciplinent.
Le salut de la République, qui est lié a l'écrasement du Bloc National età la victoire du Cartel, ne pourra être obtenu que si les Républicains, les Radicaux, les Radicaux-Socialistes et les 'Socialistes mettent en commun, sans restriction ni arrière-pensée, tes forces dont ils disposent*
C’est donc entre vos mains, Républicains de toutes nuances, que les destins sont suspendus. Nous avons trop de confiance en votre clairvoyance politique, en votre foi républicaine pour douter un instant de votre Vote qui, le i l Mal prochain, assurera le triomphe éclatant et définitif de la République démocratique, laïque et sociale î
Aux urnes clone, Citoyens !
Four la liste de Discipline républicaine î
Pour le Cartel des Gauches !
Pour la Paix et la République !
Auguste GIRARD, Député sortant, Chevalier de la Légion d’ Honneur* — Victor JEAN, Député sortant, Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de guerre. — = Félix GQUIN, Maire d’Istres, Conseiller Général, Vice-Président de l’Office Départemental des Mutilés et Reformés de Guerre.
BOUCHE S-DU-R HO N K
Liste Républicaine socialiste indépendante.
Aux Électeurs de la Circonscription A ix- A ries.
Un mot personnel.
Depuis quatorze ans et demi pour l'ancienne première circonscription d’Aix, depuis qualrc ans pour les autres cantons eL ^arrondissement d’Arles, je peux dire, sans faux orgueil, que nous avons — vous comme électeurs, moi comme élu — pratiqué le mandat dans la plus haute acception du terme.
Au gouvernement, comme ministre de la guerre ; à la tribune, comme député ou conime rapporteur général do la commission du budget ; au fauteuil delà présidence de la Chambre, je me suis elTorcé de vous représenter avec dignité, comme vous méritiez de 1 etre, car vous, de votre côté, vous m’avez laissé à mon labeur, sans m’accabler de ces demandes de démarches individuelles qui absorbent — ou occupent — paraît-il, le temps de certains élus. Je vous en remercie du plus profond de moi-même et, quelle que doive être votre décision prochaine, je vous resterai profondément reconnaissant de la maniéré dont vous avez compris et dont vous m’avez permis d’exercer le mandat législatif.
Aussi, quand j’ai songé à ne pas solliciter son renouvellement, ai-je délibérément écarté les offres de circonscriptions qui m’étaient faites et découragé d’avance celles qu’on aurait pu me faire. Je songeais simplement qu’il y a vingt-neuf ans que j ai été élu pour la première fois et que je pourrais bien vivre un peu pour moi-même. J’avais déjà organisé ma vie * et mon travail, car je ne saurais et ne pourrais, du reste, vivre sans rien faire. On a tant insisté, mon ami Jourdan, maire d’Aix, m’a tellement montré que je devais jouer un rôle essentiel dans l’adoption du tracé de la ligne Avignon- Nice par Château renard, Salon, Aix et Trels : je vois, d’autre part, ïc mouvement nationaliste et revanchard si violent en Allemagne que j’ai admis que. cette fois encore, 1 heure du repos serait ajournée.
Je me représente donc à vos suffrages sans mes colistiers de 1919, qui prétendent défendre contre moi les grands principes du régime représentatif mis en jeu dans les derniers débats de la législature. Je les renvoie àl 'Officiel, ils y verront que j ai presque toujours voté comme eux, ou, mieux, quîls ont voté comme moi, qui ne me suis pas borné à déposer un morceau de carton dans 1 urne, mais qui ai parlé. C’est sans doute ce qui les embrouille un peu. J’avais le .droit de prendre cette attitude, car depuis longtemps j’avais proposé pour T améliora lion du change et l'assainissement de la trésorerie l’emprunt à lots sans intérêt, avec lots de un million chaque jour. Mesure positive qu’on finira par adopter, celle-là aussi, quand on aura tout essayé.
Qu’ils fassent une liste» c'est leur droit ; qu’ils y prennent un socialiste unifié qui refusera le budget et, dans l’état précaire de i’ Europe, votera contre les crédits de défense nationale I Je ne prétends pas leur donner des leçons. Je pense, non plus, ne pas avoir à en recevoir. Les électeurs apprécieront.
Pour moi, en ce qui concerne la partie politique, diplomatique ou administrative du mandai, je n’ai guère besoin d’avis £ mon expérience, déjà longue, me permeL de me tirer d’affaire ; par contre, je serais heureux d’avoir à côté de moi, un agriculteur compétent comme Granaud, vieux paysan, membre du Conseil supérieur de l'agriculture, vieux con-
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seiller général, rompu aux affaires du département, et un industriel-commerçant comme Rebière, crime autorité incontestée, comme l'indiquent les dix années de présidence au tribunal de commerce de Salon. Ils seront, dans 1rs questions qu’ils connaissent si bien, de précieux conseillers.
Citoyens,
Vous n'attendez pas de moi une campagne électorale. J’ose dire qu’elle se fait depuis quatorze ans passés. Je n’ai pas été un député muet; mon action, a été publique. J'ai pris mes responsabilités et vous les connaissez.
J’ai combattu, en 1913, l'emprunt turc, avec lequel la Turquie a mobilisé contre la France. Nul n’ignore que j'avais prévu la guerre de 3914. Tout le monde sait également que, en 1919, nous avons élé trois — MM, Louis Mann, Franklin- Bouillon et moi-même — à nous dresser contre le tout puissant* M. Clemenceau pour dénoncer les dangers du traité de Versailles et l'insuffisance des mesures de désarmement qu’il édictait.
Depuis, sans me lasser, j’ai signalé les préparatifs allemands. D’aucuns en ont conclu que je voulais la guerre. CTcst une calomnie cl une sottise : le baromètre ne fait pas la tempête, il fan nonce. Je ne fais pas autre chose.
Dès la renui on de la Chambre en 1919, mes collègues me firent ï honneur de me nommer rapporteur général de la commission du budget, fonction que je dus quitter pour devenir ministre de la guerre, puis, après ma démission, vice-président de la Chambre. Je le suis encore.
Ministre de ïa guerre, je me suis efforcé de remettre en ordre les déFOrclres causés par la démobilisation précipitée de 1919. JTai conscience d’avoir, grâce à mes connaissances techniques, pu sauver pourplusieurs milliards de poudre et de muni Lions, Et si j'ai démissionne, eu 1920, en laissant, je puis le dire un outil bien en main, c’esL qu’une puissance supérieure à la mienne nv empêchait de demander les hommes et 3c matériel nécessaires pour la sécurité du territoire et aussi pour les mesures de contrainte à prendre contre l1 Allemagne, mesures qui auraient du être plus importantes et moins tardives.
De ce poste important, où fou dispose de puissants moyens d’observation, j’avais clairement aperçu, en quelques semaines, ce qu’allait faire l’Allemagne ; camouflages, refus d’exécution du traité, préparatifs de revanche .
Depuis, il n’est guère de grands débats auxquels je n’aie pris part et je crois pouvoir dire que, en me tenant à l’écart des intrigues de portefeuilles en m’astreignant à ne produire que des faits vrais et soigneusement contrôlés, je suis arrivé h ce que ma parole ne soit contestée ni à la tribune ni au fauteuil de la présidence.
Au surplus, hélas ! les événements m’ont donné raison. J’avais recommandé au gouvernement d’abord, à la Chambre ensuite, ] 'alliance des « petites nationalités » du Centre de f Europe. Je ne devais pas avoir tort, car 3a petite entente s’est constituée et prospère. J’avais annoncé que le contrôle des armements allemands serait illusoire ; il l’a éLé ; qu’il ne durerait point, il a cessé. J’avais dans un article du 26 juillet 1922 le Journal , annoncé que l’Allemagne voulait faire faillite al que le mark tomberait h zéro : c’est fait, Javais dit que, un jour ou l’autre, la France occuperait la Ruhr, et nous y sommes.
Il me serait loisible de continuer cette énumération. C est inutile. Vous la savez. Je n ai pas change d avis. Elu, je continuerai la même tâche et c’est ce qui me permet de dire que ma campagne électorale est faite par trenfe ans de vie publique et ru labeur législatif de quatorze années.
Votre opinion est faîte aussi. Elle est pour ou contre. Vous prononcerez et, quel que soit votre verdict, je f accepterai sans mauvaise humeur, car vous avez le droit de le rendre et de m’approuver ou de me désapprouver.
Si vous me renvoyez à la Chambre, j eu serai infiniment honoré. Si vous me mettez à la
BOUCHBS-Dü-RII ONE
retraite, je penserai que j’y avais songé moi -même. Dans un cas comme clans Pau Ire, je garderai l'impérissable souvenir de Ja liberté que vous m'avez laissée, la certitude d'emporter votre estime et que personne, ami ou ennemi, ne mettra ma parole en doute si je termine cette importante partie de ma vie politique par la célèbre phrase d’un vieil écrivain français ; « Ceci est une œuvre de bonne foi a*
André LEFÈVRE,
Vice -Président de la Chambre des députés, Ancien ministre de la guerre,
Ancien rapporteur général du budget*
Liste du bloc ouvrier-paysan.
Cette liste n a pas fait distribuer de profession de foi*
CALVADOS
ti députés.
ïiiserîts . . . 98.304
Vu tanta. 76.947
Blancs et nuis . . 1.770
Suffrages exprimés- . . . . . . . 75. 177
Majorité absolue.'.. 37.586
Quotient électoral. . . . 12.528
Liste dtJnion nationale républicaine*
MM/ Blaiaot ....... h * . . . . . , , , . 49.403
■ Caotru . . . . 49,300
f Engmtnd:, . . *.,**.. . W.h\%
. Flandin . . * . .*<**......, 49. 486
% Gérard . . . 48.810
* ï^niel - - - . - 43.080
Mienne,,,,.. ... .. .. 49.103
Liste dTUnion des républicains de gauche*
MM. Lesîgne . . . . . 10.747
Levîlliin. . . . . . . . . , 15,393
Bebaur . . . . . iL906
Tuncq . . . . . U. 813
El as ft la majorité absolue.
MM . Girard . . . . . \b , 077
Vitliera . , . . . 17,788
Total . 91.724
Moyenne, . ... . * . , 15.287
Liste d1 Unité socialiste ouvrière
et paysanne*
MM* Mnugïns . . ;>.25i7
Lefèvre 5.073
Gorlouer. . 4.934
Letavernîer* .......... . 4.938
Martin ..**,.* . 4,956
Planchon . ......... . . 1.937
Total. . 30' 093 v
Moyenne,;.*,.*,,.., 5.01-5
Liste du Bloc ouvrier-paysan*
MIL BarbLor , . . . . . * 3 . 7M
Besançon . %Md
Diïfau* . . ...,..** 3.602
Ferrand. . . 3 . 629
Sémy . 3.622
Wetzel . 3.587
Total . 21*834
Moyenne.**.** . 3.639
MM. Fngemnd, FJandio, B! ai sot, QaSlirw* Gérard , LanieL
Liste d’Union Nationale Républicaine*
Chers Concitoyens,
Le 10 Novembre 1910, vous ave/- accordé dansées deux circonscriptions du Calvados, à notre programme d L nion Nationale Républicaine, un éclatant témoignage d'adhésion et de confiance.
Noire pensée constante a été d y demeurer fidèles.
CALVADOS
Eu nous représentant aujourd’hui devant vous, nous avons conscience d’avoir rempli notre mandat avec Tunique souci de l'intérêt publie et d'avoir contribué, dans îe Departement, à réaliser par T application bienveillante des lois de la République, en accord avec tous vos élus, notre volonté nettement affirmée de concorde pat io tique et de paix sociale.
La Lâche *q ui s’imposait â nous dans cette législature était grosse d’inconnu cl lourde de devoirs.
Il s'agissait de rétablir dans sa puissance économique et financière notre Patrie victorieuse, mais épuisée par cinquante-deuxT mois d\me lutte sans merci-; de maintenir à la France, en raison du refus do coopération de ses alliés et du réveil du militarisme allemand, une force militaire suffisante pour prévenir le retour de nouvelles agressions, permettre Inexécution des traités eL assurer la paix; de secourir les innombrables victimes de la guerre et de réparer sans tarder, mu me en I1 absence des versements de I Allemagne, lus ruines effroyables du nos dix départements dévastés.
Plaçant l'intérêt du pays au-dessus de tout, convaincus au surplus que l'instabilité ministérielle est un obstacle à la bonne marche des affaires publiques, nous avons apporté depuis deux ans, sans fléchir un seul jour, notre concours fidèle â la politique d'ordre à l'intérieur et de fermeté pacifique à l'extérieur qu’a poursuivie le Gouvernement de M. Raymond Poincaré.
Nous l’avons soutenu lorsque, en janvier 1923, devant les manquements réitérés de i Allemagne, il a décidé l 'occupation de la Ruhr, seul moyen efficace de faire apparaître enfin au peuple vaincu la réalité de sa défaite et par là même d’assurer le payement dos sommes qui nous sont dues, ainsi que notre sécurité.
Grâce à celle politique qui, déjà en 1920, sous le Ministère Millerand, avait préservé notre pays de la Révolution menaçante, la France, plus qu'aucune nation de l’Europe, a travaillé depuis quatre dans le calme cl dans la paix et son rapide relèvement a lait I admiration du Monde,
Si ce résultat a pu être atteint, c'est grâce aux sacrifices qu*a dû consentir la Nation pour suppléer à la carence allemande. Au point de vue financier, il a fallu en 1929 préserver notre pays d’une catastrophe imminente. Le premier devoir du Parlement fut de rétablie par une compression énergique des*dépenses publiques et, par la création urgente de nouvelles ressources fiscales, l'équilibre du budget général de l'État.
Le vote récent de nouveaux impôts rendus indispensables par la défaillance persistante de T Allemagne pour équilibrer notre budget des dépenses recouvrables a eu 1 heureux résultat de briser TofFensîve étrangère dirigée contre notre crédit à la veille des élections générales, d améliorer rapidement la valeur de notre franc et de dissiper du même coup les craintes d’un accroissement démesuré de la cberté de la vie.
Nous estimons qu’une politique d'économies plus sévères encore s impose rigoureusement : nous avons donné au Gouvernement les moyens légaux de la réaliser sans delai ; nous avons la certitude qu'appliquée avec intelligence et mesure eCr sans compromettre la vie économique de nos petites villes, elle contribuera avec la prospérité croissante de notre agriculture et de noLre industrie à accélérer rabaissement du coût de l'existence qui demeure un des problèmes les plus urgents à résoudre,
La prochaine législature devra apporter des réformes profondes aux impôts qu'une nécessité impérieuse a exigés, mais dont certains rre doivent avoir qu'un caractère provisoire et essentiellement temporaire.
Nous restons, comme nous T avons été dans le passé, les adversaires de l'impôt personnel à cause de l’intolérable inquisition qu’il entraîne et que nous avions prévue et dénoncée.
Déjà, par de larges déductions à la base, nous avons allégé pour la grande majorité des travailleurs Tinipât sur les salaires* Nous nous efforcerons d’atténuer les inconvénients de l'impôt sur le revenu pour les autres contribuables, notamment en établissant ses bases sur
CALVADOS
les signes extérieurs, en tenant compte davantage des charges de famille et nous étendrons au maximum le système du forfait à l'impôt sur le chiffre d’afïhires dont nous nous proposons, d’ailleurs, d'étudier le remplacement.
Au cours de cette dernière législature, il n est pas une question importante dans laquelle vos représentants ne soient intervenus, soit dans l’ordre économique et financier, agricole ou maritime, soit qu'il se soit agi de la Défense Nationale, des transports, des loyers, de la propriété bâtie, de la propriété commerciale, des pensions civiles et militaires, de laide aux familles nombreuses, de l'habitation ouvrière et paysanne, ou qu'il ait fallu rappeler les droits imprescriptibles de nos mutilés et de tous nos anciens combattants à la reconnaissance de la Nation.
Après le grand bouleversement de la guerre, une oeuvre sociale immense sollicite notre effort.
Demain comme hier notre vigilance demeurera en éveil pour assurer la défense de vos intérêts comme de vos droits les plus sacrés.
Électeurs,
Loyalement attachés aux institutions républicaines, nous voudrions voir à jamais disparue fère des anciennes querelles*
Un grand souffle d’apaisement a passé sur le Pays,
Ceux-là seraient bien coupables à nos yeux qui, de nouveau, chercheraient a y jeter le trouble*
Quant à nous, attentifs aux appels du Président de la République et du Présidcntdu Conseil, nous répudions toute politique d’intrigue ou de division qui affaiblirait notre Gouvernement au regard de l Étranger.
' Face à l'Allemagne qui nous observe et qui escompte notre lassitude, continuons à nous montrer fermement décidés à bien servir la Patrie et la République dans l'union,
1 ordre et la légalité, avec la résolution suprême de maintenir la paix dans le Droit et dans l'Honneur*
Camille B LÀ I SOT, — Camille GAUTRU.— Fernand ENGERAND, “ Ernest FL ANDIN. — François GÉRARD. — Henri LAN I EL, Députés sortants.
Liste d Union des Képublicains de gauche.
Aux Électeurs,
Dansée grand mouvement qui soulève la France contre l’insuffisance du bloc, qui se dit national j le Calvados ne peut rester en arrière.
Devant le mécontentement général, nous nous décidons à nous présenter a vos suffrages. Voici pourquoi :
L s agît bien moins de conquérir des sièges que d’affirmer des principes et une autre méthode de travail.
Sans méconnaître les difficultés, sans faire aucune personnalité, nous reprochons à la
CALVADOS
Chambre, aux députés sortants (dont le plus digne à nos yeux, a été, du reste, éliminé), quatre choses :
1° De n'avoir pas diminué te nombre des députés ou de 1 avoir fait dans des proporlions tout à fait insuffisantes, chacun s'attachant à en conserver le plus grand nombre pour sauvegarder son propre siège.
Croyez-vous que moitié moins de députés, il en resterait encore 300, ne feraient pas de meilleure besogne, avec moins de bruit, moins de perte de temps, n1 arrivera lent pas à éviter de brasser les lois, même les plus importantes, comme nous l’avons vu faire récemment, en quelques jours (parfois quelques heures), dans une séance du matin, et souvent devant 10 ou 15 députés présents, et même 5, à tel point que M . le Président du Conseil a cru devoir en faire la remarque publique ;
2» De n'avoir pas tout fait pour développer et constituer définitivement la Société des NuLions, seul moyen d’alléger en conscience le fardeau des charges militaires, d’assurer la paix durable et 'd’éviter la guerre qui se fait toujours avec le sang des peuples. Nos familles en deuil, nos Mutilés et nos Comballants le savent trop. Et vous devine* ce que serait l'effroyable guerre scientifique de l'avenir ;
3° D'avoir totalement et systématiquement négligé la situation financière qu’on dissimulait à la France, situation financière qu'on a cherché à lui cacher jusqu’après les élections et dont on a seulement paru s'apercevoir quand le bilan de la Banque de I4 rance 1 a mis à jour brutalement, quand la livre valait 123 francs, c'est à-dire le franc 4 sous. Àjoutez-y le scandale mondial si longtemps étouffé des régions libérées.
C’esL de là que sont résultés les impôts formidables qui inquiètent tout le monde, impôts dont vous ne connaissez pas encoie l'importance réelle a 1 heure? actuelle* Ces mesures d'exception menaçantes pour tant de situations et conduisant jusqu'à la violation du domicile privé* alors qu’il eût été si simple d'exposer loyalement la situation, il y a plus d'un an, et de prendre alors des mesures de prudence qui eussent été beaucoup moins lourdes surtout si on y avait prévu et réalisé la mise en exploitation du patrimoine national. De la aussi les décrets-lois qui nous préoccupent tous, spécialement dans ce département ;
4° Et eu lin, nous reprochons à cette Chambre d avoir été par excellence la Chambre de la vie chère, dont elle porte la lourde et définitive responsabilité, comme elle en gardera le nom ; de n'avoir rien, absolument rien fait pcmr atténuer, pour diminuer cette crise et ce fardeau de la vie chère qu’elle a, au contraire, laissé chaque jour s aggraver tandis que des mesures générales devaient et la prévoir et Y enrayer — vie chère qui a frappé tout le monde également : consommateurs comme producteurs, atteints eux-mêmes dans leurs moyens de travail et de production (engrais, outils, etc.), vie chère qui pèse si lourdement sur tous, qui préoccupe eL angoisse plus particulièrement l'ouvrier, le petit agriculteur, 1 employé, le père de famille et le petit rentier.
De la, un état de choses, conséquence de ces diverses fautes accumulées* et qu une appréciation saine des finances faite en temps utile et une bonne gestion pouvaient empêcher dans une large mesure.
Ces constatations gêneront les responsables. Ils ont, eux, beaucoup plus gêné et sacrifié
les contribuables* ■ *
Des journaux, des affiches peut-être, essaieront de vous /tonner le change* Inutile d'y répondre* Ces laite sont prouvés, connus de tous, parce que tous en souffrent. Telle est la force de la vérité*
Voilà l'œuvre néfaste que nous incriminons*
Dès lors, le problème est simple. Si vous êtes satisfaits de cet état de choses, inutile de voler pour nous. Sinon, vous pouvez nous donner votre confiance, car si nous reprochons cela, c’est que nous ne f eussions pas fait.