INDE FRANÇAISE
ailles et voter pou r le candidat qui a accepté le rôle généreux de reprendre dans Tlnde les sages traditions qui ouL assuré autrefois la paix et la prospérité du pays.
Vous pouvez être assurés, dorénavant, que l’asservissement et l’exploitation dont vous êtes victimes cesseront.
Si j ’ai l'honneur d’aller vousureprésciiter au Parlement, vous verrez, par la lecture de la profession de foi que je vous soumettrai incessamment, que mou programme est net, et qu'avec le concours que m'accordent déjà les meilleurs et les plus aimés de vos dirigeants, je saurai le faire aboutir.
Si, au contraire, je suis battu, je nW continuerai pas moins à veiller à votre entière sécurité*
Tout eiLoyen qui serait molesté ou tracassé pour m'avoir manifesté ses sentiments de sympathie serait, par mes soins, défendu dans la presse et par les nombreux amis que je conserverai au Parlement français.
Aux urnes donc, tête haute et sans crainte, le 11 mai 1024.
Vive l'Inde Française î 1
GEORGES-B .RTHÉLEMY, Député, Journaliste, Membre du Conseil supérieur des Colonies.
Aux Électeurs de l’Inde Française,
Citoyens, allez aux urnes le 1 ! ruai pour le choix d un Député Hindou.
Vous aurez ainsi au Parlement un des vôtres qui veillera mieux que le plus éminent des Députés au relèvement matériel et moral de notre communauté sans contrevenir aux sages traditions d'un pays qui fut le flambeau de la civilisation,
Hindous ! imbus des idées de progrès, profitez de l'heureuse occasion qui s'offre à vous et prêtez tout votre concours à celui qoi se dresse fièrement pour aller soutenir au Parlement vos nobles idées.
Mon programme est simple : Unité de liste, sans distinction de races, de castes ou de religions, autonomie budgétaire de chacune de nos cinq dépendances; révision des impôts sur des bases plus économiques que dans le passé et députation professionnelle.
Groupez- vous et, convaincus du bonheur prochain, votez au candidat Hindou,
Du courage ! et nous sommes vainqueurs! et nous ferons régner l'ordre et la justice que nous avons perdus depuis longtemps.
Vive l'Inde Française 1
M. RADJAMANICCAME, Candidat depuis 1914 aux élections législatives et sénatoriales.
— ion —
LA GUYANE
1 député*
Inscrits. ...» . * 7.135 i MM, Lauticr, . , . . ...... . * L2.1$9
Volants . . . , . 4.783 I Calmât. . . . 5M84
Îïd à la majorité absolue.. . M. Lânder.
Parti républicain démocratique et socialiste de la Guyane.
Aux Électeurs de la Guyane.
Chers Concitoyens,
Vous savez tous comment et pourquoi je suis venu vous demander le mandai législatif, . *
Depuis plus de deux années, je m'occupe des affaires de là Guyane auprès des Pouvoirs publics. Un grand nombre d'entre vous connaissent les résultats que j'ai obtenus. Je n5ai refusé mon concours à personne. Tout citoyen qui a fait appel à mon intervention a reçu de moi l’aide la plus empressée, quel que fût son groupe et quelles que fussent ses attaches locales.
Quoi qu’on en ait dit, je ne me suis jamais mêlé de vos querelles intestines. J’ai souilert d injustes partis-pris, mais jTai tendu la main à tous.
Citoyens, mon passé me dispense de longues déclarations politiques. Depuis trente-cinq années, j’ai combattu le bon combat pour la République démocratique et pour les réformes sociales réalisées dans l'ordre et ia liberté.
Les grands chefs du parti républicain ont apprécié et reconnu les services désintéressés que j'ai rendus à notre idéal commun. J'invoquerai seulement les noms de Waldcck- Rousseau et de Léon Bourgeois, J’en pourrais citer d'autres dans le passé et dans le présent, qui furent et qui sont toujours restés mes amis.
Depuis quatre ans mes campagnes de V Homme Libre ont sonné le réveil du parti républicain que les élections de 1919 avaient mis en péril et qui s’est heureusement ressaisi.
Si j'ai conquis un surcroît d'autorité dans cette période de ma carrière je l’ai mis aussitôt à la disposition de votre colonie, jusqu a ce jour délaissée.
Je me sois déjà préoccupé de doter la Guyane dVn second courrier mensuel, afin de multiplier les communications avec la France.
Vous savez que j’avais pris en mains la question du crédit agricole, et que, grâce à mon insistance, elle vient d’être résolue.
LA GUYANE
Vous savez enfin que j'ai réclamé et obtenu rabaissement de voire change sur la France, et réparé ainsi une partie des ^désastres que d1 au 1res avaient causés.
J'ai étudié et je connais la plupart de vos besoins.
Par la création du crédit agricole, dont je parlais tout à l'heure, j'ai voulu que le capital nécessaire à la culture ût mis h la portée des travailleurs sans fortune. C’est ainsi que par des prêts d’argent à long terme et par un meilleur emploi de la main-d’œuvre pénale, tous ceux qui arrosent de leur sueur le sol de la Guyane pourront augmenter leur bien-être élever leur condition sociale et développer en même temps la richesse du pays.
Pour améliorer vos communications avec la mère patrie, il ne suffit pas de doubler le nombre de vos courriers : il faut aussi développer votre service postal et créer des mandats internationaux, afin de rendre le commerce plus facile.
Mon attention s'est portée sur les questions d'enseignement et d’hygiène. II fauL multiplier les écoles, faire appel aux communes et au Conseil général pour l'entretien des locaux scolaires;
11 faut multiplier, sinon créer, surtout dans l'intérieur de la Colonie, les services médicaux. U convient de ne rien négliger pour défendre la santé physique et morale d’une population intelligente et vaillante qui a le droit d'exiger dés à présent un minimum d’outillage économique cl social pour montrer tout ce dont elle est capable*
Citoyens, soutenu par votre confiance, je demanderai, des le lendemain des élections, qu'un programme de travaux publics soit enfin coordonné et précisé, La question du port do Cayenne doit être enfin résolue. Celle des chemins de fer qui concerne aussi votre cheflieu n’est pas moins urgente.
Des œuvres analogues intéressent les autres communes. Je pourrais les énumérer, mais j’en ai dit assez pour montrer que mon premier souci sera de faire pression sur les pouvoirs publics, afin que la Colonie soit pourvue des moyens de communication indispensables à son développement*
Le corps humain est en péril dès que les organes de la circulation s'affaiblissent. Ici, dans notre chère Guyane, l'appareil circulatoire est rudimentaire* C'est pour cela que le rythme de notre vie économique ne peut s'accélérer.
Citoyens, je connais les difficultés de la tâche dont je viens de vous tracer les grandes lignes. Je sais parfaitement que la question financière se pose, ici comme ailleurs. Un lourd déficit pèse sur vos budgets futurs, par suiLe de gestions antérieures à propos desquelles il est inutile de récriminer.
II faudra diminuer ou même supprimer certaines dépenses exagérées ou improductives, pour améliorer le sorL du petit fonctionnaire qui souffre de la cherté de la vie* J’ai déjà obtenu à cet égard d'importantes satisfactions,
L’ Administrai ion supérieure et le Conseil général devront procéder sans retard à l'étude d’un régime fiscal qui permette de dégrever les produits spéciaux de la Colonie afin d’accroître leur diffusion*
Que! magnifique labeur s'offre à notre courage! L'œuvre est vaste* Nous saurons F accomplir à force de volonté, de méthode et de sens pratique* Je fais appel à la collaboration de tous les ciLoyens de la Guyane, Je ne pratique aucune sorte d'exclusivisme* Je n'aime ni les rancunes, ni les représailles. Je veux la justice pour Lous.
La devise républicaine : « Liberté, Egalité, Fraternité » n’est pas seulement sur mes èvres, mais dans mon cœur*
Lorsque j'ai commencé à m'occuper des affaires de la Guyane, j'ai tait appel dans mon journal à la collaboration de mon ami Gratien Candace, député de la Guadeloupe, dont je partageais toutes les idées républicaines et la foi coloniale.
Avec lui, je n'ai laissé passer aucune occasion de proclamer l'étroite solidarité des Français d'Europe et des Français des Colonies,
Gratien Candace étant un champion autorisé de la race noire, je l'ai pris précisément à
* LA GUYANE
mes côtés pour affirmer, envers et contre tous, que pour moi comme pour lui il n ’y a qu’une seule couleur qui compte : celle du sang qui coule dans nos veines et qui est le môme sang*
Généreusement versé sur les champs de bataille par les Français de toute origine, il scella glorieusement les principes d’émancipation qui sont l’honneur et la parure de noire commune pairie.
Citoyens, je vous appelle avec confiance aux urnes, et je vous promets mon Inaltérable dévouement.
Vive la République 1 Vive la Guyane 1
Eugène LÀ UT 1ER, Rédacteur en chef de V Homme Libre , Syndic de la presse ^républicaine, Membre du Conseil supérieur de l'Agriculture, Commandeur de la Légion d'honneur.
Fédération Républicaine.
. Profession de foi.
Electeurs Guyanais, , *
L’affection qui nous lie, notre parfaite communion d’idées, apres vingt ans de vie commune, rendent inutile une profession de foi.
Je veux cependant vous dire, mes amis, après les inoubliables journées que nous venons de vivre, que rien ne pourra rompre le pacte qui nous unit»
Depuis mon débarquement sur la terre bénie de la Guyane, le cri de : « Vive la Liberté 3 » ne cesse de retentir.
Tout le programme de la bataille que nous poursuivons ensemble est là en effet :
Conquérir la liberté, nous affranchir de l’abominable dictature.
Depuis le jour que la Convention vous a donné, comme à tous les Français, le droit de vote, la Guyane a donné, dans toutes les élections, l’exemple de l’ordre et de la dignité.
Le peuple guyanais, laborieux et paisible, demande à vivre en paix sur cette terre, la plus riche du inonde. Il place au-dessus de tout le culte de son honneur eL de son indépendance.
Pour la première fois dans l’histoire de notre yie politique, nous avons vu un représentant du Gouvernement de la République débarquer à Cayenne quelques semaines avant les élections, se disan L porteur du mandat impératif suivant :
Assurer coûte que coûte, et par tous les moyens, T élection d’un candidat imposé par la Métropole, inconnu de tous.
Le Gouverneur de 3a Guyane française a convoqué tous les Maires, tous les élus, tous des fonctionnaires de la colonie.
R leur a signifié que sa volonté était d’exiger, le 11 mai, la proclamation d un candidat officiel.
LA GÜYANE
Vous avez vu tous les hauts foncGlmra aires suivre servilement les ordres de leur chef et se transformer en agents électoraux*
A cette pression , vous -avez; répondu comme des citoyens libres devaient le faire* Vous avez fait Pu n ion sacrée : oubliant toutes les querelles de partis, vous avez fait le bloc des patriotes* Il n'y a plus aujourd'hui, à la Guyane, qu'un seul parti qui réunît Pimmense majorité des électeurs :
Le parti do la Fédération Républicaine.
Vous m'avez fait Thon rieur de m’appeler et de me mettre b votre tête* Vous savez bien que je n'ai aucune ambition personnelle et que, plus que jamais, je ne désire être que l'un des serviteurs de la démocratie guyanaisc.
Aucun de nous ne poursuit un but d'intérêt personnel. Socialistes, radicaux, conservateurs, bourgeois et ouvriers, nous sommes unis pour un sou! objectif : Pa Franchissement de ce pays, menacé d'une honteuse dictature.
Dimanche, les neuf dixièmes des électeurs déposeront dans les urnes de la Guyane mi bulletin de vote au nom de Gai mot, bien que !e‘ Gouverneur de la Guyane française vous ait déclaré que, disposant de la force armée, du Président de bureau de vote de Cayenne et, par là, des urnes, il proclamera .élu îe candidat qu'il entend vous imposer et qu'aucun de vous ne connaît*
C'est ainsi qu’un régime se déshonore.
Depuis trois siècles, la Guyane a donné à fa France tout ce qu'elle possède, tous les produits de sa terre, elle lui a donné plus de quatre milliards d'or extraits de son sol. Lorsque la guerre est venue, les Guyanais ont donné généreusement leur sang.
En échange P qu'avons-nous reçu de la Métropole depuis un demi-siècle ?
Nous avons reçu le bagne, qui a marqué ce pays d’infamie, et quelques hauts fonctionnaires traversant Cayenne à la recherche d'un- avancement, prêts, comme le Gouverneur Chanel, aux pires actes de brigandage politique pour hâter cet avancement,
u La Guyane, disait M. Deschanei à l'ouverture du Congrès des Vieilles Colonies en 1910, la Guyane en quarante ans a eu quarante-sept Gouverneurs. »
Alors que les pays ci rcon voisins étalent nue merveilleuse prospérité économique, notre malheureux paya, qui contient la plus grande réserve d'or du monde, meurt de misère, comme aveugle sur un trésor.
Ouvrons ias yeux l
Ouvriers sans travail, pelâtes gens qui attendez, en vain, les moyens de gagner votre vie, que voua importe que M. Eugène Lautier, se disant candidat officiel, ^déplace à sa guise les hauts fonctionnaires et distribue b la volée des croix de la Légion d’honneur?
Voua demandez du travail et du pain.
Vous demandez, habitants des communes, que vos Eglises, qui tombent en ruines, soient restaurées. Vous demandez des prêtreë.
Catholique comme vous, vous savez que je ferai F impossible pour réaliser vos désirs*
Citoyens de Cayenne,
Présentez-vous aux urnes Dimanche'.
Le Gouverneur composera sans doute un bureau de vote illégal d’où seront exclus les conseillers municipaux pris dans Pordre du tableau, ainsi que l’ordonne la loi française.
Votez quand même.,.
Le Gouverneur, qui a fait emprisonner les meilleurs d'entre vous, qui délient comme
iV 1471
LA GUYANE
otages Jules Melkior, le héros de la Guerre, glorieux soldat dont le nom honore l'armée française; Iqui, humble pécheur; Racé, cultivateur, maire de Macouria ; Flambant, ouvrier aimé de tous ; le Gouverneur entourera de troupes la Mairie déjà encerclée de fils de fer barbelés.
Votez quand même.,*
Le Gouverneur donnera ' peut-être V ordre de vous frapper si vous approchez de la Mairie.
Votez quand même...
La Guyane ne peut pas périr*
La Liberté est immortelle.
Vive à jamais la Guyane !
Vive la liberté !
SÉNÉGAL
1 député.
MM, Dtagne . . fM,f( .
Deferre . .............. ,■ -. , . . . . .
Elu à la majorité absolue . . . . . M. Dingne.
Aux Électeurs Sénégalais.
Mes Chers Concitoyens*
Pour la troisième fois, je vais solliciter bientôt le renouvellement de mon mandat à la Chambre deÊ Députés.
Fidèle a mes engagements de 1914* j'ai toujours tendu à défendre les intérêts généraux de la Colonie, avec la nette conscience que c’est par le respect de . ceux-ci que les intérêts particuliers* à leur tour* peuvent se concilier sans dommage pour quiconque.
Mon action parlementaire, durant dix ans, s’est attachée à ne méconnaître rien de ce qui peut aider au développement* dans tous les domaines* de noire Sénégal et il la grandeur de notre commune patrie : la France.
Foncièrement attache à 1 idee de justice* j’aî toujours aspiré à voir l’intégratioa de mes compatriotes indigènes dans 1 entité française, se faire et s’affirmer pratiquement, hors de tout égoïsme* dans le respect des traditions locales et de Fin 1ère t privé des individus.
Foncièrement attaché à la grandeur d’une colonisation qu’aucune autre nation n’a su rendre si libérale ni si généreuse que la France, je puis revendiquer l’honneur de m’être fait une place largement honorable au sein du Parlement pour avoir toujours* avec la vérité, défendu l’oeuvre que constitue cette politique.
Notre domaine Colonial, longtemps méconnu, est aujourd’hui l’objet des plus -vives préoccupations.
I) aucuns, forts de 1 expérience révélatrice du temps de guerre, y voudraient voir surgir* par Feifet d une magie, d’abondantes et immédiates richesses.
D a nti es, plus avertis, pensent qu il faudra engager une dépense énorme d’énergie* de travail et d aigent, pour ensuite récolter a pleines mains les vastes ressources que les Colonies recèlent.
Mais avant tout, il faut* à mon avis* résoudre les questions qui touchent aux intérêts les plus directs de la colonisation.
Celle-ci* en elfet* n aurait point de sens et risquerait d’être sans lendemain national si* par inconscience ou égoïsme, 1 on ne s imprégnait de cette vérité que la colonisation n’est
SÉNÉGAL
vraie qu’à la condition d’être l'action solidaire et raisonnée de l'élément européen et de l'élément indigène , dans notre propre cadre français.
De l£i découle l'incessant devoir d'éduquer l’indigène pour que, de plus en plus dans sa part d’action, il aperçoive à la fois son profit personnel et ia nécessité de participer a l'accroissement de la richesse nationale.
La solution du problème de la main-d’œuvre ne consiste nullement à mettre à la disposition du capitalisme des bras serviles, mais des intelligences conscientes de l'effort à fournir.
Si, d’autre part, il est juste que la terre appartienne à ceux qui, de toutes générations, l'ont occupée* et travaillée, l’intérêt commun bien compris exige que dans toute l’Afrique Occidentale française, la constatation de cette propriété résulte, non plus d'une procédure compliquée et ignorée de F indigène, mais de formalités simples et rapides qui établissent le droit de l'intéressé et l’affirment définitivement.
Cette conception a l'avantage d'aiguiser l’intérêt personnel et de le mettre au service du développement de la richesse agricole, au Sénégal en particulier.
Avec l'enseignement j revêlant le caractère professionnel, dans sa généralité, nous préparerons les masses à une action économique profitable a tous. Quant a l’élite de nos popu- ^ la Lions, elle devra, dans un enseignement complet et approprié, avoir les moyens de partici per au progrès de la Colonie dans tous les domaines*
Ce double but, on y travaille certes, et il serait injuste de le nier. Mais, plus on y travaillera dans la réciproque confiance entre ceux qui ont charge’ d'y présider et ceux qui ne doivent profiter, c'est-à-dire entre Administration, Colons et Indigènes, plus vite nous aurons atteint aux plus larges salis (actions d'intérêt commun.
C’est à la réalisation pratique de ces idées que s'emploiera mon action si la confiance du suffrage uni verse! m’est continuée.
Ce faisant, je n'ai pas la prétention que mon effort personnel verra la solution de tous les problèmes que soulève la colonisation. Je n’ai que l'ambition, qui doit compter avec le temps et la nécessaire évolution des esprits, d’y apporter ma part humaine d'efforts en faisant tout pour faciliter la tâche de ceux qui nie suivront.
La guerre a donné à mon action la forme qui a le mieux préparé l'avenir*
Mes compatriotes, en entérinant parleur sang les lois de 1915 et de 1916, qui confirmèrent leurs droits de citoyens français, jusque-là discutés à tort d’ailleurs, ont eux-mêmes, par le plus sacré des devoirs — la défense de la Patrie — accepté tous les autres qui en découlent. Ils ont ainsi forgé l'instrument d’avenir non point à leur seul profit, mais à celui commun, tant de leurs innombrables frères non citoyens que de leurs concitoyens européens qui vivent au milieu d’eux. G*esL eu effet, dans la communauté des devoirs que s'aperçoit le mieux la solidarité des intérêts.
Par la pratique de l’entr'aide sans arrière-pensée égoïste, nous parviendrons à faire non seulement un Sénégal prospère, mais aussi une Afrique Occidentale française florissante.
C'est donc à grouper tous leurs efforts, en m Inspirant de l'intérêt national qui fut toujours mon seul guide, que je convie les électeurs de bonne foi qui sont le nombre.
A tous ceux-là, je demande de s'abstraire de sentiments mesquins, générateurs des pires luttes où les passions humaines embrument les plus honnêtes pensées et travestissent les plus droits caractères, et d'user de leur bulletin de vote pour réaliser l'oeuvre grandiose qui, plus haute que les fallacieuses compétitions ethniques, nous confondra tous dans l'amour de notre Sénégal commun* Je dis commun, parce que, s'il ne nous a pas tous vu naître sur son sol — comme moi enfant du pays — il a, du moins, permis à mes concitoyens européens d’y développer des établissements dont la prospérité doit profiter aux uns et aux autres*
Sans doute, hier nous avons lutté les uns contre les autres ; sans doute, dans l’ardeur combative des heurts — sans violences physiques, ce qui fut un bien — ces luttes ont paru
SÉNÉGAL
irrémédiablement séparer des éléments qui, cependant, ne peuvent prospérer que dans l'entente la plus loyale.
11 a suffi que, nous tournant vers la raison, plus haute que les préjugés, la vision nette de notre întérél commun se fît jour et que^l 'entente s’imposât h notre action.
Tous ceux qui veulent mettre leur volonté au service de cette action solidaire voteront donc pour moi.
Concitoyens, rien de ce qui précédé n'est en contradiction avec mon passé,
En H)i4 ma profession de foi proclamait que* ma candidature n’élait pas l'affirmation d’une politique de discorde sociale entre des éléments dont j’étais déj ^ le prisonnier volontaire par ma double situation d’enfant du pays et d'allié de famille d’européens. Aux indigènes, ma dignité — * la leur — - doit un dévouement indéfectible que mes dix années de vie politique ont largement prouvé ; aux concitoyens européens, je dois le même dévouement en reconnaissance de co que le génie de leur race, imprégné des grandes traditions de la France, a fait de moi au courant de mes cinquante-deux années d’existence.
Cette reconnaissance h la France, elle comporte des devoirs et des droits, ces derniers pour mieux pratiquer les premiers au profit de ious, et sans injustice contre qui que ce soit.
Dans la désillusion que nous laisse l’après-guerre avec les égoïsmes interalliés et la résistance aux plus légitimes réparations d’une Allemagne qui aspire à une revanche sanglante, nous avons le devoir d’unir toutes nos volontés pour que la France d’outre-mer, dont le berceau en Afrique est le Sénégal, par ses richesses comme par ses populations réunies, forme autour de la Métropole le faisceau indispensable qui aidera à consolider la paix définitive par le travail générateur du progrès de l'individu et de la collectivité.
Dans un ordre plus particulier, je continuerai à travailler énergiquement à la solution des problèmes ci -après ■
Aménagement du fleuve Sénégal dont les rives sont propres à une culture développée du coton, et fixation de la Barre ;
Construction du Chemin de fer de Louga à Matam, pour la mise en valeur intensifiée de la région du Djoloff ;
Aménagement et exploitation des ports de Dakar, Rufisque, Saint-Louis, K-aoUck et £igufnchor, sous la meilleur formule d'intérêt général ;
Construction des habitations à bon marché et h forme hygiénique, dans les quartiers * indigènes de Dakar, Rufisque et Saint-Louis ;
Adduction d'eau pour l'approvisionnement de îa ville et du port de Dakar, cette question, de la plus haute importance, exigeant une solution rapide ;
r Utilisation rationnelle de l'ïlede Corée, dont la situation privilégiée doit permettre de Taire la ville européenne de Dakar ;
Extension des surfaces ensemencée en arachides, en coton et en cultures vivrières indigènes ;
Organisation et contrôle des Sociétés indigènes de prévoyance dans l'intérêt crime équitable gérance ;
Représentation des Chambres de Commerce de la Colonie au Conseil du Gouvernement général de TA. O. F.
Amélioration des traitements et indemnités des fonctionnaires dès cadres locaux, et accès facilité h ces fonctionnaires dans les cadres généraux.
Equivalence des diplômes des instituteurs sortant de Corée ou de l'ancienne formation pour permettre leur admission dans le cadre général de l'Enseignement, à l’instar de la situation créée dans les vieilles colonies.
Développement de l’Enseignemenl primaire rendu obligatoire dans les communes de plein exercice et les communes mixtes.
Développement de f Enseignement professionnel dans les grands centres.
Ji9 1 i 7 ]
® ■ ' ’ SÉNÉGAL
Encouragement aux corps de: métiers pour l'intensification de l'apprentissage.
Enseignement vétérinaire indigène, enseignement agricole et enseignement commercial diplômés dans les grands centres.
Formation de nouvelles assemblées élues et extension progressive des formations et des droits de celles existantes.
Protection des syndicats ouvriers.
Application de la loi sur les accidents du travail appropriée au milieu.
Obligation dé l’Etat civil même aux non-citoyens.
Caractère légal et indiscuté des documents que les maires et administrateurs délivreront pour tenir lieu de justification d’état civil aux intéressés ayant droit à pensions militaires aux titres de fils, veuves, mères, pères ou grands-pères et grand’ mères dont l’âge présumé esL antérieur à l'établissement régulier de l’Etat civil dans leur domicile de naissance.
Facilités plus pratiques et moins procédurières permettant à l’indigène d’obtenir un titre définitif de propriété que l’usage consacre et que la réglementation foncière actuelle, trop souvent, lui enlève à la faveur de son ignorance.
Enfin tous les travaux prévus par le programme de mise en valeur des Colonies feront d’autant plus l’objet de mes préoccupations, que j’ai été un des membres de la Commission extraparlementaire qui les a établis pour être soumis au Parlement.
Telles sont, chers Concitoyens, les grandes lignes de mon programme sur lesquelles tout homme de bonne foi sera d accord avec moi.
Je suis persuadé que vous voudrez bien, comme en 1914 et en 1919, m apcorder votre entière confiance pour me permettre d’en poursuivre la réalisation.
Biaise DIAGNE, Dépulc Sortant, Ancien Commissaire de la République dans l’Ouest-Africain Français, Ancien Commissaire Général des Troupes Noires.
Candidat républicain indépendant.
Citoyens,
Je' fais appel à vos suffrages pour essayer d’améliorer le sort de chacun. Je veux que la devise républicaine inscrite eu lettres d’or sur tous nos édifices cesse d’être au Sénégal une vaine promesse pour devenir une réalité.
Je veux faire du titre de citoyen français, qui n’a été jusqu’ici qu’un diplôme d bon neur, une charte et une règle; je veux que tous Tes citoyens, d’où qu’ils viennent soient libres, égaux et frères, tout en respectant leurs coutumes et leurs traditions.
Je veux que tous les Français aient les mêmes droits, la naissance est un fait du basai J, à travail égal salaire égal, & même devoir meme droit. Foncièrement^publicain démocrate avant tout, je veux faire quelque chose pour ceux qui ont fait beaucoup pour moi.
Je veux être le soutien des anciens, Tara» des jeunes qui sont l’espoir d’une France qui a besoin de tous ses enfants comme tous ses enfants ont besoin d’elle.
Je veux une France non pasde -10 millions, mais de 100 millions, d’habitants où chacun: lutte et travaille avec le désir de s’élever chaque jour davantage, avec la certitude de récolter tout ce qu’il a semé. Je veux faire avec vous une France grande et libre qui n'ait a compter que sur elle-même, pour protéger son patrimoine national et scs frontières im-
SÉNÉGAL
mcnscs, mais ce rêve ne deviendra une réalité que si tous les Français savent que leur effort ne sera pas vain, que leur travail sera récompensé et qu’ils marchent unis vers une ère de prospérité, de progrès et de justice. Vive le Sénégal, partie intégrante de la France I
I* — Dans le domaine .politique.
Suppression du Conseil Colonial. Rétablissement du Conseil Général dans les conditions ou il fonctionne dans la Métropole, tout en maintenant le principe de la représentation des pays cl ts de Protectorat.
Accession à la qualité de citoyen de tous les Indigènes ayant combattu clans les armées française* ou ayant rendu à la France des services attestés par la croix de la Légion (jd’Honneur.
Représentation du Sénégal au Parlement par deux députés et un sénateur, le Sénégal ayant les mêmes droits que la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et l’Inde Française.
IL — Da n s Vo rd re a d m in is Ira (if.
Admission automatique de tous les fonctionnaires européens et indigènes détenteurs des mêmes titres professionnels à la jouissance des mêmes traitements et indemnités.
Amélioration de la situation des employés des chemins de fer avec octroidc tous les avantages qui sont actuellement accordés au personnel des autres cadres administratifs*
Développement de renseignement professionnel, facilités largement accordées à l'clémenL local au point de vue de l'attribution des Bourses scolaires.
Réorganisation et extension de l'enseignement, assimilation des diplômes délivrés par les Etablissements scolaires de la Métropole et du Sénégal, accès aux titulaires de ces diplômes des memes carrières que les titulaires des diplômes conférés parles Etablissements scolaires de même degré de la Métropole. <•
HL — Dans le domaine social el économique.
Compression des dépenses et utilisation judicieuse des impôts.
Extension et amélioration des œuvres d’assistance. Création d‘une Maternité à Saint- Louis et à Thiès.
Consolidation de la propriété foncière indigène.
Modification et refonte du Décret du 24 juillet 1906 dans le sens d’une large simplification de la procédure d'immatriculation et de la reconnaissance des droits coutumiers des indigènes.
Fixation de la Barre du Sénégal, protection des villages le Guet-N’Dar et N'ar-Toute contre les raz de marée.
Création d'une Caisse de retraites ouvrières.
Extension des pouvoirs des Chambres de Commerce. Leur assimilation aux Chambres de Commerce métropolitaines.
Amélioration immédiate de l’outillage des ports de Dakar, Rufisque et Kaolack.
Entretien et développement du réseau routier de la Colonie.
Paul DEFPERRE.
COCHINCHIM
1 député.
Inscrits....*.. . 3.486
Votante.... . 2 . 4 B t1
Majorité absolue .... î . 1&7
M. Qutroy * . .
Elu à la majorité absolue* ......... .
MM, Mmiïn.,..
Feray
1,349 (Pour mémoire le candidat protestataire.)
. . M. Ontrey.
Programme de M. Outrey, député sortant, candidat de la Gauche Républicaine démocratique.
Mes chers Concitoyens,
Le programme que je soumets aujourd'hui à votre agrément est le complément de ceux que vous mTavez confié l'honneur de soutenir, à deux reprises différentes déjà, en 1914 et en 1919. '
Je vous ai rendu compte, en son temps, do l’exécution de^ celui de 1914 et je viens, tout récemment, de i ons exposer ce que jTai fait, pour la Cochinchinc et l'Indochine tout entière, au cours de la dernière législature. Dans toute la mesure du possible, j'ai tenu les engagements pris envers vous; sont, toutefois, demeurées en suspens les questions que des circonstances indépendantes de ma volonté ont empêché jusqu'à présent d'aboutir. G est pourquoi vous les verrez figurer à nouveau dans mon programme d'aujourd'hui.
Vous savez, mes chers Concitoyens, les difficultés énormes qu'engendre f organisai ion de la paix. Ma coopération à cet effort de concorde sera, comme par le passé, a îa hase même de mon action; car feenvre dont il s'agit conditionne tout le reste et il serait vain de s'appliquer à résoudre d'autres questions avant que les nations, enfin apaisées, n’aient repris le rythme de Itfur activité normale.
Nous, Français, qui avons été éprouvés plus que quiconque, nous aspirons ardemment a cette ère de travail pacifique* D’autre part* si nous avons fait beaucoup déjà pour noire magnifique possession d'Extrême-Orient, pour notre riche et riante Cochinehine, que de choses encore restent sur le chantier et combien grande demeure notre tâche! 11 ne sera pas "trop de toute notre affection pour notre belle colonie, de toutes nos forces physiques, intellectuelles et morales, pour mener à bien pareil labeur ; mais, je sais, mes chers Concitoyens, que vous, comme moi, êtes prêts à donner sans compter, ces forces, cette affection, et vous le ferez d’autant plus volontiers qu'avec moi, vous aimez ce pays et lui conservez toute la sollicitude, toute la vigilance, dont vous avez entouré son premier essor.
COCniNCüïNE
Cœur h cœur, si vous le voulez encore, nous continuerons à travailler ensemble pour la grandeur de notre France d'Asie,
Voici mon programme. Je Fai élaboré avec soin. Toutefois; si une lacune quelconque vous apparaît, n hésitez pas à me îa signaler ; nous la comblerons aussitôt et, bien d accord sur notre ligne d'action future, nous n aurons plus-alors qu’à nous mettre ardemment au travail.
Je crois, en toute sincérité, m'être acquis, au cours des dernières législatures, des titres à votre confiance. Si vous me faites à nouveau l'honneur de m'investir de votre mandat, reposez-vous sur moi demain, comme vous 1 avez fait hier, du soin de 1 accomplir résolument, fidèlement, en y consacrant le meilleur de moi-même.
Politique intérieure de la France :
Resserrer dans le pays l'union des citoyens, union qui doit non seulement nous permettre de cueillir les fruits de notre victoire, mais aussi de réaliser le maximum de réformes sociales.
Faire la France plus libre, rendre la vie des citoyens prospère et meilleure dans une République intangible et respectée. Maintenir les lois laïques qui sont acquises, le passé républicain constituant un bloc qu i! ne faut pas laisser entamer*
Faire appel à tous les républicains dont la coopération étroite doit amener 1 adoption rapide des réformes sociales, administratives et politiques et permettra seule de résoudre leâ problèmes qui se posent devant le pays, notamment ceux, si complexes, des réparations * et de la vie chère.
L'union ne peut et ne doit se faire qu'entre républicains, à l'exclusion des partis extrêmes, N'est-eîîe d'ailleurs pas impossible tant avec ceux qui ne rêvent que le renversement de l’ordre de choses existant, pour lui substituer un pouvoir monarchique, qu avec les . adeptes des principes communistes, qui veulent bouleverser la société actuelle et jeter le pays dans le désordre eL l'anarchie !
S'opposer à ce que la République soit enfermée en des dogmes étroits et sous 1 égide de quelques chapelles dont les pontifes s'arrogent le droit de prononcer 1 exclusion contre qui-* conque refuse de s'incliner devant leur sectarisme. Rechercher, dans ce but, un terrain d'entente entre les partis républicains de différentes nuances et élaborer un programme d'ensemble susceptible do résumer la majorité des principes contenus dans leurs programmes respectifs*
Constitution d’un grand parti républicain nettement orienté à gauche, permettant d'assurer au gouvernement, issu de son sein, une majorité disciplinée, s'inspirant des intérêts supérieurs de la nation et insensible a ux cabales 'comme aux combinaisons des politiciens. Rétablissement du scrutin d'arrondissement. Droit déT vote en faveur des femmes* y '
Exiger que le Gouvernement prenne la direction des affaires avec la mission d assurer l’exécution d’un programme précis de politique extérieure et de réformes sociales déterminé, et f obligation- de suivre une politique fixée à l'avance par la majorité qui Fa porté au pouvoir. Et par voie de conséquence, qufil ne puisse être renversé que sur des questions intéressant la politique générale extérieure ou intérieure et non sur des questions d ordre secondaire, ou sur des incidents de séance. C’est là le meilleur moyen d’assurer, dans une démocratie, la stabilité gouvernementale nécessaire à la bonne gestion des affaires du pays*
Rétablir l’unité et la clarté budgétaires. ' ^ .
Poursuivre la reconstitution des régions dévastées, la restauration des routes et des voies ferrées détruites ou endommagées durant la guerre et augmenter notre matériel roulant* Réprimer sévèrement la spéculation éhontée que des Français sans scrupules ont Instaurée dans les départements éprouvés par la grande guerre* Conclure des emprunts