M. BRET
Elu au premier lourde scrutin. — 11.189 voix.
Mes chers Concitoyens,
Elu député d’IIIe-e L- Vil aine en 1924 1e premier de ma liste dans l’arrondissement de Redon, conseiller générai du canton du Sel-de- Bretagne, c’est à vous tout naturellement une le retour au scrutin d’arrondissement me fait un devoir de demander le renouvellement de la confiance que vous m’avez déjà si largement accordée.
Elu sur un programme d’union républicaine et de concorde nationale, c’est sous le même drapeau que je viens aujourd’hui solliciter vos suffrages ; inscrit pendant les quatre années de la législature au groupe de l’Union républicaine présidé par M. Louis Marin, actuellement Ministre des Pensions du Gouvernement de M. Poincaré, c'est à ce même groupe que je retournerai siéger si votre choix se porte sur mon nom.
Aucun de vous n’ignore la gravité de la situation financière qui nous a amenés en juillet 1926 au seuil de la banqueroute et que le Ministère présidé par M. Poincaré que j’ai constamment soutenu de mes voles, a redressée aux prix de courageux efforts ; à l’heure actuelle, c estencore la rétablissement de nos finances qui doit dominer nos préoccupations, mais cette œuvre ne pourra être poursuivie avec succès que dans la paix extérieure et intérieure et par l’union de tous les Français dans une atmosphère de confiance, de liberté et de justice.
Défense do l’épargne :
Contre les socialistes, partisans de la révolution et destructeurs de la propriété, je serai le défenseur de l’ordre et de l’épargne.
Libertés religieuses :
Co.ntre le Gartel sectaire et antireligieux, je soutiendrai les libertés religieuses, liberté d association et liberté d'enseignement, considérant comme indigne d’un pays libre que des mesures d’exception viennent priver ceux qui portent l’habit religieux des libertés accordées à tous les autres citoyens de ce pays.
Conti c les démagogues qui gaspillent les deniers publics en dépenses inutiles, je demanerai qu avant d accabler les contribuables sous le poids écrasant des impôts, l’Etat pratique une politique d’économies et de sagesse; je ne volerai aucune dépense nouvelle sans qu’une économie correspondante ait été réalisée et je m’opposerai au vote de tout impôt nouveau.
Réfection des chemins :
Les excédents budgetaires, s il y en a, seront utilement employés à la réfection des routes et des chemins.
Impôts :
Notre régime fiscal tracassler et inquisitorial doit être modifié en particulier en ce qui concerne l’impôt sur le chiffre d'affaires dont le Parlement aura à étudier îa transformation; les injustices auxquelles donne lien la perception de l’impôt sur les bénéfices agricoles devront également être corrigées.
Amélioration de Pou tillage national :
Convaincu que l'intérêt des industriels et des commerçants aussi bien que celui des consommateurs exige une amélioration de notre outillage national; je m'associerai à tous les efforts qui seront faits dans ce sens.
Agriculture :
L'agriculture, qui est une des principales sources de richesse de notre pays, a le droit d’exiger une protection douanière au même titre que celle accordée à l'industrie^ ainsi que la liberté d’exportation et la suppression des droits de sortie. La prochaine Chambre aura, d’autre part, le devoir de modifier la loi sur les baux à ferme, de façon à accorder aux fermiers les mêmes droits qu’aux propriétaires ; dans le même ordre d’idées, je trouve juste quune indemnité soit allouée au fermier sortant qui aura apporté à la propriété une amélioration durable, et j'ai voté à la séance de la Chambre du 17 mars 1928 la proposition de loi déposée dans ce sens.
Lois sociales :
La lutte contre la mortalité, surtau t la mortalité infantile, l'accession de tous à la propriété par les facilités de crédit, la construction des habitations à bon marché solliciteront également mon attention.
Protection de la famille :
Partisan de tontes les Initiatives susceptibles de protéger la famille, notamment du vote familial, je désire, dans tonte la mesure compatible avec les nécessités budgétaires, voir augmenter les avantages accordés aux familles nombreuses.
Anciens combattants:
Les anciens combattants, les anciens prisonniers de guerre ont droit à notre particuière gratitude ; je resterai pour eux l’ami que j’ai été pendant la durée de mon mandat et je consacrerai à la défense de leurs justes revendications le meilleur de mon activité et démon dévouement.
Politique extérieure :
Toutes les mesures qui pourront être prises pour empêcher la guerre, doivent être encouragées, en particulier Faction de la Société des Nations et la généralisation de l’arbitrage international pour éviter les conflits entre les peuples.
Voilà mes chers Concitoyens, les grandes lignes du programme que je soumets à votre approbation et que je m’efforcerai de réaliser si, comme j’en ai la ferme conviction, vous trouvez que je n ai pas démérité et que je suis digue de rester votre élu.
Vive la République dans l’ordre, la paix et la liberté !
Georges BRET
^ Docteur en droit.
Conseiller générât. — Député sur tant.
circonscription de RENNES.
M. PINAÜLT
Elu au deuxième tour de scrutin. — 9.215 voix.
Électeurs l \
Je vous donne mon programme par un exposé précis et positif. Si votre choix se porte sur moi, il sera 1 objet de mon travail quotidien et des efforts que je serai heureux de faire pour vous.
Vous avez suivi ces dernières années les erreurs du Cartel et vous avez été effrayés du danger où il a failli nous précipiter. La France a pu se ressaisir. Néanmoins, k leçon reste et nous permettra d'agir de façon à repousser à jamais la banqueroute et tous les désordres qui raccompagnent.
Je vous parlerai d'abord delà politique intérieure, puis j envisagerai la politique extérieure. Ensuite j'aborderai les questions sociales et les questions rurales.
Politique intérieure :
Les efforts doivent tendre vers 1 amélioration de la vie morale et matérielle de tous les Français et ne pas se perdre dans les discussions stériles et desséchantes des partis.
Je veux la liberté de renseignement; le père de famille a le devoir et par conséquent !e droit, de donner à ses enfants renseignement qu'il juge le meilleur, car décote doit être l'auxiliaire de la famille.
Je demande la liberté d’association. Ceux qui veulent se grouper et coordonner leurs efforts en vue d'un but moral et désintéressé doivent être libres.
Je suis partisan du vote familial.
En fait de réformes administratives, j'estime qu'on doit tendre vers Ja décentralisation, c’est-à-dire reporter sur les conseils de la région une partie des attributions exercées par les bureaux ministériels.
Je suis partisan du statut des fonctionnaires de façon à éviter tout conflit.
En matière financière, j’approuve la direction du gouvernement Poincaré. L'amortissement doit etre poussé très activement. Il est à désirer cependant que certains impôts soient redmLs, dans la mesure du possible, parce que leur incidence nuit à J a vie économique. Certains modes de perception, tels que celui qui existe pour le chiffre d'affaires, doivent être améliorés.
Politique extérieure :
À la Chambre, j étais inscrit au groupe des républicains progressistes. J'ai tenu à faire également partie du groupe de l’arbitrage international. C'est vous dire que j'ai toujours été un ardent pacifiste. J ai la conviction qu une paix durable comportant une réduction considérable c^es armements et 1 arbitrage obligatoire ne pourra être assurée que par une Société des jN ations fortement organisée, disposant de sanctions efficaces et s'ouvrant à tous les Etats sincèrement pacifiques. Les nations doivent avoir des relations juridiques du même ordre que celles existant entre les individus,
La Société dés Nations apparaît comme le terme logique de l'évolution des sociétés humaines. Les individus, dit un éminent démocrate^ se sont d’abord constitués en familles, puis en tribus, puis en cités, puis en provinces, puis en nations. Le moment est venu pour ces dernières de s’organiser en société. Cette société doit assurer la sécurité de chaque
mtïoïi Mais la plus sure garantie de la paix doit être recherchée dans une évolution favorable de l’opinion publique des divers pays.
J'estime que notre politique étrangère doit être inspirée des idées de justice et de paix que la France incarne dans le monde.
Questions sociales :
Je considère que la lutte des classes est contraire à la nature des hommes, qui' ont été créés pour se soutenir et s’aimer les uns les autres. Il doit y avoir dans 1* ordre social une évolution réformatrice et une collaboration sincère des éléments de la production, capita et travail.
Pour réaliser ce progrès, il faut une réglementation légale du travail, la prévoyance de r invalidité, du chômage et de la vieillesse, la lutte contre l'alcoolisme, la tuberculose et la débauche, la protection des familles nombreuses, le développement des habitations à bon marché et des jardins ouvriers
Je suis partisan d’une organisation syndicale à caractère nettement professionnel, du développement de la corporation, des conventions collectives du travail.
Tout Français doit pouvoir atteindre à la propriété et au capital par le travail, l’épargne, le crédit et les facilités que donne l'actionnariat du travail, b actionnariat syndical et la participation du personnel aux bénéfices.
Je suis partisan de la représentation de tous les intérêts des professionnels et des consommateurs dans des conseils régionaux qui pourraient avoir une grande valeur consultative.
Chaque enfant, quelle que soit la situation de ses parents, doit pouvoir, s’il est intelligent et travailleur, continuer ses études, A cet efFet, les concours de bourses doivent avoir dans chaque commune une plus grande publicité. Les programmes doivent Être identiques dans les écoles primaires et dans les basses classes des lycées, afin de faciliter l’accès des études secondaires. Les efforts doivent se porter sur F augmentation des bourses d externa et d’internat, de façon à ce que l’accès des grandes écoles soiL possible pour toutes les intelligences d’élite.
Un office national des bourses serait désirable. 11 pourrait les augmenter suivant les possibilités des finances de FËtafc et leur assurer une répartition judicieuse,
f[ est à désirer que les écoles d’apprentissage se multiplient, qu’elles soient encouragées et que leur direction soit confiée à des hommes de métier.
Questions rurales :
II faut développer les organisations agricoles, lutter contre la désertion des campagnes, favoriser l’accession à la propriété agricole, l’amélioration des conditions d existence des salariés agricoles (repos hebdomadaire, hygiène du logement, du couchage, sursalaire familial), développer le bien de famille insaisissable, exempt d’impôts, introduire dans le Code civil le principe de la plus-value agricole.
L’exposé de ce programme vous montre mon désir de réunir tous les honnêtes gens dans un même but : l'amélioration dé chacun pour le bien-être commun et îa paix à 1 intérieur comme à F extérieur.
Vive la République
Étienne FINAL! LT
Chevalier de la Légion d'honneur.
Conseiller général du canton N. -O. de Rennes.
Maire de Pacé,
Vice-président de V Office départemental des habitations k hoû marché. Président de la Caisse locale des crédits agricoles.
Membre du Conseil de famille des enfante aamstés.
2* circonscription de RENNES,
M. GÜËRAULT
Elu au deuxième tour de scrutin. — 10.025 voix.
Mes chers Concitoyens,
Conseiller général du canton de Châteaugiron, par conséquent déjà nn élu de votre circonscription, je nie présente à vos suffrages aux élections législatives.
Ni à Château giron, je suis des vôtres et si j’aspire à défendre vos intérêts au Parle, ment, c’est que je les connais bien*
Ayant quitté 1 école à 13 ans, j?ai du, pour aider ma mère, restée veuve avec quatre enfants, me mettre au travail de bonne heure. J'ai connu de dures années et quand, parvenu a me faire une situation, j’ai pu regarder l’avenir avec confiance, je n’ai oublié ni ces années de labeur, ni ceux auprès desquels je les ai vécues.
Ma fierté est de pouvoir dire que si j’ai acquis une fortune, je l’ai Tait sans exploiter ni les petits, ni les humbles, ni les cultivateurs, ni les ouvriers.
Aujourd hui, ma seule ambition est de consacrer mes loisirs à mes concitoyens; et cela parce que je puis le faire sans être distrait par des préoccupations personnelles.
Je ne recherche pas un mandat de députe pour me créer une situation ou pour les honneurs, assez vains d’ailleurs, qui y sont attachés ; mais pour me permettre de développer <1 une manière plus effective: encore les services que je puis rendre a ce coin de terre où je suis ne et que j’aime profondément.
Mon programme ne contiendra pas beaucoup de promesses ; je suis davantage l’homme es actes que des écrits ou des discours. Mais ce que je puis dire, c’est que je me consacrerai tout entier à mon mandat et que, chaque fois qu’une question se posera devant moi je la résoudrai dans le sens de la justice et de l’équité.
Mon
Républicain de gauche, indépendant, j’estime qu’à l’heure actuelle tout doit converti
pour faire echec aux partis extrêmes qui ne songent qu’à troubler l’ordre au profit d’intérêts particuliers.
Je suis partisan de la poliLique si bien définie, dans ses discours de Bordeaux et dé Carcassonne, parM. Poincaré, politique d’union et de concorde républicaine.
Les buts que poursuit M. Poincaré et que j’entends poursuivre également ne seront
a teints que par . union, la fidélité et l’attachement que nous avons aux institutions républicames. 1 r
Je veux :
La liberté pour tous danî le respect des bis ;
La liberté de conscience absolue ;
La liberté d’enseignemcnL
Garanties par les lois de laïcité qui proclament l’indépendance de l’Etat un côté, de
Irréligion de I autre, indépendance; que je veux toujours voir sauvegardée, n’étant ni anliclérical, ni antireligieux*
Etant partisan de la liberté d’enseignement, je suis doue contre l'école unique en tant celle^ci serait une entrave à la liberté du père de famille d'envoyer ses enfants à l'école son choix ; mais j’entends que pauvres comme riches puissent recevoir l'instruction h tous les degrés : primaire, secondaire ou supérieur, suivant leurs aptitudes.
Pour les travailleurs :
Je suis nettement partisan de la suppression de la lutte des classes par la collaboration du capital et du travail, c'est-ù-dire entente loyale entre patrons et ouvriers. Le travail et le salaire doivent être protégés. Les relations entre les employeurs et les employés doivent être cordiales eL la dignité des uns eL des autres doit être respectée par tous.
J’estime que les groupements professionnels doivent être encourages ; c’est dans le cadre de la profession que tous les travailleurs, ouvriers, patrons, agriculteurs, commerçants, peuvent mieux défendre leurs intérêts et faire valoir leurs justes revendications.
J'entends que soient développées les œuvres de mutualité auxquelles je me suis intéressé longtemps avant de songer à être candidat.
Je veux m’intéresser à toutes les sociétés de bienfaisance, de sports, d'art, étant d’ailleurs membre de la plupart des sociétés existantes et fondateur de quelques-unes comme, par exemple, celle des enfants d’IUe-et-Vilaine qui groupe plusieurs centaines de membres actifs.
Pour les agriculteurs ;
Conseiller général d’un canton essentiellement agricole, je connais les revendications des agriculteurs. Ceux qui m'ont déjà accordé leur confiance savent qu’ils peuvent compter sur mon concours le plus absolu.
L’électrification des campagnes, dont je suis le promoteur en Ille-et-Vilaine, doit être activement poussée. Je m’emploierai, même en prenant une part très active et personnelle, à la réalisation de cette idée.
Aujourd'hui, la question dominante dans les revendications des cultivateurs, est la réglementation de la plus-value. Puisque la moins-vaiue existe, la plus-value doit exister aussi. C’est une question de simple justice ; je suis donc prêta la défendre.
Les lois de protection de l 'agriculture retiendront d’ailleurs toute mon attention ; et je me tiendrai en relations constantes avec les associations agricoles et avec les maires de toutes les communes rurales pour être tenu régulièrement au courant des légitimes revendications des agriculteurs,
La loi sur les assurances sociales vient d’être votée ; c est un bien ; niais, en ce qui concerne son application à V agriculture, il y a lieu de la reviser, ce que je note dès à présent.
Pour les commerçants et industriels :
Le commerce et l’industrie, de même que l'agriculture, doivent travailler dans là sécurité pour être à même de remplir leur rôle de facteurs producteurs de richesse et de prospérité dans la nation.
Une politique d'économie, réclamée à juste titre, par les commerçants et les industriels est également nécessaire, et j'entends bien, en ce qui concerne le commerce et 1 industrie, m’inspirer des désirs exprimés par les unions, les associations, les fédérations commerciales et industrielles.
Pas de brimades, pas de vexations inutiles ■ simplement la justice pour tous.
Au reste, commerçants et industriels peuvent me faire confiance puisque, dans ma profession, j’ai eu l'honneur d'être choisi par 1,200 commerçants parisiens comme président de leur chambre syndicale.
Politique financière :
Tout le monde sait qu'il faut des impôts, et ceux qui promettraient de îes supprimer seraient des inconscients. Mais un aménagement nouveau des charges fiscales peut et doit être envisagé. Chacun doit payer suivant ses ressources, mais les uns ne doivent pas pav pour les autres, * ^er
Pour tous les citoyens :
J’entends déclarer nettoment que je suis partisan et que je serai, au besoin, Je défenseur de la propriété individuelle sans laquelle la Nation n’existerait pas. Il est légitime qu' celui qui, par sou travail et ses économies, a acquis un bien puisse le posséder librement et en disposer comme il lui plaît.
C'est le droit du père de famille de songer à l’avenir de ses enfants, comme c’est son devoir d’élever ces mêmes enfants ainsi qu'il le désire et de leur donner l'instruction de son choix.
Il ne suffit pas de reconnaître des droits au père de famille, il importe aussi de protéger îes familles nombreuses.
Il faut également protéger l’enfance malheureuse et abandonnée ; permettre aux plus pauvres et leur en donner les moyens — de développer leurs qualités et leur intelligence
Pour les artisans :
Les petits artisans doivent être protégés et encouragés ; tout ce qui touche à la profession doit retenir l’attention des pouvoirs publics.
Pour les anciens combattants :
Il n’est personne qui puisse contester les droits des anciens combattants ; leurs légitimes revendications doivent être étudiées sans délai aussitôt présentées par leurs associations.
Plus de bien-être pour tous :
Enfin, je désire que 1 aide la plus large soit apportée aux déshérités de la vie, voulant appliquer dans la vie publique ce principe qui fait que, dans la vie privée, le malheur est pour moi une recommandation suffisante pour ne pas demander à ceux qui souffrent et qu’il faut secourir : a Qui êtes-vous? D’où êtes-vous? Que pensez-vous?... »
Et je résumerai tout mon programme dans une seule phrase : Partout et au-dessus de tout, je veux une politique d’ordre, de bon sens, de concorde, de large fraternité sociale, pour faire naître dans le pays plus de prospérité et plus de bien-être pour tous les citoyens.
F. GUÉRAULT
Conseiller général de Château giron.
Républicain de gauche indépendant.
Candidat dTüuion et de concorde républicaine*
ln circonscription de SAINT-MALO,