‹ Programmes, professions de foi et engagements électoraux de 1928Chapitre 121 sur 336 · IV. — Au point de vue extérieur · texte numérisé non relu

IV. — Au point de vue extérieur

C est encore à 1 homme de Locarno que j'entends emprunter les directives de nia politique extérieure. Comme lui, derrière lui, disciple de la première beure^ mêlé à la foule de ceux que le prestige de son action pour la réconciliation des peuples a maintenant subjugués, je combattrai pour la paix du monde.

Mais je suis de ceux qui ne veulent pas d'une paix de « qui vive ? », Je veux une paix solide qui nous permette de diminuer sans péril le lourd fardeau de la défense nationale,

J ai confiance dans la Société des Nations, dont l'autorité doit être renforcée, et quiT malgré les difficultés sans nombre, fait de ia paix une création continue. Mais j’estime que

nous ne devons renoncer aux garanties territoriales de sécurité que dans la mesure où nous seront fournies des garanties internationales au moins équivalentes.

Si vous me jugez digne de vous représenter au Parlement, je mettrai au service de vos intérêts comme de ceux de notre pays toute mon activité. Je prends à voire égard rengagement d'honneur de rester en contact permanent avec vous* de me rendre plusieurs fois par an dans toutes vos communes pour vous consulter sur vos besoins et vos préoccupations. Je ferai, en outre, dans chaque chef-lieu de canton, un compte rendu annuel de mandat. J'ajoute qu’a près le succès, j’entends être, pour tous mes concitoyens, non seulement leur représentant, mais leur ami.

Vive la deuxième circonscription de Saint-Malo !

Vive la République !

Guy LA CHAMBRE

Circonscription de VÎTKÉ*

M. RELLANGER

Élu au deuxième tour de scrutin, ~ 8,518 voix.

Chers Concitoyens,

J'ai l’honneur de solliciter vos suffrages pour Pèle c lion législative du 22 avril.

Comme vous, enfant de la Bretagne, fils et petit-fils de Bretons, habitant le pays do Vitré depuis de nombreuses années, j’ai pensé qu'il me serait possible de défendre efficacement les intérêts de notre bel arrondissement, trop délaissés jusqu’ici, et de servir, en même temps, 1 intérêt général de la nation.

Ce n'est pas, d'ailleurs, sans y avoir très sérieusement réfléchi et sans avoir consulté ceux d’entre vous qui, très nombreux, m’honorent de leur amitié, que je me suis décidé à affronter la bataille électorale.

Je prévoyais, en effet, les objections que ne manqueraient pas de m'opposer les esprits sceptiques el les âmes découragées. Je savais que, depuis longtemps, la majorité des électeurs de l'arrondissement ont été habitués à voter pour des royalistes sous prétexte qu'ils étaient les seuls capables, affirmaient leurs partisans, d'assurer le respect de vos croyances et de vos traditions.

Cette raison ne m'a pas convaincu.

Catholique sincère, en même temps que très ferme républicain, je suis au contraire persuadé que mes convictions personnelles correspondent à vos propres sentiments, aussi bien à la vilie qu'à la campagne.

Vous ne voulez pas que Bon attente aux droits sacrés de la conscience religieuse : moi non plus.,. Mais vous ne voulez pas davantage, dans ce pays où l'idée républicaine s'est peu à peu si profondément enracinée que l'on puisse essayer, même par des moyens obliques, den arrêter le développement* Sur ce point encore, nous sommes faits pour nous entendre*

Me reprochera ’t-on, d'autre part, de m'être tenu jusqu'ici à l'écart des luttes politiques, tandis que l'honorable M* Ru pie cl, mon adversaire, s'y est déjà dépensé depuis qu’il s'es fait élire conseiller général sous le patronage de la droite et des monarchistes?

Q'r'Jiér

'est adressé, je répondrai qu'assurément je ne sois pas un politicien depuis longtemps, les grandes affaires industrielles auxquelles j’aj consacré ma vie m'ont mis en rapports suivis avec les pouvoirs publics et les hommes d’Etat qui ont assumé la charge de nous diriger* Ayant eu l’honneur et la lourde responsabilité de commander plusieurs milliers d’ouvriers, d’assurer leur existence et celle de leurs familles et de faire prospérer avec leur concours les entreprises qui m'étaient confiées, je crois être

en mesure, grâce à l'expérience que j'ai acquise, de collaborer, aussi bien que n'importe

cfue! notaire, quelque accompli qu’il puisse être, à la gestion morale, économique et financière de celte vaste entreprise qui s'appelle la Maison française.

J’ose ajouter, enfin, que je ne suis pas étranger aux choses de l'agriculture. Les succès que j'ai pu remporter dans divers concours d'élevage en sont la preuve.

Telles sont les raisons, mes chers Concitoyens, que je pense invoquer pour justifier ma décision d'entrer dans la lutte et dJy porter le drapeau de la République et de la liberté*

Si ce reproche i professionnel. Mais

La défense de nos libertés.

Électeurs,

Je vous dois maintenant de préciser en toute loyauté et netteté le programme que je défendrai, si vous m'accordez vos suffrages.

Républicain de cœur et de raison, j'estime qu'à l'heure actuelle, la République et la patrie se confondent : servir l’une, c’est servir l’autre C’est dire que je n'admettrai aucune attaque contre les institutions que 3e pays s'est librement données et que, le cas échéant, je les défendrai avec la dernière énergie.

Parce que républicain, je suis partisan de toutes les libertés : liberté de conscience, liberté de la parole et de la presse, liberté d’association, liberté d'enseignement, liberté syndicale.

La liberté de conscience est, à mes yeux comme aux vôtres, la plus sainte et la plus précieuse de toutes. Sans doute, en présence des multiples opinions et croyances entre lesquelles,, dans la France d’aujourd’hui, se partage l’esprit public, les Gouvememenla doivent-ils observer h l9 égard Je chacune d'elles la plus stricte impartialité, ce qui revient à dire que sous peine de troubler la paix religieuse en usurpant sur un terrain qui n’est pas de son ressort, l’Etat doit être et demeurer laïque. Mais cette « laïcité *> ne doit jamais prendre la forme d’une lutte indirecte et sournoise contre les croyances. Bien au contraire,

1 Etat, s'il comprend exactement son rôle, devra respecter et protéger toutes les sources d’énergie morale et spirituelle où les citoyens vont puiser la force de se dévouer aux grands intérêts de la patrie, de leurs semblables et de l'humanité.

La liberté de la parole et de la presse tiennent au coeur de tous les Français, Nous sommes contre toute mesuré qui tendrait à réduire ces libertés, sauf le cas où la sécurité de la nation serait en jeu,

La liberté d'association est inscrite dans nos lois.

Une exception est faite, cependant, au détriment d'une catégorie de citoyens. Cette exception est contraire â la justice et à l’égalité. Avec les républicains les plus authentiques et conformément à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, je demande, en matière d'association, le droit commun pour tous.

La liberté d’enseignement doit être sauvegardée. Pas de monopole. C’est d'ailleurs Fav;s de la plupart des grands universitaires. Tout citoyen, quel qu'il soit, doit avoir la faculté d enseigner soiL à l'école publique, soit à l'école privée* du moment qu’il est pourvu des diplômes requis. Les lois d’exception sont la négation de l’idéal républicain,

La liberté d'enseignement ne se conçoit pas, est- U besoin de l'ajouter, sans la liberté pour les pères de famille d'envoyer leurs enfants à l'école de leur choix.

Les maîtres, auxquels je tiens à rendre ici l'hommage qui leur est dû — maîtres de 1 école publique ou de l’école privée — ont une haute mission à remplir. Pour s’en acquitter

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il faut qu’ils puissent travailler en paix, Je désire ardemment la « paix de l’école » appelant de tous mes vœux la Un des polémiques qui enveniment les relations entre des hommes faits pour s'entendre et s’estimer puisqu’ils poursuivent le môme but : former de bons citoyens.

La liberté syndicale doit être maintenue, non seulement pour les travailleurs qui ne sauraient désormais s’en passer ; mais au profit de tous les citoyens à qui il conviendrait d'utiliser cette forme nouvelle d’organisation pour la défense de leurs intérêts.

Je ne vois aucun inconvénient a accorder cette liberté aux fonctionnaires, à la condition, cela va de soi, que dans le statut spécial actuellement en élaboration, et Jes concernant, il soit prévu qu’eu aucun cas, la nation, toujours souveraine, n’aura à souffrir de l’exercice de cette liberté.

Le travail à faire.

Messieurs les Electeurs, vous savez maintenant ce que je suis et ce que je pense.

Le terrain des idées déblayé, j’en viens à la partie de mon programme qui concerne les réalités immédiates de l’heure présente.

La question financière esL le problème capital d’aujourd’hui et de demain. Tant que ce problème n’aura pas été résolu, notre pays ne pourra retrouver son bel équilibre d’avant la guerre et notre vie quotidienne k tous en sera affectée.

Au mois de juillet 1926, nous avons côtoyé l'abîme, Notre franc valait, moins de deux sous. Quelques jours de plus de la triste politique que nous faisions alors et la France était en pleine faillite. Chacun de nous était ruiné. Par bonheur, un homme a surgi qui avait déjà rendu de grands services à son pays, et qui, cetfe fois encore, l'a sauvé. Grâce à M. Poincaré, ancien Président de la République, actuellement Président du Conseil et Ministre des Finsnces, notre situation financière s est remarquablement améliorée, notre situation financière s’est remarquablement améliorée, notre franc et nos valeurs d’Etat se sont revalorisés, la confiance est revenue. Tout fait prévoir qu’à la période do convalescence dans laquelle nous sommes entrés, succédera dans quelque temps la guérison complète.

Ce résultat ne saurait être atteint, cependant, sans la stabilité gouvernementale. Pour parfaire son oeuvre, M, Poincaré a besoin d'une majorité compacte et qui le soutienne fidèlement. Je m'engage à faire partie de cette majorité, si vous me fai Les l'honneur de m’élire.

Les impôts do toutes sortes ont du être considérablemens augmentés afin de permettre le redressement financier. Beaucoup de citoyens : industriels, commerçants, petits artisans, cultivateurs, travailleurs de toutes catégories sentent durement le poids des impôts. Dans son discours du 25 mars à Bordeaux, M. Poincaré a annoncé son intention de re viser prochainement les Lards, Inutile de vous dire que je m’emploierai de toutes mes forces et dans la mesure de mes moyens à lui faciliter sa tâche.

La question sociale,

La question sociale et, d’une manière générale, l'aménagement de la société de façon h améliorer au maximum les conditions de vie de chaque citoyen a toujours été l’une de mes principales préoccupations. Je suis un partisan résolu des assurances sociales que la Chambre des Députés et le Sénat ont votées ces temps, derniers et qui garantiront les travailleurs de la ville et des champs contre les risques de maladie, d accident, d’invalidité et de vieillesse. Quoi qui! arrive désormais, il faut que ces travailleurs puissent vivre en paix, assurés de ne pas etre réduits à la mendicité par suite des aléas de l’existence et de ne pas aller mourir k 1 hôpital. L application de cette loi devra d’ailleurs se faire en accord absolu avec les organisations représentant les parties intéressées ; groupements d’ouvriers, d'employés, syndicats agricoles, syndicats médicaux, etc., et, en aucun cas, elle ne devra constituer pour hagriculture et le petit commerce une nouvelle charge.

Les réformes à réaliser.

! Mais, en dehors de la garantie des risques de l’existence, il y a quantité d'autres réformes dont je poursuivrai la réalisation*' Je les indique d’un mot seulement, la place me manquant pour en faire un exposé complet.

« Anciens combattants, vous aves des droits sur la nation », a dit M. Clemenceau. Vos revendications sont sacrées. Je n’aurai de repos que lorsqu’elles auront été satisfaites. C’est dire que j’accepte intégralement le cahier de revendications établi par le congrès deda <i France meurtrie i> a Versailles.

Protection de la famille par une législation appropriée : dégrèvements fiscaux, allocation nationale à partir du troisième enfant, sursalaire familial.

Habitations à bon marché. — A la ville comme a la campagne, il faut tendre de plus en plus a donner k chaque famille une maison et un jardin. Par les sociétés de crédit immobilier et d'habitations à bon marché, il est facile d’atteindre ce résultat, qui permettra de lutter avec efficacité contre ces fléaux sociaux, l'alcoolisme et la tuberculose*

Les questions rurales.

Mon programme rural est simple et clair : par l'application du progrès scientifique, je veux transiormer la vie à la campagne. Déjà les populations des communes que j'ai eu le plaisir de visiter savent que je ne me contenLe pas de promesses ou de phrases creuses. Je montre par des faits que tout ce dont je parle est réalisable. Grâce à l’électricité qui apportera dans nos villages la force et la lumière, ce sont non seulement les durs travaux qui deviennent moins difficiles ; mais aussi les distractions honnêtes et légitimes de toutes sortes qui sont mises à ta disposition de tous, donnent de ranimation et de la vie à nos viüagesF favorisent le commerce et retiennent au loyer natal les jeunes générations.

Les revendications des travailleurs de la terre seront au premier plan de mes préoccupations, Parmi ces revendications, je m’attacherai d’une manière particulière à faire aboutir les suivantes :

La liberté syndicale des paysans;

Le droit pour les syndicats de représenter les professionnels de la culture ;

L'égalité de droit et de traitement pour les différentes organisations syndicales ;

L’institution de la conciliation et de l'arbitrage dans I’ agriculture, comme èela existe dans le commerce et dans l'industrie ;

L'indemnité de plus-value au fermier sortant est une chose juste. La Chambre en a déjà consacré le principe. Il importe que le Sénat achève d'en faire une obligation légale;

Légalité fiscale par l’évaluation des bénéfices agricoles sur une base moins arbitraire, en tenant compte, notamment, du travail des membres de la famille ;

La suppression de la taxe d'abatage sur les animaux accidentés ;

Les chemins ruraux créés, entretenus et améliorés en y affectant par priorité les journées de prestation des usagers.

Lu réforme administrative *

Les décrets pris par le Gouvernement et qui ont supprimé certains organismes administratifs aux chefs-lieux des arrondissements ne sont pas définitifs. Ils doivent venir en discussion devant le Parlement. Dans la mesure où il sera possible d'obtenir pour la ville de Vitré le retour de ces organismes, je m'emploierai à obtenir ce résultat, afin de lui redonner, notamment, son activité économique.

Commerçants et artisans.

La loi actuelle refuse aux commerçants un abattement à la base en ce qui «on cerne la taxe sur leurs bénéfices. La loi n’admet pas que le commerçant opère sur ses bénéfices une déduction représentant le salaire des membres de sa famille qui travaillent avec lui.

Ce régime est injuste.

Je propose une exonération totale d'impôts jusqu'à 7.000 francs de bénéfices et une exonération partielle de 7. 000 à 50. 000 francs.

Je propose qu'une loi permette la déduction sur les mêmes bénéfices des sommes représentant le salaire des membres de la famille du commerçant qui travaillent avec lui.

La paix .

Toutes ccs réformes, évidemment, ne peuvent être réalisées que dans la paix. Il faut que la France puisse, en tou Le quiétude, se livrer à ce travail de reconstruction d où doit découler la prospérité générale.

Quand les révolutionnaires crient : « A bas J a guerre I r, ils voudraient taire croire qu’ils sont les seuls à condamner les hécatombes humaines. Beaucoup plus qu’eux, les républicains sont les ennemis de la guerre. Ennemis de toutes guerres, aussi bien de la guerre de conquête que de la guerre civile, plus terrible encore,

y adhère donc de tout cœur à la politique de paix pratiquée par le Gouvernement de M, Poincaré et son Ministre des Affaires étrangères, M. Aristide Briand. Il importe de fortifier de plus en plus F influence de la Société des Nations, de renforcer ses moyens d'action, notamment par la création d’un organisme militaire international et d'obliger les Etats à recourir, en cas de menace et de conflit, à la conciliation et à l’arbitrage.

Aussitôt que l'organisation militaire internationale sera suffisamment puissante pour garantir la paix aux nations faisant partie de la Société des Nations, les pays comme la France s’achemineront vers la réduction de la durée du service militaire qui, dès maintenant, de l’avis même de nos maréchaux et généraux, pourrait être ramené à un an.

Paix à l’intérieur du pays par la paix religieuse, la paix à l'école, la paix sociale.

Paix à Y extérieur par une entente et une collaboration loyales entre les nations.

Messieurs les Electeurs, vous connaissez maintenant les grandes lignes de mon programme. Si, sur certains points, vous désirez des précisions, je suis prêt à vous les fournir, soit à l’occasion des conférences que je compte faire dans le plus grand nombre possible de communes, soit dans des conversations particulières’ quand j’aurai le plaisir de vous rencontrer.

Mon programme, vous l'avez constaté, est celui d'un républicain sincère, respectueux de toutes les libertés, et aussi éloigné des doctrines révolutionnaires de l'extrême gauche que des théories réactionnaires de l'extrême droite. Je me plais à espérer qu'il aura votre agrément et que, le 22 avril prochain, vous le ferez triompher en votant en masse pour celui qui le soumet à vos suffrages et qui crie avec vous : -

Robert BELLANGER

Officier de la Légion d’honnenr.

I ü gé n ïeur-ctm a tructeu r f Propriétaire-éleveur au Ta cil -de- B rota g ne* Caudidat républicain.

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