M. HYMANS
Elu au deuxième tour de scrutin. — 7,663 voix.
Mon cher concitoyen,
Chargé par la Fédération de Tïndre de présenter à votre suffrage ma candidature socialiste, je ne vous ferai aucune promesse.
Les difficultés, héritage de la guerre, aggravées par les erreurs et les faiblesses des Gouvernements successifs, sont si lourdes, qu’U est impossible de promettre avec la certitude de tenir ; promettre serait pure démagogie.
Mais je m'engage, et mes efforts passés en sont garants, à remplir mon mandat honnêtement et loyalement, conscient de mes responsabilités,
Vous n'aurez pas dans les Commissions parlementaires de représentant plus assidu : le mandat de député n'est pas pour moi un simple titre honorifique, mais une fonction publique à remplir activement et tous les jours.
Pas d’équivoque d’ailleurs sur Faction que je mènerai au Parlement. Je voterai toutes les mesures tendant à libérer et à décharger le travail écrasé aujourd'hui d'impôts.
Les charges sont lourdes, mais il est nécessaire que le poids en soit mieux réparti ; ceux qui bénéficient des satisfactions de la fortune et des gros revenus doivent supporter proportionnellement une part beaucoup plus forte des charges de l'Etat.
Frapper le travail et le petit revenu est aller d’ailleurs contre l'intérêt général. La faculté de consommation de la masse se trouve diminuée : la production ne peut plus écouler ses produits, c'est alors la crise économique avec toutes ses conséquences.
Je veillerai à ce que cet argent soit dépensé avec économie pour des buts utiles, concourant à améliorer et à faciliter la production.
Mes eflorts tendront, en pourchassant le parasite improductif à assurer à chacun le véritable prix de son labeur, à émanciper et à libérer le travail.
Je voterai les mesures tendant à baser la paix sur le droit, et non sur les garanties illusoires de la force dont nous subissons actuellement les lourdes conséquences.
Je suis attaché au département, quelle que soit l’issue du scrutin.
Elu, je m'engage à faire tous les ans, dans chaque commune, une réunion publique, pour rendre compte des mesures adoptées par le Parlement et des responsabilités que j*y aurai prises.
Elu, je m'engage à être deux fois chaque mois, à des dates fixées publiquement à avance, successivement dans chacun des chefs-lieux de canton, pour y être tenu au courant des besoins des citoyens,
11 tant que le contact soit réel et permanent entre les citoyens et leur représentant.
Candidat des citoyens de gauche, élu, je serai le représentant de tous les habitants de 1 arrondissement, amis ou adversaires, sans aucune distinction d'opinion.
Max HYMANS
Circonscription de LA CHATRE.
M, Henry FOUGÈRE
Elu au premier tour de scrutin, ■— 8 .SOL voix.
Mes chers Concitoyens,
Le 22 avril, vous jugerez l'œuvre de la majorité élue il y a quatre ans. Votre jugement sera sévère.
Le Cartel des gauches vous a trompés.
Il vous avait promis la vie à bon marché, la suppression des impôts, la restauratioa financière, la paix, le châtiment des profiteurs.
La vie a augmenté. Le Cartel a majoré tous les impôts : double décimé, chiffre d'affaires, impôt sur les bénéfices agricoles. Il en a voté do nouveaux : impôts de consommation, taxe civique. Deux expéditions militaires ont eu lieu, au Maroc et en Syrie. Aucun profiteur n'a été poursuivi.
La France, par la faute du Cartel, a été conduite h deux doigts de l'abîme.
A la veille des élections de 1924, la confiance régnait ; le crédit de l’Etat était intact.
Le Cartel a tué la confiance par ses gaspillages, sa politique de concessions aux partis révolutionnaires, ses l7 milliards d'inflation, ses projets insensés de prélèvement du cinquième sur tous, sans aucune exception, PEtat héritier, d'inquisition pour tous les agriculteurs et les commerçants, de suspension de payement des bons de la Défense nationale.
En mai 1924, la livre étâiL S 64 francs, le Cartel Ta fait monter à 248 francs.
Le 21 juillet 1926, le franc valait deux sous 'et il n'y avait plus dans les caisses de TEtat qu'un million.
Voilà l'œuvre du Cartel des gauches :
Faillite, banqueroute, ruines.de tous p misère généürale^ révolution.
Electeurs,
Vous ne voulez parque eela recommence, vous ne voulez pas revoir les -événements tragiques dans lesquels nous avons, tous failli i sombrer.
Vous voterez pour la politique républicaine d'ordre, de paix, de liberté que j'ai toujours j défendue depuis que j'ai fhomisurde vous représenter et qui seule peut .permettre le rétablissement financier, économique et monétaire de notre pays sji durement éprouvé.
C'est la politique d’Union républicaine et nationale que vient de rappeler Mi Raymond Poincaré dans ses discours de Bordeaux et1 de Carcassonne.
Di un côté, avec le Cartel et le communisme, l’insécurité du lendemain; le désordre dans les affaires et dans la rue, la faillite, les menaces de révolution et dé guerre.
De l'autre côté, avec nous, la paix intérieure et extérieure, l'ordre, la liberté, le progrès dans la République.
Vous n'hésiterez pas !
Agriculteurs,
La majorité élue en 1024 vous a sacrifiés: Elle n'a rien fait pour vous. Elle a majoré vos impôts, les tarifs de transporta, ajourné toutes les mesures de protection* que vous étiez en droit de réclamer. Toutes les lois qu’elle a proposées ; prélèvement du cinquième sur tous Etat héritier, obligation de tenir un carnet d'achat, étaient dirigées contre vous et vous auraient durement frappés.
La législature prochaine sc devra de réparer ïe mal qui vous a été fait.
Rural comme vous, connaissant vos besoins eL vos intérêts, j'ai donné mon adhésion sans réserve au programme agricole établi par la Fédération régionale des associations agricoles du centre.
J’ai signé également le contrat mutuel et le programme professionnel de l’entente 'paysanne*
Partisan de tous les progrès utiles à l’agriculture, je suis intervenu et continuerai d'intervenir pour que les subventions les plus larges soient accordées par l'Etat à l'œuvre entreprise pour l'électrification des campagnes, eu vue d’alléger les charges qui pèsent sur les contribuables du fait des emprunts départementaux.
Contribuables, agriculteurs, commerçants, patentés, ouvriers,
La charge fiscale qui pèse sur vos épaules est écrasante. II faut envisager résolument une politique de dégrèvement.
1° Par la suppression des emplois inutiles ;
2° La mise en vente des biens immobiliers, oisifs de l'Etat : terrains vacants, casernes inoccupées ;
3Û Par la cession ou une meilleure exploitation des grands monopoles* Des projets sont prêts ; ils donneraient 40 milliards de crédit sans compromettre les droits de l’Etat et son contrôle.
J’ai voté la cession du monopole des allumettes. Cette opération aurait rapporté deux milliards à l’Etat et aurait permis de diminuer ci1 au tant les impôts. Elle a été repoussée par la majorité cartelliste.
J'ai voté contre les 45.000 francs et contre l’augmentation du nombre des députés.
J'ai voté t’a mendemenfr de mon collègue Botneilîé demandant que cette indemnité soit ramenée à 30:000 francs ei dans la prochaine législature je reprendrai cette proposition u repoussée par mes adversaires.
J'ai toujours défendu les intérêts des victimes de la guerre dans un esprit de justice et d'équité, contrairement aux légendes inventées par ceux qui me combattent.
Je voterai, en plein accord avec les associations d'anciens combattants^ toutes les mesures législatives tendant à la révision des injustices qui ont été commises, soit que des pensions aient été accordées abusivement, soient qu'elles aient été refusées à d’anciens combattants dont les droits auraient été méconnus.
Le Sénat vient d’adopter le projet de révision des grands marchés de la guerre que j’avais fait voter par la Chambre des députés en juillet 1920.
Ce projeL, ayant etc modifié par la Haute Assemblée, devra revenir devant la Chambre ; je veillerai à ce qu'il devienne enfin définitif, malgré les résistances des grands profiteurs qui multiplient les manœuvres, pour l’empêcher d'aboutir depuis 1920 et me combattent, avec acharnement dans le journal qui défend leurs intérêts.
Résolument attaché à la paix, j’ai voté les accords signés par M. Aristide Briand à Locarno et toutes les mesures favorables à la Société des Nations.
J'ai voté la loi d'un an que vient de réaliser le Gouvernement actuel. Le Cartel des gauches avait été incapable de faire voter cette réforme.
Père de famille nombreuse, un des fondateurs du Groupe de défense des famille nombreuses, j’ai* en toutes circonstances, soutenu leurs revendications et leurs intérêts
Mes chers Concitoyens,
Jamais votre vote n’aura été aussi grave* Il dépend de vous eT écarter les risques de faillite et de révolution. C'est Tavenir du pays et du régime républicain qui est enjeu, J'aî pleine confiance en vous.
Depuis dix-huit ans, j’ai le grand honneur de vous représenter et à quatre reprises différentes vous m’avez donné la majorité absolue dans notre arrondissement.
Tous, vous me connaissez, je vous ai toujours été fidèle. J Tai défendu les intérêts de tous sans distinction de partis. Comme toujours, je mets à votre disposition mon activité, mon énergie, mon dévouement.
Pour l’ordre, la paix, la liberté.
Vive la République 1
Henry FOUGERE
Député de riodre^ Candidat républicain.
Circonscription cFISSOUDUN- M. AURIN
Elu au deuxième tour de scrutin. — 4, H 5 voix*
Notre programme du revendications immédiates.
Les revendications immédiates des travailleurs des villes et des champs ont toujours été défendues, sans la moindre défaillance par le Parti communiste. Dans la préparation des luttes révolutionnaires décisives, il ne méconnaît pas la défense des intérêts quotidiens des travailleurs, au contraire, il est le seul grand Parti qui les défende réellement. Le présent programme ne fait que rassembler quelques-unes des revendications immédiates pour lesquelles les travailleurs doivent engager la lutte à côté du Parti communiste.
Pour famnistie ï
Abrogation des lois scélérates de 1894,
Libération des emprisonnés politiques.
Amnistie pleine et entière pour toutes les victimes de la répression capitaliste (civils* militaires, indigènes)*
Suppression de la contrainte par corps.
Droit (Pas de pour les ouvriers étrangers*
Con?re la guerre impérialiste :
Lutte contre les guerres impérialistes et coloniales.
Contre le faux pacifisme de la S. D. N.
Contre le bloc anti-soviétique.
Pour la défense de U. R. S. S *
Rappel des troupes de Chine*
Contre le monstrueux budget bourgeois :
En 1914 : 4 milliards-or et demi, soit 23 milliards de francs-papier.
En 1926 ; 53 milliards, soit plus du double.
Où va l’argent ?
40 milliards sur 53, soit 75 0/0 pour les frais des guerres du passé et la préparation de celles de l'avenir 1
Par contre , moins d'un milliard pour le travail, l'hygiène, l'assistance et !a prévoyance sociales.
Qui paye?
70 0/0 des charges posent sur la masse des travailleurs, petits paysans, petits commerçants, classes moyennes, locataires et modestes consommateurs.
Contre l'impôt sur les salaires, la gabelle, les impôts de consommation, le chiffre d'affaires, la politique des impôts indirects.
Degrèvement pour le petit commerce, P artisanat et les paysans travailleurs.
Pour les ouvriers et les salariés de toutes catégories :
Le parti communiste met au premier plan des revendications la reconnaissance du droit syndical complet, y compris le droit de grève pour tous les ouvriers, français, étrangers et coloniaux, employés et fonctionnaires.
Conditions de travail — Salaires r
Application stricte sans dérogation de la journée de huit heures.
Réduction au-dessous de huit heures pour les industries malsaines et épuisantes.
Repos horaire dans le travail h la chaîne.
Congé payé obligatoire pour les travailleurs.
(Ces mesures ne doivent comporter aucune diminution de salaires.)
Extension aux victimes des émanations malsaines et des produits toxiques de la loi sur les maladies professionnelles.
Délégués ouvriers à Phygiène et à la sécurité.
Allocations familiales et assurances sociales :
Suppression des caisses privées d'allocations familiales.
Caisse nationale autonome, alimentée par PEtat et les patrons, gérée et contrôlée par les ouvriers.
Contre le projet officiel d'assurances sociales.
Contre le versement ouvrier.
Gestion des caisses d'assurance par les assurés et les syndicats ouvriers.
Adjonction de Passurance-chômage complète, extension de la loi sur les assurances aux ouvriers étrangers.
Pour les chômeurs :
Incorporation du risque de chômage dans les assurances sociales.
Création dans chaque commune d’une caisse de chômage.
Suppression du délai de 120 jours.
Exonération des impôts directs des chômeurs. ’
Moratorium des loyers.
Contrôle ouvrier de P embauche et de la débauche.
Salaire vital pour les chômeurs complets, complément du salaire aux chômeurs partiels.
Pour les ouvriers agricoles :
Application de la prud’homie agricole à tous les travailleurs de l'agriculture. Réglementation de îa journée de travail à 8 heures en moyenne.
Assurances sociales.
Pour les accidents du travail, assimilation des ouvriers agricoles aux ouvriers d’indùs-
trié.
Assimilation aux entreprises industrielles des grands domaines agricoles industrialisés concernant Pinspection du travail, la journée de huit heures, l’hygiène et la sécurité.
P.o ur. les pays a. ns tmmill&urs :
impôts :
Suppression de P impôt foncier sur la terra, instrument de travail de celui qui la, possède*
Aménagement de l’impôt sur les bénéfices agricoles rabattement équivalent à<celui qui existe pour l’impôt sur les salaires. Assujettissement des grands propriétaires au régime de la > déclaration contrôlé©
Lutte contre F exploitation subie par les paysans :
Déclaration de la récolte des blés et des céréales panifiabîes,, office central chargé des achats à l'intérieur et à l’extérieur.
Achat de la récolte nationale a un coum fixé par des commissions composées de représentants des organisations ouvrières et paysannes.
Diminution des tarifs de transports pour engrais! machines^ produits agricoles. Nationalisation de l’achat, extraction ou fabrication de la vente des engrais; sous' le contrôle des organisations ouvrières et paysannes^
Terres incultes. — Riens communaux :
Interdiction de transformer en terrains de chasse les terres cultivables.
Expropriation par l’Etat des terres cultivables en friche, et mise à la disposition des paysans pauvres.
Interdiction d’aliéner les communaux.
Pêche. — Chasse. — Gibier ;
Liberté de pêche et de chasse, moyennant des mesures générales de préservation des récoltes et de conservaiionidu poisson et du gibier.
Améliorations culturales :
Encouragement au remembrement par la gratuité des opérations.
Subventions aux communes et aux coopératives*
Electrification des campagnes*
Assistance médicale au village^, assurances, sociales*
Modification de la loi sur les baux ruraux.
No 3814
Pour les locataires ;
1L0G&U&' d’ habitation :
Révision complète de la législation sut tes loyers.
Limitation du taux des loyers aux salariés (français et étrangers) logés par leurs employeurs.
Limitation du droit de reprise au seul propriétaire, sanction ‘pénale de tout abus et obligation de pourvoir préalablement d’un logement équivalent le locataire évincé.
Droit de réquisition des locaux vacants ou inhabités reconnus aux municipalités ei aux offices publies -.d’habitations *
Locaux commerciaux et industriels.
Reconnaissance du droit au bail en faveur du locataire occupant avec les garanties suivantes : taxation et limitation du loyer, suppression du droiL de reprise^
Logement et hygiène publique :
Consctruction de logements nouveaux dans Y agglomérat! on paris ieune et dans les villes de province.
Création d’un office national du logement géré par Les délégués d’organisations de locataires et divers techniciens.
Constitution d’une caisse de prêts d’Etat gérée par cet office national, alimenté par des ressources spéciales.
Pour la femme :
Droits civils et politiques égaux à ceux des hommes.
À travail égal, salaire égal.
Révision du Code du travail.
Protection de la maternité et de l'enfance.
Droit à la maternité libre avec garantie médical e.
Pour les jeunes ouvriers et paysans :
Interdiction de l'emploi des jeunes au-dessous de 14 ans.
Droit de vote à 18 ans.
Apprentissage technique payé.
Révision du Code du travail réactionnaire.
Pour les soldats, marins et les victimes de guerre :
Egalité du temps de service pour marins et soldats.
Droit de vote, d’organisation, de lecture, de fréquentation des réunions publiques.
Prêt à deux francs, contrôle de l'ordinaire.
Suppression des réserves.
Réajustement des pensions des mutilés.
Pour les indigènes coloniaux :
Suppression de toutes les lois d’exception.
Droit syndical, droit de presse et d’association.
Application aux colonies de la loi de huit heures.
Egalité de service militaire entre Indigènes et Français.
Pour ces reycndîcaUons immédiates le Parti communiste vous appelle à l'action» En votant pour les candidats du Bloc ouvrier et paysan vous affirmerez votre volonté de faire aboutir, En adhérant au Parti et aux syndicats, en luttant dans leurs rangs vous les imposerez à 3a bourgeoisie et vous vous préparerez à la prise du pouvoir par le prolétariat des villes et des campagnes qui, seul, vous libérera définitivement du joug du capi talisme ,
Louis àURÏN
Candidat du Bloc ouvrier et paysau.
No 3814