M. PERRIN
Elu au deuxième tour de scrutin, — 7.501 voix*
Candidat aux élections législatives, je me présente avec mon drapeau socialiste que j’ai toujours tenu relevé bien haut dans toutes les luttes électorales où j’ai été engagé ; j 'estime que c'est par la doctrine socialiste que se fera l'émancipation de la classe des travailleurs encore opprimée*
Mon programme, je l'ai exposé, en toute sincérité et franchise, devant les électeurs de la circonscription, au cours des nombreuses réunions que j'ai données. II est pénétré de cette idée-force qui doit inspirer tout vrai socialiste sollicitant un mandat : la passion de servir et de défendre avant tout les intérêts des classes laborieuses. Ensuite, faire le droit de tous, sans distinction de classe et de doctrine, guidé par le seul setitiment de la justice qui doit planer au-dessus de tous les partis.
Ai-je besoin de me présenter à vous? Je n'ai pas eu la bonne fortune comme on dit dans nos campagnes, d'avoir eu un père né avant moi, pour pourvoir à mon éducation et me faire une place privilégiée dans la vie. Je suis le fils de braves paysans et je me suis instruit et élevé par mes propres moyens*
Je suis né pauvre et mon ambition n'a pas été de m'enrichir, mais simplement de gagner modestement ma vie par la profession honorable que j'exerce. Et toute mon ambition politique est de mettre mon intelligence, mon savoir, ma longue expérience personnelle au service de ceux qui sont restés comme moi, fils du peuple ouvrier et paysan.
Citoyens,
Mon programme dans le do' con :*iue, tend à réaliser les réformes suivantes :
Réorganiser et intensifier àue poil économique large et hardie, notre régime
de production, en faisant uék juste pc , Aeur travail, par la rationalisation indus¬
trielle qui permettra à L or de t'usine. ^intéresser k la marche de V entreprise, à laquelle il donne le meillr lui même * s forces, son intelligence, sa vie.
Intensifier notre production agricole trop délaissée jusqu’ici par nos législateurs \[ faut relever le budget de l'agriculture, pour donner un essor nouveau à cette branche essen ticile de la richesse nationale.
Accorder de plus larges subventions pour encourager nos petits cultivateurs qui reehçr client un meilleur rendement de la terre.
Etablir des tarifs spéciaux pour le transport des engrais en faveur des syndicats agri coles, — Gréer des laboratoires et des champs d'expérience, comme il en existe dans cer tains pays, pour le sélectionnement des semences, — Protéger les denrées agricoles contre la spéculation illicite qui permet à trop de. mercantis de s’enrichir sur le dos du producteur et du consommateur.
Pour le redressement de notre situation financière, j’estime qu’il faut demander aux grosses fortunes une plus large contribution aux charges fiscales, par une application plus
rigoureuse de l’impôt sur le revenu, afin de décharger les classes laborieuses écrasées par
des impôts trop lourds et injustement répartis.
Les réformes fiscales immédiates qui s’imposent sont : 1° Remplacer la taxe sur le chiffre d’affaires par une taxe à la production ; 2° diminuer les coefficients de l’impôt sur les bénéfices commerciaux ; 3° dégrever à la base l'impôt sur le salaire qui frappe ce qni est indispensable à la vie de l’ouvrier.
4° Réduire les impôts de consommation qui grèvent les objets de première nécessite.
Etablir un système fiscal qui repose sur ce principe essentiellement juste et démocratique que l’impôt doit être proportionnel à la richesse et aux revenus de chaque citoyen.
Au point de vue politique et social, mon programme tend à défendre et développer nos lois laïques. La laïcité doit être dépourvu de tout sectarisme et s’inspirer de la plus large tolérance dans un régime républicain où s’affirme librement toutes les idées. La laïcité doit se confondre avec la liberLé de conscience, La gratuité scolaire à tous les degrés pour les enfants pauvres présentant de sérieuses aptitudes.
11 faudra penser aussi aux familles nombreuses si nous voulons vraiment encourager notre repopulation.
Les lois ouvrières, notamment celle de la journée de huit heures, doivent être respectées.
Nous devrons donner une plus large extension aux lois sociales, d’hygiène, d’assurances, de prévoyance sociales pour venir en aide à tous ceux qui peinent et souffrent, La loi sur les assurances sociales est incomplète et très insuffisante; il faudra y apporter des modifications sérieuses pour qu’elle soit d’une véritable utilité pour le travailleur.
11 nous faudra aussi procéder au rajustement des pensions, sans toucher aux droits intangibles des vrais victimes de la guerre — mutilés et malades — là, comme ailleurs, on s’est livré à trop de gaspillage et il est temps de rechercher de sérieuses économies dans tous les domaines, si nous voulons réduire les charges d’un budget de 50 milliards qui pèsent si lourdes sur les faibles épaules des travailleurs.
Four les mutilés du travail, il importe de reviser la loi organique de 189S et les lois postérieures, pour donner à ces braves, victimes du devoir et lésés dans leurs droits, les moyens de réparer, par une pension équitable, leur incapacité de travail*
Quant au problème de la paix, ü doit être résolu par une politique extérieure prévoyante et par le développement moral et matériel de la Société des Nations, au sein de laquelle il faut introduire des représentants de syndicats ouvriers et paysans, — Plus de cette diplomatie secreie qui travaille, le plus souvent, contre la paix, pour la guerre. Suppression des conseils de guerre, — Abrogation des lois scélérates qui sont une véritable atteinte à la liberté d’opinion.
Suppression du vote par procuration dont nos parlementaires abusent si souvent.
Enfin, cette brève circulaire ne permet pas de vous donner même la simple nomenclature de ces nombreuses réformes qui s’imposent. Tout ce que je veux ajouter c’est que, si je deviens votre élu, rien de ce qui peut faire la République meilleure, plus démocratique, moins inféodée surtout aux puissances d’argent, ne me sera étranger.
Vous pouvez être assurés que vous aurez en moi un ardent défenseur de vos intérêts. D’ailleurs, je prends le ferme engagement, si vous me faites confiance, de me rendre tous les six mois dans toutes les communes de la circonscription, pour vous rendre compte de mon mandat,
Vous connaissez donc maintenant — citoyens — ma profession de foi et les grandes lignes de mon programme, A vous de vous prononcer, le 22 avril, en pleine indépendance.
Vive la République laïque, démocratique et sociale 1
Albert PERRIN
Avocat à la Cour d'appel do Parie* Maire de Curtîn.
Conseiller général de rieèré* Candidat républicain socialiste*
1’* circonscription de VIENNE.