M. PA YEN
Elu au deuxième tour de scrutin. — 8.440 voix
Mes chers Compatriotes, mes chers Amis,
Je cède à vos pressantes instances.
Avec vous, je dresse mon indépendance contre la dictature outrageante qui voudrait courber notre fière cité et nos campagnes laborieuses sous le joug brutal et les ambitions démesurées d'un collectivisme menaçant.
Il ne sera pas dit que le libre pays des Allobroges sera la proie d’une tyrannie insupportable, au moment où un admirable mouvement libère la France de l’emprise des politiciens de carrière et brise leur arbitraire pouvoir.
Vous me demandez de défendre notre démocratie contre la dictature des révolutionnaires et notre lune conti e leurs assauts répétés ; vous vous rappelez avec frayeur nos angoisses passées, quand la banqueroute était à nos portes, et que la République agonisait: vous me demandez de défendre aujourd'hui le grand patriote qui nous a sauvés et de aire triompher sa politique. Votre confiance me touche profondément et je suis heureux de vous dire : « Me voilà ! j'accepte d’être votre porte-drapeau, et grâce à votre discipline, je vaincrai » .
D ailleurs, ensemble, grâce à cette étroite discipline, n’avons -nous pas déjà, i! y a trois ans, vaincu tout l’état-major politique qui a l’audacieuse prétention, d'accord avec les comi es e Grenoble, de traiter Vienne en ville conquise ? Debout donc ! les hommes i res , sans crainte et sans hésitation, allez aux urnes, et dimanche prochain, nous gagnerons encore la bataille.
Ai-je besoin de vous dire qui je suis et de vous soumettre un long programme? Vous nnaissez bien, puisque je suis un enfant de Vienne et que, d'humble naissance, j’ai oujours vécu parmi les humbles et les travailleurs.
i ■ 1 so! tic de 1 école laïque où j ai appris à aimer la République, devenu artisan, je
ai$ cesse de m intéresser au sort si digne de sollicitude du mQiide ouvrier* iam p ' 1 eus ^ honneur d etre conseiller municipal de Vienne, je ne manquai
aiS °C’CaMOtl prouver par des interventions réitérées et efficaces. Les œuvres
scolaires, la défense des vieillards et des indigents furent l'objet de mes continuelles préoccupations ; et, grâce à ma ténacité, plus d’un abus a pu être supprimé et plus d'une amêlio ration obtenue*
J'ai continué ma mission administrative au conseil d’arrondissement, où sous forme de voeux, j’ai défendu énergiquement les intérêts de la région viennoise en face des préten tîons de Grenoble.
Si, comme j'cn ai la certitude, je suis votre élu, je continuerai au Parlement cette action en faveur du travail et de tous les travailleurs ; l1 artisanat pourra compter sur mon dévouement comme Tagri culture dépourvue de main-d’œuvre ; le petit commerce écrasé d’impôts, de^ra être dégrevé. Je ferai des efforts sérieux pour rapprocher ouvriers des villes et paysans, artisans et petits commerçants trop souvent divisés et même adversaires, grâce aux manœuvres intéressées des politiciens de métier qui y pêchent des mandais bien payés.
J’essayerai aussi de faire pénétrer un peu d'air et de lumière dans les bureaux des administrations publiques, de supprimer leur formalisme abusif dont tant de citoyens ont à se plaindre. Pour commencer, U faudra réduire le nombre de plus en plus élevé des parlementaires, les obliger à siéger, leur interdire de s'ingérer dans les affaires administratives et ne leur payer, comme aux ouvriers et aux fonctionnaires, que les journées de travail réel.
Mais, pour obtenir F argent nécessaire k l'amélioration de la vie des travailleurs, pour dégrever les contribuables surchargés } est-ce en élisant ceux qui refusent de voter le budget, tout en ne refusant pas les 45*000 francs, ou est-ce en élisant ceux qui veulent restaurer le franc que nous y parviendrons ?
Est-ce en s’adressant aux charlatans du collectivisme, prometteurs de chimères ou aux républicains intègres, disciples de Poincaré, que nous trouverons l’argent nécessaire aux dégrèvements et aux réformes ? Ceux qui effraient V épargne par des prélèvements arbitraires, des consolidations forcées et des menaces contre l'héritage sont incapables de tenir leurs promesses, car, au pouvoir, ces chevaliers de la panique ne tarderaient pas à ramener nos billets de banque au niveau des assignats ; à réduire à la famine retraités, pensionnés de guerre et rentiers, à ruiner petits propriétaires et commerçants, pendant que, comme en Bussie, trôneraient sur toutes ces misères, les profiteurs politiques qui les auraient déchaînées cyniquement.
Je vous en ai dit assez, chers Compatriotes, pour que nous nous comprenions et que vous n'hésitiez pas à me suivre dans la courte mais dure bataille qui s'engage.
Il faut sauver notre pays du désordre collectiviste. Pour y arriver, nous devons préparer nos énergies et nous sentir les coudes. Nos adversaires ont tout à leur disposition ; journaux, comités, orateurs mandatés et organisation serrée, moi, je n'ai que mon indépendance et mon courage, mais ils sont indomptables*
On me traitera de réactionnaire et d’agent des grandes cheminées ; laissez dire et passez; méprisez les mensonges, souriez aux menaces, car ils accuseront sans preuves et menaceront sans profit.
Ils n’ont qu'une arme : l’audace.
Soyons confiants, soyons calmes, et leur audace sera vaine»
Et bientôt, aux échecs cuisants que vient de leur infliger le suffrage universel, d'autres suivront et, dimanche, nous serons victorieux.
Selon la formule de nos poilus :
« On les aura » ! I
Ennemond PAYEN
Conseiller d'arrondissement.
Ancien conseiller municipal.
Ancien combattant.
2Û circonscription de VIENNE.