M. BU Y AT
Élu au deuxième tour de scrutin* — 7,700 voix.
Mes chers Concitoyens,
Je suis maire d’une commune rurale depuis vingt-huit ans, conseiller général de l’Isère depuis vingt-sept ans.
La longue fidélité de mes électeurs est l'orgueil de ma vie publique.
Je veux croire que je n’en suis pas tout à fait indigne.
Élevé dans le culte et l’amour de la République par Étienne Buyat, ce 363 qui fut ]ami et le collègue de Léon Gambetta, je reste l’admirateur passionné de ces grands républicains d’autrefois, si Fermes et en même temps si sages, qui confondaient dans un même culte la France et la démocratie. Leur politique est restée la mienne.
Je veux comme eux une République conciliante et fraternelle, profondément respectueuse de la liberté de conscience, toujours prête, dans le respect de ses lois, à l’union entre les enfants d’un même pays.
Ancien élève de F école publique de mon village, je pense, avec Jules Ferry, que le maître digne de ce nom doit avoir « un souci délicat de Famé enfantine, respecter toutes les croyances comme toutes les doctrines philosophiques », et ne se livrer à F école à aucune propagande politique. Concevoir ainsi la laïcité, c'est la bien servir et la bien défendre.
Honneur aux maîtres nombreux qui la comprennent ainsi.
La France est trop peu nombreuse pour se diviser contre elle-même.
La Chambre que vous êtes appelé à élire devra poursuivre, en vue du salut de tous, la politique de restauration financière, si bien commencée par M. Raymond Poincaré, ce grand homme d’Etat que je saluais déjà en 1924, si vous voulez bien vous en rappeler, comme le meilleur artisan de notre relèvement national.
Depuis que j’ai l’âge d’homme, je n’ai jamais cessé de défendre, par la parole et par la plume, les « terriens » qui ont sauvé hier la patrie dans la guerre et qui Ja sauveront encore demain dans la paix*
Celui qui signe « un maire de campagne » entend rester, quoi qu’il arrive, votre avocat pour dire aux pouvoirs publics, avec une fière et forte indépendance, que pour relever la France, il faut protéger l'agriculture elles agriculteurs.
Frapper aveuglément la propriété non bâtie de taxes excessives, c’est vouloir hâter 1 exode néfaste des campagnards vers la ville.
Il faut donc dégrever la terre.
L impôt sur le chiffre d’affaires doit être remplacé par une taxe à la production.
Je voterai, pour la classe ouvrière, les assurances sociales mises au point, afin qu’elles profitent également à tous les agriculteurs.
La politique extérieure poursuivie par À. Briand a mon adhésion. Déclarons, suivant la beile parole de Michelet, la paix au monde, mais, pour n’ètre pas dupes, exigeons de nos voisins le même pacifisme I
Pour défendre le franc, il n’est qu'une politique : l’ordre dans le budget. Plus de gaspillages éhontés, mais de sévères et héroïques économies, par la suppression radicale des emplois inutiles, notamment par la réduction du nombre des sénateurs et des députés.
Tout le reste n’est que boniment charlatanesque.
Ceux qui ont frappé à ma porte savent que mon ambition estd'être utile à tous dansun esprit fraternellement accueillant.
Je ne suis inféodé à aucune coterie. D'aucuns sTen étonnent. Je m'en réjouis. On u\ pas encore trouvé une livrée k ma taille, et ma rude indépendance dauphinoise n'est pas encore prête pour le servage,
Travailleurs des champs et de Y usine, petits artisans, commerçants, je connais assez votre rude bon sens, votre républicanisme éprouvé pour savoir que vous acclamerez avec moi la politique de sagesse qui se résume en quelques mots :
Ni réaction, ni révolution !
Tous les progrès dans Tordre î
Vive la République !
Louis BUTAT
Propriétaire. — Président de Comice agricole. Conseiller général. •— Maire.
Ancien député.
An de a rapporteur du budget.
Chevalier de la Légion d'honneur.